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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:52

 

 

Un regard sur le Ouessant s'impose.

 

La retrempe s'avère actuellement très fréquente. La principale cause est la multiplication des élevages ovins de loisir en diverses races d'agrément. Parcourir les petites annonces, du net en particulier, suffit  pour s'en convaincre. On y observe régulièrement des produits issus de croisements avec d'autres races primitives (Soay, Shetland, Jacob, Heidschnücke, Skudde,....) quand ce n'est pas avec des races plus modernes. Ces naissances de première génération portent souvent encore les traces de ces accouplements regrettables ( taille, morphologie et autres traits physiques, femelles cornues,type de laine, parfois certaines colorations bien que sur ce point il faille rester prudent...). Méconnaissance, manque de sérieux dans les reproductions,curiosité...aboutissent à déverser ces animaux dans la population globale du Ouessant, y compris chez des éleveurs qui entrent ensuite dans les rangs associatifs. Le nouvel acheteur, souvent ignorant, étant convaincu d'avoir acquis des Moutons d'Ouessant, n'hésite pas par la suite à diffuser ses jeunes sous l'étiquette Ouessant. La reproduction de ces ovins finit par concerner de véritables métis, pas forcément inintéressants en tant que moutons, mais à l'origine d'une forte pollution génétique dans la population Ouessant qu'ils se voudraient représenter.

D'une retrempe ponctuelle éventuellement négligeable dans son impact (car normalement de plus en plus dilué au fil des générations dans des accouplements réellement Ouessant), on est arrivé par le nombre de croisements et une production en augmentation à un métissage non négligeable créant "du mouton à allure Ouessant (et encore pas toujours!) tout-venant".

L'exemple des croisements opérés parfois jadis dans certaines populations Ouessant des pays voisins (pourtant normalement en reproduction encadrée et avec confirmation) est assez parlant car, au-delà des débats sur la coloration des toisons, plus complexes qu'il n'y paraît (et menés trop souvent sans connaissances réelles complètes du sujet, les généticiens de profession sachant rester humbles et ne pouvant tout expliquer), c'est bien plus tout le reste de l'intrusion génétique qui devrait alerter par l'évolution des morphologies, de certains caractères physiques et comportementaux, et autres. Mais compétition, concours, appréciations de beauté agissant, on a à mon sens trop souvent fermé les yeux sur ces phénomènes à cause des apports qualitatifs séduisants de certains croisements (ce qui arrangeait bien sous l'angle de la performance et l'amélioration).

 

La seule solution pour éviter les dérives est bien de mener une reproduction encadrée sérieuse et honnête avec des animaux dont on connait les origines et la généalogie sur un maximum de générations, en cherchant à trouver ou s'approcher des souches pionnières du GEMO utilisées pour sauvegarder et relancer le Ouessant type ancien.

 

Cependant par honnêteté et en toute logique, le slogan publicitaire "pure race" ou "originel" devrait être évité. En effet pour qu'un Ouessant soit originel (à comprendre de l'île?) encore faudrait-il qu'il soit prélevé sur Ouessant. Ce qui est à l'évidence impossible puisque ce type ovin disparaissait des lieux dans sa forme insulaire il y a environ un siècle et que les origines et histoires incomplètes des dits Ouessant continentaux ne garantissent pas la pureté recherchée.

Ainsi, si j'ai bien la conscience et le désir d'élever des Ouessant en "souches pionnières" du travail de résurrection de cet ovin orchestré par le GEMO sous l'impulsion de Monsieur Paul Abbé, je ne m'autoriserais pas à parler de "pure race" ou "originel" lorsque je me sépare d'un animal, mais seulement de préciser les souches pionnières de sa composante génétique auxquelles je suis fortement attaché.

D'une part parce que durant des décennies voire un siècle avant que le mouvement associatif ne naisse, les Ouessant élevés sur le continent ne présentent aucune garantie totale d'avoir échappé à quelques croisements involontaires... Des influences d'autres races restent donc possibles dans les divers troupeaux retrouvés dans l'hexagone par le passé et qui se découvrent encore. Phénomène qui peut d'ailleurs en partie entrer en ligne de compte dans la diversité des morphes retrouvés. 

D'une autre, le Ouessant insulaire n'est pas seulement le produit du milieu, de la pression humaine et d'un isolement relatif, mais également le fruit d'inévitables apports extérieurs. Ne serait-ce qu'en considérant ceux de la Bretagne continentale et au-delà,  mais également ceux possibles suite au passage de navires transportant des ovins d'origines plus lointaines. Je me plais souvent à dire que le Ouessant n'est pas tombé  du ciel, un jour, sur cette île. Divers types s'étant graduellement succédés, tout dépend de l'échelle de temps de son raisonnement pour appréhender le Ouessant. Phénomène qui n'a fait que s'amplifier et s'accélérer à la charnière 1900, dans une société ouessantine en plein sursaut d'évolution...pour arriver d'ailleurs au cheptel actuel sur Ouessant qui est la plus belle preuve des conséquences de métissages. 

D'après certaines études comparatives, il semblerait que plus un type (race) ovin est primitif, moins il est résistant à la tremblante. La haute résistance du Ouessant type ancien continental actuel dévoilerait-elle ainsi une partie des traces d'influences de races plus modernes qui l'ont construit, bien que le Ouessant demeure la race ovine la plus primitive de France?

On voit toute la difficulté à vouloir faire une race d'un type ovin.

 

 

juin-09-126.jpg    

Signes de retrempe et métissage chez un animal de concours en "souche Ouessant étrangère"?.... couleur de toison (obtenue par le passé avec une race encore indéterminée, Shetland?), puissance exceptionnelle du cornage obtenue avec une autre race primitive (Soay?)?, membres très graciles, chanfrein très peu marqué, port de tête souvent haut placé, (très bonne laitière pour une femelle), caractère vif, distant et nerveux, yeux donnant un regard fou, queue primitive couverte de poils.... voilà ce qui pourrait caractériser cette souche d'une taille vers le haut du standard. 

 

 

 

juillet 11 063

 

Signes de retrempe et métissage plus modernes chez un animal de concours en une "souche française pour ne pas dire bretonne"?... toison blanche de type plutôt moderne (bien qu'ici tondue), queue couverte de laine, cornage assez modeste, chanfrein très marqué, tête basse dans les épaules, comportement docile de race bergère, regard doux,....voilà ce qui caractérise cette souche de petite taille.

 

Un Ouessant brun qui se rapproche de certaines races plus primitives. Un Ouessant blanc qui se rapproche de certaines races modernes (si on excepte la taille).

 

Croisement, retrempe et métissage, des phénomènes pas si nouveaux que cela? 

Bonne réflexion....question de rigueur et de saine curiosité.

 

 

 

 

 

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Published by dominique morzynski - dans Sélection
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