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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 12:01

 

Depuis 21 ans, le loup se réinstalle naturellement en France.

 

 "Au loup!" crie-t-on le plus souvent dans les campagnes de plus en plus de départements et de régions. On, d'abord les médias qui, en la circonstance, perdent leur supposé professionnalisme pour tomber dans le style de la presse à sensations, n'en faisant pas autant face aux multiples attaques de chiens errants chaque semaine sur les troupeaux ici et là, les propriétaires victimes ne réagissant d'ailleurs pas le plus souvent.... 

 

Massacré durant des siècles, parfois méthodiquement, pour être finalement exterminé en France au milieu du siècle dernier, le loup a décidé de reconquérir les terres de ses ancêtres. C'est en 1992 que les premiers individus sont découverts dans le Mercantour. Ces pionniers du renouveau de l'espèce sont issus de la population de loups italiens qui n'a jamais cessé d'exister de l'autre côté des Alpes. Depuis, le canidé se reproduit sur le sol français, dans les Alpes seulement jusqu'alors, mais cette année 2013 voit la découverte d'une portée dans les Vosges. Les autres massifs montagneux, Jura, Massif Central et Pyrénées accueillent également quelques loups  de passage ou installés sans constat de reproduction pour autant. Enfin, le front de prospection de l'espèce vers d'autres territoires s'étend un peu plus chaque année hors de ces massifs, vers l'ouest et le nord. Selon les sources et le regard porté sur le loup, sa population française annoncée est de 250 à 300 individus. 

 

 L' absence du loup dans notre pays ne fut finalement pas bien longue, seulement quelques décennies après des dizaines de millénaires de présence.  Mais cette absence devint très vite considérée comme normale, l'Humain, faute de connaissances et de réflexion, ayant d'ailleurs la particularité de considérer son présent et le monde qu'il s'est construit comme normalités.

 

En deux décennies, le loup est devenu le grand carnivore le mieux représenté en France alors que dans le même temps la population du lynx s'y meurt depuis sa réintroduction, à cause de l'hostilité de certains, et que les deux derniers ours bruns pyrénéens(des mâles!) risquent de ne jamais pouvoir transmettre leurs gènes depuis l'assassinat de la dernière femelle. La disparition programmée de l'ours brun et celle possible du lynx, laissent les pouvoirs publics plutôt indifférents alors que le retour du loup les agite comme jamais ne l'a fait une espèce animale. Cherchez l'erreur! Un site à consulter, Ferus:http://www.ferus.fr/

 

Le loup ... l'ours, le lynx et les divers petits carnivores ... ne sont pas un problème. Ils existent tout simplement et sont essentiels dans les rouages du monde du vivant dans lequel le système, le rapport, prédateur/proie fonctionne et fonctionne même plus que bien pour avoir fait ses preuves au sein du vivant depuis l'origine des espèces.

 

Le loup n'est pas un problème mais l'Homme en fait un problème. Du moins essentiellement deux noyaux particuliers des activités humaines en font un problème alors que la majorité de la population française n'est pas hostile au canidé.

D'abord celui des éleveurs (ovins surtout), ce qui peut en partie se comprendre puisque pour simplifier: l'activité consiste à "déverser" dans l'espace rural "de la viande vivante", proie potentielle pour tout carnivore. L'augmentation de la taille des troupeaux de moutons, la perte de l'habitude de gardiennage et ses techniques, voire l'absence de ce gardiennage ont rendu le mouton vulnérable face au retour du loup. Malheureusement, il faut que les éleveurs se rendent à l'évidence, seuls des changements au niveau des pratiques d'élevage et des moyens de protection à mettre en oeuvre avec l'aide parfois de personnel supplémentaire sont les réponses pour éviter ou limiter les pertes dues au prédateur. Des contraintes assurément et des soucis supplémentaires dans une filière en difficultés diverses bien avant le retour du loup, espèce protégée. Pour aborder le problème en long et en large, un site, la buvette des alpages:http://www.buvettedesalpages.be/

Ensuite, plus surprenant (bien que!) celui du monde cynégétique (de la chasse, pour faire plus simple) qui voit dans le loup un concurrent à ses pratiques ludiques de tir, alors que ces chasseurs présentent souvent, pour justifier leur activité, la chasse des grands ongulés (cerf, chevreuil, mouflon... sanglier) comme moyen de réguler ces animaux. L'allié qu'est le loup dans cette nécessité de régulation devient bizarrement l'ennemi de la faune herbivore... et de la chasse. Cherchez l'erreur! En fait, n'acceptant toujours pas au 21ème siècle les mammifères carnivores plus petits comme le renard ou la belette tout comme les rapaces , les chasseurs (j'aimerais pouvoir dire, une partie de ceux-ci) voient d'un mauvais oeil le retour du loup sur leurs territoires de chasse.  Le site de l'Aspas:http://www.aspas-nature.org/

 

Pour revenir à nos moutons, les Ouessant, oui le retour du loup peut devenir parfois un souci sur le continent. Qu'on élève un poney, un âne, ... quelques chèvres ou quelques moutons....(ou mieux des Ouessant!), cette activité d'élevage de pur loisir peut un jour ou l'autre être perturbée par le retour du loup et son expansion dans l'hexagone, selon l'endroit où on habite et le niveau de tolérance, la place que la société française aura laissé à Canis lupus.

Le Ouessant, proie potentielle du renard (pour l'agneau).... comme du loup, mais d'abord des chiens errants, et même victime du vandalisme des humains ou de la négligence de certains éleveurs.

Le Ouessant, proie potentielle du renard (pour l'agneau).... comme du loup, mais d'abord des chiens errants, et même victime du vandalisme des humains ou de la négligence de certains éleveurs.

La rubrique "Autour des Lutins" de ce blog verra-t-elle un jour venir s'y ajouter un article sur la visite d'un loup.

La probabilité est faible car la progression de ce prédateur risque d'être contrariée par les politiques de gestion de cette espèce protégée, pourtant détruite de façons plus ou moins légales (Sic!) et plus encore par braconnage (resic!)

Si le loup devait venir visiter un jour le troupeau des Lutins, je ragerais bien évidemment, regrettant mes animaux et leur sort, me désespérant des années de travail de sélection anéanties..... Ce serait un véritable drame pour eux comme pour moi. Cependant, au-delà de l'émotion et l'intérêt personnel, tout comme je sais que le renard peut me prendre un jeune agneau (ce qui n'est encore jamais arrivé), je conçois que ce sera alors à moi de protéger mon troupeau par de nouvelles pratiques d'élevage (nuit en bergerie par exemple), sans chercher à détruire l'adversaire, tout comme je l'ai toujours fait dans mes divers élevages, de volailles en particulier malgré les centaines de pertes subies. Comme j'ai coutume de dire: si on a choisi d'élever, quelle que soit l'espèce domestique, cela ne doit pas se faire au détriment de la faune sauvage chez qui on installe ses pensionnaires. Le sauvage, le naturel doivent primer sur l'univers artificiel du domestique, nouveau et provisoire assurément tout comme l'Homme dans le fleuve du vivant.

Vivre avec le loup (qui n'est pas un danger pour l'humain), tout un symbole. Ce défi qui se pose à la société française et au monde rural en particulier et ses différents acteurs permettra de mesurer la réelle importance que l'espèce humaine donne à la nature qu'il reste.

J'ai déjà bien mon idée du résultat quand je vois les réactions des uns et des autres face à un simple frelon sur la poire du verger... Mais bon! Sensibiliser, éduquer, faire passer les messages, ouvrir la réflexion, c'est ainsi que l'on construit le monde. Essayons!

On a le monde que l'on se construit.

N'oublions pas que nos 250 loups ne font que ce pour quoi ils sont programmés, puiser sur les sangliers (autre espèce problématique pour les humains), les chevreuils et autres proies, dont quelques ovins vulnérables mis à leur disposition. Pendant ce temps 65 millions d'humains labourent, bitument, bétonnent l'espace, tronçonnent, s'amusent à tirer sur la faune ou la pêcher, empoisonnent l'air, les sols et les eaux, envahissent le ciel et les mers ... bouleversent les écosystèmes, réduisent la biodiversité, en veulent toujours plus y compris le superflu et continuent à se multiplier.... Et On voudrait refuser à quelques centaines de loups d'exister alors qu'ils devraient être des milliers. Cherchez l'erreur!

C'est bien un amoureux du Ouessant qui tient ces propos. Etre passionné par ce mouton, proie potentielle du loup comme tout animal domestique, ne m'autorise pas à ne pas demeurer lucide et honnête. Pour moi la raison doit toujours primer sur le mimétisme culturel ou les intérêts personnels. A ceux qui croiraient voir en moi un passionné du loup, ils se trompent. Ce carnivore n'est qu'un prédateur parmi d'autres... !

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commentaires

M
non, ce carnivore n'est pas un prédateur comme les autres, <br /> c'est un prédateur que les hommes ont combattu de tous temps pour réussir à enfin dormir tranquilles ailleurs que dans leur bergerie. <br /> ils avaient enfin réussi et maintenant que cet animal refait surface, on trouve interressant de le surprotéger, c'est là que moi je dis cherchez l'erreur !....<br /> mais il est endogène ! ha, le mot magique !<br /> bien plus que l'animal qui pose problème, c'est l'incohérence de l'attitude des décideurs politiques devant les réalités de terrain auxquelles sont confrontés les éleveurs pros, qui me paraît incompréhensible.<br /> mais c'est un sujet beaucoup trop brûlant pour que je m'aventure davantage à exposer mon avis sur votre blog, je dirai juste qu'un loup se ballade depuis quelques mois à moins d'un kilomètre de mon domicile, déguste quelques brebis deci delà, en saccage beaucoup d'autres.... et que la mienne, de raison, me dit que mon devoir est de protéger les moutons que j'ai choisi d'élever, pas forcément en dormant avec eux.<br /> cordialement, Marguerite.
L
j'ai écrit &quot;un prédateur parmi d'autres&quot; (et non un carnivore comme les autres) et initialement avait même ajouté.... comme la mésange! Mais j'ai supprimé cette chute car j'ai pensé que la subtilité ne serait pas forcément saisie.<br /> oui le loup est un prédateur parmi d'autres parmi la longue liste d'autres carnivores qui participent au bon fonctionnement du vivant depuis des dizaines de milliers d'années pour ceux que nous connaissons encore de nos jours, et même des centaines de millions d'années pour ceux qui les ont précédé en des temps où l'espèce humaine n'existait pas encore.<br /> le redoutable carnivore qu'est le lézard pour les criquets ne vous dérange pas, pas plus que le redoutable prédateur de la chenille qu'est la mésange, par contre le redoutable prédateur de sangliers qu'est le loup voit surgir l'hostilité parce que la présence du domestique sur l'espace fait que les moutons non protégés en bergerie peuvent de fait entrer dans son régime alimentaire tout comme la poule qui n'est pas rentrée dans un poulailler digne de ce nom peut finir sous les dents du renard (renard, proie du loup en remarque). Cette parenthèse m'amène à préciser que oui, le loup n'est pas un carnivore comme les autres (pour reprendre votre formule), dans le sens où dans un écosystème c'est le prédateur suprême qui n'a pour ainsi dire pas à craindre d'autre espèce véritablement. Cette place en haut de la pyramide de la prédation s'est vue prise peu à peu par l'homme moderne parce que ce dernier a voulu s'approprier les proies du loup comme les grands ongulés (preuve en est encore aujourd'hui par les réactions du monde cynégétique). Comme en plus l'homme a de tout temps cherché à protéger ses troupeaux domestiques proies faciles pour le loup, ce dernier a disparu pratiquement de l'hexagone dès la première moitié du 20ème siècle après des siècles de massacres.<br /> quand on parle des anciens comme de sages penseurs et acteurs, on se trompe totalement. Preuve en est la disparition du loup, précédée cependant par bien d'autres espèces à cause des anciens: lynx, ours, loutre .... vautours, cormoran ... auroch, bison, tarpan,.... pour les plus grosses ayant subi persécutions directes.<br /> Le retour du loup est une chance pour la nature Le loup y a une place primordiale pour les raisons évoquées plus haut. Espèce encore rare et indispensable dans le fonctionnement des écosystèmes, sa protection est tout aussi importante que celle des phoques sur le littoral et absolument pas moins que celle du lézard ou de la mésange....<br /> Maintenant que la présence du loup soit un souci pour l'élevage, personne ne peut dire le contraire, moi le premier, bien que je n'en vive pas, dans la passion qui m'anime face à mon troupeau et au type ovin qu'est le Ouessant de type ancien.<br /> Maintenant encore, mes intérêts personnels n'ont pas à primer sur la présence du loup car dans la nature cette espèce sauvage est bien plus légitime que l'espèce domestique que j'élève. Si je veux persister dans mon élevage face au loup qui peut revenir (il est revenu dans le département que j'ai quitté, simple hasard), c'est à moi de veiller à la protection de ma troupe en la rendant inaccessible au prédateur, comme je l'ai toujours fait face aux renards, fouines, martres, faucon pèlerin, autour, héron, martin pêcheur.... dans mes autres élevages.<br /> Ces propos vous surprennent à ce que je comprends, pourtant vous connaissez ma passion pour le Ouessant qui m'anime comme peu de monde, dans le fond comme dans la forme, de par ce que j'ai fait pour le Ouessant ce que vous savez (et aussi ce que vous ne savez pas), les sacrifices de mes changements de vie pour vivre cette passion et les près de 100 000 euros (pas d'erreur de zéro) investis en 17 ans pour aboutir au troupeau d'Ouessant que je possède actuellement....<br /> donc oui au loup, par connaissances, par réflexion et par sagesse... et non au: &quot;non au loup&quot; par réaction épidermique, par mimétisme culturel dans le monde des éleveurs et intérêts personnels.<br /> Protégez bien vos moutons, du loup, des chiens errants, des humains malveillants, des parasites, de la maladie....<br /> En vous souhaitant aucun drame comme à chacun, cordialement.
L
Bien d' accord avec toi bien qu' ayant perdu tout mon petit cheptel (2 béliers et 5 brebis pleine de trois mois) en deux attaques de chiens. Quand on est un tant soit peu attaché à ses animaux il est très dur d' aller au pré le matin avant de partir au boulot (pour bien commencer la journée) et de trouver ses bêtes éparpillées mortes ou agonisantes. Autant je suis prêt à accepter une disparition de jeunes agneaux (ça m' est arrivé aussi) par l' intrusion d' une renarde qui cherche à nourrir ses petits ou la prédation d' une buse, autant je ne peux admettre la mort d' animaux attaqués par des chiens par la négligence (et bien souvent la mauvaise foi quand on cherche à se faire dédommager) de leur propriétaires...
L
ton triste témoignage révélateur en rejoint bien d'autres concernant le souci des chiens errants, on devrait d'ailleurs plus parler de chiens en divagation. Ces chiens ne sont pas véritablement coupables des méfaits qu'ils font subir aux éleveurs. Le chien, loup mutant, se comporte comme son ancêtre s'il a l'occasion d'exprimer ses besoins de capture, mais ce sont bien toujours d'abord leurs propriétaires les responsables. Tout chien peut un jour se révéler être un problème. Celui de la maison qui a pénétré seul dans l'enclos pour une fois et qui se trouve pris du réflexe de capture face à l'agitation. Celui (ou ceux, plus terribles en meute) qui vient de nulle part et qui apparaît un jour. Celui d'un voisin dont la négligence est bien connue et qui saura toujours vous dire que ce n'est pas son chien même si vous l'avez vu agir. Celui en cette période de chasse qui n'a pas été récupéré au soir par son propriétaire et qui n'ayant pu rejoindre le chevreuil qu'il pistait tombe sur vos mouflons mutants, vos moutons. Oui, après l'Homme, le pire ennemi du mouflon mutant est le loup mutant. Le mouton est une proie courante pour le chien. Mon souci quotidien est de vérifier chaque matin qu'un chien qui traînerait n'est pas venu sur les pâtures et que mes clôtures ne présentent pas de faiblesse. Celles-ci ont été pensées pour limiter au possible ce genre d'intrusion bien que le chien qui déciderait d'entrer peut sauter 1,20m ou creuser au sol.<br /> Sur mon canton, on ne compte plus chaque année le nombre d'attaques et de moutons de grandes races tués sans, comme tu dis, en plus les plaintes puissent aboutir puisque la mauvaise foi des propriétaires responsables est monnaie courante.<br /> Je vis dans la crainte permanente du chien errant,.... celui qui arrivera un jour et qui contrairement au renard ou au lynx ou au loup n'aura rien à faire là, lui.