Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
  • Contact

Recherche

13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:07

 

Les aplombs postérieurs du mouton peuvent  présenter différentes constructions, comme on le rencontre essentiellement chez d'autres nombreuses espèces animales domestiques, les individus des espèces libres ("sauvages") présentant bien moins de variations dans une même population de ce fait plus homogène. En bon ovin domestique, le Ouessant n'y échappe pas et possèdera ainsi des qualités ou des défauts à ce niveau de sa morphologie (comme sur d'autres points physiques).

 

Une espèce domestique est une espèce qui ne subit plus que très peu la part de sélection naturelle que lui infligerait le milieu à l'état "sauvage", l'Homme et la pression sélective en élevage orientant les caractères dans d'autres directions. Ainsi des points plus ou moins handicapants peuvent se trouver conservés voire miltipliés de façon volontaire ou non. L'espèce canine présente sans doute à ce titre le plus de malformations. S'il semble normal, dans une logique de conservation des caractèristiques d'une race, de multiplier par exemple, pour l'apparence, telle malformation comme l'écrasement du museau chez certains chiens (bien que ce ne soit pas dans ma logique personnelle...), on pourra chercher à combattre par la sélection certains problèmes de hanches, d'yeux... 

Pour revenir aux aplombs, pour mieux comprendre la situation, il suffit de regarder l'immense diversité physique qui existe dans l'espèce domestique la plus répandue, l'espèce humaine qui, pour elle-même, cherche à se soustraire au maximum à la pression sélective naturelle depuis des millénaires. Ainsi, nous sommes tous très nettement différents physiquement et pour aborder l'allure des pattes chez l'ovin, il faut comprendre celle de nos propres jambes. Plus longues, plus courtes, plus fines, plus épaisses, les genoux vers l'intérieur ou l'extérieur, les talons serrés ou pas, la pointe des pieds à midi ou dix heures dix,.... (Il n'y a pas, nous sommes bien tous différents.)

 

Il faut se rappeler ensuite que le mouton marche sur ses doigts et qu'en laine, il nous montre surtout ses pieds, le reste (mollet et cuisse) étant enfoui dans la toison.      

  

 

 

janv 11 081

 

 Les aplombs montrent la façon dont se tient l'animal. Voici une allure qu'on peut qualifier de normale ou encore correcte en terme d'appréciation. Ce sont donc bien les pieds qui sont couverts de poils, le talon se trouvant juste en limite de laine sur cette photo.

 

Pour pouvoir juger des aplombs, il faut considérer le mouton dans sa position la plus courante, quand il est en pâture en particulier. Tenu ou stressé, cela fausserait les choses. L'idéal est un sol plat et horizontal pour que l'animal ne soit pas désarticulé. Ne pas juger son mouton au râtelier où il bouscule les autres ou est bousculé, peut se pencher ou au contraire se dresser et de là jouer dans ses postures. L'observation du Ouessant calme comme sur cette vue est la plus fiable . Il faut l'analyser assez longtemps pour pouvoir en tirer des conclusions certaines.

 

Pour comprendre les aplombs de son mouton, il faut prendre en compte deux points essentiels. La verticalité des pieds mais aussi la distance entre les deux appuis au sol. D'autres éléments interviennent mais sont plus difficiles à concevoir quand le Ouessant n'est pas tondu. La forme du bassin et son inclinaison, les attaches aux hanches et genoux, le respect ou pas des proportions entre les différents os de la patte arrière, peuvent influer sur l'allure des aplombs.

 

Maintenant, on ne tirera de conclusions que si l'animal termine ou a terminé sa croissance et sa construction globale. De jeunes sujets qui présentent des faiblesses d'aplombs deviennent "normaux" vers un, deux ans ou plus. On ne s'inquiètera pas des aplombs style "Gordini" (pieds en V à l'envers) des ageaux et jeunes de quelques mois chez qui cette morphologie est normale pour une meilleure stabilité à leur entrée dans la vie.

 

Tous ces exemples en photos concernent des moutons de mon troupeau, que j'en sois le naisseur ou pas. Je ne peux donc prétendre présenter toutes les morphologies qui se rencontrent. Dans un sens heureusement car mes animaux n'ont pas de malformations extrêmes.

 

janv 11 096

 

 Voici par exemple ci-dessus un animal adulte chez qui on perçoit une tendance au rapprochement des talons et des pieds. Venant d'une production extérieure aux Lutins, j'en parle car le phénomène semble récurrent et plus accentué dans les lignées de son élevage d'origine.

 

 

 

Vient ensuite ci-dessous une série de trois clichés de Lutins présentant de mêmes caractèristisques d'aplombs. C'est à dire, pieds bien verticaux et appuis bien distants.

 

janv 11 083

 

 

 

janv 11 092

 

 

 

janv 11 094

 

 

 

  Ensuite dans le morphe blanc, j'ai choisi trois aspects d'aplombs différents.

 

janv 11 091

 

  Aplombs corrects mais dont les talons pourraient prendre un peu plus vers l'extérieur.

 

janv 11 097

 

  Talons un peu rentrants avec appuis proches(chez un jeune sujet qui normalement s'améliorera).

 

janv 11 093

 

  Talons rentrants malgré de bons appuis (Là encore chez un animal en construction).

 

 

Attendre donc, toujours attendre là aussi.

A titre de témoignage tout récent, les aplombs de ce jeune bélier noisette de dix mois qui devient correct dans ses aplombs et continuera à s'améliorer alors que jusque là le doute pouvait persister.

Pour d'autres, il faudra attendre jusqu'à un an de plus.

 

janv 11 095

 

 

(Faute d'avoir ce problème, je ne peux présenter un animal dont les sabots seraient trop proches avec des talons projetés à l'excès vers l'extérieur.)

 

 

 

Qualité des aplombs, héréditaire?

Oui et non.

 

Oui comme pour bien d'autres choses, car en utilisant des animaux présentant certaines caractèristiques d'aplombs on ne fait que consolider telle ou telle apparence; au point que parfois on peut définir de quel élevage vient un Ouessant d'après ses aplombs, sorte de signe de fabrique.

Non, car les choses sont complexes. Dans mes témoignages personnels, je peux citer l'animal déficient en aplombs qui naît chez les Lutins malgré des ancêtres parfaits sur plusieurs générations...(on peut toujours imaginer une hérédité très lointaine).

Je peux également parler d'un bélier pas parfait en aplombs qui n'a transmis son problème qu'à un de ses jeunes sur dix (on pourra là aussi toujours supposer le caractère dominant de la qualité des aplombs de leur mère). J'avais su faire cette concession pour espèrer faire entrer ses qualités. 

Les choses sont donc complexes et rien n'est jamais garanti.

Par contre on évitera, pour ne pas tenter le Diable, de faire reproduire brebis et bélier présentant des faiblesses à ce niveau ou des animaux en consanguinité trop proche en cas de problème.

 

 

Et puis, un mouton ne se regarde pas seulement de l'arrière mais également de l'avant. Que donnent les pattes avant? 

 

 

PS: J'hésite toujours à publier ce genre d'article car je sais que je peux être indirectement complice involontaire de l'extermination d'animaux dont les propriétaires ne font pas grand cas dans leur course vers l'idéal. Que ce soit pour le cornage, la taille, les aplombs...je rappelle qu'on peut toujours castrer son bélier, le sortir de la reproduction, placer une brebis qui fera des heureux...

N'étant ni partisan ni pratiquant "d'eugénisme ouessantin radical" et tout animal m'intéressant pour ce qu'il est et non l'exploitation qu'on en en fait ou le profit qu'on en tire, il m'était important de le redire.  

Partager cet article
Repost0

commentaires

C
<br /> Je ne vois pas comment on pourrait vous faire un reproche, dès lors que vous cherchez à obtenir des aplombs sains, autrement dit, les mêmes que ceux que la nature aurait produit par sélection.<br /> Des aplombs corrects sont la clef d'un bon déplacement, efficace, rapide et d'une bonne durabilité de l'articulation.<br /> <br /> Les sélections douteuses correspondent à la recherche de types éloignés du naturel : l'arrière train bas du berger allemand en étant le plus parfait exemple, qui a conduit à élever des lignées<br /> entière de chiens atteints de dysplasie de la hanche.<br /> <br /> Dans l'autre direction, on ne peut pas vous reprocher non plus de chercher à préserver un morphotype rare, que la nature avait créé dans un écosystème réduit, comme un ile ou une vallée fermée. Il<br /> a fallu des dizaines ou des centaines de milliers d'année pour adapter le poney Shetland à son environnement rude et à la pauvreté de son alimentation. Tenter de conserver ces caractéristiques à<br /> l'extérieur du biotope d'origine me parait une démarche judicieuse. Nous pourrons avoir besoin de ces espèces rustiques dans l'avenir.<br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Absolument, l'avalement du train arrière chez le berger allemand, comme malheureusement bien d'autres monstruosités pour des questions souvent de mode et de satané standard dans les diverses<br /> espèces domestiques, montre bien les comportements sans limites de l'humain avec le vivant. La pression du milieu quant à elle ne faisant que conserver des caractères au moins non handicapants<br /> sinon avantageux pour l'animal (y compris l'Homme en des époques très lointaines où celui-ci faisait encore partie de la nature...) <br /> <br /> <br /> <br />