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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 14:46

Quand je discute avec un éleveur ou un autre, sur le cornage nouveau d'un jeune bélier ou encore celui d'un vieux mâle qui a fini sa croissance, je suis confronté à la difficulté de me faire comprendre et à ce que mon explication déclenche chez mon interlocuteur, une réelle représentation mentale correspondant à mes propos.

Un dessin vaut parfois mieux qu'un long discours, c'est ce que je pense souvent en ce domaine comme en d'autres, le visuel ayant souvent le pouvoir d'être plus parlant.

J'ai schématisé (un peu vite.... question qualité des représentations) les divers principes qui conditionnent l'apparence finale des cornes chez le bélier Ouessant. Tout cela est le résultat de longues heures de réflexion et d'observation de mes animaux et ceux des autres, durant dix-huit ans d'interrogations devant ces fameux cornages.

Quelques éléments lorsqu'on regarde un bélier de face... et droit dans les yeux.

Cornes toujours.

Il y a ce que j'appelle la projection verticale (1) ou horizontale (2). Plus la corne se construit vers le type 1, plus le bélier tendra vers une certaine majesté. C'est la projection de l'ancêtre sauvage, le mouflon, et il est vrai qu'elle est plutôt rare chez le mouton, hormis quelques races primitives. On observe plus souvent des types tendant vers le 2.

Cornes toujours.

L'épaisseur de la corne, à sa base en particulier, là où elle prend racine, détermine encore sur cet autre point l'allure du bélier Ouessant. Elle peut être très importante comme en 1, les deux cornes ayant alors tendance à se toucher à leurs racines au milieu du crâne, ou faible comme en 2. (Enfin il arrive que certains mâles n'aient pas de cornes du tout)

Cornes toujours.

La pousse peut être régulière dans sa forme sur toute sa construction (1), mais peut présenter un programme de construction différent dans son premier stade (2) par rapport à celui à un âge plus avancé.

Cornes toujours.

Dans sa construction finale, la corne peut projeter sa pointe vers la tête (1), comme souvent chez le mouflon, mais à l'inverse la projection de la pointe peut se faire vers l'extérieur (2), sans oublier les stades intermédiaires et en particulier des cornes parfaitement parallèles à la tête en leurs extrémités.

Cornes toujours.

La corne peut être construite sous un effet de vrille sur elle-même (2) plus ou moins important, ou encore inexistant ou très limité comme en (1).

Si maintenant on imagine la section de la corne à sa base.

Cornes toujours.

Cette section peut être d'allure triangulaire (1), cas des animaux les plus virils dans l'aspect cornage, ou tendre vers une forme ovoïde (2) plus modeste (plus "domestique").

Si maintenant on observe le bélier de profil.

Cornes toujours.

Le rayon d'enroulement (1) peut être grand, voire très modeste (2).

Cornes toujours.

Le cornage peut finir sa croissance par un retour au niveau de l'œil (1) -pas sur l'œil, ce qui est alors une malformation- ou plus au niveau du museau (2), en gardant à l'esprit qu'il ne peut aller au-delà sous peine d'entraîner la mort du mâle qui ne pourrait plus brouter.

Si on regarde la surface de la corne.

Cornes toujours.

La corne peut se construire dans un aspect plutôt lisse (2) mais aussi avec de nets bourrelets de croissance (1). Ce dernier aspect correspond plus à la conservation de caractères ancestraux alors que le précédent découle d'un lourd passé de domesticité.

On n'oubliera pas de prendre en considération dans son observation, que les parties les plus anciennes ont tendance à se polir (usure) et que les combats peuvent éroder les bourrelets au niveau des surfaces de choc.

Si maintenant on regarde l'animal en se plaçant au-dessus de lui.

Cornes toujours.

La projection de pousse de la corne peut être assez frontale (1), donnant dans les cas extrêmes un aspect "parabolique". A l'inverse, cette projection peut s'orienter plus vers les épaules (2), donnant à l'extrême des cornes parallèles au cou.

Cornes toujours.

Si la forme de la corne s'oriente normalement pour accuser un retour facial (1), il arrive qu'à l'opposé la courbure s'effectue dans un retour "anormal" en direction du dos du bélier.

Il existe un élément difficile à représenter par le dessin, qui est le facteur "énergie de pousse" qui détermine également le cornage définitif de l'adulte. En cas de croissance très (trop?) importante dès sa première année, la corne semble ne plus savoir où s'arrêter les années suivantes, avec au final quelques décimètres de plus que la normale. C'est souvent le cas du bélier qui a un an possède déjà des cornes de l'aspect d'un animal de deux ans.

Enfin une symétrie parfaite des cornes n'est que rarement atteinte, et encore, quand on l'imagine comme telle, en y regardant bien on découvre souvent les petites subtilités qui font qu'elle n'est pas vraiment atteinte.

Après tout ce discours (qui reste à affiner), simple constat de mes observations personnelles, il ne faudrait pas croire que le cornage fait le bélier. Un bélier c'est d'abord tout le reste, les cornes n'étant qu'un plus (cerise sur le gâteau si elles sont belles).

Resterait à définir maintenant ce que sont de belles cornes, d'après l'ensemble des éléments exposés... Il y a toujours une part de subjectivité face à la détermination du "beau", et puis "fort cornage" n'est pas forcément synonyme de "bon cornage". Maintenant, il existe bien une sorte de norme établie par le standard et correspondant à ce que l'on rencontre chez l'animal sauvage.

Sujet de réflexion à prolonger; mais on comprend par ces éléments la grande diversité de cornages qui fait qu'il n'existe jamais deux constructions vraiment identiques.

A suivre.

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Published by dominique morzynski - dans Cornage
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