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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:00

Bientôt huit ans de présence du blog des Lutins sur le net.

Des articles le plus fréquemment possible pour accrocher les passionnés ou inviter le visiteur de passage à y revenir.

Des articles parfois à la limite de la niaiserie au regard de certains lecteurs, des articles parfois bien trop érudits au regard d'autres lecteurs. En fait, des articles de toutes sortes pour intéresser tout le monde et tenter mettre les choses plus complexes à la portée de tous, afin de pouvoir plonger ainsi dans l'univers du mouton Ouessant de type ancien par diverses portes d'entrée.

En huit ans, que de choses dites, écrites, qui ont pu contribuer à la réalité du Ouessant et la représentation que nous pouvons en avoir, ce que j'appelle le "concept du Ouessant"..., et contribuer à la réflexion.

Il est devenu ainsi difficile pour le visiteur, même le plus intéressé, de tout relire, de tout consulter....et je le comprends.

Aussi, concernant la représentation de ce concept du Ouessant, mieux que je ne l'aurais fait sans doute moi-même, un collègue éleveur vient de faire une dense synthèse des faits et connaissances autour de l'identité de l'ovin.

Je ne peux que conseiller d'aller sur son site et en particulier en cet article mis en lien ci-dessous.

Des réponses, mais aussi des questions!

N'hésitez pas à contribuer à la réflexion...

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 14:10

Fooor-ormida-ble!

L'ouvrage de François De Beaulieu et Hervé Ronné sur le mouton d'Ouessant est paru.

C'est forcément un plaisir d'avoir pris connaissance du contenu et d'avoir pu découvrir dans cette approche historique du mouton d'Ouessant, diverses données que j'ignorais, tout autant du côté témoignages écrits que de celui des clichés photographiques.

Un recueil qui va bien au-delà de ce que j'avais pu modestement glaner moi-même depuis une vingtaine d'années (consultable en catégorie "historique" de ce blog), dans une démarche de simple éleveur curieux de la réalité ancienne du Ouessant. Je conseille donc de lire cet ouvrage à ceux qui ne l'auraient pas encore fait.

Néanmoins, presque rien de bien nouveau pour moi, en ce qui concerne ma représentation de l'ovin et sa situation du passé. Tout montre, encore une fois, qu' il demeure toujours un grand flou quant à sa taille moyenne réelle en sa forme insulaire, derrière le simple adjectif de "petit" souvent repris dans les témoignages, ainsi que quant à sa(ses) coloration(s) rarement décrite(s) ou alors parfois de façons contradictoires si ce n'est imprécises de par le vocabulaire. Certains clichés photographiques les plus anciens sont là aussi pour faire tomber certains fantasmes sur la fameuse " très petite" taille ou encore l'idée d'un cheptel entièrement noir tardivement.

Tout de même, dans cette somme de connaissances, une perle, une perle précieuse qui vient étayer ma réflexion déjà acquise sur les méandres du type Ouessant du passé !

En effet, page 35, dans la photo pleine page de 1898, on découvre deux brebis blanches (une fois encore bien grandes en comparaison avec le standard actuel). Que d'émotion devant ce cliché inédit!

Que d'émotion plus encore, quand à une dizaine de mètres derrière ces deux animaux, je découvre un(e) agneau/agnelle noir(e) de quelques semaines présentant les caractères suivants: museau ainsi que le tour des paupières blancs....(et il semblerait bien l'intérieur des oreilles marqué de blanc également si ce n'est pas l'effet d'entailles)!!!!!

Ce sont là des caractères similaires à ce qui s'exprime chez les jeunes de type Agouti grey (Agouti gris), gène (allèle Ag) présent en certaines souches Ouessant du paysage actuel continental de cet ovin. Forme que je connais bien pour l'étudier comme il se doit en mon élevage, en un programme spécifique, du fait de sa présence avérée dans les populations Ouessant depuis une quarantaine d'années au moins suite à de fort probables métissages. Ce qui m'a amené à réparer cette "errance" des groupements en ramenant cette forme colorée en "sang" du noyau de base de la relance du type Ouessant.

La présence sur l'île d'un agneau d'une coloration Agouti autre que le l'Agouti blanc bronzé (Awt, Agouti white tan, dit communément simplement "blanc") est donc un "scoop".

C'est le premier témoignage, qui plus est visuel, d'un Ouessant en situation insulaire au 19ème siècle qui ne soit ni de forme dite "blanche", ni de forme dite "noire", les plus connues et les plus observées.

Voilà exactement le type de donnée qui me ravit car elle montre bien que la réalité fine des Ouessant sur Ouessant est complexe, plus vaste que ce à quoi certains voudraient parfois la réduire suite à une représentation mentale parfois simpliste du passé (des passés) de cette population ovine et des aléas qu'elle a pu rencontrés (et qui, très important, ont contribué d'ailleurs parfois à sa construction et son évolution graduelle).

Pour ceux qui donc possèdent déjà l'ouvrage, rendez-vous p 35. Pour les autres....une raison de plus de l'acquérir? Pour l'instant je ne peux m'autoriser à publier cette photo.

En comparaison avec le jeune animal atypique du cliché ancien en référence, voici ci-dessous une agnelle de mon élevage de forme similaire de par son génotype couleur, pour mieux comprendre mon discours.

Formida-ble!

Candice des Lutins nouvellement née alors, agnelle noire Agouti gris (Ag, Agouti grey) chez qui on observe museau et tour des yeux blanchâtres (la marque blanche frontale concerne par contre un autre phénomène qui ne touche pas exclusivement les animaux de cette coloration). Ces caractères en ce type s'intensifient par la suite pour exprimer peu à peu un blanc plus soutenu sur ces zones initiales.

Formida-ble!

Ici plus nettement chez un agneau noir Agouti gris (Ag, Agouti grey) de six semaines (photo Dominique Leplant).

Formida-ble!

Le même agneau plus jeune.

J'entends déjà les "C'est pas évident" ou "Difficile de voir", en rapport au cliché ancien.

Certes on pourrait rêver d'un document de meilleure qualité, mais nous devons faire avec ce qui est déjà miraculeusement arrivé jusqu'à nous 117 ans après l'instant photographique.

Ensuite, tout comme en d'autres domaines il semble parfois incroyable de pouvoir par exemple déterminer les composants d'une étoile à partir de l'analyse de sa lumière, ou de pouvoir reconstituer le crâne d'un hominidé à partir de simples morceaux, ou encore de pouvoir mettre un nom sur un oiseau en vol à quelques centaines de mètres, il peut paraître douteux de pouvoir avancer identification de signes de coloration d'un mouton en second plan sur un cliché ancien.

Pourtant, comme en toute chose, tout est question de connaissances et d'expérience.

Tout d'abord, l'ovin noir de petite taille en second plan de cette page 35 est bien un agneau mâle ou femelle, et non une antenaise (animal d'un an) comme je l'ai entendu dire. Une antenaise il y en a une à l'attache avec la brebis adulte blanche qui nous regarde au premier plan. Rien à voir en taille ni en avancement de pousse de la toison.

Non, l'ovin en second plan est bien un jeune de l'année. Aux critères taille et aspect de toison vient s'ajouter la date de prise du cliché qui serait d'avril. Si on considère des naissances possibles dès février (plus rarement janvier), cet élément confirme bien l'impression d'un jeune, de 2/3 mois maximum, déjà perçue à son allure.

En type Ouessant, les agneaux noirs non agouti n'ont jamais le museau blanc (ou encore le tour des yeux).

Si ce jeune de la page 35 est donc bien d'un type Agouti, je n'ai pas défini lequel, n'ayant rapporté à titre de comparaison que similitudes avec le type Agouti grey que nous connaissons aujourd'hui en population continentale de la forme ancienne Ouessant.

Faut-il faire un lien entre ma découverte et les remarques troublantes que je faisais déjà en fin d'un autre article (ci-dessous en lien)?

Ainsi ces possibles individus Agouti devant ce moulin pourraient-ils l'être en une autre forme que l'Agouti blanc bronzé (Awt)?

Rien ne peut être affirmé.

Mais p 36 de ce même ouvrage de François de Beaulieu, mon interrogation n'est que plus grande encore face à cette autre scène devant le même moulin qui semble photographiée quelques minutes après la précédente vue. En effet, si la brebis tenue en corde est toujours bien loin et de dos, elle laisse entrevoir cette fois sa tête, une tête très très troublante, sans parler de la toison.... Les esprits avertis et curieux me comprendront... Fascinante énigme!

Si maintenant on se tourne vers le continent breton d'il y a un siècle, il est curieux de découvrir qu'on pouvait trouver également variétés en colorations de toison, comme en témoigne en particulier ce type Agouti indéterminé en cette série de trois clichés.

Formida-ble!
Formida-ble!
Formida-ble!

Pour finir, pour anecdote car beaucoup plus près de nous dans le temps (1971), on remarquera toujours dans le même ouvrage de François de Beaulieu p 49, une brebis d'un type Agouti indéterminé sur Ouessant au centre de la première photo.

Sans que les cinq formes ovines présentées aient un lien direct entre elles, il est plus qu'intéressant de noter ces particularités pour pouvoir prétendre appréhender le paysage coloré des toisons des Ouessant sur Ouessant puis sur le continent, et en particulier les formes possibles de type Agouti .

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 09:26
On recule... ce qui fait avancer

J'avais découvert il y a une vingtaine d'années, ce cliché pris sur l'île d'Ouessant et permettant d'observer partiellement deux moutons d'alors. Je ne reviendrai pas sur ces observations faites en d'autres articles de cette catégorie de mon blog.

Ce qui est important aujourd'hui, c'est que l'étau se resserre autour de la période de la prise de vue ou plutôt sa publication.

En effet, j'avais initialement une oblitération en 1911. Puis d'autres plus antérieures, allant jusqu'à 1906.

Si les visiteurs du blog des Lutins sont souvent silencieux, de temps à autre une information importante m'arrive.

J. Schneider m'avait indiqué ultérieurement une date plus ancienne, merci à lui.

Dernièrement, Thomas Szabo m'informe qu'il a trouvé une oblitération en 1902, merci également.

Certes les vues de la charnière 1900 représentent souvent, quand ils s'y retrouvent, des moutons d'une population ovine insulaire en pleine mutation (comme la société d'alors d'ailleurs).

Néanmoins ces trop rares témoignages visuels permettent de construire une partie de la réalité du mouton d'Ouessant de type ancien et sont donc plus que précieux à ce titre.

Les témoignages antérieurs étant uniquement écrits, ils sont très souvent succincts, doivent comme en toute recherche historique passer sous une réflexion d'analyse critique au sens large du terme, tout comme une photographie bien évidemment, mais plus encore car le profil humain du témoin comme le contexte de l'information sont d'une importance majeure dans la compréhension de la donnée.

Rapidement, deux exemples parmi d'autres...

....Pour être clair, quand on lit "petit", à quelle taille cela correspondait-il vraiment?

...Ou encore, on s'interrogera sur les colorations brunes avancées. Non seulement souci de vocabulaire, mais aussi de réelles connaissances quand on voit actuellement, au présent donc, la grande difficulté à bon nombre d'éleveurs de reconnaître une coloration brune avérée génétiquement, certains voyant des moutons bruns qui n'en sont pas ou à l'inverse ne voyant pas ceux qui le sont...

Je m'éloigne un peu mais à peine du sujet initial qui est en fait de cerner la réalité du mouton de type ancien du passé...nous devrions même dire des passés!!!

Document en question (Collection Thomas Szabo)

On recule... ce qui fait avancer
On recule... ce qui fait avancer
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 17:38

En relisant le DEA de Gilles Tronson sur "le mouton d'Ouessant", je note l'information d'une donnée mentionnée qui m'avait échappé (ou que j'avais oubliée) dans l'ouvrage de Françoise Peron "Ouessant l'île sentinelle".

En 1861, la princesse Bacciochi (si je ne me trompe cousine germaine de Napoléon III), en visite sur l'île d'Ouessant, reçoit en cadeau un agneau blanc.

Pourquoi est-ce important? Parce qu'il s'agit, à ce jour et à ma connaissance, du plus ancien témoignage écrit (tiré d'un journal) exposant la présence de cette coloration blanche dans le cheptel des moutons de l'île.

Pourquoi un agneau blanc en présent? Les moutons sont en cette période une ressource importante sur l'île (de l'ordre de 6000(?)animaux) tout à fait représentative. La coloration blanche fut peut-être préférée au noir par le symbole de "pureté" qu'elle représente en rapport à la personne à qui s'adresse l'offrande. Mais plus probablement, elle doit correspondre à une certaine rareté, rendant le cadeau plus précieux....

En effet comme le mentionnent certains auteurs au milieu du 19ème, la coloration blanche semble alors gagner dans la population ovine bretonne globale. L'île d'Ouessant serait-elle également alors touchée peu à peu par le phénomène? La chose est acquise par contre à partir de 1910, la quasi totalité des moutons sur Ouessant étant blanche (ce qui est normal de par le caractère dominant génétiquement de cette coloration s'exprimant dans une population à la reproduction libre, si aucune sélection n'est faite pour inverser le phénomène).

Coloration blanche

En rappel, un bélier blanc ne donnera que des agneaux blancs avec des brebis noires,....

sauf si ce même bélier est porteur d'une autre coloration cachée dans son patrimoine (dans ce cas, théoriquement, 50% des jeunes seront blancs)

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 15:59

On pourrait naïvement imaginer que l'intérêt pour le petit mouton de type ancien de l'île d'Ouessant est un phénomène récent. S'il l'est sans doute dans son ampleur du fait que nombre de foyers (même modestes) dans notre société moderne peuvent s'offrir le "luxe" de s'entourer de ces compagnons laineux, le Ouessant intéresse de longue date hors de son berceau breton originel.

Atypique, d'agrément ... et de consommation

Par exemple comme animal de compagnie ou d'exhibition (bélier à l'extrême droite du cliché du début du siècle passé)...

(Merci à Thomas Szabo pour ces envois)

(Merci à Thomas Szabo pour ces envois)

Les Ouessant sont en fait sortis de leur île par centaines sinon probablement milliers durant les siècles passés pour être exportés sur le continent.

Ainsi, par exemple, comme le mentionne Georges Dorel (source DEA de Gilles Tronson, le Mouton d'Ouessant 1990), durant la seconde moitié du 19ème, pour leur viande fort appréciée (allant jusqu'à être vendus parfois comme agneaux (sic!) alors qu'en vérité adultes de petite taille), mais aussi auprès d'amateurs pour être élevés sur leurs parcs... et ce jusqu'en Champagne.

D'ailleurs, à titre d'anecdote peut-être en lien avec ce phénomène, sur les conseils de Paul Abbé alors président du Gemo, je m'étais procuré mon premier bélier en 1996 en Haute Marne. Lorsque j'ai voulu connaître l'origine du troupeau, l'éleveur ne sut que me répondre que sa grand mère possédait déjà ce type d'animaux, donc bien avant 1976 date de la création du groupement (Gemo). Faut-il voir là un noyau Ouessant souche champenoise aux origines liées au phénomène précité?

Durant au moins la première moitié du 19ème siècle, les habitants d'outre Manche semblaient manifester un fort intérêt pour les petits moutons bretons bien insolites à leurs yeux au moins par leur taille et en importaient en nombre (The illustrated Natural History- Mammalia, by JG Wood- 1858... merci à Roger Lundie pour cette donnée). Ces petits moutons bretons étaient-ils en partie ou en particulier des Ouessant non nommés?

On a souvent un peu de mal à imaginer pour les temps passés un commerce important et du transport sur de longues distances. Pourtant déjà il y a quelques millénaires denrées, matériaux,humains... animaux se retrouvaient parfois fort loin de leurs lieux d'origine. Ce que tous les passionnés d'histoire mesurent. Ainsi, comme je le lisais dernièrement à propos d'une race ovine ancienne de l'actuelle Grande Bretagne ses laines étaient exportées ...jusqu'à Rome à l'époque dite romaine.

Ceci pour dire que des exportations "tous horizons" du petit mouton d'Ouessant depuis son île au moins durant les siècles précédents un peu documentés ne doivent pas totalement nous surprendre et que nous (humains de la charnière 20ème et 21ème) ne sommes pas les premiers à nous émerveiller devant cet animal domestique étonnant.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 14:10
Toujours du Jardin des Plantes (2)

Pour revenir sur cette image nous montrant des ovins dits d'Ouessant (aux origines précises inconnues) il y a un siècle au sein du Jardin des Plantes......

Comme le constat fut déjà fait en ces colonnes, ces animaux (5 femelles et trois mâles... plus un individu indéterminé) sont manifestement bien plus grands et plus lourds que ceux aujourd'hui rencontrés dans les élevages amateurs continentaux.

J'ai eu l'occasion d'analyser encore et encore ce cliché et d'autres éléments intéressants me sont apparus. Certains posant d'ailleurs de nouvelles questions sur cette bande de moutons.

Est frappant ce masque clair très étendu sur la face.

Cet aspect de moutons noirs blanchis ou grisonnants touche également la toison.

Si on observe le sol, on s'aperçoit que dans leur enclos, les animaux vivent sur terre battue apparemment poussiéreuse et calcaire (devant sans doute uniquement se nourrir au râtelier à foin). Ceci explique en partie cela, cet aspect de toison salie et assez claire. Pourtant, ceci n'explique pas pour autant cela, concernant le masque clair. En effet, ce caractère se montre être héréditaire en ce troupeau photographié et devoir s'accentuer avec l'âge si on observe bien l'éclaircissement accentué chez le vieux bélier comparativement au plus jeune mâle (de même chez les brebis).

Ce caractère/ phénomène ne me surprend pas totalement puisque dans nos Ouessant de type ancien, on rencontre des individus dont le museau "blanchit" avec l'âge. Comme ci-dessous en mon troupeau, Ocelot et Sidney... qui sont pourtant bien des moutons noirs (non agouti).

Toujours du Jardin des Plantes (2)
Toujours du Jardin des Plantes (2)

Pour revenir à l'ancien troupeau parisien, la poussière en la toison n'exclut pas la présence du phénomène dit de canitie (blanchiment de la fibre) qui touche les animaux (et humains) vieillissants.

Toujours du Jardin des Plantes (2)

Si maintenant on observe les pattes, il est curieux de constater que, si on imagine celles-ci être blanchies par la poussière lorsque l'animal se couche, certains moutons présentent des pattes bien sombres. Ce qui est au moins le cas sur certains jeunes animaux comme le petit bélier de droite ou encore, à gauche, les brebis une et trois.

Question: Si on évacue le problème poussière, sommes-nous bien devant un exemple de phénotype un peu particulier et d'un aspect évolutif avec l'âge du mouton?

Dernier point qui m'intrigue énormément, c'est l'aspect non sombre des sabots ou présentant des panachures....

Parce que dans la poussière me diront certains....

Pas si simple en réalité, car dans ce cas les poignets et les zones de poils les recouvrant devraient être salis également, alors que certains animaux aux pattes sombres présentent bien cependant des onglons à panachures (chose surprenante pour des animaux noirs qui seraient non agoutis).

Tout cela pour dire que le phénotype (aspect extérieur) de ces ovins présentent certains aspects troublants, hormis la présence de poussière à prendre en considération.

Toujours du Jardin des Plantes (2)

Cash investigation!

Poursuivons notre enquête!

Sur cette seconde vue en la même époque et toujours dans le parc zoologique, nous sont présentés deux brebis et un bélier en vue plongeante.

D'après le volume de l'abri, cet enclos ne doit contenir guère plus d'animaux. Cette fois le sol est couvert d'herbe rase surpâturée mais présente, alors qu'on note bien la terre battue du sentier voisin.

Première chose qui frappe, le bélier qui semble ne pas être en famille avec la troupe précédente. Toison sombre noire plus rase, plus tassée, physique différent dont les cornes d'un type en volute simple et de structure moins épaisse, contrairement aux trois mâles du cliché précédent.

Par contre, on retrouve bien le type de brebis assez clair sur lequel j'ai fait précédemment plusieurs remarques. De plus l'angle de prise de vue permet de noter la densité importante de toison éclaircie jusqu'en profondeur, par exemple sur l'encolure (poussière?) ... et m'amenant toujours aux mêmes interrogations.

Faut-il comprendre en cette scène, l'arrivée assez récente d'un bélier de souche nouvelle pour la reproduction?

Faut-il comprendre également l'arrivée récente de cette paire de brebis en l'enclos pour être fécondées? Dans ce cas, leur aspect est-il conséquence du sol de leur ancien parc (donc encore poussiéreuses?).... ou réellement un phénotype (et génotype?) particulier comme je le soupçonne?

Que de choses à découvrir et comprendre sur ses propres Ouessant de type ancien!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux de son voisin!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux d'aujourd'hui sur le continent!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux d'hier sur le continent!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux d'hier sur leur île bretonne!

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:25

L'influence du journalisme (et aujourd'hui plus largement des médias), dans la construction des idées et des représentations du monde chez les lecteurs, n'est pas nouvelle ni complètement anodine, de par le contenu des écrits et ses informations, le poids des mots, ... le choix des photos...

Pour preuve, cette mésaventure autour du Mouton d'Ouessant de type ancien (il y a plus de cent ans) au travers d'un cliché de G. Toudouze illustrant un de ses articles sur cet animal.

La preuve par l'image

Soyons précis!

Toute l'affaire commence avec le cliché ci-dessus de Georges Toudouze donc,illustrant son article "Petits moutons d'Ouessant" publié p 745 dans La Revue Mame en son numéro 620 du 19 août 1906.

La première réaction, suite aux propos de l'article, est de considérer voir sur la photo correspondante un Ouessantin (endimanché!) soulevant deux de ces fameux petits moutons... sur l'île d'Ouessant.

La vérité est pourtant autre comme le soupçonne et le précise judicieusement Eusa, un visiteur du blog des Lutins, dans son commentaire sous la publication en lien ci-dessous.

D'après Eusa,notre visiteur, cette vue correspondrait, en arrière plan, à la Pointe du Touliguet à Camaret sur Mer, Presqu'île de Crozon dans le Finistère et le cliché pourrait être pris depuis le Manoir de Coecilian (dit Manoir Saint Pol Roux, du nom du premier propriétaire, le poète ami de G. Toudouze). Eusa, notre visiteur, considère même que c'est ce poète ami qui porte les Ouessant.

Pour en avoir le cœur net, il n'y avait qu'une chose à faire et grâce à nos envoyés spéciaux Céline Josset et Gwendal Leplant, en mission sur place... la chose à faire fut faite.

La preuve par l'image
La preuve par l'image

Tout porte à croire que c'est bien cela.

De fait, nous ne nous trouvons pas devant un des rares clichés pris sur l'île d'Ouessant et nous permettant de découvrir ses moutons d'il y a plus d'un siècle.

Voilà par contre un cliché de mise en scène pris par G. Toudouze lui-même sur le continent, en l'endroit précisé auparavant, afin de représenter les dits petits moutons et illustrer son article.

Cliché que nous pouvons situer pris au plus tard vers 1905 ou 1906, avec des Ouessant de type ancien ....élevés sur le continent en pointe Finistère.

Merci à Eusa pour son regard critique et précis, ainsi qu'à notre reporter de là où finit la Terre.

Les choses ont le mérite d'être claires à présent. Cela nous aide à ne pas nous construire de fausses représentations sur ce document, même si cela ne change rien sur le type ovin lui-même.

(Pour la petite histoire, personnelle, mais comme quoi le monde est petit, suite à la lecture du commentaire d'Eusa, j'ai reconnu le lieu pour avoir photographié sur la plage de l'anse en question, une mouette pygmée épuisée, et à l'emplacement même du cliché un faucon crécerelle à patte cassée en son vol en Saint Esprit.... il y a 35 ans!

J'étais loin d'imaginer à l'époque cette anecdote en ce lieu autour du Ouessant de type ancien... que je ne connaissais pas encore alors.)

Plus de précisions:

Le Manoir dit Saint Pol Roux à l'époque.

Le Manoir dit Saint Pol Roux à l'époque.

Ce qu'il en reste.

Ce qu'il en reste.

Une autre vue actuelle de la Pointe du Toulinguet en se déplaçant de plusieurs centaines de mètres.

Une autre vue actuelle de la Pointe du Toulinguet en se déplaçant de plusieurs centaines de mètres.

La preuve par l'image

Comme le suppose Eusa en son commentaire, G. Toudouze pourrait avoir pris son cliché depuis une autre villa et non vraiment du manoir. Ce dernier cliché semble confirmer cette hypothèse. Pris depuis la villa Ar Mor Braz, avec l'angle du mur à gauche comme sur la vue de Toudouze.

Photos de Céline Josset et Gwendal Leplant. Merci à eux!

La preuve par l'image
Ar Mor Braz

Ar Mor Braz

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 10:34
Toujours du Jardin des Plantes (1)

Le visiteur du blog des Lutins connaît sans doute bien à présent cette vue des animaux présentés comme Moutons d'Ouessant au début du 20ème au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Malheureusement l'origine de cette troupe demeure inconnue. Descendants directs d'ovins prélevés à l'époque sur l'île d'Ouessant ou descendants de souches Ouessant importées de longue date sur le continent?

Toujours du Jardin des Plantes (1)

Par contre, le visiteur connaît sans doute moins cet autre cliché sur le même lieu dans la même période. On y retrouve le même type ovin d'assez grande taille (en comparaison à l'image qu'on se fait de ce mouton) et "haut sur pattes" en ces trois animaux.

Je découvre d'ailleurs moi-même cette vue. Tout document tournant de près ou de loin autour du Ouessant est intéressant et précieux. (Merci à Thomas Szabo pour cette découverte)

J'aurai plusieurs remarques à argumenter dans un futur article concernant ces vues...

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 15:42

Suite à un commentaire très constructif en rapport à l'article "Pourquoi lui?", je vous invite à lire ce commentaire précis qui a le mérite de recadrer notre perception de l'image, et la mienne pour commencer.

Merci à Eusa!

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 06:44

Que sont-ils devenus? C'est un peu le titre de certaines émissions télévisées proposant de remettre en lumière un instant telle ou telle star d'un temps, un peu, beaucoup oubliée depuis.

Star d'un temps, le(s) Mouton(s) d'Ouessant présentés au public au Jardin des Plantes de Paris (pour leur originalité déjà sans doute) ne figurent plus en les lieux depuis plusieurs décennies.

Stars ces Ouessant du Jardin des Plantes? Oui, parce que ce sont ces animaux qui un jour avaient surpris et interrogé Paul Abbé, au point que ce dernier se lança dans des recherches de cet ovin oublié et fonda ensuite le Groupement des Eleveurs du Mouton d'Ouessant afin de sauvegarder cette espèce domestique en cette forme particulière.

Moutons d'Ouessant présentés il y a un siècle (cliché collection Dominique Leplant)

Moutons d'Ouessant présentés il y a un siècle (cliché collection Dominique Leplant)

Si l'origine exacte des animaux (outre leur présentation comme moutons d'Ouessant) demeurera sans doute inconnue pour toujours, depuis peu j'ai découvert renseignements sur la "disparition" de la troupe en l'enceinte du Jardin des Plantes.

Dans le DEA (1990) de Gilles Tronson (merci à lui !), on peut lire que cette souche du Jardin des Plantes fut acquise en 1972 par le Parc d'Armorique (Finistère).

Sans cette rencontre de Paul Abbé avec ces Ouessant "parisiens", les Lutins n'existeraient pas. Je, nous n'aurions pas le plaisir d'élever ce type ovin ancien.

Merci à eux! Le destin de cette population ovine et celui de cet homme découvreur tenaient en cette rencontre, y entraînant le nôtre.

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