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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 06:53

Adonis est l'agneau biberon de l'année, sa mère ne produisant pas de lait.

 

Le bélier idéal

Ce jeune bélier a un mois sur les photos. Un âge auquel on commence à deviner un peu plus la construction physique.

Les cornes sont au rendez-vous sans qu'on puisse en prévoir encore l'ampleur ni la forme. Tout au plus l'expérience l'envisage dans telle ou telle catégorie de structure, mais seule la croissance, parfois longue, en révélera la réalité.

Adonis affiche la rondeur de sa mère.

Le bélier idéal

Les pattes semblent devoir être un peu fines. La queue est dans les plus courtes. La taille au garrot ... on verra, mais pas dans les plus grands de la saison.

Le bélier idéal

Mais tout cela ne tourne pas la tête du petit bélier Adonis. Il ne rêve pas de faire le kéké sur le ring, d'ailleurs son père nourricier le dissuaderait de cet avenir miroir aux alouettes. Pas plus qu'Adonis ne s'imagine déjà taper de la tête dans le ballon sous les projecteurs ... ni bêler sur scène dans un micro...

Le bélier idéal

Non Adonis a bien les onglons sur la prairie!

Son berger a pour lui un avenir plus utile, ancré dans sa réalité.

Le bélier idéal

Adonis est un bélier d'exception sur des points de premier ordre, au sein de l'objectif conservation.

Comme tous les jeunes Lutins, cet agneau est d'abord de "sang" en composante de lignées et de souches en sélection avec plus de 45 ans d'origines suivies.

Ensuite, sous un habit ordinaire, son génotype coloration est AaAaB+BbF+Ff.

C'est à dire que d'abord au locus Agouti il est homozygote pour l'allèle Non agouti (AaAa).

Puis qu'il est hétérozygote au locus Brown, affichant la couleur noire dominante génétiquement sur la couleur brune récessive qu'il possède de façon cachée (B+Bb).

Enfin au locus Fading il est hétérozygote pour l'allèle faded qu'il possède mais qui ne peut décolorer sa toison en étant unique (F+Ff). 

Adonis est bien ainsi le bélier idéal de par cette génétique.

En effet, ce type de reproducteur mâle permet de garantir l'expression des neuf allèles de coloration présents chez le Ouessant (et leurs combinaisons), dès lors que ces derniers se rencontrent tous dans le groupe de brebis avec qui il est appelé à s'accoupler (ce qui est le cas chez l'ensemble femelle des Lutins). Pour dire autrement, selon les accouplements, avec un tel bélier, toutes les colorations sont possibles parmi les naissances obtenues chez les Lutins.

Adonis est donc bien le bélier le plus précieux qui soit dans le sens de la conservation des variants colorés chez le Ouessant de type ancien, qui plus est en "sang" des animaux ayant servi au renouveau de cet ovin il y a une cinquantaine d'années.

Si donc aucun malheur n'arrive à Adonis, après 25 ans de travaux d'élevage, la reproduction chez les Lutins va entrer dans un rythme de "croisière" où alors seule la sélection selon le morphotype s'exercera.

Les résultats sont fruits de méthode et de patience. C'est cette pensée qui doit guider le nouvel éleveur et non les achats compulsifs répétés auprès d'autres éleveurs, dans une quête perpétuelle d'animal idéalisé tout fait ...

Tout se construit et impose travail, donc temps long. J'entends là dans l'objectif de la conservation au sens large du Ouessant ... et non de la compétition qui n'apporte rien, sinon parfois malheurs, à l'ovin en sauvegarde qu'est le Ouessant.

 

Le bélier idéal

Bon mais tout cela ne tourne pas la tête d'Adonis. Inutile de mettre la pression sur ce jeune bélier qui n'a pour soucis que ceux de son âge et de son espèce, profiter de la vie, découvrir, passer de bons moments avec les copines et les copains.

Adonis, un petit bélier qui ne paie pas de mine au premier abord, mais il est pourtant une réelle pierre précieuse pour l'édifice patrimonial chez les Lutins et au delà.

Le bon Pralin (antenais) Non agouti brun (AaAaBbBbF+Ff), père d'Adonis.

Le bon Pralin (antenais) Non agouti brun (AaAaBbBbF+Ff), père d'Adonis.

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commentaires

R
Bonsoir Dominique, effectivement un bel agneau et probablement futur bélier cet Adonis. Sa structure me laisse rêveur...
Original ce Pralin dans son phénotype coloré. Le masque facial est très clair et laisse presque penser à un animal agouti grey en base brune! Bon je ne parle que de la face et non le reste du corps.
Bonne poursuite d'élevage en ce début d'été exceptionnellement humide. Je ne sais pas chez toi, mais ici, l'herbe "déborde" des prairies! :-)
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D
Bonjour Romain,
Oui il est bon de rappeler ce qu'est la rusticité. C'est le fait pour une espèce domestique (une population au sein de cette espèce ou encore un individu) d'être apte à vivre en un milieu satisfaisant ses besoins essentiels, avec absence ou du moins un minimum de nécessité d'intervention de l'éleveur.
Le primordial pour moi est d'abord d'éradiquer les soucis chroniques de fragilité face aux kératites et troubles digestifs en diarrhées d'origine alimentaire liée à l'herbe. C'est en effet un calvaire pour les animaux d'abord, pour l'éleveur ensuite qui subit le triste spectacle et qui se retrouve devoir intervenir au moins pour soulager ses pensionnaires. Ces troubles fonctionnels récurrents installés dans la population Ouessant vont à l'encontre d'une image de rusticité de cet ovin souvent vantée... et pas seulement l'image mais aussi l'intérêt du cheptel.
Ceci étant, même les aspects non fonctionnels que tu indiques me semblent importants. Certes ils n'en mourront pas, mais des aplombs catastrophiques, des onglons de construction déformée, tout cela perturbe les articulations comme la locomotion.
Les dents cela me fait un peu plus sourire. J'ai toujours trouvé que cela avait plus d'effet spectacle en concours devant des spectateurs un peu naïfs qui s'extasient devant la pratique. En effet, certes mieux vaut des incisives bien implantées, cependant les dents les plus importantes nous sont inaccessibles. Ce sont les molaires qui ont le rôle de broyer, d'aider à la digestion chez notre ruminant. Les incisives ne servent qu'à arracher l'herbe, faire les courses. De plus quand on sait que nos Ouessant ont en général perdu leurs incisives vers six ans et qu'ils mangent et vivent ensuite sans, au final la moitié de leur vie, le rôle d'incisives parfaites semble assez limité. Par contre est-ce normal que le Ouessant perde ses incisives si rapidement? C'est sur ce point qu'il faudrait bien plus travailler. Il serait intéressant de connaître la durée de vie des incisives en d'autres types primitifs... Quant au fait que la plupart des Ouessant se trouvent vivre sur des prairies surpâturées rendant difficile l'arrachage de l'herbe, c'est bien plus un problème de pratiques d'élevage dont la surdensité évidente que le souci d'incisives en soi.
En fait à mes yeux tout est important, y compris la lactation comme tu l'indiques. Une brebis qui ne produit pas ou peu de lait de façon récurrente, cela va à l'encontre de la survie d'une espèce, du moins d'une lignée, puisque de toute manière ses agneaux ne survivraient pas en sélection naturelle. Il est normal d'intervenir par empathie, mais il n'est pas normal de devoir le faire en ayant installé ce souci par manque éventuel de sélection dans ses reproducteurs. Concernant Adonis né de mère sans lait, comme tu l'auras lu, je me pose la question si cette situation tout à fait nouvelle pour moi, peut avoir un caractère héréditaire par la suite ou si c'est un simple trouble fonctionnel ponctuel de la brebis en question. Il sera intéressant de tenter y répondre par quelques accouplements futurs de son rejeton et d'observer ensuite quitte à arrêter si la voie s'avérait problématique et sans issue.
Alors maintenant à mon niveau personnel face à l'ensemble des éléments que tu exposes, comment je fais? D'abord je n'utilise pas, plus, un animal qui présente un quelconque trouble fonctionnel. Ensuite, sans parler de perfection, pour ce qui est de la construction de l'animal, je me dois de faire des concessions bien conscientes sur certains points, sinon je ne reproduirais plus du tout, connaissant les moins en chacun de mes animaux. Faire avec est parfois une obligation... A titre d'exemples, cette année, faire avec un bélier qui a la tête dans les épaules, un autre qui a la queue plus longue que je voudrais, un qui risque de me faire réapparaître caractères physiques d'une souche lointaine qui ne m'est pas séduisante,... mais chacun a aussi bien d'autres choses qui m'intéressent... côté brebis, faire avec le petit tonneau, la plongeante, celle à onglons longs, celle à chanfrein marqué, celle peu charpentée,...mais toutes ont également d'autres intérêts. Tout cela ne concerne pas forcément la rusticité... bien que si on réfléchit plus longuement à d'autres niveaux de réflexion.
Une chose est certaine, chaque année je constate plus de rusticité à ma troupe. Le nombre de fois à devoir récupérer animal est un bon indicateur. Cependant il m'arrive encore d'intervenir pour une naissance, ce qu'il ne faudrait pas dans l'absolu de quête de rusticité, mais qui s'impose à tout éleveur qui mérite ce nom.
Je pense qu'il est impossible d'aller vers une sélection des plus sévères, déjà parce que cela ne serait plus "humain" en comportement, que ces animaux demeurent nos prisonniers.... qu'ensuite j'ai bien conscience d'appartenir à une espèce qui n'applique pas ces principes à sa propre espèce. Par contre nous avons tout pouvoir dans nos choix d'animaux que nous nous autorisons à accoupler pour tendre vers un Ouessant rustique, c'est à dire sans problème dans des conditions d'élevage correctes. Bonnes spéculations dans cette attente du printemps prochain! (encore une fois je ne suis pas certain d'avoir répondu à toutes tes interrogations)
R
Bonjour Dominique,
Pour en revenir à la rusticité d'une souche de mouton, quels sont les principaux critères à prendre en compte pour toi? La dentition, les aplombs, la forme et la "résistance" des onglons, les troubles digestifs et oculaires, la production laitière chez une brebis?
Dans le principe, l'ensemble des points pouvant conduire à favoriser la "survie" d'une troupe dans un milieu adéquat et avec le moins d'interventions possibles humaines est à prendre en compte. Mais dans la réalité...? Quels sont les facteurs primordiaux à ton sens? Pourquoi ce paramètre de production de lait ne semble pas problématique dans l’utilisation future de cet agneau dans le futur?
Il n'existe pas réellement de support synthétique et exhaustif permettant de retrouver l'ensemble de ces facteurs, et permettant de comprendre la priorisation à effectuer. J'ai mes données personnelles et ma vision de la sélection à effectuer en ce sens, mais la comparer avec d'autres s'avère généralement très interessant. Je discutais le mois dernier avec un éleveur allemand que tu connais je pense, et qui m'indiquait que pour lui, la qualité de la dentition et la résistance dans le temps des incisives était LE facteur principal à prendre en compte, avec les troubles digestifs.La qualité des onglons étant à placer au second plan. C'est une vision que je ne partage que partiellement, laissant une place plus importante aux onglons et aux problématiques oculaires. Un groupe de travail d'éleveurs intéressés par ce sujet serait passionnant à mon sens!
Bonne journée à toi.
D
Bonjour Romain, oui pas vilain malgré comme toujours quelques "défauts" , du moins points que le regard de l'éleveur auraient souhaité un peu autrement. Mais ce n'est pas grave, plus j'avance plus je sais apprécier qu'un animal soit au moins correct du moment qu'il contienne ce qui m'est précieux pour la sauvegarde du patrimoine génétique.
Remarque bien venue sur Pralin, je suis à écrire une bafouille en futur article sur ces animaux Non agouti un peu déconcertants (je confirme, ce n'est pas un grey. Hier je réalisais également que Vergeois son fils ne devait pas être homozygote faded comme je l'annonçais, malgré sa face à la naissance pouvant le laisser songer. J'ai noté que ce phénomène de face claire chez les bruns n'était pas rare, parfois dès la naissance en contraste avec le reste du corps. Tout comme il y a grande variabilité de bruns exprimés sans que d'autres allèles, grey ou faded, non possédés, soient responsables).
Oui cette année de l'herbe pour un millier de Lutins si je voulais. Merci pour ces commentaires pertinents et bonne suite également.
D
Bonsoir Dominique,
Mes félicitations pour ce bel Adonis qui récompense tant d'années de labeur.
Je vous souhaite un bel été avec un peu d'eau pour une belle herbe (on peut toujours espérer ça ne coûte rien).
Amicalement,
Denis
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D
Merci Denis. Bel été également!(l'eau ne manque pas...jusque là)