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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
  • Ouessant-mouton / les Lutins du M.
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 15:09

 

 

Première véritable neige. Elle est tombée toute la matinée.

 

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Quand l'accalmie arrive en début d'après-midi, toute la bande des brebis est encore bien désorientée.

 

 

 

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On se concerte un instant. Il faut bien prendre une décision avec ces six ou sept centimètres de poudreuse qui recouvrent les prairies.

 

 

 

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Plus qu'à l'ordinaire, Réglisse me jette ce regard interrogateur dont elle a le secret. Mélange d'attente et de flux qui semble vous sonder l'âme.

C'est en ces circonstances hivernales que la toison primitive de type nordique trouve sa réelle utilité. La croûte verglacée au bout des mèches ne contrarie en rien la bonne isolation procurée par la laine.

 

 

 

 

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C'est décidé. Il faut se mettre au travail.

 

 

 

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On jette à peine un regard à l'abri où on s'est agglutiné durant des heures. On délaisse le foin. La décision à l'unanimité fut de gagner les prairies malgré leur manteau blanc. L'herbe verte, cela se mérite et ce n'est pas un peu de neige qui va vous arrêter un Ouessant! 

 

 .........

 

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Pourtant la bande finira par revenir pour la distribution d'orge qui fut particulièrement appréciée aujourd'hui. La semaine s'annonçant bien froide, je pense que la ration de 100g quotidiens va passer à 120-130 ou plus, progressivement, surtout si la neige doit rester et rendre l'herbe moins accessible. 

 

 

 

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Mes loups mutants étant partis en balade, j'ai dû préparer les auges, à l'écart, dans la cour pour être tranquille durant l'opération. Une première. Aussi en bon Lutin rassasié, la curiosité prend vite le dessus sur le ventre. Certains s'empressent de partir en exploration sur ce nouvel espace.

 

 

 

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Le chèvrefeuille en verdure fait des heureux. Le berger remet vite de l'ordre. Chacun chez soi.

 

Il faut ensuite redéposer une couche de paille neuve dans le coin bergerie. Les toisons dégoulinantes et le piétinement ont bien détrempé la couche. La paille de céréales étant plus absorbante que des refus de foin, la nuit noire et froide qui attend ce petit monde devrait être ainsi adoucie.

 

Et puis il y a les autres dans les autres parcs à ne pas oublier.

 

 Ainsi va la vie chez les Lutins. Derrière le labeur se loge la satisfaction de pourvoir aux besoins et au bien-être de ses protégés. Et le jour où le plaisir n'y est pas, cela demeure l'obligation de tout bon berger... Il faut toujours garder à l'esprit que l'animal domestique est un prisonnier, parfois esclave, dont le sort dépend totalement de celui qui l'élève.

 

 

 

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Published by dominique morzynski - dans Instants de vie
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commentaires

Muriel Bernadou 21/01/2013 00:20

Toujours un plaisir que de voir vos Lutins et de lire vos articles ! Bravo !!

dominique morzynski 22/01/2013 17:43



Merci pour votre sympathique commentaire. Cela fait toujours plaisir, assurément.



Thomas 20/01/2013 18:52

Et parfois, l'on peut aussi retourner la question et se demander qui du berger ou des moutons est le plus soumis à l'esclavage? Car, même si nous possédons des moutons pour le plaisir... Il est des
périodes de l'année et plus particulièrement celle qui est déjà bien entamée où les contraintes peuvent peser!!! Tout dépend de ce qui a été mis en place (installations, aménagements de la
bergerie, affouragement...), de la taille du troupeau et aussi bien évidemment de la situation personnelle de tout chacun... Vivement la retraite pour ne plus avoir à courir le soir et réussir à
entrevoir ses moutons avant la tombée de la nuit. Le week-end, c'est différent!!! C'est un peu la fête, même lorsqu'il neige, puisque l'on peut prendre du temps pour aller à la rencontre de ses
protégés, contrôler, vérifier... J'entends régulièrement les amis et même la famille évoquer ma situation vis à vis de la présence d'animaux... C'est vrai que le choix que nous avons fait a de
lourdes conséquences... Mais, nous n'allons pas nous en plaindre, puisque nous l'avons voulu et le jour où cela deviendra trop contraignant, nous aurons toujours la ressource de nous en détacher...
Je n'en suis, Dieu merci, pas encore là!!! Au contraire, après avoir été, il y a deux ans, à deux doigts d'abandonner le mouton... Je ne me suis jamais senti aussi proche d'eux!!! Je me souviens
lors de mon passage chez les Lutins de m'être extasié de cette proximité que tu entretenais avec tes moutons. J'étais un peu dubitatif lorsque tu me disais connaître chacun de tes moutons par son
nom... Aujourd'hui, même si mon troupeau n'a rien à voir en taille avec le tien, je réalise à quel point ma relation a évolué... Je suis beaucoup plus présent auprès de mes moutons, je les connais
chacun par leur nom, les distingue les uns des autres... Je souris par rapport aux changements opérés chez moi...Tout cela implique aussi un attachement bien plus marqué à chaque individu qui
compose le troupeau, alors qu'auparavant je raisonnais sur la base du groupe... Ton blog, sans que tu n'en aies totalement conscience, opère des transformations d'état d'esprit, des changements de
comportements, suscite des vocations, éveille la curiosité... Alors, un grand merci au berger des Lutins pour ces moments partagés, ces réflexions, ces conseils et ce regard naturaliste sur les
Lutins et ce qui les entoure!!!

dominique morzynski 22/01/2013 18:26



Merci à toi pour ce merci, ou "de rien" comme on dit...


Que dire de plus à ton analyse face au troupeau? Tout cela est vrai.


Quant à l'impact du blog sur les esprits....j'espère bien que ces colonnes opèrent des transformations dans les esprits. C'est un de mes buts.


Voir le monde, voir l'autre, voir le vivant, voir l'animal domestique, voir le mouton, voir le Ouessant autrement qu'avec ses yeux mais aussi avec son cerveau est un de mes petits combats dans
l'ombre.


Esclaves? Les bergers du dimanche que nous sommes ne le sont pas. C'est un choix de vie qui amène des contraintes, certes, mais comme tu dis, nous sommes libres d'arrêter d'élever.


Esclave? L'animal domestique l'est toujours puisqu' exploité et d'abord captif, lui n'a jamais de choix; c'est un prisonnier, un esclave non humain dans nos cultures et sociétés à
travers les siècles et les millénairers. Dans ce mimétisme comportemental qu'est le nôtre en devenant éleveur, la moindre des choses, que les animaux doivent finir à la casserole ou au
labeur, ou ni l'un ni l'autre, est de veiller sur nos prisonniers en subvenant à leurs divers besoins et leur apportant une vie la plus épanouissante possible en réponse à leus besoins (bien
que la liberté leur sera toujours refusée). C'est à ce genre de comportement des humains parmi d'autres en d'autres domaines que l'on mesure la réelle grandeur d'une humanité, d'une société
ou d'un individu. Les élevages en batterie mais aussi les élevages mouroirs dans certaines fermes ou chez des particuliers montrent à quel point le chemin vers la Grandeur de l'humanité est
encore long.


C'est ce à quoi je ne peux éviter de faire allusion sans l'écrire véritablement dans mes articles lors des vagues de froid ou sécheresse, là où l'animal domestique peut vivre un enfer plus qu'à
l'ordinaire.... Opérer des transformations d'état d'esprit, de comportements donc, j'espère bien.


Merci pour ton riche commentaire!