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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:27

Durant tout l'hiver, j'avais observé, à l'occasion, la lente dégradation du nid du couple "pie grièche écorcheur" qui en juillet dernier avait mené à bien sa nichée dans un bouquet d'aubépine en lisière de pâture. J'imaginais, durant les mois gris, "mes" oiseaux en hivernage dans leur savane africaine, se gavant d'insectes avant d'entreprendre le grand voyage de retour.

Depuis début mai de cette année, j'avais pris l'habitude de faire deux ou trois fois par jour, le tour de cette même prairie que je réservais à la fauche. Ce rituel permettait à la meute qui m'accompagnait de se défouler un peu en jouant. J'avais fini par oublier l'ancien nid des écorcheurs dont il ne restait plus rien à l'arrivée du printemps.

Quelle ne fut pas ma surprise, début juin...!

Au cours d'une de ces balades petits rituels, en passant comme chaque jour depuis un mois en bordure du buisson d'aubépine reverdi, je n'en crus pas mes yeux en découvrant qu'une Dame Pie grièche écorcheur me fixait de son petit œil noir, impassible, couchée sur un nid tout neuf. Non seulement les oiseaux étaient revenus en période traditionnelle de mai sans que je les remarque, mais en plus avaient construit un nid exactement sur la même placette de rameaux que l'an dernier (!), à 1,20m du sol comme il est d'usage pour l'espèce. Tout cela au nez et à la barbe du bipède que je suis et qui passait quotidiennement à une cinquantaine de centimètres. J'étais assurément observé depuis longtemps sans le savoir.

Durant une paire de semaines, lors de mon passage régulier de quelques secondes, sans m'arrêter, il me suffisait de tourner la tête pour voir la femelle fidèle au poste, couvant. Une fois une seule, j'aperçus les six œufs en l'absence de Madame Brigande masquée et mi-juin la nichée se constituait de quatre poussins nus et orangés. Tout allait donc bien et la météo était de la partie.

Mais voilà, il y a une semaine, au petit matin je découvris le nid vide, déplacé d'une vingtaine de centimètres dans le buisson. Un drame avait eu lieu durant la nuit. Pourtant la mère était bien au nid la veille au soir comme je l'avais remarqué.... Dommage! Pour cette famille d'abord. Pour l'espèce qui tend à régresser. Pour moi qui ne verrai pas le spectacle du nourrissage des jeunes volants le mois prochain.

Mais bon, sur cette planète tout le monde se croque à l'occasion depuis "toujours", la vie ne se construisant que sur la mort. Ce transfert d'énergie aura permis d'assurer quelques heures d'existence en plus à un quelconque carnivore qui lutte également pour survivre.

Zoom sur le nid de la pie grièche en question de chez les Lutins.

Une coupe de brindilles d'herbes sèches.

Une coupe de brindilles d'herbes sèches.

Mais d'abord en assise quelques lichens et rares mousses.

Mais d'abord en assise quelques lichens et rares mousses.

Ensuite un feutre en poils de vache Limousine du pré voisin et un peu moins de ceux de vache Charolaise du pré opposé.

Ensuite un feutre en poils de vache Limousine du pré voisin et un peu moins de ceux de vache Charolaise du pré opposé.

Et même quelques lambeaux de toison de mouton d'Ouessant noir (Lutins).  Du vraiment beau travail! Et que de la production locale...

Et même quelques lambeaux de toison de mouton d'Ouessant noir (Lutins). Du vraiment beau travail! Et que de la production locale...

Mauvaise année autour des Lutins!

Pas seulement pour la "pie grièche écorcheur". Le couple "rouge queue noir" n'a pas dépassé le stade de la couvaison. Le couple moineau domestique habituel semble avoir eu des soucis avec des lérots visiteurs et se réorganise. Un (nouveau) second couple de moineaux vient d'investir la poterie des mésanges bleues dont la nichée ne m'est jamais apparue. La "pie bavarde" n'a rien produit malgré ses nombreux nids jusque début juin. Le couple "corneille noire" a vu son nid s'effondrer sous les coups de vent du printemps. La mésange charbonnière n'a pas donné suite à son installation . Aucune caille entendue à ce jour..... Seul le pic mar présent chaque année m'a offert le spectacle de ses jeunes prêts à sortir de leur loge.

C'était côté plumes, mais côté "sang froid", tritons palmés et alpestres ont été moins nombreux cette année. Les pontes de la grenouille agile n'ont pas éclos (comme souvent) malgré quantité de mâles.

Avec au moins une trentaine de chats domestiques ( non stérilisés pour la plupart malheureusement) sur le hameau, le lézard des murailles et le lézard vert reverront-ils un jour leurs populations se reconstituer.

A moins d'une mauvaise passe dans leurs cycles, les lucanes crépusculaires ne sont plus ce qu'ils étaient il y a dix ans et je ne parle pas des hannetons.

Mauvaise année donc pour la faune sur les terres des Lutins après un succint tour d'horizon.

Mais au-delà des terres des Lutins ce n'est guère mieux pour les espèces dont je suis la reproduction.

Après onze ans de suivi le couple de cigognes noires n'est plus. Celui de grands corbeaux a disparu. Côté faucon pèlerin, échec du couple. Espoir sans suite après le retour de l'autour.....

Mauvaise année ma bonne dame, sur les terres des Lutins et au-delà sur la région.

Vraiment inquiétant.... et bien triste de voir une petite partie du monde plus préservée qu'ailleurs glisser inexorablement vers la simplification des milieux campagnards tout en se vidant de certaines espèces.

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Published by dominique morzynski - dans Autour des Lutins
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commentaires

Lucine 30/06/2014 16:19

Oui, c'est triste, il n'y a guère que les bipèdes nuisibles qui semblent prospérer au détriment de toutes les autres espèces...

le berger 30/06/2014 23:03

.... et je souris toujours quand je lis ou entends certains bipèdes parler convaincus de nécessité de gestion de telle ou telle espèce alors qu'eux-mêmes et l'espèce à laquelle ils appartiennent ne sont pas capables de gérer leur propre population (humaine) ni même les impacts induits... (y compris de la part les milieux naturalistes)

annie turrel Grosjean 30/06/2014 13:10

pffff...quel dommage. Pour nous qui sommes en Ardèche, se sont les abeilles, les essaims meurent ??? Les bios s'opposant aux non bios ou l'inverse.....les changements de fonctionnement agricole sont difficiles à prendre pour certains mais ne sommes nous pas obligés, si nous voulons que l'espèce végétal ou animal continue de nous survivre ??????

Merciiiii pour votre blog que je lis avec toujours beaucoup de plaisir.

le berger 30/06/2014 22:55

les observations dont je fais part ne sont pas toutes dans leurs échecs le fruit de l'évolution catastrophique de l'agriculture, mais ici il est vrai que cette évolution est inquiétante, les petites exploitations de type polyculture et élevage se trouvant englouties un peu plus chaque année par les grandes exploitations qui se tournent vers les céréales (en mode intensif et avec la chimie qui l'accompagne), avec toutes les modifications "paysagères" et environnementales que cela entraîne, pour les milieux, les espèces, la pollution...
Les abeilles! Je n'en vois absolument aucune (hormis quelques espèces solitaires), depuis des années, sur mes quelques hectares....

Manalia 30/06/2014 13:07

Dramatiques et pertinentes observations en effet ... Peut-être devriez vous les envoyer à la LPO qui étudie de près je penses ces bien tristes changements ...

le berger 30/06/2014 22:39

je participe aux enquêtes de la LPO et ces données comme d'autres sont transmises.