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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 22:30

Certains éleveurs me contactant quant au problème de la tonte, voici quelques étapes en images du travail sur table que j'opère à présent.

Cela avec la toute dernière brebis du troupeau passant sous la tondeuse cette saison et qui, à préciser, n'est pas un Ouessantin dalmatien, mais simplement apparaissant éclaboussé de marques de lumière dues au soleil à travers les feuillages.

Le progrès

Depuis deux ans donc, travail sur table sciée à ma hauteur de façon à limiter le besoin de me courber exagérément et à pouvoir y poser un genou.

En cette position, la brebis sur le cul, plaquée contre une de mes cuisses puis l'autre selon l'avancement de la tonte, trouve un certain confort qui l'amène (normalement) à se détendre et s'abandonner... Normalement! car il y a toujours l'animal caractériel que rien ne saurait assagir sinon le remettre sur pattes pour le dénuder...et encore!

Le progrès

"Qu'on est bien dans les bras de son popa!"

Le progrès

D'abord ouvrir la toison par le ventre. (Attention aux mamelles...et zizi chez le bélier!)

Le progrès

Libérer cuisse et cul.

Le progrès

Puis flanc et tronc jusqu'à la colonne.

Le progrès

Pratiquer de même pour l'autre côté.

Le progrès
Le progrès

La toison s'épluche ainsi comme une orange dont on voudrait conserver l'intégrité de la peau en un seul bloc, sans faire un travail haché.

Le progrès

Le photographe est parti avant que je libère le cou, mais là encore pour cette étape, ouvrir une brèche, toujours pour au final libérer l'animal de sa toison en une seule masse.

Ceci est la méthode pratiquée chez les Lutins, inspirée du travail classique de tonte du mouton cul au sol...mais sur un Ouessant les gestes amples sont peu envisageables sauf sur laine dans un état exceptionnel. De plus quand on sait que la brebis ci-dessus est la plus volumineuse du troupeau, on comprend pourquoi la tonte d'un Ouessant dans le standard est bien plus délicate et compliquée que celle pouvant être pratiquée sur une grande race, qui plus est à toison moderne de bête à laine et non primitive. 

Ensuite à chacun de trouver le cheminement et la technique qui lui conviennent, l'essentiel étant de faire bien, de se sentir à l'aise... et éventuellement tout en faisant bien, de faire au plus vite si possible, ce qui soulage l'animal qui déteste la contention mais aussi le tondeur qui a bien d'autres moutons à tondre.

Bien évidemment derrière de simples mots, il faut s'attendre au mouton qui ne veut pas rester en place, à une laine qui peut coller à la peau, à une laine que les peignes ne peuvent pas pénétrer, à une peau distendue sur un animal trop maigre qui risque facilement d'être coupée (toujours tendre la peau sur le corps et non tirer sur la laine), aux peignes qu'il faut décrasser et huiler au moins une fois durant chaque tonte d'un animal, aux plis de peau facilement entaillables près des articulations des membres rejoignant le tronc, aux toisons feutrées qui font coque sur tout l'animal ou en zone délicate du cou... et j'en oublie sans doute.

Dans tous les cas, pour un geste assuré il faut avoir connaissance de la morphologie du mouton et à chaque fois conscience de celle toujours particulière de chaque sujet entre les mains.

Dans le meilleur des cas, deux ou trois minutes peuvent suffire à tondre un Ouessantin, dans d'autres, extrêmes il est vrai, malheureusement une heure (si on persévère)... et au pire l'abandon s'impose en situation catastrophique. Entre les extrêmes, il y a une belle marge et une tendance pour la dizaine de minutes sans doute, bien que je ne chronomètre jamais pour ne me mettre sous aucune pression de rentabilité de temps. Tout résultat dépend du cas présenté par chaque animal: son comportement et son état général, tout comme le type de toison et sa qualité sans oublier l'avancement vers la mue.

Côté matériel, peigne et contre peigne doivent être parfaitement affutés. L'outillage et la dextérité du tondeur comptent également pour la réussite, tout n'étant pas forcément la faute du mouton et sa saloperie de toison.    

Bon courage et bonne tonte si ce n'est déjà fait!

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Published by dominique morzynski - dans Tonte
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commentaires

romain b 10/07/2017 09:56

Ah la tonte...
J'apprécie de plus en plus, années après années cette étape annuelle dans la vie de mes animaux, autant pour le plaisir de le retrouver sans leur manteau de laine que pour le plaisir de les avoir entre les bras et de leur faire une "beauté". Bon je ne suis pas encore à votre effectif (et n'y serai jamais je pense)...

dominique morzynski 10/07/2017 13:07

une étape incontournable qui débouche sur le plaisir de l'animal "au naturel", mais c'est vrai que le nombre transforme vite le moment en labeur...

ChristineL. 16/06/2017 15:13

Voici trois ans, cette année, que je ne tonds plus mes moutons moi-même. J'avais l'impression de les faire souffrir par le temps que je mettais à faire le travail, entre 20 et 30 minutes par animal multiplié par 30, trop long pour eux et pour moi qui avais de plus en plus de mal à m'en remettre physiquement. Cela devenait véritablement une corvée. Donc, je le fais faire. Par chance...et relation, j'ai contacté ce tondeur professionnel. Il est très attentif et méticuleux, une tonte dure maxi 5 minutes. J'appréhendais un peu la tonte sur les ouessant, car il tond surtout les grosses brebis, je possède d'ailleurs cinq vendéennes. Le travail est rapidement fait et sans blessure ou coupure (jusqu'à présent), même sur les quatre plus récalcitrantes des brebis d'ouessant. Parfois, j'entends bien un "Ah! mais vas-tu rester tranquille, ça sert à quoi de gigoter comme ça, veux-tu me le dire". Il a la poigne et le geste sûr sans brutalité, ce que je n'aurais certainement pas laissé passer. Je participe en lui passant les moutons et en les remettant dans leur parc. Je ne me sens pas plus éloignée ou proche de mes moutons qu'avant. Je leur porte toujours la même attention mais, depuis, sans me sentir coupable d'avoir à les déranger par une tonte-corvée.
A vous lire et regarder vos(toujours belles)photos, j'aurais presque envie de reprendre... juste sur une ou deux...les plus calmes...les plus calmes, chez moi, sont les béliers. Mais...non merci! Je pense à Jasper justement, d'une maigreur à faire peur, car il n'a plus de dents, je ne saurais pas comment le prendre pour le tondre, surtout qu'il fait le mou quand on le manipule, le petit malin!
Merci encore pour le partage de vos connaissances et expériences à travers ce blog.
ChristineL.

dominique morzynski 16/06/2017 23:37

Merci Christine pour ce témoignage et message toujours sympa. Trente ça commence déjà à faire pas mal.
Absolument, mettre ses animaux entre les mains d'un tondeur est une solution quand la corvée et le stress sont au rendez-vous pour cet exercice. Ensuite il y a des expériences plus ou moins heureuses et des résultats pas toujours à la hauteur d'après certains témoignages qui me reviennent, mais dans le même temps je ne doute pas que le plus souvent le professionnel est sympa, attentif, habile et efficace. Heureusement! je serais tenté de dire. C'est son métier et son matériel puissant en particulier avec les machines à moteur suspendu parvient même à couper le fil de fer qui trainerait en laine comme me le racontait l'un d'eux.
Il est vrai que c'est sur les laines difficiles, cas en particuliers des animaux affaiblis (allaitement, malade, vieux) que le travail est long et délicat.
Si un jour je dois être trop vieux et coincé de partout, il me faudra bien de toute façon faire appel à un tondeur, pour mes Ouessant....Un jour!