Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
  • Contact

Recherche

8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 22:01

La parution de cet article arrive à une période où l'hypothermie se pose moins du fait d'une hausse des températures et un temps plutôt sec. Pourtant ce problème peut être d'actualité à tout moment du fait des caprices de la météo et le retour possible d'une vague de froid dans un printemps qui, comme chaque année, cherche à s'installer avec toujours des hésitations.

Par temps froid et humide, l'agneau qui vient de naître sèche mal. La mère le lèche tout autant pour le nettoyer que le sècher justement, mais il peut y avoir plus de quarante degrés d'écart, en particulier certaines nuits, entre le cocon du ventre maternel et le milieu extérieur dans lequel le jeune est "éjecté".
Un kilo et demi (ou moins) de vie trempé "jusqu'aux os" et qui n'a pas encore toutes les ressources pour lutter contre des températures basses, parfois sous zéro, ainsi que le vent qui accentue la sensation de froid, c'est très fragile. La rusticité de l'agneau a ses limites. Le petit corps se refroidit au point que sa température interne baisse et il finit par s'engourdir...pour toujours si rien n'est fait pour lui. C'est l'hypothermie.

Cela est à craindre par des températures très basses, surtout la nuit quand on n'est pas là pour découvrir la naissance assez tôt. On s'inquiétera également pour l'agneau venu au monde dans l'après-midi et pas sec au soir quand la nuit tombe. Février et mars pour les naissances les plus précoces sont des mois plus critiques si la météo n'est pas favorable, mais rien n'empêche, par la suite, d'avoir à l'esprit ce problème et jeter un coup d'oeil sur ses naissances.

Que faire si on a repèré des signes inquiétants? Frictionner l'agneau avec de la paille ou un tissu pour l'aider à sècher. Ensuite l'abriter en compagnie de sa mère dans un local sans courants d'air au sec sur du foin ou de la paille ou, à défaut de cabane, au pied d'un mur, tas de bois...  dans ce micro-climat de fortune si on n'a pas mieux. D'ailleurs la brebis choisit souvent elle-même un recoin pour mettre bas, mais parfois ne le fait pas et n'a pas la possibilité,ensuite, d'entraîner un jeune chancelant ou engourdi vers un abri.

Murinette des Lutins du Montana (Fin de gestation ) vient de mettre bas de Io qui, bien humide, prend heureusement très vite le colostrum pour pouvoir surmonter les agressions de son nouvel environnement.


Parfois mieux vaut prévenir que guérir et employer les grands moyens en ayant recours à la lampe infra-rouge qui créera artificiellement le micro-climat favorable aux premières heures ou la première nuit ou journée de l'agneau.
Ici une lampe de 250 watts est installée dans un coin  de local (plus petit en réalité que l'impression donnée par le grand angle de l'appareil-photo). Celle-ci n'est pas trop basse (ici 1,20 m) pour ne pas brûler non plus le jeune mouillé. Les animaux ne s'y trompent pas et se placent bien sous la source de chaleur.

Cette nuit-là, il faisait encore, fin mars, moins six degrés dehors et donc, à l'abri sous la lampe aucune inquiétude à avoir. Le lendemain matin, j'éteignais et la mère sortait elle-même son petit au parc. Bien nourri du premier lait, reposé et la laine bien sèche et gonflée, l'agneau est alors à même d'affronter la vie et les nouvelles rigueurs de la nuit suivante, mais à l'extérieur cette fois blotti contre sa mère.

Enfin, si on découvre un agneau qui ne respire presque plus, raide et froid comme un glaçon, il y a peut-être encore un soupçon de vie qu'on peut réanimer. Frictions, bain tiède,  sèche-cheveux pas trop près, serviette sur bouillotte (non bouillante) au fond d'un petit carton....des petits trucs avant d'atteindre au plus vite le premier véto pour les soins d'urgence; puis série de piqûres glucosées... si la vie s'accroche colostrum , ....et sans doute biberons pour trois quatre mois suivants car la mère risque de ne plus vouloir son agneau ( rupture, perte d'odeurs, ...,). Vienetta des Lutins du Montana (Le bonheur est bien dans le pré. ) est l'exemple type de miraculé qui par la suite a toujours eu une santé de fer et aussi beaucoup d'agneaux. Mais tous n'ont pas ce destin et vous meurent parfois entre les mains dans un dernier petit bêlement qui déchire la tension du silence, comme si le peu d'énergie qui restait s'y concentrait.

Heureusement, les échecs sont plus rares que les joies et ces cas ne doivent ni noircir les choses ni créer des inquiétudes inutiles. Mais simplement, il faut être vigilant quand c'est possible.

Partager cet article
Repost0

commentaires