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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 18:03

 

Ancienne petite pâture il y a encore un siècle et même assurément lopin de terre cultivé en des temps plus anciens, cette parcelle dont l'exploitation fut abandonnée (vers les années 30) a vu les arbres la reconquérir tout naturellement.

 

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J'imagine alors les semis spontanés de chêne, charme, châtaignier, ... se frayer un passage au milieu des ronces pionnières les années suivant cet abandon.

 

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Ils étaient cent et mille dans cette quête de vie à vouloir croître toujours plus haut pour gagner leur part de lumière.

 

 

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Certains se sont épuisés dans cette course et leur cadavre soutenu par le voisin fait illusion, comme s'il pouvait  encore prospérer.

 

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D'autres plus vigoureux ont le privilège de tendre à étaler leur cime au détriment des plus proches.

 

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Vivant ou mort, aucun n'est inutile et nulle tronçonneuse ne passera par là. Coléoptères, pics, champignons, profitent des bois morts.

 

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La vie s'organise en ce lieu. Sans l'Homme. La nature reprend ses droits, suit ses propres plans. Une sorte d'ordre, au sens d'organisation, s'opère dans un désordre apparent.

Ainsi vont les choses sur ces quelques ares de boisement et de mon vivant rien ne saura entraver ces règles. Là où le bûcheron raisonnerait en billes de bois, stères .... et profit, s'épanouit tout un univers régi par ses propres lois.

 

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Dans cette architecture, un monde à plumes comme à poils y trouve son compte. Les pies y ont construit en rive sur la première image. Et ici à la rive opposée l'écureuil y avait fait de même.

 

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Toujours plus haut. Telle était la devise de la dame noire et blanche, tout comme celle du nain rouge, en ce printemps 2012. Pour vivre heureux, vivons cachés! L'hiver dévoile ce qui était passé inaperçu en période estivale.

 

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Le vieux châtaignier qui a dominé autrefois cette ancienne pâture en un angle n'a sans doute pas supporté cette évolution du lieu vers le reboisement.

 

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Les vieux chênes de rive ont quant à eux continué à bien prospérer. Ils font d'ailleurs probablement partie des géniteurs de l'armée de fûts qui se serrent dans le taillis.

 

Lire le paysage, un moyen de voyager dans le temps. Ainsi l'esprit vagabonde, revoit ou du moins imagine tous ces troupeaux, tous ces gens qui ont modelé les lieux au cours des siècles et des millénaires.

Qui aurait pu imaginer jadis qu'un jour des moutons d'Ouessant participeraient à l'histoire du lieu? Qui plus tard, bien plus tard pourra supposer même la magie de cette fraction de seconde figée sur l'image?

 

Le temps fait son oeuvre. La nature sait reprendre ses droits, belle revanche. Le taillis va encore et encore évolué pourvu qu'on laisse les choses se faire. Laisser faire, un "truc" inconcevable pour bien des humains.

Quand verra-t-on un arbre autrement que comme bois de chauffage? Quand lui donnera-t-on une autre valeur que celle en euros? 

 

 

 

 

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commentaires

L
C' est tout le débat de la couleur de nos bestioles !
Nature contre culture... La nature « met à leur disposition » une certaine palette de couleurs, la culture bretonne n' en avait retenue qu' une. L' apport culturel de l' homme à la nature
(et ses nombreux défauts, malheureusement) ne peut pas être mis totalement de côté sauf à envisager sa disparition pour le plein épanouissement de la grande Dame... dont l' homme ne pourrait plus
profiter visuellement. Bon, ur bann heol, un rayon de soleil, en presqu' île guérandaise, je m' en vais dompter les monceaux de feuilles (nature) qui envahissent mes petits prés (culture).
Répondre
D


C'est bien dit (bien qu'un mouton soit déjà de la Culture, le mouflon étant lui du domaine de la Nature. Mais effectivement on trouve des cultures diverses dans la Culture.)


Pour en remettre une couche sur le conflit d'une humanité sortie de la nature au risque de ne plus devoir vivre que dans la Culture,


Deux exemples très parlants qui me viennent à l'esprit parmi bien d'autres:


 65 millions de bipèdes dans l'hexagone pour deux uniques derniers ours bruns (de plus deux mâles) ( de souche pyrénéenne) dont les ancêtres ont été refoulés en ces montagnes au cours
des siècles puis exterminés. Trouvez l'erreur! Alors que les efforts pour les moutons, le ski, le tourisme, les routes... semblent aller de soi. Vive la culture?  


98% de la biomasse sur la planète serait du domaine du vivant domestique (espèce humaine comprise) et les 2% restant celle des espèces "sauvages".... Peut-être le rapport n'est-il pas tout à
fait exact. Mais une chose est certaine... Méditons sur la réalité du phénomène de l'humanité....Et surtout réagissons!!!! 



L
Merci Dominique, les références de ce livre m'intéressent. J'apprécie ta réponse et comme toi, je me suis posée et me pose toujours beaucoup de questions... J'ai mis plus d'un an à me décider à
agir dans le sens du GMB et j'avoue que ce qui m'a définitivement fait " plier ", c'est la présence des chasseurs chez moi, malgré mon interdiction signifiée à la société de chasse... Plus de
garenne, plus de lapins malades, plus de chasseurs... Les espèces qui sont revenues dans mon petit lopin ne les intéressent pas ( j'ai d'ailleurs oublié le pic épeiche observé plusieurs fois depuis
les " travaux ", une espèce que je n'avais encore jamais vue chez moi non plus et l'écureuil roux qui semble revenir... ) Bref, " faire ou ne pas faire " est effectivement une question épineuse...
Je ne suis toujours pas sûre d'avoir bien agi, mais égoïstement, peut-être, je préfère ce que je vois maintenant dans mon bois que ce que j'y voyais avant. Petit détail qui a eu une certaine
importance dans ma décision : mon petit bois est situé entre la lisière de milieu agricole et de milieu urbain, une sorte d'îlot enfermé entre deux milieux hostiles à une certaine faune sauvage.
Mais bon, je ne cherche pas à me justifier, je suis toujours dans le doute, c'est pourquoi j'ai effectué ces travaux de façon à ne rien chambouler de définitif, contrairement à mon voisin de bois
qui lui, a tout bousillé, busé la prairie, créé une belle cascade artificielle ( il a fallu que je le menace de porter plainte pour qu'il ne détourne pas le ruisseau pour son lac artificiel )semé
une belle pelouse et planté de beaux arbustes exotiques qui créent un environnement superbe pour ses tours en quad dans son ... je ne trouve pas de mot pour qualifier ce qu'il a fait de cette
parcelle.
Répondre
D


Je comprends bien ta démarche et nous n'échappons pas généralement au réflexe d'aménagements dits écologiques puisque c'est dans l'air du temps. Pourtant si on veut bien y réfléchir....


Plus j'avance dans ma réflexion, plus je considère qu'il nous faudrait raisonner selon le principe du "qu'y aurait-il en un lieu sans moi et sans l'humanité" et non pas du "que faire comme
intervention pour favoriser telle espèce". Notre approche devrait être d'abord celle par rapport à l'espace et le milieu avant celle par rapport à une espèce car nombreuses sont celles
qui ont une répartition et une population artificielles du fait justement du "jardinage" à grande échelle de l'espace par l'agriculture et la sylviculture en particulier.


Derrière nos aménagements dits écologiques nous satisfaisons sans doute des fantasmes de nature qui l'éloignent de ce qu'elle devrait être.


Ensuite dès qu'on aménage, arrive la contrainte de l'entretien car tout milieu évolue et est vivant comme une sorte d'être. Nous raisonnons malheureusement trop souvent à l'échelle de notre
propre existence, bien courte.... mais l'évolution est normale.


Dans la formule entretien, à l'échelle de notre vie individuelle c'est là dirons nous qu'arrive le Ouessant et autre bestiau à défaut d'aurochs, de tarpan, de bisons,... que nous avons fait
disparaître. mais tou cela reste bien du "jardinage" paysager... phénomène qui a gagné les milieux naturalistes, les dites réserves naturelles entretenues pourtant dans leur artificialité.


un ouvrage qui devrait amener à réflexion: La France des friches de Schnitzler et Génot, éditions Quae



L
Bonjour Dominique, entièrement d'accord avec ton approche, mais parfois, on peut aussi faire autrement ! Heureuse propriétaire de quelques ares d'un taillis comme le tien, colonisé par des fûts
étiques, une garenne où vivotaient des lapins atteints du VHD, de ronces, cette ancienne prairie traversée par un ruisseau avait une belle allure sauvage. Mais la découverte fortuite de la présence
d'oreillards roux, plutôt rares dans mon coin, nous a fait envisager les choses sous un jour nouveau. J'ai invité le naturaliste du groupement mammalogique du Finistère à venir se rendre compte sur
place et à nous conseiller pour améliorer l'habitat des chauves-souris. Sur ses conseils, nous avons entièrement détruit la garenne et coupé quelques arbres au centre pour rétablir la prairie, en
laissant maximum d'éléments existants autour, souches dues à la tempête de 87, lierres, vieux tas de bois préexistants, roches... Au début, cet espace nu me défrisait carrément. Mais quelle
surprise un an après... Des colonies de narcisses sauvages et de jacinthes des bois, autrefois étouffées par les ronces, des iris-gigots, des merises sur les merisiers sauvages, des iris d'eau en
fleurs qui pouvaient enfin profiter de la lumière. Et des animaux, grenouilles, lézards ( je n'en avait jamais vu avant ), bergeronnettes des rives, chauves-souris, bien sûr, et le parfum des
chèvrefeuilles... Donc oui, la nature avait repris ses droits depuis des décennies, mais notre petit coup de pouce ( je t'assure que j'ai longtemps hésité avant de descendre une tronçonneuse dans
mon petit paradis ) a permis de rendre la vie à une nature encore plus ancienne et encore plus sauvage, tout en offrant un havre à des espèces qui en manquent cruellement et que le taillis ne
favorisaient pas. Parfois, la main de l'homme n'est pas là QUE pour détruire...
Répondre
D


bonjour Lucine


Oui, je comprends la manoeuvre qui a consisté à ouvrir le milieu. Ce qui a eu pour conséquence de se faire épanouir les espèces liées à ces types d'habitats. C'est ce que font effectivement les
milieux naturalistes dans certains programmes de gestion d'espaces dits naturels qui en fait ne le sont pas....vaste débat. Il s'agit de jardinage paysager de l'espace afin d'y conserver un
maximum d'espèces sur une surface déterminée. Ces réserves naturelles ne sont alors on ne peut plus artificielles, on y "cultive" certains éléments de nature (espèces animales et végétales) avec
d'autant plus de moyens (y compris financiers car tout cela s'entretient) car sinon tout évolue dans des directions autres. Je ne condamne pas ces actions qui ont le mérite de créer refuge
pour des espèces qui n'ont parfois plus la possibilité d'exister ailleurs car justement la nature ne peut plus s'exprimer dans ces ailleurs, étant canalisée dans des directions toujours limitées
par les activités humaines habituelles. Cependant, cela amène à interrogations, débats et.... la contradiction d'agir contre nature, avec le danger pour certains dans leurs réactions de
vouloir profiter de ces exemples pour démontrer à quel point l'espèce humaine est bénéfique puisqu'elle serait capable d'offrir mieux que ce que la nature serait capable de faire elle-même. En
fait on sait qu'il en est tout autrement, mais que les actions et interactions du naturel réel ne pouvant plus s'exprimer totalement sur des espaces vastes et vierges, les naturalistes se voient
transformés ici en "éleveurs" de telles espèces sauvages ou "cultivateurs" de telles autres.... Personnellement cela me crée malaise et d'autant plus qu'il m'arrive d'agir ainsi également.
Je considère qu'une réflexion plus profonde devrait être menée autour du "sauvage" ou "naturel" comme on voudra.


Je pourrais donc jardiner ce taillis, couper et donc tuer avant l'heure des arbres appelés à dépérir, permettant ainsi à d'autres de prospérer.... Mais non, les choses vont s'établir de par
elles-mêmes, en mettant du temps mais en s'orchestrant dans des directions que seuls les événements naturels établiront et qui profiteront à bien des espèces liées à ce type de
milieu dont on ne soupçonne parfois pas même l'existence.


Comme je dis souvent en guise de provocation pour amener à réfléchir: "si tu veux du perdreau rase les forêts!", "si tu veux des pics plante des arbres!".


En fait, au plus profond de moi, c'est le "ce qui devrait être" qui m'intéresse et m'est réellement important. Je suis de ceux qui considèrent que les naturalistes, sans en être conscients,
souvent par mimétisme culturel dans leur milieu d'action, glissent parfois vers les mêmes dérives que les milieux cynégétiques (même si les raisons des premiers sont bien plus louables) en
cherchant à favoriser une espèce qui leur est précieuse.... cette action oreillard roux (que j'adore comme tout le reste) en est la démonstration...


Je te conseille la lecture d'un livre (qui me rassure dans mes propos parfois incompris car exigeant certaines notions réflexion) sur le retour des friches. Je n'ai plus les références
exactes en tête mais te transmettrai en mail privé. A bientôt