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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 23:03


Photo accompagant un article de Georges Toudouze, écrit dans le numéro 620 de la Revue Mame du 19 août 1906 (communiqué par Diane Falck) .

Voici ce qu'écrit l'auteur:       PETITS MOUTONS D'OUESSANT

"Y a-t-il là une bizarrerie de la nature? Cette anomalie est-elle due à un concours de conditions climatologiques spéciales? Je laisse cette question à élucider aux zoologistes, et je me borne à constater. Ouessant, l'île tragique qui termine l'Armorique, à l'ouest, celle que les Bretons appellent, d'un terme énergique, l'île de l'Epouvante, et à laquelle ils appliquent ce proverbe d'une terrifiante justesse: Qui voit Ouessant, voit son sang, Ouessant nourrit une race spéciale de moutons nains, de minuscules petits moutons noirs qui ne grandissent pas, et , parvenus à l'âge adulte, gardent les mêmes proportions minuscules.
Véritables joyaux d'étagère, ils paissent les maigres landes d'Ouessant toutes parfumées de bruyères, toutes humides d'embruns; et le goût particulièrement savoureux de leurs côtelettes les désigne de manière trop décisive aux gourmets de la grande terre. Aussi bien leur prix, aussi modique que leurs dimensions, les met-il, ces pauvres moutons noirs, à la portée de toutes les bourses; car, tout vivants, ils se vendent là-bas, dans l'île sauvage, cinq francs pièce!
Hélas! la civilisation les atteint, eux aussi, sous la forme du couteau de boucher, et l'espèce tend à diminuer; elle disparaîtra, la race des petits moutons d'Ouessant, comme disparaissent les coiffes, les brayou-braz, les pen-baz, les tabliers brodés légendaires de l'Armor; et c'est pourquoi j'ai cru amusant de présenter aux lecteurs de la Revue Mame ce bélier et cette brebis parfaitement adultes et parvenus à leur plein développement, avec lesquels on peut faire des haltères et des exercices de force le plus aisément du monde, sans craindre de se fatiguer!

Quelques commentaires:
L'auteur a-t-il vu de ses yeux les deux moutons de la photo. Si non, cela peut être une brebis et son jeune (à l'attache durant la période des cultures). Si oui, ce serait donc un bélier comme il l'indique, dans la main droite de l'homme qui pose et c'est alors bien dommage que nous n'en voyons pas la tête....
Ensuite Georges Toudouze a des propos de visionnaire. Déjà il y a cent ans, il fait partie de ceux qui voient la civilisation avancer à grands pas jusque sur Ouessant et s'en inquiète, prévoyant même une disparition prochaine du petit mouton d'Ouessant.
Enfin dans ses propos, on note, qu'à cette époque comme de nos jours, le mouton d'Ouessant de type ancien surprend, intrigue et pose les interrogations d'aujourd'hui encore.

Pour préciser le second commentaire, j'en profite pour communiquer ces chiffres que Françoise Peron publie dans son magnifique ouvrage "Ouessant, l'île sentinelle":
Au 18ème siècle, chaque famille élevait en moyenne 20 moutons.
A la fin du 19ème et au début du 20ème siècle,la moyenne descend déjà à 6 à 18 moutons par famille.
Actuellement (fin 20ème), les familles qui pratiquent encore cet élevage ne conservent plus à l'année que 2 à 8 brebis au grand maximum....Ma remarque pour ce dernier renseignement: il ne s'agit plus du petit mouton ancien mais de la grande race moderne de 60 kg et plus qui a remplacé le type ancien.
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commentaires

L

Oui je suis Ouessantin et je travaille dans le même temps sur l'histoire d'Ouessant. Je me suis posé la question de la déprise agricole à partir de 1895, des causes et des conséquences. La chute du
nombre de moutons n'a été que provisoire, on passe de 2500 animaux adultes en 1892 à 1500 en 1912 pour revenir vers 2500 dans les années 20. Peut être faut il mettre en parallèle l'augmentation de
la taille des ovins avec l'augmentation des terres paturable disponible, en raison de la chute de la surface cultivé (de 700 hectares en 1892 à moins de 400 en 1912). Je voulais vous remerciez
aussi pour l'étude de nombreuses cartes postales qui m'ont permis de me rendre compte du changement de l'aspect des moutons à Ouessant. A noté que les chevaux d'Ouessant disparaissent à la même
époque, ce qui fait deux espèces qui disparaissent de l'île en moins de 30 ans


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D


Super! Intéressant, on voit comme en peu de temps la société ouessantine a pu évoluer sur les points que vous exposez, avec les conséquences sur l'élevage et les moutons en particulier.


on parle assez souvent des petits chevaux spécifiques à l'île qui furent également engloutis par les races plus grandes qu'on aurait voulu utiliser pour les améliorer, avant que les équins
disparaissent totalement, mais il semblerait qu'on dispose de peu d'éléments sur les petites vaches parfois mentionnées qui ont disparu également. Avez-vous trouvé des éléments sur ces dernières?
Aspect réel et étapes de cette disparition qui semble bien antérieure aux deux espèces précédentes, si je crois bien me souvenir.  



L

Le nombre de moutons chutent de près de 50% entre 1892 et 1912 (chiffre des statistiques agricoles du canton d'Ouessant). Plusieurs facteurs : le vol avec la tenu de jugements pour vol et recel de
moutons, chose inconnue avant. Ensuite, les manoeuvres des soldats entre 1898 et 1914 sur les côtes, là où sont traditionnellement attachés les moutons. Enfin, les chiens,avec pas moins de trois
arrétés municipaux sur les chiens errant entre 1903 et 1913 (on relate 18 mouton égorgé en une seul nuit en 1913), sans compté la rage en 1910


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D


Merci beaucoup, Laurent, pour ces éléments historiques d'une grande richesse pour la connaissance du petit mouton et fort intéressants.


Je connaissais pour le problème des soldats mais pas pour le reste de ces informations.


Seriez-vous vous-même de Ouessant pour porter un tel intérêt sur le sujet?