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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 23:01
Devant un certain flou que je perçois dans la représentation de chacun (nouvel éleveur comme plus confirmé) en ce qui concerne le cornage chez le bélier Ouessant, mon regard autant de naturaliste que d'éleveur m'a amené à cette réflexion et ce petit travail pour dégrossir une certaine problèmatique.

Le standard du GEMO définit un certain nombre de critères avec un objectif de sélection vers les animaux à cornage de type mouflon pour le mâle. Au delà des mots, il me semble donc important de se demander comment est le cornage chez le mouflon.
Premier problème, il existe différents mouflons répartis à travers le monde. Il est donc alors logique d'observer celui qui est reconnu comme étant l'ancêtre  du mouton en général. Si les scientifiques semblent reconnaître le Mouflon rouge d'Asie mineure comme le plus probable ancêtre, les choses se compliquent un peu puisque certains avancent également le rôle du Mouflon Urial ainsi que celui du Mouflon Argali dans la "construction" du mouton... Après mon regard porté sur ces trois mouflons, je note certaines différences mais un nombre limité de clichés peut donner une fausse idée de la réalité pour un ensemble de populations.
Quand ensuite pour nous, Européens de l'Ouest, on parle de mouflon, on pense inévitablement au Mouflon dit d'Europe. Nouveau problème, ce dernier est un animal introduit sur le continent (dont différentes régions naturelles de France) dans des buts souvent cynégétiques, à partir des troupeaux de Corse (ou de Sardaigne) . Ce Mouflon d'Europe est en fait le Mouflon de Corse. Et là où cela se complique un peu plus, ce Mouflon de Corse est reconnu comme étant issu du marronnage d'un mouton primitif des débuts de la domestication (peut-être du néolithique); c'est à dire un "mouton ou mouflon domestique" retourné à l'état sauvage à partir d'animaux échappés ou abandonnés par de premiers éleveurs de l'île.
Contrairement au mouton de Soay lui aussi mouton primitif relique (avec sans doute une histoire similaire) retrouvé sur l'île du même nom au large de l'Ecosse et qui présente des sujets plus ou moins poilus ou laineux , le Mouflon de Corse ne présente aucune mutation de la longueur de la bourre, bourre se trouvant en couche protectrice sous le poil et qui va par la suite par sa taille devenue "monstrueuse" donner ce que nous appelons laine chez le mouton moderne.

De là, j'ai voulu donc faire une sorte de petite synthèse sur le cornage du mouton d'Ouessant comparativement au mouflon le plus proche de nous, le Mouflon cyrno-sarde dit de Corse (mais aussi de Sardaigne). On notera au passage que ces deux populations insulaires ont évolué différemment au moins sur un point facilement observable, c'est que les femelles sardes n'ont pas de cornes alors que celles de Corse sont pour plus de moitié cornues. Espèce gibier, la sélection de tir sur les mâles a sans doute une certaine influence sur le type de cornages rencontrés (comme pour les autres mouflons à travers le monde) et enfin en Europe certains croisements avec des moutons pour augmenter la prolificité sont à regretter.

Je me suis donc basé sur ce qu'est un cornage type du Mouflon de Corse mais en Corse et ai ensuite appliqué au Mouton d'Ouessant une sorte de classification telle qu'elle a pu être faite dans des milieux naturalistes pour le mouflon chez qui des variantes de cornages sont également observées. 


D'abord, j'ai réalisé ces quelques croquis à partir de publications photographiques, afin de ne voler de clichés à personne. Si d'ailleurs vous êtes possesseur de prises de vues de Mouflons de Corse prises sur l'île sur des animaux libres, je suis intéressé par votre don gracieux pour mieux alimenter cette réflexion (appel est donc lancé).
De face, un cornage dit neutre (ne présentant donc pas de particularité notable pour l'espèce) n'ayant pas atteint une pousse maximale.
En bas de profil, un cornage dit neutre sur un vieux mâle. On note alors la remontée de la pointe vers le niveau de l'oeil.
Au milieu, deux desssins de jeunes mâles au cornage toujours dit neutre dans deux phases de construction.

 Dans des proportions de taille et d'ampleur bien moindres, voici un cornage chez le Ouessant qui pourrait se rapprocher de la classe cornage neutre.

Ci-dessus,un cornage chez un jeune bélier qui entre dans un type dit convergent. Pour comprendre, il faut observer une courbure qui amène les pointes dirigées vers le garrot. Ce qui va s'accentuer avec l'âge.

Un cornage cette fois classé dans le type divergent, c'est à dire que les pointes vont pousser vers l'extérieur ( et non pas vers le dos de l'animal comme dans le type convergent).

Cornage de type divergent accentué.

Enfin dans le type toujours divergent mais extrême, un sujet divergent à double spirale.

Pour finir cette première partie de réflexion, il s'avère en relisant le standard défini pour le Mouton d'Ouessant que celui-ci ne correspond pas au type de cornage dit neutre comme on pourrait s'y attendre mais plus à un intermédiaire entre ce type neutre et un type légèrement divergent.
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commentaires

R
bonsoir, nous avons une brebis, Cafette, 7 mois, qui porte deux petites cornes; Est-ce fréquent ?<br /> ce soir, elle se promenait avec un petit morceau de barbelé coincé dans la laine.<br /> alors que je la tenais afin que ma compagne lui coupe la touffe emprisonnant le fil, une corne s'est<br /> soudain sortie comme un fourreau. C'est impressionnant car ça saigne assez abondemment,<br /> mais vu l'heure je contacterai le véto demain matin.<br /> Quelqu'un a-t-il déjà eu ce cas de figure ?<br /> Peut on me renseigner ?
R
merci pour votre réponse.<br /> Effectivement, nous avons mis de la bethadine et ce matin, le moignon restant est brun et ne saigne plus. Ouf !<br /> merci encore et à bientôt car je suis régulièrement le blog et ce site d'utilité ... ovine ..!
R
bonsoir, nous avons une brebis, Cafette, 7 mois, qui porte deux petites cornes; Est-ce fréquent ?<br /> ce soir, elle se promenait avec un petit morceau de barbelé coincé dans la laine.<br /> alors que je la tenais afin que ma compagne lui coupe la touffe emprisonnant le fil, une corne s'est<br /> soudain sortie comme un fourreau. C'est impressionnant car ça saigne assez abondemment,<br /> mais vu l'heure je contacterai le véto demain matin.<br /> Quelqu'un a-t-il déjà eu ce cas de figure ?<br /> Peut on me renseigner ?
L
Chez le Ouessant, la femelle ne porte pas de véritables cornes mais il peut arriver que de petits cornillons sans corps osseux se développent chez les jeunes qui d'ailleurs finissent par les perdre le plus souvent (ce qui semble être arrivé à votre agnelle)<br /> Ensuite certaines femelles ont des cornes plus conséquentes mais le plus souvent c'est suite à de l'héritage de certains métissages effectués chez leurs ascendants.<br /> Pas de panique pour votre agnelle! Vous pouvez désinfecter, elle s'en remettra très vite.
R
Bonjour j'ai lu votre article sur le cornage moi j'ai une brebis (elle a bien des mamelles) avec des peties cornes de 5 cm de hauteur comment est ce possible merci de m'éclairer si vous avez<br /> d'autre cas similaires .<br /> rosato .n
D
<br /> <br /> bonjour<br /> <br /> <br /> votre brebis, adulte ou jeune de l'année?<br /> <br /> <br /> il peut arriver que les "jeunes filles" possèdent de petites cornes sans corps osseux ,qui tombent ensuite de ce fait. Il est plus rare chez une adulte bien que possible et non<br /> caractéristique de la race. se pose alors la question de l'expression d'un gène ancien ou du résultat d'un métissage dans ses ancêtres avec une race chez qui les femelles possèdent des cornes.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Bonjour,<br /> <br /> je lis avec plaisir et grand intéret votre blog depuis que j'ai acquis mes Ouessants (1 jeune bélier et deux brebis). Je tenais tout d'abord à vous remercier de partager toutes ces informations que<br /> je trouve très pédagogiques, et de le faire avec tant de passion.<br /> J'ai une question sur le cornage de type convergent : à terme, si la convergence periste et s'accentue avec l'age comme vous le précisez ici, cela peut il aller jusqu'à menacer de rentrer dans les<br /> chairs ou cela n'arrive pas ? Je ne suis pas sûre encore, mais je pense que mon petit bélier a un cornage légèrement convergent (il n'a que 5 mois et demi cependant). Son père n'a pas ce type de<br /> convergence. Avez vous rencontré ce type de souci?<br /> Merci pour votre réponse et toute votre expérience partagée.<br /> Cécilia<br /> PS : Félicitations pour tous les prix remportés, vous et vos Lutins le méritez bien<br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Ce ne sera peut-être pas le cas avec votre bélier mais effectivement si le cornage est trop convergent ses pointes peuvent blesser l'animal...mais heureusement, il est possible de scier alors les<br /> pointes sur quelques centimètres (pas à la base qui est vivante) et régulièrement les premières années quand tout cela pousse ( lorsque le risque s'annonce sous peu), avec une scie à<br /> métaux par exemple et en protégeant l'oeil des coups et des poussières de corne. Ou encore en faisant aller et venir un câble fin de l'intérieur vers l'extérieur. Dans ces deux solutions, il faut<br /> de toute manière être au moins deux, pour maintenir et agir. <br /> <br /> <br /> Bienvenue sur le blog des Lutins et merci d'apprécier.<br /> <br /> <br /> <br />
K
vous avez une copie à m'envoyer?
D
<br /> Le flou bien présent y compris chez les passionnés ou chevronnés montre bien que ces quelques articles réflexion risquent de bousculer un peu les choses dans les esprits et amener une réflexion et<br /> regard parfois différent;<br /> Je vous envoie cela.<br /> <br /> <br />
K
Je ne vois pas ou ils disent " vers les animaux à cornage de type mouflon........"?<br /> <br /> http://cf.geocities.com/moutondouessant/french/standardf.htm<br /> <br /> Standard proposé par l'assemblée générale du groupement des éleveurs du mouton d'Ouessant le 5 décembre 1981,<br /> modifié par les Assemblées Générales du 16 novembre 1991 et du 29 octobre 2005<br /> <br /> <br /> <br /> 1° - TÊTE <br /> <br /> Fine et régulière, avec des cornes pour les béliers, chanfrein et front formant une ligne continue. Très léger chanfrein chez le bélier.<br /> <br /> Oeil :<br /> Brillant, regard vif, orbites saillantes.<br /> <br /> Oreille :<br /> Fine, petite, courte, mobile, tendant à se dresser.<br /> <br /> Corne :<br /> Sombre pour les noirs et les bruns, claire pour les blancs, section triangulaire, forte, enroulée d’une seule spirale de grande amplitude à bonne distance de la tête.
D
<br /> C'est parce que les nouveaux membres ne reçoivent peut-être plus comme ce le fut le cas dans le passé une documentation accompagnant les orientations, en particulier pour le cornage.... mais il<br /> faut bien, dans ce cas, comprendre ces choix... <br /> <br /> <br />