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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 14:33

Oui et non. Oui parfois. Oui souvent. Oui peut-être. Tout dépend de la période considérée.

Pendant longtemps, l'échouage du cargo grec le Mykonos, au large de l'île d'Ouessant en 1936, était présenté comme un tournant dans la disparition du petit mouton ouessantin. En effet, des moutons d'une plus grande race et blancs transportés par ce navire auraient  réussi à gagner le rivage et de là "polluer" la population ovine de l'île. Pourtant un témoignage recueilli par Gilles Delorme affirme que certains de ces moutons étaient noirs. G.Tronson mentionne suite à cet évènement l'arrivée d'un bélier et deux brebis; ceci est trop peu pour modifier rapidement une poulation ovine de plusieurs centaines voire milliers d'animaux. En fait, il y a probablement eu régulièrement et volontairement des apports sans doute assez nombreux de moutons du continent grossis et grandis par les croisements avec les races anglaises de par une politique agricole d'amélioration des races locales françaises. L'impact de ce naufrage  n'a fait par contre qu'amplifier (et encore?) le phénomène d'évolution de la race Ouessant,  mais comme j'ai pu le prouver par les documents photos et les écrits de vers 1900, la couleur blanche était déjà bien présente à cette période.

On parle aussi d'un apport de moutons blancs des Monts d'Arrée vers 1904-1910 pour grossir la race,ce qui, même si cela est vrai, n'est pas à l'origine du blanc sur l'île qui existait déjà fin 19ème comme je le prouverai ensuite.

 Cela a seulement amplifié l'extension des toisons blanches .

Gustave Geffroy dans son livre "Voyage à Ouessant" édité une première fois en 1897 et donc écrit sans doute quelques années avant relate l'observation suivante sans que je sache la date de son voyage sur l'île:
"Et partout, des moutons, des moutons, encore et toujours des moutons, DES NOIRS ET DES BLANCS, petits, vifs, attachés deux à deux par une longue corde, inquiets, allant et venant. Ils sont plus de cinq mille dans l'île, toujours dehors, hiver comme été. Il n'y a pas de bergeries pour les loger. On leur construit de petits abris triangulaires, trois petits muretins partant du même point et derrière lesquels ils s'abritent, choisissant l'angle à l'abri du vent. Ils se réfugient aussi au creux où l'herbe est plus haute et plus épaisse. Aux mois durs, en décembre, janvier, ils meurent par centaines. Ceux qui résistent, faits à toutes les températures, à toutes les sautes d'ouragan, sont des individus libres, solides et rusés autant que mouton peut l'être. Certes, les pauvres bêtes retournées à l'état de nature ne sont pas changés en loups, mais elles sont devenues perspicaces et avisées un peu à la façon du renard, habiles à se terrer au creux, à se blottir derrière les muretins, à trouver leursubsistance à travers les prés salés. Jusqu'au phare de Créach, je ne rencontre, je n'entends que ces MOUTONS NOIRS ET BLANCS, si agiles, tout réjouis par le soleil. L'île tout entière bêle dans la lumière."
Je n'ai pu m'empêcher de vous faire profiter de tout ce passage dans lequel on vit avec l'auteur cette atmosphère d'île à moutons et qui nous fait percevoir la dureté de la vie (ou survie) des troupes de moutons d'Ouessant. Et puis les blancs sont bien déjà présents, et bien présents pour être cités deux fois.

Antérieurement, Heuzé en 1840 explique que la couleur blanche augmente pour finir par concerner l'ensemble des animaux en Bretagne. L'île d'Ouessant est-elle atteinte par ce phénomène à la même période?

Et avant, peut-être le mouton d'Ouessant était-il noir du fait d'avoir été préservé plus longtemps qu'ailleurs de l'extension de la couleur blanche sur le continent et la Bretagne en particulier. Mais là encore, il faudrait nuancer en disant qu'il se peut que la couleur noire  ait été la plus répandue à une certaine époque d'avant le 19ème et que cela n'exclut en rien la possible présence de toisons de type plus ancien et/ou rares car récessives comme des gris ou des bruns et autres décrits d'ailleurs au 19ème sur le littoral. Donc qui dit éventuelle absence du blanc n'affirme pas pour autant que les moutons d'Ouessant d'un type plus ancien étaient forcément tous noirs....

 

 

Grichka et Castille des Lutins du Montana, moutons d'Ouessant de type ancien, blancs...et fiers de l'être.

Alors pourquoi les Ouessant actuels sont-ils majoritairement noirs?
 Il faudrait demander aux pionniers du GEMO (Groupement des éleveurs du mouton d'Ouessant) si dans leur démarche ils n'ont pas volontairement recherché les derniers troupeaux du petit Ouessant  sauvegardés par des particuliers, en ayant en tête l'image du petit mouton noir, excluant ainsi d'autres variétés.
La couleur noire n'a-t-elle pas été privilégiée  un certain temps, d'une part sur l'île pour des tissages sombres, et d'autre part chez les détenteurs de la souche ancienne sur le continent de par l'originalité de cette toison alors que la population ovine française était globalement devenue blanche pour nombre de races?
Ce sont là des hypothèses et des interrogations, car de toute façon en remontant dans le temps on se heurte à un certain moment au manque de "pièces à conviction".

Tout cela pour dire que rien ne doit contenir le petit Ouessant de type ancien dans la coloration noire uniquement.

 

 

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