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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 23:01
Largement repris dans divers ouvrages et à différentes occasions, voici  le passage écrit en 1898 par Paul Gruyer au sujet des moutons de l'île d'Ouessant suite à un voyage sur les lieux.

"Tout autour de cette zone cultivable, il n'y a qu'une herbe rase, imprégnée de sel marin par la pluie d'écume impalpable que le vent y apporte, gazon serré où fleurissent quelques thyms, quelques scabieuses roses, et où paissent de nombreux moutons noirs. Ils sont tous, ça et là, attachés deux par deux à une longue corde fixée en terre; jamais ils ne rentrent dans une étable, mais ils vivent exposés à toutes les intempéries, protégés seulement par de petits murs bas, en forme de croix, contre lesquels ils se blottissent, du côté contraire à celui du vent. Une épaisse toison les recouvre, sorte de crin imperméable à la pluie, qui les fait paraître, non tondus, d'une grosseur raisonnable. Mais quand les ciseaux ont passé sur eux, il ne reste plus que des bêtes au-dessous de la taille moyenne d'un chien. Deux personnes mangent facilement un de leurs gigots, dont la chair est très savoureuse; c'est en outre une race robuste et précieuse pour l'île. Ils valent de quarante à cent sous pièce." 

L'auteur parle de moutons noirs. De là, l'idée que les moutons type ancien de l'île d'Ouessant étaient tous noirs, en particulier à cette époque a été un raccourci largement repris.
En fait, si la majorité est sans doute encore, en 1898, constituée de noirs, les blancs y sont bien déjà présents bien que Paul Gruyer ne se soit pas attardé sur cette présentation plus précise, alors que lui même phtographiait dans le même temps des animaux noirs mais aussi des blancs.( voir Les plus vieux Ouessant)
Dans les mêmes années (avant 1897), Gustave Geffroy, n'omettait pas quant à lui de décrire des moutons noirs mais aussi des blancs(voir Le Ouessant, un petit mouton noir? ).

Comme dans d'autres domaines, et on le constate chaque jour dans les nombreuses infos dont on nous abreuve, la précision voire les contradictions sont toujours à craindre dans les témoignages, qu'ils soient oraux ou écrits.
Tout cela pour dire que lorsqu'on n'a pas été particulièrement frappé par la présence de toisons blanches, on peut craindre que d'autres types de toisons rares ou très rares qui ne s'expriment qu'exceptionnellement (car génétiquement récessifs) aient pu passer inaperçus. Ce qui quand on se penche sur la génétique est du domaine du certain.
Un témoignage est donc toujours à prendre avec du recul quand il ne provient pas d'une personne ni forcément avertie ni simplement obligatoirement observatrice.

A l'heure du net et de la diffusion des connaissances, on voit encore de nombreuses confusions dans la perception de leurs animaux par certains éleveurs eux-mêmes. Alors, il y a quelques siècles, on était bien loin de tout cela...
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