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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 13:56

Pour prolonger la réflexion sur le document précédent Ouessant de zoo (1) , voici quelques données collectées par le même collègue découvreur et éleveur passionné que je remercie vivement. Ce qui va nous permettre d'en savoir un peu plus.

 

Les placards du Muséum furent ouverts pour lui. Il put prendre ces clichés et établir le tableau qui suivra à propos de quelques specimens de moutons étiquetés Ouessant et de leurs restes conservés. 

 

En toute logique, ces animaux sont les descendants de ceux présentés sur le cliché ancien du précédent article. On peut tout de même s'interroger sur le type d'élevage mené au sein du Jardin des Plantes durant le 20ième siècle. La reproduction a-t-elle été menée avec uniquement les animaux de ce petit troupeau ou y a-t-il eu des apports extérieurs, et dans ce cas lesquels? 

 

 

EPSN0229[1]

 

  Squelette du mâle étudié.

 

EPSN0231[1]

 

  Vue rapprochée du crâne et du trophée.

 

EPSN0223[1]

 

C'est bien le cornage qui à ce niveau d'observation peut surtout amener aux quelques remarques suivantes.

Sa puissance, de par une épaisseur importante remarquable à sa base, s'en trouve amoindrie malgré tout par le fait que la corne s'enroule très vite sur elle-même. Chose qui avait pu être déjà observée sur le mâle adulte de la carte postale ancienne. Ce qui semblerait correspondre effectivement à un caractère héréditaire dans ce troupeau, bien que beaucoup d'autres observations de ses béliers seraient nécessaires pour prétendre l'affirmer

De nos jours, dans le standard actuel voulu pour le mouton d'Ouessant type ancien, ce type de cornage ne serait pas souhaitable puisque le rayon d'enroulement doit être grand sans que la corne ne revienne sur elle-même si vite. Et puis par rapport à celui de l'ancêtre originel du mouton, le mouflon, ce type de cornage porte en lui le fruit de la domestication et se présente comme aberrant.

 

 

Muséum d’Histoires Naturelles

Juillet 2009 – DLP

 

Tous les animaux sont originaires de la ménagerie (jardin des plantes)

 

 

année

 

sexe

 

couleur

 

age

 

Tête

 

Cornes

Diamètre

base

 

Longueur

queue

 

Fémur

 

3,53

 

Scapule

 

4,22

 

Radius

 

4,02

 

Hauteur garrot théorique

 

 

 

 

orbite

pommette

longueur

 

 

 

 

 

Sc

Ra

1911-44

F

noire

 

9.65

6.2

19.5

 

15

14.50

12.50

13.10

51.20

52.75

52.66

1921-02

F

noire

1

8.55

5.35

15.5

 

13

13.35

12.00

12.80

47.12

50.64

51.45

1930-159

M

noir

2/3

10.30

6.35

18.30

15

19

16.30

13.44

14.30

57.54

56.71

57.48

1966-51

F

noire

11

Pas de tête

 

 

13.70

12.82

12.45

48.36

51.48

50.05

 

 

  Dans ce tableau sont réunis divers renseignements et les différentes mesures prises sur quatre Ouessant dont les restes sont conservés. Trois femelles et le mâle en question en photos ci-dessus.

Il est d'abord intéressant de noter que ces sujets datent de plusieurs périodes: 1911, 1921, 1930, 1966.

N'ayant pas pu réduire davantage ce tableau, je dois préciser que les trois dernières colonnes (qui n'apparaissent pas) exposent une hauteur théorique au garrot selon les mesures des trois os juste avant (fémur, scapule, radius).

Je me suis "amusé" à calculer la moyenne obtenue d'après ces trois hauteurs théoriques non affichées. Voilà ce qu'on obtient.

La brebis de 1911 aurait donc une hauteur moyenne au garrot de 52,2 cm (âge inconnu).

La brebis de 1921 aurait donc une hauteur moyenne au garrot de 49,7 cm (on notera qu'elle n'avait qu'un an et était donc appelée à encore grandir).

"Notre" fameux bélier de 1930 aurait donc une hauteur moyenne au garrot de 57,2 cm (vers deux ou trois ans donc presque adulte ou adulte). Effectivement le cornage ne permet pa de définir l'âge réel puisqu'il manque une patie de la substance cornée à la base. D'après les étapes de croissance décelables sur la corne on voit malgré tout que ce mâle avait au moins trois printemps. Ce qui correspond bien à l'âge approximatif  avancé. 

La brebis de 1966 aurait donc une hauteur moyenne théorique de 49,96 cm (à onze ans).

 

 

Ces précieux renseignements ne font que confirmer l'impression qui était la bonne en découvrant le petit groupe de Ouessant du Jardin des Plantes sur la carte postale ancienne...Ces Ouessant sont de bien grande taille avec des brebis de 50 cm et plus, et des béliers (d'après ces mesures et ce qu'on voit sur le cliché) jusqu'à (au moins?) 57 cm au garrot.

 

Où sont les petits moutons d'Ouessant qu'on aurait pu s'attendre à voir? D'où venaient réellement ces Ouessant exposés et élevés à Paris?

    Jardin des plantes pour DM[1]-copie-1

 

Cet exemple rejoint tout à fait la problèmatique Ouessant que j'expose régulièrement avec acharnement. On voit qu'il y a cent ans déjà, le Ouessant n'était parfois pas ou plus ce qu'on pouvait en attendre. Un siècle après se pose toujours, et à fortiori encore plus, la question de connaître véritablement le parcours continental et l'origine des ancêtres des Ouessant que nous élevons pour pouvoir estimer la part réelle (au sens patrimoine génétique) du Ouessant qu'ils transportent en eux et pas seulement les ressemblances observées. Un réel souci conservatoire passe inévitablement par toutes ces interrogations... 

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Published by dominique morzynski - dans historique
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commentaires

Laurent Motrot 01/05/2012 21:13

On note une différence sensible de longueur de queues 13/15 pour les femelles et 19 pour le mâle (plus grand il est vrai). Sait-on si cela correspond aussi à un nombre de vertèbres différent ?

dominique morzynski 02/05/2012 21:53



Le nombre de vertèbres intervient dans la longueur de la queue selon les diverses races (chez certaines la queue traîne presque au sol), mais pour un même nombre de vertèbres la longueur
peut varier également selon les individus.


A noter que les queues courtes sont une normalité et non l'inverse. D'ailleurs l'amputation de la queue est parfois de règle pour des questions d'hygiène dans bien des races autres. Moyen
artificiel de règler l'inconvénient de ces mutations monstrueuses transmises durant des millénaires.


C'est là aussi qu'on voit que le Ouessant est vraiment un beau mouton avec une queue encore relativement courte, comme tout un ensemble de races primitives nordiques, cousines plus ou moins
lointaines.



dominique 27/12/2010 19:49


Ton article est fidèle. Ton analyse toujours aussi pointue.


dominique morzynski 28/12/2010 18:31



Et d'abord surtout, ton travail de passionné est judicieux et bienvenu. Merci encore.