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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 12:23
Vivre en bergerie, non merci!

Vivre en bergerie, non merci!

Quand on se réfère à la littérature sur l'élevage ovin (en particulier dans la "bible" de Jeanne Brugère-Picoux centrée sur les maladies) , on peut y lire que la température extérieure convenable pour un mouton en laine avoisine les 13 à 15 degrés, pour un écart acceptable de 0 à 20 degrés.

Quant à l'agneau nouveau-né, une température de 18 degrés serait le mieux pour lui. 

Le Ouessant, toujours à poil, un naturiste en herbe par excellence.

Le Ouessant, toujours à poil, un naturiste en herbe par excellence.

Concernant le mouton d'Ouessant, race d'herbage, il faut bien reconnaître que sa vie en plein air lui impose des écarts de température plus importants, à l'exemple de ce qui se passe lors des vagues de froid avec gel continu durant plusieurs jours ou encore durant des épisodes de vagues de chaleur en certains mois de mai, avant la tonte de juin... A moins de le soustraire à une vie des plus naturelles et l'élever à la façon des races bergères de rente, ce qui n'est pas forcément souhaitable.

Une vie de plein air tout au long de l'année n'est pas une épreuve pour le Ouessant. A moins d'être élevé sous des latitudes au climat excessif en un sens ou un autre, le Ouessant s'en sort très bien du moment qu'il est correctement nourri, abreuvé et entretenu, et qu'il dispose d'abris naturels ou artificiels pour se protéger des intempéries et des excès hivernaux comme estivaux de la température extérieure.

Il en est d'ailleurs ainsi chez les Lutins où jour et nuit, 7 jours sur 7 tout au long de l'année, chaque animal est libre, en chaque instant, de choisir l'endroit où il veut être, où il a besoin de se trouver (dans les limites imposées par les parcs évidemment).

D'ailleurs qui mieux que lui, le Ouessant, peut décider de ses choix. Il a toujours ses raisons, de bonnes raisons qui parfois nous échappent, de préférer brouter sous la pluie plutôt que d'être au sec le museau dans le râtelier de foin, de dormir à la belle étoile non loin des abris disponibles alors que le gel incite par contre le berger à rejoindre la couette, ....

Dragée ou la volonté de vivre.

Dragée ou la volonté de vivre.

Quant à une température ambiante idéale de 18 degrés pour entrer dans la vie, rares sont les Lutins nouveaux-nés qui ont la chance d'en bénéficier.

Quand on compare ce que vit l'agneau Ouessant (avec ses plus ou moins 1kg/ 1kg 200 à la naissance) naissant en plein air, à la situation vécue par les "gros" agneaux de races de rente en bergerie, on comprend la belle rusticité qui anime encore le "petit primitif".

Le cas de la petite Dragée ci-dessus est particulièrement parlant, d'autant que cette agnelle est née chétive en début de saison d'agnelage. (Elle a bien profité depuis...)

Le printemps est souvent capricieux... et pas seulement les débuts, comme on vient de le vivre dernièrement, en particulier la nuit. Chaleur, beau temps ne sont pas toujours au rendez-vous quand le berger est là à attendre les premières naissances qui se feront à l'air libre le plus souvent, quand et où le décident les brebis.

Aussi, lorsqu'il gèle, lorsqu'il pleut ou que le temps est froid et humide, tout est réuni pour rendre le berger inquiet et donc particulièrement attentif à toute naissance potentielle dans le moment.

Pour revenir à Dragée donc.

Cette agnelle est née en plein air le 23 mars dernier en fin de nuit. Il faisait alors deux degrés seulement sous abri et dans la journée, sa première, le thermomètre n'a pas dépassé huit degrés. Pour entrer dans la vie, il y a meilleures conditions. Les circonstances en ont voulu autrement. Malgré tout, cette agnelle, pourtant chétive qui plus est, a réussi à sécher, s'alimenter (téter), sans se refroidir dormir longuement tout au long de la journée comme le font les nouveau-nés les premières vingt-quatre heures. Heureusement il faisait sec, facteur positif!

Le lendemain elle était contrainte de passer sa journée, couchée à dormir au milieu du pré, cette fois sous la pluie, devant patienter pendant que sa mère se gavait d'herbe pour récupérer des efforts de la veille.

Bourreau d'agneau ce berger!!!

Non, tout simplement attentif, très attentif au contraire, prêt à intervenir si nécessaire, mais d'abord soucieux de laisser cette entrée dans la vie se dérouler comme il se doit si c'est possible, comme cela s'est toujours passé depuis des générations, comme cela se passait chez les ancêtres les plus lointains de Dragée.

Bien que plus vulnérable que les autres, Dragée s'en est bien sortie d'elle-même, la vie étant la plus forte d'abord, le berger observant ensuite, analysant, jaugeant le pour et le contre de toute intervention qui s'avéra finalement inutile.

Le cas Dragée n'est pas unique; bien d'autres petits nouveaux sont admirables face à ce que le destin leur impose pour commencer leur vie.

Le cas Dragée n'est pas unique; bien d'autres petits nouveaux sont admirables face à ce que le destin leur impose pour commencer leur vie.

Tout cela pour dire, que l'agneau Ouessant fait généralement preuve d'une belle rusticité.

Néanmoins, tout comme je frémis encore quand il m'arrive de lire que " le Ouessant se contente de peu"   (le peu restant à définir, le peu pouvant vite glisser vers un insuffisant ...), il n'est pas question pour moi de vouloir faire croire que l'agneau Ouessant est à toute épreuve. Loin de là! La naissance est un moment délicat, comme d'ailleurs surtout la première semaine de l'agneau. Le vivant peut être fragile, la mort guette le vivant.

Suite à ce témoignage, il m'est donné l'occasion de rappeler au contraire que le premier souci de l'agneau demeure l'hypothermie quand il ne peut sécher correctement ou prendre convenablement le colostrum lors des premières tétées...et que donc, cela implique d'être particulièrement attentif de jour comme de nuit par temps froid ou très humide lors des naissances, l'intervention étant nécessaire en situations extérieures extrêmes ou lorsqu'on décèle que l'agneau est froid, apathique, semblant perdre connaissance dans les heures qui suivent sa naissance voire les jours suivants.

Dans ce cas direction le vétérinaire tout en réchauffant le petit, à moins d'avoir un peu d'expérience en ce domaine d'urgence pour prétendre pouvoir le tirer d'affaire...

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Published by dominique morzynski - dans Agnelage
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