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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 10:37

Cette année encore, deux couples d'hirondelles rustiques (autrefois dites "des cheminées") ont niché chez les Lutins, produisant chacun deux nichées de cinq jeunes, soit au total vingt oisillons.

 

 

 

Cette descendance peut sembler importante. Il est vrai que c'est déjà une belle réussite à l'envol puisque parfois la ponte est moindre ou que des œufs n'éclosent pas, mais aussi que des petits meurent au nid ou chutent avant de savoir voler.

Comptez-vous!

Comptez-vous!

Mais derrière cette belle réussite se cache une dure réalité pour la suite.

En effet les pertes sont importantes pour les jeunes, parfois dès le premier jour à voler de ses propres ailes.

Les chats domestiques sont là pour mettre fin à l'aventure des maladroits qui ne trouvent pas rapidement la sortie des bâtiments. Ensuite le faucon hobereau du secteur fait son travail et prélève sa part légitime pour se nourrir ou ravitailler sa descendance. Certains jeunes se fracassent également contre une vitre ou ont du mal à éviter un véhicule passant sur une route voisine.... Bref, les débuts peuvent être difficiles et déjà on note au premier soir, lors du coucher et retour au nid, que certains malchanceux manquent à l'appel après une première journée d'entrée dans leur véritable vie d'hirondelle.

Durant les semaines qui suivent, une fois émancipées, si une météo défavorable raréfie les insectes volants et ne permet donc pas de se nourrir correctement, d'autres pertes sont subies par les petites boules de plumes.

Pour les survivantes, vient l'appel au voyage aux alentours de septembre essentiellement. La migration qui s'en suit, longue de plusieurs milliers de kilomètres jusque sur le continent africain, fait bien des victimes encore tant les dangers sont nombreux et l'épreuve physique importante.

Compte-toi!

Compte-toi!

Moins nombreuses encore sont celles qui prennent le chemin de retour vers l'Europe après plusieurs mois passés sous le ciel d'Afrique... et bien moins encore, celles qui finissent par arriver sur la région qui les a vu naître.

Si le vivant a adopté diverses stratégies reproductives au cours de l'évolution quant au degré de prolificité des espèces, c'est en réponse aux pertes subies par chacune d'une année à l'autre.

Ainsi les espèces dont l'espérance de vie est faible au niveau de l'individu sont globalement très fécondes.

Avec sa dizaine d'œufs par an, notre hirondelle devient en cela ridicule face à la grenouille qui donnera chaque printemps des centaines de têtards dont seuls quelques chanceux se reproduiront une fois adultes. Et que dire en comparaison à certains parasites internes de nos Ouessant qui évacueront des millions d'œufs sur la prairie pour que la relève puisse être assurée dans l'avenir tant les pertes sont importantes et la probabilité d'être ingérés normalement faible (bien que, dans le cas ici d'animaux prisonniers sur un espace réduit comme le mouton, cette probabilité d'infestation augmente du fait que le fonctionnement du domestique s'éloigne du naturel).

Pour revenir à l'hirondelle, la classe des adultes subit également ses pertes et l'âge faisant, cela n'arrange pas les choses.

Au-dessus des Lutins

La femelle du couple en question de chez les Lutins dans ce témoignage eut l'aile gauche luxée fin juillet. Coup de vent l'ayant fait heurter un grillage ou une branche? Maladresse? Cela ne l'empêcha pas de contribuer à la réussite de sa seconde nichée. Par la suite je la voyais chasser dans le quartier, bien reconnaissable par son allure particulière en vol.

La saison avançant, chaque jour, je m'inquiétais de savoir si elle survivait toujours. Courant septembre, alors que des milliers de ses "sœurs" voyageuses sillonnaient le ciel ou venaient se rassembler sur la ligne devant la maison, je m'étonnais de la trouver encore tardivement chaque soir près de son nid pour passer la nuit.

Nous étions devenus proches, elle emmitouflée au-dessus de ma tête, moi observé par son petit œil noir dans mon rituel du soir à enlever mes bottes.

Le porte hirondelle. On n'arrête pas le progrès!

Le porte hirondelle. On n'arrête pas le progrès!

J'avais noté que ses jeunes de seconde nichée avaient quitté rapidement les lieux fin août (la migration commence au milieu du mois) et je pensais que son mâle avait suivi les migratrices d'un mois de septembre déjà bien avancé. 

La notant ainsi dans sa solitude, je me demandais si elle finirait par partir malgré son handicap ou si je la verrais dépérir chaque jour un peu plus, pour finir par la trouver morte un matin.

Je fus surpris de découvrir que finalement son mâle dormait régulièrement près d'elle, mais que plus vigoureux car en possession de tous ses moyens, lui, il se permettait de chasser plus tardivement et donc revenir au logis après mon passage, échappant ainsi à mon regard.

Les hirondelles rustiques pouvant migrer encore parfois tardivement en octobre, j'observais avec attention cette situation un peu insolite et intéressante, me demandant si le mâle finirait par partir avant sa compagne, si elle daignait partir également.

Finalement, la veille du premier jour d'automne au calendrier, ma belle n'était pas à notre rendez-vous quotidien. Elle avait fait ses valises j'imagine, d'autant qu'il me semble que son compagnon officiel avait fait les siennes une journée plus tôt. Leur absence par la suite me confirma ce départ supposé.

Je ne me fais guère d'illusions quant à l'avenir de mon aronde, me demandant comment sa vie se sera terminée précisément et jusqu'où elle aura pu aller dans son dernier voyage.

Il est vrai qu'un lien particulier s'était tissé entre elle et moi dans nos rituels du soir, lorsque nos deux mondes entraient en contact par leurs portes d'entrée que sont nos yeux respectifs et le  regard interrogateur que nous nous jetions l'un l'autre.

Ainsi va la vie au-dessus des Lutins!

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