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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 12:07

En déversant dans l'environnement de la viande vivante sous forme d'animaux domestiques, l'éleveur est le seul responsable de ce qui peut arriver à ses animaux.

Seuls son attention, son attitude et ses aménagements dans sa forme d'élevage peuvent lui éviter des pertes par prédation ou au moins les limiter à un niveau acceptable, sorte de taxe prise par la nature sur une activité contre nature, le risque zéro n'existant pas forcément selon les situations.

Mouton, le Ouessant, même adulte, comme d'autres espèces domestiques, peut subir prédation dans les régions où survivent encore de grands carnivores sauvages, comme le lynx, l'ours ou le loup. Ce qui implique d'instaurer moyens de protection.

Mouton, le Ouessant, même adulte, comme d'autres espèces domestiques, peut subir prédation dans les régions où survivent encore de grands carnivores sauvages, comme le lynx, l'ours ou le loup. Ce qui implique d'instaurer moyens de protection.

J'ai élevé des volailles durant cinquante ans à la campagne et je n'ai jamais perdu un seul oiseau à cause des renards, simplement parce qu'en journée les 2000 m2 d'herbe consacrés aux volatiles n'étaient pas accessibles à goupil, tout comme la nuit le poulailler correctement conçu et entretenu ne pouvait être visité par aucun carnivore, même des plus petits. Seule, à l'occasion, la poule ayant décidé de dormir branchée à la belle étoile et le canard qui avait décidé de couver dans un massif finissaient croqués ou emportés par la fouine. Elle avait bien raison d'en profiter et on ne peut lui faire le reproche de saisir si belles occasions de festoyer, faute de protection.

L'agneau Ouessant en bas âge, de par sa taille et sa vulnérabilité, peut à l'occasion devenir une proie pour le renard si l'occasion se présente.

L'agneau Ouessant en bas âge, de par sa taille et sa vulnérabilité, peut à l'occasion devenir une proie pour le renard si l'occasion se présente.

Ainsi, laisser ses moutons, dont les Ouessant, de jour comme de nuit à la merci de la prédation, sans prendre de mesures sérieuses de protection, n'autorise pas à venir ensuite pleurer.

Ou bien on est conscient du risque et on le prend sans rien faire, en économisant huile de coude... et on doit alors accepter le souci s'il finit par arriver.

Ou bien on est conscient du risque et alors on met en oeuvre les moyens pour soustraire ses animaux à la prédation. Ce qui demande un peu d'huile de coude.

Quant à l'inconscience éventuelle de l'éleveur dans son attitude d'élevage, qu'elle soit pure bêtise ou simple ignorance, il faut espérer que l'événement de prédation lui serve de leçon et de déclencheur pour adopter comportement responsable. 

Le seul agneau bien vivant peut-être disparu suite à prédation chez les Lutins.

Le seul agneau bien vivant peut-être disparu suite à prédation chez les Lutins.

Du côté de mes Ouessant, sur 25 ans d'élevage et des centaines de moutons nés et élevés, je ne note qu'une disparition d'un avortement une nuit, une disparition de naissance une autre nuit sans savoir s'il s'agissait d'un agneau vivant ou non viable et une disparition d'un agneau âgé de vingt quatre heures durant sa seconde nuit.

Donc au final, un seul agneau assurément vivant  potentiellement victime de prédation. Il n'y a pas là de quoi "fouetter un renard"!

Une certaine liberté du domestique, d'autant non surveillée, peut engendrer un prix à payer de par nos attitudes.

Une certaine liberté du domestique, d'autant non surveillée, peut engendrer un prix à payer de par nos attitudes.

Je suis le seul responsable de ce qui peut arriver à mes Ouessant.

Pour cela, les prairies sont closes par un grillage à 1,20 m sur plusieurs kilomètres et les clôtures sont perpétuellement contrôlées et entretenues. Cet aménagement limite les intrusions de chiens en divagation, un souci fréquent particulièrement en période de chasse, mais pas seulement il est vrai. J'ai bien écrit "limite" et non "empêche", car un chien ou une meute bien excités et bien décidés peuvent sauter ou creuser. Tout comme un jour un loup en dispersion, de passage sur mon secteur, pourrait visiter mon troupeau, mais la probabilité est faible et le risque est à assumer. Cette dernière prédation naturelle me serait acceptable bien que catastrophique forcément, contrairement à celle, totalement inacceptable et tout autant catastrophique, de chiens qui dépendent d'un propriétaire peu scrupuleux.

Les Lutins vivent leur vie dans les limites qui leur sont imposées.

Les Lutins vivent leur vie dans les limites qui leur sont imposées.

Mes Ouessant sont libres de mouvement jour et nuit, presque toute l'année, sur les quelques hectares dont ils disposent.

Ce n'est qu'en avril et mai, saison d'agnelage, que je les contiens, pour la nuit seulement, sur l'hectare le plus proche de la maison, non sans avoir fait avant le coucher le tour du propriétaire afin de ramener au troupeau avec sa mère toute naissance éventuelle du jour qui serait demeurée à l'écart dans les prés. 

Lampe solaire qui se recharge pour la nuit.

Lampe solaire qui se recharge pour la nuit.

Comme j'ai déjà pu l'écrire il me semble, durant cette période j'urine beaucoup en périphérie de ce parc de nuit, même si les Ouessant ont l'habitude de dormir à la belle étoile près de la maison, histoire de rappeler aux quadrupèdes carnivores nocturnes que le lieu est également mon territoire. Quelques crottes de chien pour rajouter un peu d'insécurité dans la tête du visiteur éventuel, quelques aboiements durant la nuit depuis la maison...

Et comme le monde moderne a aussi ses avantages, j'accroche aux clôtures et aux haies du parc de protection, lampes solaires rechargées en journée, n'oubliant pas de les déplacer chaque soir pour ne pas créer accoutumance.

J'allume la radio au pré pour la nuit pour imiter présence humaine en zone dortoir. Au début j'avais mis France Culture, mais le lendemain j'avais pétition des brebis. NRJ plaisait bien aux jeunes ensuite, mais c'était la java toute la nuit. J'ai donc coupé la poire en deux avec France Inter, de la parlotte et de la musique pour satisfaire tout le monde.

Les "bruits" de la présence humaine pour inquiéter et refouler.

Les "bruits" de la présence humaine pour inquiéter et refouler.

Hasard ou efficacité, jusque là je n'ai pas constaté de prédation par le renard sur les agneaux.

Si cela arrivait, j'améliorerais ma protection, selon la situation de prédation et du prédateur, chagriné mais sans lui en vouloir, bien conscient que je mène là une activité contre nature qui forcément se heurte aux phénomènes naturels dont la prédation.

J'aime à rappeler aux esprits aux raisonnements un peu hâtifs et basiques, guidés suite à une perte, bien plus par une réaction de colère ou d'intérêt personnel que par la réflexion, qu'après trois milliards et demi d'évolution du vivant sur notre planète, cette dernière s'est construite en fonctionnant avec le phénomène de la prédation, pour aboutir et s'organiser entre autres avec renards, lynx, ours, loups ... (et ailleurs tigres, lions, pumas, ....) et non avec des moutons, y compris d'Ouessant, simples artifices du domestique engendré par les humains depuis seulement le passage au néolithique ( graduellement depuis 10 000 ans seulement) ... 

Si les prédateurs peuvent contrarier l'élevage, il ne faut pas oublier que c'est d'abord l'élevage (associé à la chasse) qui contrarie bien plus encore les carnivores et leur existence, en étant à l'origine de la persécution de bien des espèces, parfois de leur raréfaction voire de leur disparition définitive.

 

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commentaires

P
Bonjour,
Ne comptez pas trop sur les lumières la nuit. J'ai des lumières qui s'allument la nuit dans ma cour, ça me permet (entre autre) d'admirer le renard, qui tranquille, sniffe le sol sans s'affoler. J'ai aussi 4 chiens qui laissent leurs odeurs, ce qui n'affole pas plus le renard !
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D
Bonjour, il faut tout essayer. Ceci étant, il est vrai que la lumière n'est pas un souci quand il y a accoutumance, comme en particulier en milieu urbain. Pour une faune plus campagnarde, les choses sont autres quand il y a nouveauté dans leur paysage habituel. L'insolite crée interrogation et méfiance.... jusqu'à accoutumance si cela dure sans autre conséquence. Quant aux chiens c'est vrai que là aussi c'est leur présence effective qui inquiète.
Merci pour votre témoignage sur cet aspect des choses et cette chouette observation du renard dans votre cour.