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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 11:26

François De Beaulieu, historien et écrivain sur les thèmes de la Bretagne a déniché un document photographique ancien inconnu concernant l'île d'Ouessant et sur lequel on devine, plus que l'on voit, deux moutons, un sombre et un clair pouvant être assimilés à un "noir" et un "blanc" (photographie que je ne me permettrai pas de publier dans l'instant).

S'il existe d'autres clichés connus pris sur cette île révélant la présence de moutons, ils sont curieusement assez peu nombreux et moins encore à présenter les ovins dans de bonnes conditions en des plans rapprochés. Ce constat est d'ailleurs assez étonnant tant on présente la vie des Ouessantins intimement liée à celle de leurs moutons et que ces derniers pouvaient être des milliers (jusqu'à 10 000?) selon les époques.

Aussi cette nouvelle vue (non présentée en cet article), malgré seulement une paire de moutons dans le lointain, a tout son intérêt sur ce point, surtout qu'elle serait de 1873, témoignant ainsi d'une présence des toisons blanches sur l'île bien plus ancienne que la charnière 1900 où cette coloration semble prédominer alors (pour ceux qui connaissent, je ne ferai pas d'allusion à l'histoire du Mykonos et sa responsabilité rapportée sur l'arrivée d'animaux blancs et la disparition du Ouessant , ils devineront mon sourire ironique en cet instant d'écriture) .

 

La diversité, un élément important dans la sauvegarde du Ouessant de forme ancienne. C'est ainsi que se décline le mot conservation chez les Lutins.

La diversité, un élément important dans la sauvegarde du Ouessant de forme ancienne. C'est ainsi que se décline le mot conservation chez les Lutins.

Suite à découverte de cette vue, on peut donc affirmer qu'il y a donc 150 ans (au moins, car en 1861 un mouton blanc aurait été offert à la princesse Baciocchi visitant l'île ) divers allèles de coloration (au moins deux) se multipliaient (encore ou déjà?) sur Ouessant, malmenant ainsi l'image d'Epinal du petit mouton noir souvent colportée, même si une préférence pour cette coloration pouvait exister, et confirmant le statut de type ovin (plus que de race) du Ouessant de forme ancienne.

Conserver la richesse de la diversité historique du Ouessant, sans chercher à en créer, tout le travail de 25 ans de sauvegarde chez les Lutins.

Conserver la richesse de la diversité historique du Ouessant, sans chercher à en créer, tout le travail de 25 ans de sauvegarde chez les Lutins.

Suite à l'annonce de la découverte de François De Beaulieu, je n'ai pu qu'une fois de plus être envahi par la consternation en repensant à des pratiques que je dénonce depuis 25 ans et qui heureusement se raréfient, les ségrégations en accouplement des diverses formes colorées du Ouessant.

Par exemple, pratiquée ou colportée sous forme de conseil par des personnes chez qui on ne soupçonnerait pas telle attitude, la ségrégation en accouplement entre les Ouessant noirs et les Ouessant blancs (sans même parler des autres).... J'espère qu'un tel sectarisme, qui ne repose sur rien de scientifique pas plus qu'historique, ne sera demain 21 juin 2021 qu'un sombre souvenir d'une sauvegarde un temps maladroite faute de réflexion.

Les témoignages visuels sont là pour nous rappeler partie (bien que minuscule) de la réalité du Ouessant.

Un sectarisme en reproduction qui perdurerait aurait bien de quoi faire se retourner dans leur tombe nombre d'éleveuses et d'éleveurs des siècles passés sur Ouessant.

Ci-dessous, une vue que j'ai présentée bien des fois depuis longtemps, mais qui relaie parfaitement mon discours.

Agneau Non agouti noir et agnelle Agouti blanc bronzé. Se rappeler que le brassage des gènes a permis la construction de l'identité génotypique et phénotypique du Ouessant de forme ancienne sur son île.

Agneau Non agouti noir et agnelle Agouti blanc bronzé. Se rappeler que le brassage des gènes a permis la construction de l'identité génotypique et phénotypique du Ouessant de forme ancienne sur son île.

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 12:29

Oui, je sais, je radote, mais seuls les visiteurs du blog des Lutins qui le suivent assidument depuis 2008 … et qui ont bonne mémoire, s'en rendent compte. Alors radotons!

J'ai souvent dit (et écrit) qu'on ne peut s'intéresser au Ouessantin, sans s'intéresser globalement au phénomène mouton et en particulier aux autres formes ovines primitives nordiques existant toujours. 

Pour qui ne connaitrait pas ce cousin, lointain géographiquement, du Ouessant, un lien pour découvrir le North Ronaldsay sheep.

D'une allure similaire à celle du Ouessantin dans un format un peu plus grand, ce mouton d'une grande rusticité a pu conserver plus encore une certaine diversité de colorations de toisons primitives, une queue particulièrement courte, de petites oreilles, la vulnérabilité génétique des moutons très primitifs face à la tremblante, etc ...

S'il fallait une belle rusticité au Ouessantin sur son île originelle, ovin de plein air permanent depuis la nuit des temps, il en faut plus encore au North Ronaldsay vivant en conditions extrêmes, non seulement de par sa situation géographique nordique extrême en Ecosse, mais aussi suite à la vie que les humains lui ont imposé depuis 1832, lui interdisant par un mur l'île mise en culture et l'expulsant ainsi sur les grèves de la côte où il dut s'adapter à la consommation des algues pour survivre.

A découvrir plus en détail dans les vidéos du lien ci-dessous … (oui je sais, je radote!)

Cet article pour montrer comment le milieu et l'action humaine (les Ouessant étaient à l'attache la moitié de l'année sur les maigres pelouses en bordure de falaises) peuvent construire des populations animales domestiques spécifiques.

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 14:48

"Que le mouton d'Ouessant soit...et le mouton d'Ouessant fut", voilà la représentation caricaturale, sur l'origine de cet ovin, que je rencontre le plus souvent dans l'esprit des personnes qui découvrent cet animal domestique, mais aussi malheureusement dans celui de bon nombre d'éleveurs même des plus passionnés. 

J'ai souvent eu l'occasion de soulever cette problématique dans d'autres articles mais l'occasion m'est donnée d'en reparler suite à la lecture d'un ouvrage traitant de la domestication. Sans parler de plus du fait que je continue à lire ou entendre la désignation "Mouton d'Ouessant originel",  souvent utilisée pour démarquer le type ovin Ouessant ancien qui nous intéresse, du type actuel plus grand et "moderne" rencontré à présent sur l'île.

Or le vocabulaire employé est d'une extrême importance et l'emploi d'un vocabulaire non approprié amène à des représentations et des convictions fausses qui ensuite bloquent toute possibilité de discussion et d'évolution de réflexion autour du sujet concernant cet animal domestique.

Noé des Lutins. Type de bélier dit d'Ouessant prisé aujourd'hui, présentant les caractères d'archaïsme attendus chez le Ouessantin, mais peut-on pour autant s'autoriser le qualifier de Ouessant originel?

Noé des Lutins. Type de bélier dit d'Ouessant prisé aujourd'hui, présentant les caractères d'archaïsme attendus chez le Ouessantin, mais peut-on pour autant s'autoriser le qualifier de Ouessant originel?

Est originel ce qui correspond aux origines.

Concernant l'introduction sur l'île d'Ouessant du tout premier mouflon mutant (des tout premiers mouflons mutants) suite à la domestication de sa forme sauvage au Proche Orient (il y a près de 10 000 ans), puis sa diffusion vers l'Europe, nul ne sait ni ne saura jamais quoi que ce soit précisément pour en décrire le scénario exact.

Les moutons nés de suite de là sur cette île, sont alors les seuls à pouvoir être qualifiés de "Ouessant originels" bien que leurs ancêtres soient eux-mêmes originaires d'autres contrées. 

Mais outre le fait que ces véritables moutons (d'Ouessant) originels sont morts il y a bien longtemps, leurs descendants ont inévitablement évolué durant des millénaires en des formes graduelles, des types variés successifs peuplant l'île d' Ouessant durant son histoire, sans oublier l'effet d'influences extérieures toujours possibles d'autres populations ovines proches ou plus lointaines, suite aux phénomènes migratoires des humains et leurs bestiaux.  

Les connaissances "récentes" (d'après Tresset et Vigne, 2011) situent la diffusion des ovins (et chèvres) vers 5000 av JC sur la région dite actuellement bretonne, c'est à dire il y a plus de 7 000 ans. 

Et sur l'île bretonne d'Ouessant? (interrogation personnelle). S'il devait en être de même (ce qui semble logique), 7 000 ans d'histoire ovine sur Ouessant, c'est long et sujet à biens des événements!

Par ailleurs, Jean-Denis Vigne (archéologue et biologiste) exprime dans son ouvrage (un livre à lire par tout véritable éleveur!) " Les débuts de l'élevage" (éditions Le Pommier), l' hypothèse que le courant de diffusion des premiers ovins en Europe passant par la voie méditerranéenne, depuis leur Proche Orient d'origine, aurait atteint la France par le sud, plus tôt que l'autre courant de diffusion, dit danubien,  qui lui l'a atteinte par l'est.

De là, fort intéressant, l'auteur précise que les premiers moutons bretons (la toute première population ovine qui donc nous intéresse) auraient donc ainsi été d'origine catalane ou languedocienne suite à progression de ces derniers par la face atlantique ... (et que pour raisonner plus loin, l'Irlande aurait connu ses premières domestications avant l' Angleterre...) . Qu'en a-t-il été sur Ouessant?

Le Ouessant de type ancien, descendant des toutes premières populations ovines primitives catalanes?

Le Ouessant de type ancien, descendant des toutes premières populations ovines primitives catalanes?

Durant le travail d'écriture, par François de Beaulieu, de son ouvrage sur le Mouton d'Ouessant, commandé par le Gemo (Groupement des éleveurs du mouton d'Ouessant), j'avais pu échanger quelques connaissances et réflexions sur ce type ovin, avec cet auteur.

J'avais en particulier exprimé la prudence qu'il est nécessaire d'avoir quand, de façon un peu trop systématique et hâtive, on se plaît à penser que "nos Ouessant actuels" sont les descendants en ligne directe des animaux dont restes de squelettes datés de l'âge du bronze ont été mis au jour suite à des fouilles archéologiques menées sur l'île.

A titre de simple exemple, j'avais évoqué parmi les multitudes d'événements possibles au cours de l'histoire, l'impact éventuel des invasions vikings sur la population ovine ouessantine d'alors.

A ma grande surprise, lisant l'ouvrage de François De Beaulieu une fois paru, je m'aperçus que l'auteur faisait allusion à ces invasions dans un sens totalement opposé à celui de mes pensées, où il n'imaginait pas les vikings courir derrière les moutons sur Ouessant pour les exterminer jusqu'au dernier. Pour moi, l'allusion aux Vikings n'allait pas dans le sens du caractère destructeur et barbare souvent attribué à ces peuples venus du nord, mais tout au contraire dans le sens de l'importation et de la diffusion de populations animales (dont ovines) dont ces peuples voyageurs sont à l'origine, comme on le note parfois ailleurs….

De même, il semble logique de s'interroger sur l'histoire bien encore antérieure, l'origine de cette population ovine ouessantine de l'âge du bronze (puis son cheminement), comme je soulève le questionnement depuis le début de cet article.

Ce sont les éléments relatés plus haut, rapportés par JD Vigne, qui me semblaient intéressants. Ces derniers amenant à une représentation plus d'origine première catalane des premiers ovins bretons. 

Tout cela pour dire qu'en simple curieux, il m'importe de ne pas me laisser happer par certains clichés mentaux qui ont la vie dure sur les représentations du Mouton sur Ouessant et de garder à l'esprit que durant des millénaires il n'y a jamais eu de races ovines, pas plus là sur Ouessant qu'ailleurs. Mais qu'au contraire durant ces millénaires, ont prospéré des populations ovines géographiques fluctuantes au gré du temps, de leur évolution (suite aux contraintes environnementales, aux influences réciproques de par les événements historiques, aux désirs parfois des humains), amenant à des types que, de nos jours, le désir de classification, le souhait à en interrompre une évolution "libre" pour en conserver certains caractères ou au contraire les orienter par le phénomène de l'agronomie, ont transformés en "races" . 

Or, avant de vouloir parler de race pour le Mouton d'Ouessant de type ancien, il importe d'y voir un type ovin, originairement même un type ovin géographique. Une particularité qui, en plus de ses caractères d'archaïsme, en fait tout l'intérêt, toute l'originalité, là-aussi, une forme domestique qu'il serait dommage de faire tomber à son tour dans le carcan du concept moderne de race, quelle qu'en soit la motivation réelle.

Que chacun y réfléchisse!

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 18:57

Nombreuses sont les vidéos relatant l'élevage du mouton d'Ouessant "moderne" (20 è et 21 è siècle) sur son île éponyme.

Celle ci-dessous en lien, qui date un peu, a le mérite d'apporter plus de pittoresque que d'autres de par ce propriétaire d'ovins parlant breton et faisant allusion au marquage ancestral des animaux par entailles aux oreilles.

Ces gros et grands Ouessant, à l'image de ceux actuels, résultent de décennies d'absorption du type ancien (centre d'intérêt sur mon blog) par les diverses grandes races modernes introduites  sur l'île durant plus des cent dernières années.

Malgré tout, la tradition perdure en cette forme d'élevage en "vaine pâture" autorisant les moutons à être libres environ la moitié de l'année, pour se retrouver ensuite à l'attache le plus souvent par deux, sur les landes et à présent les anciennes parcelles de culture à l'abandon.

 

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:00

Bientôt huit ans de présence du blog des Lutins sur le net.

Des articles le plus fréquemment possible pour accrocher les passionnés ou inviter le visiteur de passage à y revenir.

Des articles parfois à la limite de la niaiserie au regard de certains lecteurs, des articles parfois bien trop érudits au regard d'autres lecteurs. En fait, des articles de toutes sortes pour intéresser tout le monde et tenter mettre les choses plus complexes à la portée de tous, afin de pouvoir plonger ainsi dans l'univers du mouton Ouessant de type ancien par diverses portes d'entrée.

En huit ans, que de choses dites, écrites, qui ont pu contribuer à la réalité du Ouessant et la représentation que nous pouvons en avoir, ce que j'appelle le "concept du Ouessant"..., et contribuer à la réflexion.

Il est devenu ainsi difficile pour le visiteur, même le plus intéressé, de tout relire, de tout consulter....et je le comprends.

Aussi, concernant la représentation de ce concept du Ouessant, mieux que je ne l'aurais fait sans doute moi-même, un collègue éleveur vient de faire une dense synthèse des faits et connaissances autour de l'identité de l'ovin.

Je ne peux que conseiller d'aller sur son site et en particulier en cet article mis en lien ci-dessous.

Des réponses, mais aussi des questions!

N'hésitez pas à contribuer à la réflexion...

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 14:10

Fooor-ormida-ble!

L'ouvrage de François De Beaulieu et Hervé Ronné sur le mouton d'Ouessant est paru.

C'est forcément un plaisir d'avoir pris connaissance du contenu et d'avoir pu découvrir dans cette approche historique du mouton d'Ouessant, diverses données que j'ignorais, tout autant du côté témoignages écrits que de celui des clichés photographiques.

Un recueil qui va bien au-delà de ce que j'avais pu modestement glaner moi-même depuis une vingtaine d'années (consultable en catégorie "historique" de ce blog), dans une démarche de simple éleveur curieux de la réalité ancienne du Ouessant. Je conseille donc de lire cet ouvrage à ceux qui ne l'auraient pas encore fait.

Néanmoins, presque rien de bien nouveau pour moi, en ce qui concerne ma représentation de l'ovin et sa situation du passé. Tout montre, encore une fois, qu' il demeure toujours un grand flou quant à sa taille moyenne réelle en sa forme insulaire, derrière le simple adjectif de "petit" souvent repris dans les témoignages, ainsi que quant à sa(ses) coloration(s) rarement décrite(s) ou alors parfois de façons contradictoires si ce n'est imprécises de par le vocabulaire. Certains clichés photographiques les plus anciens sont là aussi pour faire tomber certains fantasmes sur la fameuse " très petite" taille ou encore l'idée d'un cheptel entièrement noir tardivement.

Tout de même, dans cette somme de connaissances, une perle, une perle précieuse qui vient étayer ma réflexion déjà acquise sur les méandres du type Ouessant du passé !

En effet, page 35, dans la photo pleine page de 1898, on découvre deux brebis blanches (une fois encore bien grandes en comparaison avec le standard actuel). Que d'émotion devant ce cliché inédit!

Que d'émotion plus encore, quand à une dizaine de mètres derrière ces deux animaux, je découvre un(e) agneau/agnelle noir(e) de quelques semaines présentant les caractères suivants: museau ainsi que le tour des paupières blancs....(et il semblerait bien l'intérieur des oreilles marqué de blanc également si ce n'est pas l'effet d'entailles)!!!!!

Ce sont là des caractères similaires à ce qui s'exprime chez les jeunes de type Agouti grey (Agouti gris), gène (allèle Ag) présent en certaines souches Ouessant du paysage actuel continental de cet ovin. Forme que je connais bien pour l'étudier comme il se doit en mon élevage, en un programme spécifique, du fait de sa présence avérée dans les populations Ouessant depuis une quarantaine d'années au moins suite à de fort probables métissages. Ce qui m'a amené à réparer cette "errance" des groupements en ramenant cette forme colorée en "sang" du noyau de base de la relance du type Ouessant.

La présence sur l'île d'un agneau d'une coloration Agouti autre que le l'Agouti blanc bronzé (Awt, Agouti white tan, dit communément simplement "blanc") est donc un "scoop".

C'est le premier témoignage, qui plus est visuel, d'un Ouessant en situation insulaire au 19ème siècle qui ne soit ni de forme dite "blanche", ni de forme dite "noire", les plus connues et les plus observées.

Voilà exactement le type de donnée qui me ravit car elle montre bien que la réalité fine des Ouessant sur Ouessant est complexe, plus vaste que ce à quoi certains voudraient parfois la réduire suite à une représentation mentale parfois simpliste du passé (des passés) de cette population ovine et des aléas qu'elle a pu rencontrés (et qui, très important, ont contribué d'ailleurs parfois à sa construction et son évolution graduelle).

Pour ceux qui donc possèdent déjà l'ouvrage, rendez-vous p 35. Pour les autres....une raison de plus de l'acquérir? Pour l'instant je ne peux m'autoriser à publier cette photo.

En comparaison avec le jeune animal atypique du cliché ancien en référence, voici ci-dessous une agnelle de mon élevage de forme similaire de par son génotype couleur, pour mieux comprendre mon discours.

Formida-ble!

Candice des Lutins nouvellement née alors, agnelle noire Agouti gris (Ag, Agouti grey) chez qui on observe museau et tour des yeux blanchâtres (la marque blanche frontale concerne par contre un autre phénomène qui ne touche pas exclusivement les animaux de cette coloration). Ces caractères en ce type s'intensifient par la suite pour exprimer peu à peu un blanc plus soutenu sur ces zones initiales.

Formida-ble!

Ici plus nettement chez un agneau noir Agouti gris (Ag, Agouti grey) de six semaines (photo Dominique Leplant).

Formida-ble!

Le même agneau plus jeune.

J'entends déjà les "C'est pas évident" ou "Difficile de voir", en rapport au cliché ancien.

Certes on pourrait rêver d'un document de meilleure qualité, mais nous devons faire avec ce qui est déjà miraculeusement arrivé jusqu'à nous 117 ans après l'instant photographique.

Ensuite, tout comme en d'autres domaines il semble parfois incroyable de pouvoir par exemple déterminer les composants d'une étoile à partir de l'analyse de sa lumière, ou de pouvoir reconstituer le crâne d'un hominidé à partir de simples morceaux, ou encore de pouvoir mettre un nom sur un oiseau en vol à quelques centaines de mètres, il peut paraître douteux de pouvoir avancer identification de signes de coloration d'un mouton en second plan sur un cliché ancien.

Pourtant, comme en toute chose, tout est question de connaissances et d'expérience.

Tout d'abord, l'ovin noir de petite taille en second plan de cette page 35 est bien un agneau mâle ou femelle, et non une antenaise (animal d'un an) comme je l'ai entendu dire. Une antenaise il y en a une à l'attache avec la brebis adulte blanche qui nous regarde au premier plan. Rien à voir en taille ni en avancement de pousse de la toison.

Non, l'ovin en second plan est bien un jeune de l'année. Aux critères taille et aspect de toison vient s'ajouter la date de prise du cliché qui serait d'avril. Si on considère des naissances possibles dès février (plus rarement janvier), cet élément confirme bien l'impression d'un jeune, de 2/3 mois maximum, déjà perçue à son allure.

En type Ouessant, les agneaux noirs non agouti n'ont jamais le museau blanc (ou encore le tour des yeux).

Si ce jeune de la page 35 est donc bien d'un type Agouti, je n'ai pas défini lequel, n'ayant rapporté à titre de comparaison que similitudes avec le type Agouti grey que nous connaissons aujourd'hui en population continentale de la forme ancienne Ouessant.

Faut-il faire un lien entre ma découverte et les remarques troublantes que je faisais déjà en fin d'un autre article (ci-dessous en lien)?

Ainsi ces possibles individus Agouti devant ce moulin pourraient-ils l'être en une autre forme que l'Agouti blanc bronzé (Awt)?

Rien ne peut être affirmé.

Mais p 36 de ce même ouvrage de François de Beaulieu, mon interrogation n'est que plus grande encore face à cette autre scène devant le même moulin qui semble photographiée quelques minutes après la précédente vue. En effet, si la brebis tenue en corde est toujours bien loin et de dos, elle laisse entrevoir cette fois sa tête, une tête très très troublante, sans parler de la toison.... Les esprits avertis et curieux me comprendront... Fascinante énigme!

Si maintenant on se tourne vers le continent breton d'il y a un siècle, il est curieux de découvrir qu'on pouvait trouver également variétés en colorations de toison, comme en témoigne en particulier ce type Agouti indéterminé en cette série de trois clichés.

Formida-ble!
Formida-ble!
Formida-ble!

Pour finir, pour anecdote car beaucoup plus près de nous dans le temps (1971), on remarquera toujours dans le même ouvrage de François de Beaulieu p 49, une brebis d'un type Agouti indéterminé sur Ouessant au centre de la première photo.

Sans que les cinq formes ovines présentées aient un lien direct entre elles, il est plus qu'intéressant de noter ces particularités pour pouvoir prétendre appréhender le paysage coloré des toisons des Ouessant sur Ouessant puis sur le continent, et en particulier les formes possibles de type Agouti .

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 09:26
On recule... ce qui fait avancer

J'avais découvert il y a une vingtaine d'années, ce cliché pris sur l'île d'Ouessant et permettant d'observer partiellement deux moutons d'alors. Je ne reviendrai pas sur ces observations faites en d'autres articles de cette catégorie de mon blog.

Ce qui est important aujourd'hui, c'est que l'étau se resserre autour de la période de la prise de vue ou plutôt sa publication.

En effet, j'avais initialement une oblitération en 1911. Puis d'autres plus antérieures, allant jusqu'à 1906.

Si les visiteurs du blog des Lutins sont souvent silencieux, de temps à autre une information importante m'arrive.

J. Schneider m'avait indiqué ultérieurement une date plus ancienne, merci à lui.

Dernièrement, Thomas Szabo m'informe qu'il a trouvé une oblitération en 1902, merci également.

Certes les vues de la charnière 1900 représentent souvent, quand ils s'y retrouvent, des moutons d'une population ovine insulaire en pleine mutation (comme la société d'alors d'ailleurs).

Néanmoins ces trop rares témoignages visuels permettent de construire une partie de la réalité du mouton d'Ouessant de type ancien et sont donc plus que précieux à ce titre.

Les témoignages antérieurs étant uniquement écrits, ils sont très souvent succincts, doivent comme en toute recherche historique passer sous une réflexion d'analyse critique au sens large du terme, tout comme une photographie bien évidemment, mais plus encore car le profil humain du témoin comme le contexte de l'information sont d'une importance majeure dans la compréhension de la donnée.

Rapidement, deux exemples parmi d'autres...

....Pour être clair, quand on lit "petit", à quelle taille cela correspondait-il vraiment?

...Ou encore, on s'interrogera sur les colorations brunes avancées. Non seulement souci de vocabulaire, mais aussi de réelles connaissances quand on voit actuellement, au présent donc, la grande difficulté à bon nombre d'éleveurs de reconnaître une coloration brune avérée génétiquement, certains voyant des moutons bruns qui n'en sont pas ou à l'inverse ne voyant pas ceux qui le sont...

Je m'éloigne un peu mais à peine du sujet initial qui est en fait de cerner la réalité du mouton de type ancien du passé...nous devrions même dire des passés!!!

Document en question (Collection Thomas Szabo)

On recule... ce qui fait avancer
On recule... ce qui fait avancer
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 17:38

En relisant le DEA de Gilles Tronson sur "le mouton d'Ouessant", je note l'information d'une donnée mentionnée qui m'avait échappé (ou que j'avais oubliée) dans l'ouvrage de Françoise Peron "Ouessant l'île sentinelle".

En 1861, la princesse Bacciochi (si je ne me trompe cousine germaine de Napoléon III), en visite sur l'île d'Ouessant, reçoit en cadeau un agneau blanc.

Pourquoi est-ce important? Parce qu'il s'agit, à ce jour et à ma connaissance, du plus ancien témoignage écrit (tiré d'un journal) exposant la présence de cette coloration blanche dans le cheptel des moutons de l'île.

Pourquoi un agneau blanc en présent? Les moutons sont en cette période une ressource importante sur l'île (de l'ordre de 6000(?)animaux) tout à fait représentative. La coloration blanche fut peut-être préférée au noir par le symbole de "pureté" qu'elle représente en rapport à la personne à qui s'adresse l'offrande. Mais plus probablement, elle doit correspondre à une certaine rareté, rendant le cadeau plus précieux....

En effet comme le mentionnent certains auteurs au milieu du 19ème, la coloration blanche semble alors gagner dans la population ovine bretonne globale. L'île d'Ouessant serait-elle également alors touchée peu à peu par le phénomène? La chose est acquise par contre à partir de 1910, la quasi totalité des moutons sur Ouessant étant blanche (ce qui est normal de par le caractère dominant génétiquement de cette coloration s'exprimant dans une population à la reproduction libre, si aucune sélection n'est faite pour inverser le phénomène).

Coloration blanche

En rappel, un bélier blanc ne donnera que des agneaux blancs avec des brebis noires,....

sauf si ce même bélier est porteur d'une autre coloration cachée dans son patrimoine (dans ce cas, théoriquement, 50% des jeunes seront blancs)

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 15:59

On pourrait naïvement imaginer que l'intérêt pour le petit mouton de type ancien de l'île d'Ouessant est un phénomène récent. S'il l'est sans doute dans son ampleur du fait que nombre de foyers (même modestes) dans notre société moderne peuvent s'offrir le "luxe" de s'entourer de ces compagnons laineux, le Ouessant intéresse de longue date hors de son berceau breton originel.

Atypique, d'agrément ... et de consommation

Par exemple comme animal de compagnie ou d'exhibition (bélier à l'extrême droite du cliché du début du siècle passé)...

(Merci à Thomas Szabo pour ces envois)

(Merci à Thomas Szabo pour ces envois)

Les Ouessant sont en fait sortis de leur île par centaines sinon probablement milliers durant les siècles passés pour être exportés sur le continent.

Ainsi, par exemple, comme le mentionne Georges Dorel (source DEA de Gilles Tronson, le Mouton d'Ouessant 1990), durant la seconde moitié du 19ème, pour leur viande fort appréciée (allant jusqu'à être vendus parfois comme agneaux (sic!) alors qu'en vérité adultes de petite taille), mais aussi auprès d'amateurs pour être élevés sur leurs parcs... et ce jusqu'en Champagne.

D'ailleurs, à titre d'anecdote peut-être en lien avec ce phénomène, sur les conseils de Paul Abbé alors président du Gemo, je m'étais procuré mon premier bélier en 1996 en Haute Marne. Lorsque j'ai voulu connaître l'origine du troupeau, l'éleveur ne sut que me répondre que sa grand mère possédait déjà ce type d'animaux, donc bien avant 1976 date de la création du groupement (Gemo). Faut-il voir là un noyau Ouessant souche champenoise aux origines liées au phénomène précité?

Durant au moins la première moitié du 19ème siècle, les habitants d'outre Manche semblaient manifester un fort intérêt pour les petits moutons bretons bien insolites à leurs yeux au moins par leur taille et en importaient en nombre (The illustrated Natural History- Mammalia, by JG Wood- 1858... merci à Roger Lundie pour cette donnée). Ces petits moutons bretons étaient-ils en partie ou en particulier des Ouessant non nommés?

On a souvent un peu de mal à imaginer pour les temps passés un commerce important et du transport sur de longues distances. Pourtant déjà il y a quelques millénaires denrées, matériaux,humains... animaux se retrouvaient parfois fort loin de leurs lieux d'origine. Ce que tous les passionnés d'histoire mesurent. Ainsi, comme je le lisais dernièrement à propos d'une race ovine ancienne de l'actuelle Grande Bretagne ses laines étaient exportées ...jusqu'à Rome à l'époque dite romaine.

Ceci pour dire que des exportations "tous horizons" du petit mouton d'Ouessant depuis son île au moins durant les siècles précédents un peu documentés ne doivent pas totalement nous surprendre et que nous (humains de la charnière 20ème et 21ème) ne sommes pas les premiers à nous émerveiller devant cet animal domestique étonnant.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 14:10
Toujours du Jardin des Plantes (2)

Pour revenir sur cette image nous montrant des ovins dits d'Ouessant (aux origines précises inconnues) il y a un siècle au sein du Jardin des Plantes......

Comme le constat fut déjà fait en ces colonnes, ces animaux (5 femelles et trois mâles... plus un individu indéterminé) sont manifestement bien plus grands et plus lourds que ceux aujourd'hui rencontrés dans les élevages amateurs continentaux.

J'ai eu l'occasion d'analyser encore et encore ce cliché et d'autres éléments intéressants me sont apparus. Certains posant d'ailleurs de nouvelles questions sur cette bande de moutons.

Est frappant ce masque clair très étendu sur la face.

Cet aspect de moutons noirs blanchis ou grisonnants touche également la toison.

Si on observe le sol, on s'aperçoit que dans leur enclos, les animaux vivent sur terre battue apparemment poussiéreuse et calcaire (devant sans doute uniquement se nourrir au râtelier à foin). Ceci explique en partie cela, cet aspect de toison salie et assez claire. Pourtant, ceci n'explique pas pour autant cela, concernant le masque clair. En effet, ce caractère se montre être héréditaire en ce troupeau photographié et devoir s'accentuer avec l'âge si on observe bien l'éclaircissement accentué chez le vieux bélier comparativement au plus jeune mâle (de même chez les brebis).

Ce caractère/ phénomène ne me surprend pas totalement puisque dans nos Ouessant de type ancien, on rencontre des individus dont le museau "blanchit" avec l'âge. Comme ci-dessous en mon troupeau, Ocelot et Sidney... qui sont pourtant bien des moutons noirs (non agouti).

Toujours du Jardin des Plantes (2)
Toujours du Jardin des Plantes (2)

Pour revenir à l'ancien troupeau parisien, la poussière en la toison n'exclut pas la présence du phénomène dit de canitie (blanchiment de la fibre) qui touche les animaux (et humains) vieillissants.

Toujours du Jardin des Plantes (2)

Si maintenant on observe les pattes, il est curieux de constater que, si on imagine celles-ci être blanchies par la poussière lorsque l'animal se couche, certains moutons présentent des pattes bien sombres. Ce qui est au moins le cas sur certains jeunes animaux comme le petit bélier de droite ou encore, à gauche, les brebis une et trois.

Question: Si on évacue le problème poussière, sommes-nous bien devant un exemple de phénotype un peu particulier et d'un aspect évolutif avec l'âge du mouton?

Dernier point qui m'intrigue énormément, c'est l'aspect non sombre des sabots ou présentant des panachures....

Parce que dans la poussière me diront certains....

Pas si simple en réalité, car dans ce cas les poignets et les zones de poils les recouvrant devraient être salis également, alors que certains animaux aux pattes sombres présentent bien cependant des onglons à panachures (chose surprenante pour des animaux noirs qui seraient non agoutis).

Tout cela pour dire que le phénotype (aspect extérieur) de ces ovins présentent certains aspects troublants, hormis la présence de poussière à prendre en considération.

Toujours du Jardin des Plantes (2)

Cash investigation!

Poursuivons notre enquête!

Sur cette seconde vue en la même époque et toujours dans le parc zoologique, nous sont présentés deux brebis et un bélier en vue plongeante.

D'après le volume de l'abri, cet enclos ne doit contenir guère plus d'animaux. Cette fois le sol est couvert d'herbe rase surpâturée mais présente, alors qu'on note bien la terre battue du sentier voisin.

Première chose qui frappe, le bélier qui semble ne pas être en famille avec la troupe précédente. Toison sombre noire plus rase, plus tassée, physique différent dont les cornes d'un type en volute simple et de structure moins épaisse, contrairement aux trois mâles du cliché précédent.

Par contre, on retrouve bien le type de brebis assez clair sur lequel j'ai fait précédemment plusieurs remarques. De plus l'angle de prise de vue permet de noter la densité importante de toison éclaircie jusqu'en profondeur, par exemple sur l'encolure (poussière?) ... et m'amenant toujours aux mêmes interrogations.

Faut-il comprendre en cette scène, l'arrivée assez récente d'un bélier de souche nouvelle pour la reproduction?

Faut-il comprendre également l'arrivée récente de cette paire de brebis en l'enclos pour être fécondées? Dans ce cas, leur aspect est-il conséquence du sol de leur ancien parc (donc encore poussiéreuses?).... ou réellement un phénotype (et génotype?) particulier comme je le soupçonne?

Que de choses à découvrir et comprendre sur ses propres Ouessant de type ancien!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux de son voisin!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux d'aujourd'hui sur le continent!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux d'hier sur le continent!

Que de choses à comprendre et découvrir sur ceux d'hier sur leur île bretonne!

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