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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 14:10

Fooor-ormida-ble!

L'ouvrage de François De Beaulieu et Hervé Ronné sur le mouton d'Ouessant est paru.

C'est forcément un plaisir d'avoir pris connaissance du contenu et d'avoir pu découvrir dans cette approche historique du mouton d'Ouessant, diverses données que j'ignorais, tout autant du côté témoignages écrits que de celui des clichés photographiques.

Un recueil qui va bien au-delà de ce que j'avais pu modestement glaner moi-même depuis une vingtaine d'années (consultable en catégorie "historique" de ce blog), dans une démarche de simple éleveur curieux de la réalité ancienne du Ouessant. Je conseille donc de lire cet ouvrage à ceux qui ne l'auraient pas encore fait.

Néanmoins, presque rien de bien nouveau pour moi, en ce qui concerne ma représentation de l'ovin et sa situation du passé. Tout montre, encore une fois, qu' il demeure toujours un grand flou quant à sa taille moyenne réelle en sa forme insulaire, derrière le simple adjectif de "petit" souvent repris dans les témoignages, ainsi que quant à sa(ses) coloration(s) rarement décrite(s) ou alors parfois de façons contradictoires si ce n'est imprécises de par le vocabulaire. Certains clichés photographiques les plus anciens sont là aussi pour faire tomber certains fantasmes sur la fameuse " très petite" taille ou encore l'idée d'un cheptel entièrement noir tardivement.

Tout de même, dans cette somme de connaissances, une perle, une perle précieuse qui vient étayer ma réflexion déjà acquise sur les méandres du type Ouessant du passé !

En effet, page 35, dans la photo pleine page de 1898, on découvre deux brebis blanches (une fois encore bien grandes en comparaison avec le standard actuel). Que d'émotion devant ce cliché inédit!

Que d'émotion plus encore, quand à une dizaine de mètres derrière ces deux animaux, je découvre un(e) agneau/agnelle noir(e) de quelques semaines présentant les caractères suivants: museau ainsi que le tour des paupières blancs....(et il semblerait bien l'intérieur des oreilles marqué de blanc également si ce n'est pas l'effet d'entailles)!!!!!

Ce sont là des caractères similaires à ce qui s'exprime chez les jeunes de type Agouti grey (Agouti gris), gène (allèle Ag) présent en certaines souches Ouessant du paysage actuel continental de cet ovin. Forme que je connais bien pour l'étudier comme il se doit en mon élevage, en un programme spécifique, du fait de sa présence avérée dans les populations Ouessant depuis une quarantaine d'années au moins suite à de fort probables métissages. Ce qui m'a amené à réparer cette "errance" des groupements en ramenant cette forme colorée en "sang" du noyau de base de la relance du type Ouessant.

La présence sur l'île d'un agneau d'une coloration Agouti autre que le l'Agouti blanc bronzé (Awt, Agouti white tan, dit communément simplement "blanc") est donc un "scoop".

C'est le premier témoignage, qui plus est visuel, d'un Ouessant en situation insulaire au 19ème siècle qui ne soit ni de forme dite "blanche", ni de forme dite "noire", les plus connues et les plus observées.

Voilà exactement le type de donnée qui me ravit car elle montre bien que la réalité fine des Ouessant sur Ouessant est complexe, plus vaste que ce à quoi certains voudraient parfois la réduire suite à une représentation mentale parfois simpliste du passé (des passés) de cette population ovine et des aléas qu'elle a pu rencontrés (et qui, très important, ont contribué d'ailleurs parfois à sa construction et son évolution graduelle).

Pour ceux qui donc possèdent déjà l'ouvrage, rendez-vous p 35. Pour les autres....une raison de plus de l'acquérir? Pour l'instant je ne peux m'autoriser à publier cette photo.

En comparaison avec le jeune animal atypique du cliché ancien en référence, voici ci-dessous une agnelle de mon élevage de forme similaire de par son génotype couleur, pour mieux comprendre mon discours.

Formida-ble!

Candice des Lutins nouvellement née alors, agnelle noire Agouti gris (Ag, Agouti grey) chez qui on observe museau et tour des yeux blanchâtres (la marque blanche frontale concerne par contre un autre phénomène qui ne touche pas exclusivement les animaux de cette coloration). Ces caractères en ce type s'intensifient par la suite pour exprimer peu à peu un blanc plus soutenu sur ces zones initiales.

Formida-ble!

Ici plus nettement chez un agneau noir Agouti gris (Ag, Agouti grey) de six semaines (photo Dominique Leplant).

Formida-ble!

Le même agneau plus jeune.

J'entends déjà les "C'est pas évident" ou "Difficile de voir", en rapport au cliché ancien.

Certes on pourrait rêver d'un document de meilleure qualité, mais nous devons faire avec ce qui est déjà miraculeusement arrivé jusqu'à nous 117 ans après l'instant photographique.

Ensuite, tout comme en d'autres domaines il semble parfois incroyable de pouvoir par exemple déterminer les composants d'une étoile à partir de l'analyse de sa lumière, ou de pouvoir reconstituer le crâne d'un hominidé à partir de simples morceaux, ou encore de pouvoir mettre un nom sur un oiseau en vol à quelques centaines de mètres, il peut paraître douteux de pouvoir avancer identification de signes de coloration d'un mouton en second plan sur un cliché ancien.

Pourtant, comme en toute chose, tout est question de connaissances et d'expérience.

Tout d'abord, l'ovin noir de petite taille en second plan de cette page 35 est bien un agneau mâle ou femelle, et non une antenaise (animal d'un an) comme je l'ai entendu dire. Une antenaise il y en a une à l'attache avec la brebis adulte blanche qui nous regarde au premier plan. Rien à voir en taille ni en avancement de pousse de la toison.

Non, l'ovin en second plan est bien un jeune de l'année. Aux critères taille et aspect de toison vient s'ajouter la date de prise du cliché qui serait d'avril. Si on considère des naissances possibles dès février (plus rarement janvier), cet élément confirme bien l'impression d'un jeune, de 2/3 mois maximum, déjà perçue à son allure.

En type Ouessant, les agneaux noirs non agouti n'ont jamais le museau blanc (ou encore le tour des yeux).

Si ce jeune de la page 35 est donc bien d'un type Agouti, je n'ai pas défini lequel, n'ayant rapporté à titre de comparaison que similitudes avec le type Agouti grey que nous connaissons aujourd'hui en population continentale de la forme ancienne Ouessant.

Faut-il faire un lien entre ma découverte et les remarques troublantes que je faisais déjà en fin d'un autre article (ci-dessous en lien)?

Ainsi ces possibles individus Agouti devant ce moulin pourraient-ils l'être en une autre forme que l'Agouti blanc bronzé (Awt)?

Rien ne peut être affirmé.

Mais p 36 de ce même ouvrage de François de Beaulieu, mon interrogation n'est que plus grande encore face à cette autre scène devant le même moulin qui semble photographiée quelques minutes après la précédente vue. En effet, si la brebis tenue en corde est toujours bien loin et de dos, elle laisse entrevoir cette fois sa tête, une tête très très troublante, sans parler de la toison.... Les esprits avertis et curieux me comprendront... Fascinante énigme!

Si maintenant on se tourne vers le continent breton d'il y a un siècle, il est curieux de découvrir qu'on pouvait trouver également variétés en colorations de toison, comme en témoigne en particulier ce type Agouti indéterminé en cette série de trois clichés.

Formida-ble!
Formida-ble!
Formida-ble!

Pour finir, pour anecdote car beaucoup plus près de nous dans le temps (1971), on remarquera toujours dans le même ouvrage de François de Beaulieu p 49, une brebis d'un type Agouti indéterminé sur Ouessant au centre de la première photo.

Sans que les cinq formes ovines présentées aient un lien direct entre elles, il est plus qu'intéressant de noter ces particularités pour pouvoir prétendre appréhender le paysage coloré des toisons des Ouessant sur Ouessant puis sur le continent, et en particulier les formes possibles de type Agouti .

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Published by dominique morzynski - dans historique
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commentaires

Eric 08/11/2015 01:38

Il me tarde d'avoir le livre, j'ai eu un message me disant qu'il arriverait très prochainement par la poste
merci pour cet article intéressant

dominique morzynski 09/11/2015 23:16

bonne lecture!

Eric 09/11/2015 23:15

Livre reçu ce matin et hâte de le lire ...

dominique morzynski 08/11/2015 11:35

un livre à lire par tous les éleveurs et autres curieux