Oui mais ça c'était avant, ...
... car maintenant....
Après les minuscules boucles alu à une oreille, puis les deux....
Après les boucles plastique électroniques dites pour petits animaux....
Voilà l'arrivée de divers modèles agréés qui seraient plus petits et mieux adaptés à nos Ouessant pour leur identification obligatoire. Qui seraient.....????
Je me suis orienté vers un de ces nouveaux produits et j'ai donc testé.
D'abord grosse déception concernant la pose. En effet, sur 48 animaux identifiés ainsi tout récemment, pour 17 paires de boucles (donc environ 1/3 des Ouessant manipulés) il y eut difficultés de pose. C'est à dire que la boucle ne put être posée au premier essai.
Pour 6 paires les deux boucles posèrent souci et pour les 11 autres, une des deux boucles (gauche comme droite) présenta problème. Ce qui nécessita 2 à 5 tentatives pour ces boucles récalcitrantes ne pouvant ni perforer le cartilage ni voir de là leur partie mâle se fixer en partie femelle.
Inutile de dire le calvaire pour l'animal ainsi martyrisé.... L'agacement du berger n'étant rien comparativement.
Au risque de paraître prétentieux, je suis pourtant plutôt habile de mes mains, tout autant que particulièrement attentif à mes moutons et donc soucieux que les choses se passent au mieux, donc appliqué techniquement.
De plus, avec quatre modèles différents de pinces adaptées à ce modèle de boucle, on ne peut m'accuser de maladresse ou de mauvaise foi, ou encore supposer un souci particulier lié à un de mes outils.
Bon, même si la boucle est à présent bouclée, voici quelques autres retours d'expérience qui peuvent valoir conseils.
D'abord, personnellement, je place la boucle de façon à ce qu'elle se retrouve à l'arrière de l'oreille. Ce dispositif, inesthétique il faut bien l'avouer, passe ainsi un peu plus inaperçu, mais surtout, on peut supposer qu'il gêne moins l'animal dans sa progression dans la végétation et que de là le risque d'arrachage s'en trouve réduit.
Dans un premier temps, dans une logique de bonne méthode de pose, je pratiquais en présentant le pointeau perforant dans l'intérieur creux du pavillon de l'oreille. La partie femelle de fixation se retrouvant alors sur le dessus, le plat de l'oreille.
Pourtant, lorsque je constatai qu'une brebis en enclos, déjà bouclée ainsi deux minutes avant, s'arrachait partiellement l'oreille en glissant contre un grillage dans une bousculade, je décidai de placer la partie femelle à forte protubérance à l'intérieur de l'oreille.
Voilà donc le positionnement qui semble le plus judicieux, avec la partie présentant le moins de protubérance placé sur le dessus de l'oreille.
Le risque énoncé en première méthode est bien réel. Voici une brebis qui quelques jours après son bouclage s'est accrochée sans doute dans un obstacle, tout le système de fixation se retrouvant au-dessus du pavillon. Sans infection à ce jour, ce problème blessera l'oreille à l'avenir par les frottements.
Autre exemple du même type, mais cette fois avec malheureusement infection comme on le voit alors que je pulvérise généreusement et systématiquement désinfectant à chaque bouclage. Il me faut intervenir pour guérir, mais le mal est fait. Peut-être une tête passée dans un grillage ou dans les rameaux d'une haie. Le trou ainsi creusé condamne à vie à une mauvaise position de boucle et donc à bien d'autres soucis.
Vieille brebis ayant déjà connu l'arrachage à l'oreille droite du temps des minuscules boucles alu et qui montre par le passage de sa boucle gauche à l'avant de l'oreille (alors qu'initialement bloquée à l'arrière) qu'elle s'est accrochée quelque part (en ressortant la tête d'entre les mailles d'un grillage?).
La présence de la protubérance de boucle à l'intérieur de l'oreille pour limiter l'arrachage pose néanmoins questionnement sur le bouchon ainsi formé en cet endroit. Quelle perturbation de l'audition? Quel souci de ventilation et alors d'encrassement du conduit auditif durant les 10 à 15 ans de vie du Ouessant?
Je m'interroge également sur les risques importants d'accrochage dans les branchages ou autres installations par l'extrémité de la boucle qui ne demande qu'à ce que corps étranger s'y insinue. Ne faudrait-il pas cisailler le plastique pour ouvrir?
On remarquera au passage que dites petites, ces nouvelles boucles demeurent pourtant bien gigantesques sur l'oreille d'un Ouessant et donc pas plus particulièrement adaptées à ce type ovin comme on voudrait parfois le faire croire.
Les cornes des béliers empêchent ces derniers de passer leur tête à travers les grillages dits à moutons. Mais par leur manie à marquer leur territoire de la tête ou simplement se gratter en frottant l'arrière de leur oreille aux arbustes et tiges, ne les laisse pas totalement à l'abri de soucis d'arrachages de boucles.... et d'oreilles.
Toute personne possédant un ou plusieurs ovins (ou caprins) doit être déclarée et l'animal ou les animaux identifié(s). C'est que la législation exige.
Pourtant très rares sont les éleveurs/possesseurs de moutons, sans orientation de rente mais plus à but d'agrément, à identifier leurs animaux et en particulier si ce sont des Ouessant.
Pour ceux qui voudraient être en règle, je pense que ces remarques et conseils leur seront utiles pour leur réflexion quant au choix des marques d'identité et à celui d'une pose la moins problématique possible .
Sinon mon constat dans les quinze jours après test du nouveau matériel: "Bof!!" et même "Grrr!!", avec la crainte d'un "Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!!!!" pour les mois et années qui viennent, ne pouvant que constater déjà bien trop de soucis.
En effet, si j'écarte du bilan une brebis qui s'arracha dans l'enclos dès la pose suite à bousculade, en seulement deux semaines, 3 autres animaux (exemples ci-dessus) sur 48 ainsi identifiés ont déjà rencontré souci avec leur barrette. Donc plus de 6% (voire 8% si je totalisais tous mes soucis)!!! L'avenir se présente bien incertain et inquiétant.
Une fois encore, cette expérience, toute personnelle correspondant à mon mode d'élevage je l'accorde(c'est à dire dans des conditions de vie de rêve pour les animaux), montre bien que toute identification auriculaire est inadaptée aux ovins, en particulier les animaux de petite taille comme le Ouessant. Sans compter que ce dernier a une espérance de vie équivalente à celle d'un chien puisqu'il ne finit pas rapidement à l'abattoir et que mathématiquement la probabilité de soucis avec ses boucles d'identification est largement multipliée dans le temps.
Comme je le dis bien souvent, un enfant de dix ans comprendrait la chose. Ce qui n'est pas le cas des administrations qui se retranchent derrière la législation et ne se soucient pas de tout cela bien évidemment.
Quant aux éleveurs/possesseurs de Ouessant, il y a bien longtemps que j'ai compris que leurs motivations à élever cet animal (animal outil, animal à médailles, animal à congélateur, animal à laine, animal spectacle, ....) étaient bien souvent très éloignées des miennes et qu'il n'y a pas d'espoir d'action pour s'unir et combattre dans le sens d'un aménagement d'identification pour les moutons des éleveurs dits d'agrément (pour certains éleveurs peu soucieux de leurs animaux, il s'agirait là de soucis de "grand-mère à chats"... manque de respect pour toute grand-mère à chats, bien méritante par ailleurs au contraire, elle). Seul le principe d'identification sous-cutanée pourrait s'approcher de l'idéal à plus d'un titre, comme pour chiens, chats, alpagas, ânes, chevaux .....
C'est là que l'on mesure à quel point l'existence d'une association s'occupant des Ouessant et de leurs éleveurs aurait toute son utilité, à ce niveau comme à bien d'autres!
Une fois de plus, "J'ai fait un rêve...."