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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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11 juillet 2021 7 11 /07 /juillet /2021 09:01

D'un point de vue génétique, il existe chez le mouton un gène déterminant le patron coloré (dessin symétrique touchant les deux profils pour l'ensemble du corps de l'animal). Ces patrons sont très nombreux et classés par ordre de dominance/récessivité dans un ensemble dit Agouti.

L'allèle de référence est l'Agouti wild (Agouti sauvage) faisant référence au patron coloré du pelage du mouflon (ancêtre des moutons).

Chez le Ouessant, est courant l'Agouti white tan (Agouti blanc ou/et bronzé) correspondant aux animaux dits "blancs" (on le retrouve dans beaucoup de populations ovines).

Chez les Lutins sont sauvegardés également les allèles Agouti grey, Agouti ouessant swiss et Agouti rusty midesides.

Enfin chez le Ouessant, le plus courant de tous, est le patron uniforme de l'allèle Non agouti (en couleur noire, c'est à dire coloré uniquement par le pigment eumélanique noir, patron dit "noir" .... mais ce patron uniforme existe également en couleur brune, c'est à dire coloré uniquement par la mutation brune du pigment eumélanique).

  

Non agouti "pour de vrai"

Tous ces petits rappels étaient importants pour comprendre la face de Mélodie des Lutins.

Cette brebis est bien de coloration Non agouti (AaAa) sur couleur de base noire.

Elle a maintenant quelques années. La canitie (apparition de poils blancs) s'intensifie sur l'ensemble du corps et en particulier le museau qui pourrait devenir "blanc" avec le temps.

Le plus étonnant est que cette année (pas jusque là), elle a maquillé ses paupières de poils roussâtres. Si on observe bien, le haut du museau suit le même chemin.

Malgré décoloration du museau et sans doute altération du pigment eumélanine noir dans les poils autour des yeux, cette brebis ne possède pas les caractères de la coloration Agouti grey qui présente tour des yeux et museau décolorés. Génétiquement elle ne possède pas cet allèle Agouti grey de toute façon.

Non, Mélodie est bien une brebis Non agouti noire, présentant simplement des signes de variations, altérations pigmentaires. Je n'ai pas utilisé le terme "défauts" volontairement car il ne faut pas voir en cela un défaut, mais une des variabilités qu'affiche le vivant. Qui dit variabilité, dit diversité et qui dit diversité, dit richesse...

J'espère que la quête systématique du Ouessant plus blanc que blanc ou plus noir que noir (bien que ces animaux soient extrêmement importants également comme expressions de toisons) est une pratique d'un temps révolu, fruit d'orientations d'élevage réductrices, maladroites et naïves faute de réflexion. L'expression de la particularité a toute sa place dans le paysage ovin du Ouessant de type ancien. Il en va ainsi depuis la nuit des temps.

Nombreux sont les éleveurs qui ont déjà vu la face de leurs Ouessant noirs (Non agouti) roussir, y compris dans les souches les plus anciennes. De même la canitie au bout de quelques années est monnaie courante.

Agneau brun Non agouti (à l'étonnante face plus claire que le corps à la naissance).

Agneau brun Non agouti (à l'étonnante face plus claire que le corps à la naissance).

Série d'adultes noirs Non agouti (au museau devenant blanc avec l'âge et parfois le tour des yeux plus clair)..

Série d'adultes noirs Non agouti (au museau devenant blanc avec l'âge et parfois le tour des yeux plus clair)..

Non agouti "pour de vrai"
Non agouti "pour de vrai"
Non agouti "pour de vrai"

C'était là galerie de quelques uns des Lutins de ces vingt cinq dernières années qui pourraient perturber et faire imaginer animaux Agouti grey ,mais pourtant véritablement Non agouti (pour de vrai).

Si donc vous avez suspecté animal Agouti grey parmi vos animaux et qu'il ne l'est finalement pas, n'ayez aucune honte. L'erreur est humaine et certains Ouessant sont parfois troublants, au point, comme j'ai pu le voir de mes propres yeux et l'entendre de mes propres oreilles devant certains Lutins, de piéger des plus réputés des généticiens en ce domaine ...

Il est bon au contraire d'être observateur et critique (dans le sens de l'analyse) face à un mouton.

Brebis Agouti grey sur base brune (la Eve pour cet allèle Ag pour tous les Lutins l'affichant et leurs descendants)

Brebis Agouti grey sur base brune (la Eve pour cet allèle Ag pour tous les Lutins l'affichant et leurs descendants)

Le plus souvent, l'allèle Agouti grey ne se détermine pas seulement à la face d'un mouton quand celui-ci est adulte ... mais c'est une autre histoire ...

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 11:09

Restriction de surface disponible pour les béliers cette année. Donc réduction du nombre de ces Messieurs chez les Lutins.

Depuis 25 ans, cet été est le premier durant lequel les mâles ne côtoient pas les femelles et leurs petits. C'est triste pour eux et l'ambiance du troupeau n'est plus la même. Il me faut dorénavant m'habituer également à cette nouvelle forme d'élevage chez les Lutins.

 

Le monstre

Les gars ne sont plus que sept et quatre seulement, les moins vieux, ont encore un possible rôle de reproducteur.

Flocon est de ces derniers. Ce mâle a plus de trois ans à présent et peut être considéré adulte désormais, sa croissance étant pour ainsi dire terminée. C'est le seul de cet âge actuellement.

Flocon n'a pas fondu et a même fait boule de neige. C'est le moins que l'on puisse dire. 

Le monstre

Comme on le remarque, son cornage a encore bien poussé ce printemps, d'après la longueur du segment neuf et rosé situé entre le front et la première échancrure liée à quelques chocs lors d'affrontements hivernaux.

Le monstre

La pousse en question du cornage est bien visible également de profil. Il faut se rappeler que contrairement à l'arbre, la corne pousse depuis sa racine au niveau du crâne et non à son extrémité qui elle au contraire s'use.

Flocon a pris de sa lignée paternelle pour la corne et de sa lignée maternelle pour la corpulence.

Le monstre

Ce bélier blanc séduit toujours le visiteur. Il est vrai qu'il a jolie allure globalement malgré une lourdeur qui peut déranger selon les goûts de chacun. En dehors de cela, malgré des aplombs qui rendraient envieux bien des Ouessant, le connaissant, je le sais encombré par des pieds un peu grands. C'est peut-être là son défaut, s'il faut lui en trouver un.

Le monstre

Lourd mais pas moins vif et alerte pour autant, Flocon voltige même sans vent...

Il n'est pas encore passé sous la toise. C'est pour bientôt.

Avec 43 cm au garrot en août dernier, comparé aux autres Lutins, il devrait avoir atteint les 44 cm, sans dépasser les 45 (maximum éventuel encore toléré chez les Lutins, bien qu'à 49 cm un mâle est encore au standard).

Le monstre

Ce genre de bélier Ouessant, de forme agronomique comme je dis, en référence aux animaux de foire à bestiaux et autre concours agricole, m'interroge toujours. Malgré une belle construction, avec son allure lourde (sans parler de poids mais bien d'allure), Flocon me séduit-il encore?

J'ai songé m'en séparer, pensant que l'on s'éloigne sans doute beaucoup de la conformation du Ouessant d'antan souvent présentée en termes peu élogieux.

Comment était le Ouessant sur Ouessant? (à quelle époque d'ailleurs?). Quel était le profil moyen de ce type ovin selon l'époque considérée? Nous n'en savons en fait rien, faute de documents en nombre (la photographie arrivant tardivement) et pouvant être considérés représentatifs d'un cheptel de milliers d'animaux.

Comment donc devrait être finalement le Ouessant aujourd'hui si on souhaite le préserver en une certaine forme ancienne? Nous ne savons rien qui permette d'orienter l'animal vers tel ou tel profil, dans un registre de sauvegarde, en référence à un certain passé.

A l'instar de ce qui s'est passé pour l'évolution orientée de nombreuses races canines durant ce dernier siècle, la mode du moment, le mécanisme de compétition et donc la surenchère dans un sens ou un autre, les goûts d'acteurs influents en élevage, les politiques menées, vont sans doute construire un Ouessant moderne (moderne dans le sens de nouveau), un "Ouessant tendance" en un certain milieu pendant que la masse des animaux sans origines suivra sa propre route .... En un quart de siècle j'ai pu observer beaucoup de changements chez les animaux des éleveurs...

Bref beaucoup de questions pour lesquelles je n'ai pas de réponse toute faite (et que je vous pose également). La réflexion s'impose tant je suis conscient que, dans le même temps, rien n'est stable en ce bas monde et que tout est en évolution perpétuelle, même quand on croit contenir en une certaine direction.

Parti de quoi pour aller vers quoi le Ouessant de type ancien? 

Pour revenir à Flocon. Je me suis décidé à le conserver pour déjà décorer la prairie ... et, malgré le "défaut" pour mon élevage d'être un bélier blanc, le tester tout de même en reproducteur l'an prochain, d'abord sur une poignée de brebis (noires forcément, et surtout pas blanches).

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30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 06:53

Adonis est l'agneau biberon de l'année, sa mère ne produisant pas de lait.

 

Le bélier idéal

Ce jeune bélier a un mois sur les photos. Un âge auquel on commence à deviner un peu plus la construction physique.

Les cornes sont au rendez-vous sans qu'on puisse en prévoir encore l'ampleur ni la forme. Tout au plus l'expérience l'envisage dans telle ou telle catégorie de structure, mais seule la croissance, parfois longue, en révélera la réalité.

Adonis affiche la rondeur de sa mère.

Le bélier idéal

Les pattes semblent devoir être un peu fines. La queue est dans les plus courtes. La taille au garrot ... on verra, mais pas dans les plus grands de la saison.

Le bélier idéal

Mais tout cela ne tourne pas la tête du petit bélier Adonis. Il ne rêve pas de faire le kéké sur le ring, d'ailleurs son père nourricier le dissuaderait de cet avenir miroir aux alouettes. Pas plus qu'Adonis ne s'imagine déjà taper de la tête dans le ballon sous les projecteurs ... ni bêler sur scène dans un micro...

Le bélier idéal

Non Adonis a bien les onglons sur la prairie!

Son berger a pour lui un avenir plus utile, ancré dans sa réalité.

Le bélier idéal

Adonis est un bélier d'exception sur des points de premier ordre, au sein de l'objectif conservation.

Comme tous les jeunes Lutins, cet agneau est d'abord de "sang" en composante de lignées et de souches en sélection avec plus de 45 ans d'origines suivies.

Ensuite, sous un habit ordinaire, son génotype coloration est AaAaB+BbF+Ff.

C'est à dire que d'abord au locus Agouti il est homozygote pour l'allèle Non agouti (AaAa).

Puis qu'il est hétérozygote au locus Brown, affichant la couleur noire dominante génétiquement sur la couleur brune récessive qu'il possède de façon cachée (B+Bb).

Enfin au locus Fading il est hétérozygote pour l'allèle faded qu'il possède mais qui ne peut décolorer sa toison en étant unique (F+Ff). 

Adonis est bien ainsi le bélier idéal de par cette génétique.

En effet, ce type de reproducteur mâle permet de garantir l'expression des neuf allèles de coloration présents chez le Ouessant (et leurs combinaisons), dès lors que ces derniers se rencontrent tous dans le groupe de brebis avec qui il est appelé à s'accoupler (ce qui est le cas chez l'ensemble femelle des Lutins). Pour dire autrement, selon les accouplements, avec un tel bélier, toutes les colorations sont possibles parmi les naissances obtenues chez les Lutins.

Adonis est donc bien le bélier le plus précieux qui soit dans le sens de la conservation des variants colorés chez le Ouessant de type ancien, qui plus est en "sang" des animaux ayant servi au renouveau de cet ovin il y a une cinquantaine d'années.

Si donc aucun malheur n'arrive à Adonis, après 25 ans de travaux d'élevage, la reproduction chez les Lutins va entrer dans un rythme de "croisière" où alors seule la sélection selon le morphotype s'exercera.

Les résultats sont fruits de méthode et de patience. C'est cette pensée qui doit guider le nouvel éleveur et non les achats compulsifs répétés auprès d'autres éleveurs, dans une quête perpétuelle d'animal idéalisé tout fait ...

Tout se construit et impose travail, donc temps long. J'entends là dans l'objectif de la conservation au sens large du Ouessant ... et non de la compétition qui n'apporte rien, sinon parfois malheurs, à l'ovin en sauvegarde qu'est le Ouessant.

 

Le bélier idéal

Bon mais tout cela ne tourne pas la tête d'Adonis. Inutile de mettre la pression sur ce jeune bélier qui n'a pour soucis que ceux de son âge et de son espèce, profiter de la vie, découvrir, passer de bons moments avec les copines et les copains.

Adonis, un petit bélier qui ne paie pas de mine au premier abord, mais il est pourtant une réelle pierre précieuse pour l'édifice patrimonial chez les Lutins et au delà.

Le bon Pralin (antenais) Non agouti brun (AaAaBbBbF+Ff), père d'Adonis.

Le bon Pralin (antenais) Non agouti brun (AaAaBbBbF+Ff), père d'Adonis.

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 12:43

L'automne dernier avait apporté une belle série de naissances tardives, en particulier en toisons dites "blanches".

Neuf mois après, les animaux ont forcément bien grandi et ils se retrouvent même tondus.

Sur l'ensemble, je n'avais conservé que les femelles, les mâles faisant des heureux ailleurs.

Au final, sur les quatre filles, j'ai sélectionné les deux brebis les plus intéressantes pour mon travail.

 

Oui blanc!

Il y a d'abord Savane qui, comme on le voit, a su conserver ses zones de bronzage, assez particulières la concernant.

Oui blanc!

En effet Savane présentait une coupure nette entre le bronzage en croupe et un blanc plus pur en thorax.

Oui blanc!

Photo souvenir de Savane à sa naissance pour se remémorer son aspect.

Oui blanc!

La seconde élue est Peluche (qui avait une toison dense dès la naissance).

Oui blanc!

Peluche révèle à la tonte sa belle tenue léopard qu'elle a conservée.

Oui blanc!

Peluche à la naissance pour se remémorer et comparer.

Oui blanc!

Pour rappel, ces deux brebis "blanches", comme tous les Ouessant dits blancs, sont plus exactement d'un point de vue génétique, de toison Agouti blanc bronzé (Agouti white tan, Awt).

Le Ouessant a la particularité d'offrir une grande variabilité de ces toisons, pouvant aller d'un blanc immaculé et pur, en passant par des blancs plus beiges ou encore panachés de tan voire quasi totalement bronzés, même à l'âge adulte.

Oui blanc!

La belle diversité d'expressions des toisons dites blanches chez le Ouessant, avec ou sans tan, est non seulement un réel plaisir pour les yeux, mais d'abord une formidable richesse patrimoniale d'un point de vue génétique pour le type ovin Ouessant de forme ancienne.

Oui blanc!

Savane et sa mère Pica, deux nuances de blanc (version avec et version presque sans pigment phéomélanique donnant cet aspect roussâtre qui faisait appeler ces animaux "rouges" par les anciens)

Oui blanc!

Toutes les naissances blanches de l'automne dernier, du moins celles conservées et que j'ai pu voir évoluer, sont bien de mon bélier dominant d'alors (d'abord par sa taille), Hubot. En effet, durant la croissance, certains caractères dans la construction, dont le crâne, n'ont fait que confirmer ce que je supposais déjà globalement concernant l'énigme de paternité (non calculée).

Hubot, bélier blanc (au magnifique tan persistant).

Hubot, bélier blanc (au magnifique tan persistant).

Hubot est comme je dis "un bélier de château", pour faire allusion à ces Ouessant issus des souches Ouessant continentaux les plus anciennes vivant sur les parcs des châteaux... et ayant permis avec d'autres souches la relance de ce type ovin dit Ouessant de forme ancienne qui malheureusement avait fini par disparaître sur son île d'origine.

Certes ces lignées n'ont pas subi de sélection particulière ces cinquante dernières années, affichant en particulier sur une taille un peu plus grande que dans le standard créé depuis, mais ils n'en sont pas moins précieux du point de vue de la "substantifique moëlle", du "sang" ou du "patrimoine génétique" comme on voudra.

Si le bel Hubot a rejoint à présent un éleveur averti amateur de ce type de souches qui saura lui offrir un bel avenir ainsi qu'à ses gènes, les Lutins en conserve les perles précieuses que sont Savane et Peluche. Ces dernières auront le droit de s'accoupler à l'automne prochain ou 2022, pour enrichir de nouvelles lignées de cette part "Ouessant de château" présentant en particulier une belle rusticité... et participer au brassage des gènes qui construit l'identité d'une population ovine et d'abord celle du troupeau.

Oui blanc!

Si donc un jour quelqu'un s'autorisait à vous faire remarquer que votre Ouessant n'est pas assez blanc(he), maintenant vous savez que vous pourrez vous autoriser à regarder cette personne droit dans les yeux avec un petit sourire en coin pour lui faire comprendre qu'il/elle aurait mieux fait de se taire pour ne pas dévoiler son ignorance, et lui expliquer gentiment mais avec masse de détails ci-dessus exposés, ce qu'est réellement une coloration dite blanche, la diversité rencontrée chez le Ouessant sur cet aspect, et même la renvoyer aux documents photographiques anciens révélant cette diversité existant de longue date dans ce type ovin... le principe du "je ne crois que ce que je vois" prévalant sur tout blabla.

Le Ouessant a tout à fait le droit de présenter zones de "bronzage" (tan), d'intensités, de formes et d'étendues variables, tout autant au stade juvénile qu'à l'âge adulte. Son histoire et sa réalité génétique veulent qu'il en soit ainsi ... 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 11:37
Agneau de génotype AaAaBbBbFfFf pour sa coloration, Vergeois des Lutins..

Agneau de génotype AaAaBbBbFfFf pour sa coloration, Vergeois des Lutins..

Vergeois est un agneau Ouessant de type ancien, en coloration Non agouti sur base brune. Cette couleur est dite plus communément "brune". Il présente cependant la particularité d'être homozygote pour l'allèle "faded" qui va engendrer décoloration de la toison.

C'est un peu dommage pour ce dernier point, tout autant pour le visuel que les calculs en reproduction future plus complexes engendrés pour limiter l'expression du faded, mais  Vergeois conserve cependant tout son intérêt comme bélier brun ... et pas n'importe quel bélier brun. 

Hermeline des Lutins, dite brebis "blanche" mais plus précisément AwtAaB+BbF+Ff pour son génotype complet de coloration.

Hermeline des Lutins, dite brebis "blanche" mais plus précisément AwtAaB+BbF+Ff pour son génotype complet de coloration.

En effet, Vergeois est un fils de ma belle Hermeline, brebis descendante de ma toute première souche (élevage Vaillant des années 90). Cette brebis demeure d'ailleurs encore bien typée en cette forme.

Hermeline n'est pas n'importe quelle brebis blanche puisqu'elle est fille de Châtaigne.

Châtaigne des Lutins

Châtaigne des Lutins

Châtaigne, trop vite disparue mais ayant eu le temps de procréer heureusement, fut le tout premier Ouessant brun en "sang breton" (ou originel comme disent certains à titre publicitaire) obtenu par reproductions calculées en ce sens.

Châtaigne était fille de Cannelle.

Cannelle des Lutins sur ses vieux jours.

Cannelle des Lutins sur ses vieux jours.

Cannelle, dans sa jeunesse très jolie brebis dite blanche, descendante toujours de ma souche Vaillant des années 90 (comme le reconnaîtront au "look" les connaisseurs d'un certain âge) m'avait fait la surprise de bien posséder le gène brun caché suite à accouplement de sa mère Castille (née Vaillant) avec un bélier de ma troupe construit en ce sens comme porteur de l'allèle brun issu d'une femelle brune ayant déjà eu une histoire en sa construction avec des souches de pionniers du renouveau du Ouessant en milieu associatif.

Bien entendu, face à la récessivité de cet allèle brun, la voie mâle a une importance du même ordre pour aboutir à un sujet homozygote Bb permettant l'expression de cette couleur brune. D'où la grande complexité d'accouplements et un temps long nécessaire, aux résultats évoluant par paliers, pour construire et comprendre la réalité d'un animal affichant un tel caractère.

Tout cela peut sembler un peu compliqué pour qui n'élève pas des Ouessant dans le souci ni le sens de la conservation, mais ce cheminement permet peut-être de saisir tout l'intérêt que représentent les reproductions calculées et les généalogies qui en découlent.

(Bon je sais, dans le milieu du Ouessant, on ne se pose pas grandes questions devant un animal et bien moins surtout devant les colorations dites blanches et dites noires, les plus communes. Même sans origines longues connues voire sans aucune, un mouton qui ressemble à l'idée que l'on se fait d'un Ouessant, parfois en des tailles hautes hors standard, se retrouve considéré et affiché Ouessant, d'autant plus s'il est séduisant. C'est d'ailleurs ainsi que par le passé s'est effectué souvent le renouveau de ce type ovin proche alors de disparition, n'existant plus alors qu'en des formes continentales. Ce qui certes a l'époque ne pouvait se faire autrement, mais cela perdure encore aujourd'hui face à la masse bien plus importante de moutons de ce type devenu très commun.

Alors certains diraient: "Pourquoi Morzynski se décarcasse et se complique la vie ainsi?" Ma réponse est qu'il ne m'est pas acceptable que derrière certains discours tenus fort séduisants (comme le "pure race" entre autres choses!) se cache une autre réalité. Ce que tout esprit un peu curieux, rigoureux et animé de réflexion est à même de considérer. Le Ouessant n'est pas pour moi un sujet d'amusement, mais tout un travail dans le souci d'une véritable conservation pour l'intérêt de ce type ovin... et ce à titre privé.)

Un dessert au chocolat trois étoiles

Vergeois est donc petit fils de Châtaigne des Lutins et, après le bélier Champagne des Lutins, de moins belle qualité, parti ailleurs et mort en son nouvel élevage, il devient premier bélier brun en "sang bretonnisant" ("originel" pour ceux que ce terme n'agace pas, au contraire de moi), après dix huit ans de travail et de patience, cet allèle brun, issu des Ouessant métissés (avec types ovins nordiques) des groupements étrangers, ayant été introduit en 2003 chez les Lutins. Avant d'être effective une introduction d'allèle réfléchie et envisagée en mon troupeau du fait que ce gène était présent dans les concours du Gemo depuis 1996 en couleur exprimée (et peut-être antérieurement en allèle caché) et de plus figurait déjà au standard.

Vergeois, qui a eu un mois ce 19 juin, est de plus assez séduisant à ce stade. Sans pouvoir présager de la qualité de son morphotype final une fois adulte (un peu svelte?), c'est un bélier important pour le troupeau des Lutins et la population Ouessant de type ancien, dans le sens de la conservation.

A titre d'observation, on peut noter en caractère hérité de la souche d'Edmond et Hervé Vaillant, cette sorte de joli maquillage naturel en masque soulignant les traits des yeux et du museau, bien perceptible sur une face éclaircie.

Pralin des Lutins, Ouessant brun et père de Vergeois.

Pralin des Lutins, Ouessant brun et père de Vergeois.

C'est Pralin des Lutins, né au printemps 2020, qui participa à l'automne au programme de diffusion et d'expression de l'allèle brun en lignées toujours plus concentrées en patrimoine génétique des premiers Ouessant continentaux ayant servi au renouveau de ce type ovin dans les années 70. L'utilisation d'un bélier nouvellement mature, peu recommandée d'ordinaire, s'explique par la rareté d'un tel Ouessant et l'urgence de par la complexité et le temps long nécessaire à de tels travaux, mais aussi par la crainte d'une disparition accidentelle de Pralin avant qu'il ait pu  procréer.

Elane des Lutins et Vergeois des Lutins, deux jeunes issus de Pralin.

Elane des Lutins et Vergeois des Lutins, deux jeunes issus de Pralin.

Pour le plaisir des yeux, le contraste saisissant entre le brun intense de Miss Elane et le brun qui se décolore de Mister Vergeois.

Autre remarque: l'aspect "faded" en racines des fibres bien visible dans les ouvertures de toison en encolure chez Vergeois, alors que les pointes de mèches demeurent plus brunes.

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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 11:26

François De Beaulieu, historien et écrivain sur les thèmes de la Bretagne a déniché un document photographique ancien inconnu concernant l'île d'Ouessant et sur lequel on devine, plus que l'on voit, deux moutons, un sombre et un clair pouvant être assimilés à un "noir" et un "blanc" (photographie que je ne me permettrai pas de publier dans l'instant).

S'il existe d'autres clichés connus pris sur cette île révélant la présence de moutons, ils sont curieusement assez peu nombreux et moins encore à présenter les ovins dans de bonnes conditions en des plans rapprochés. Ce constat est d'ailleurs assez étonnant tant on présente la vie des Ouessantins intimement liée à celle de leurs moutons et que ces derniers pouvaient être des milliers (jusqu'à 10 000?) selon les époques.

Aussi cette nouvelle vue (non présentée en cet article), malgré seulement une paire de moutons dans le lointain, a tout son intérêt sur ce point, surtout qu'elle serait de 1873, témoignant ainsi d'une présence des toisons blanches sur l'île bien plus ancienne que la charnière 1900 où cette coloration semble prédominer alors (pour ceux qui connaissent, je ne ferai pas d'allusion à l'histoire du Mykonos et sa responsabilité rapportée sur l'arrivée d'animaux blancs et la disparition du Ouessant , ils devineront mon sourire ironique en cet instant d'écriture) .

 

La diversité, un élément important dans la sauvegarde du Ouessant de forme ancienne. C'est ainsi que se décline le mot conservation chez les Lutins.

La diversité, un élément important dans la sauvegarde du Ouessant de forme ancienne. C'est ainsi que se décline le mot conservation chez les Lutins.

Suite à découverte de cette vue, on peut donc affirmer qu'il y a donc 150 ans (au moins, car en 1861 un mouton blanc aurait été offert à la princesse Baciocchi visitant l'île ) divers allèles de coloration (au moins deux) se multipliaient (encore ou déjà?) sur Ouessant, malmenant ainsi l'image d'Epinal du petit mouton noir souvent colportée, même si une préférence pour cette coloration pouvait exister, et confirmant le statut de type ovin (plus que de race) du Ouessant de forme ancienne.

Conserver la richesse de la diversité historique du Ouessant, sans chercher à en créer, tout le travail de 25 ans de sauvegarde chez les Lutins.

Conserver la richesse de la diversité historique du Ouessant, sans chercher à en créer, tout le travail de 25 ans de sauvegarde chez les Lutins.

Suite à l'annonce de la découverte de François De Beaulieu, je n'ai pu qu'une fois de plus être envahi par la consternation en repensant à des pratiques que je dénonce depuis 25 ans et qui heureusement se raréfient, les ségrégations en accouplement des diverses formes colorées du Ouessant.

Par exemple, pratiquée ou colportée sous forme de conseil par des personnes chez qui on ne soupçonnerait pas telle attitude, la ségrégation en accouplement entre les Ouessant noirs et les Ouessant blancs (sans même parler des autres).... J'espère qu'un tel sectarisme, qui ne repose sur rien de scientifique pas plus qu'historique, ne sera demain 21 juin 2021 qu'un sombre souvenir d'une sauvegarde un temps maladroite faute de réflexion.

Les témoignages visuels sont là pour nous rappeler partie (bien que minuscule) de la réalité du Ouessant.

Un sectarisme en reproduction qui perdurerait aurait bien de quoi faire se retourner dans leur tombe nombre d'éleveuses et d'éleveurs des siècles passés sur Ouessant.

Ci-dessous, une vue que j'ai présentée bien des fois depuis longtemps, mais qui relaie parfaitement mon discours.

Agneau Non agouti noir et agnelle Agouti blanc bronzé. Se rappeler que le brassage des gènes a permis la construction de l'identité génotypique et phénotypique du Ouessant de forme ancienne sur son île.

Agneau Non agouti noir et agnelle Agouti blanc bronzé. Se rappeler que le brassage des gènes a permis la construction de l'identité génotypique et phénotypique du Ouessant de forme ancienne sur son île.

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 14:14

Il y a une semaine encore, une petite laine n'était pas de trop au petit matin pour les Lutins, surtout dans l'herbe haute trempée des remontées humides de la nuit après tous ces mois de pluie (858 mm sur ces huit derniers mois).

Farine, brebis Agouti blanc bronzé (Awt)

Farine, brebis Agouti blanc bronzé (Awt)

Mais ces derniers jours, le berger a retroussé les manches pour la corvée annuelle, profitant de la fenêtre météo et poussé par les 32 degrés à l'ombre en journée, à maintenant une semaine de l'été.

Pérelle, brebis Non agouti, en base noire, homozygote faded exprimé (AaAaB+B+FfFf)

Pérelle, brebis Non agouti, en base noire, homozygote faded exprimé (AaAaB+B+FfFf)

Pour la seconde saison, j'utilise la machine du moment à la mode, légère et plus facilement maniable. Moins puissante que ma précédente, elle est forcément un peu poussive, donnant une coupe pas très rase, mais dans le même temps elle évite peut-être mieux les coupures, ces dernières étant toujours un gros risque face à des toisons Ouessant loin d'être idéales en qualité à la tonte, surtout quand on s'applique à un joli résultat.

Rosetta, brebis Agouti grey sur base brune (AgAaBbBb)

Rosetta, brebis Agouti grey sur base brune (AgAaBbBb)

Les Lutins savourent leur tenue d'été, le corps retrouvant ses sensations avec le milieu extérieur. Celles agréables de l'herbe tendre, celles agaçantes du criquet trottinant à fleur de laine.

Entourloupe, brebis Agouti blanc bronzé (Awt) et Dikdik, son agneau Non agouti en base noire (AaAaB+B+)

Entourloupe, brebis Agouti blanc bronzé (Awt) et Dikdik, son agneau Non agouti en base noire (AaAaB+B+)

Comme chaque année, tondre les Ouessant dits "blancs", c'est du gâteau. Ceux gardés pour la fin après s'être épuisé sur d'autres toisons ou choisis en sorte de récréation après un cas qui a demandé une heure de tonte. Le plus souvent quelques minutes suffisent pour dénuder le Ouessant blanc, d'autant plus s'il est sage, le spécimen chéri étant celui qui ne présente aucune bourre ventrale, une laine réduite à une cape, qui plus est bien "mûre", c'est à dire à point, proche de la mue, qui n'est plus retenue à la peau que par quelques longs poils et fibres éparses. Un délice!

Chaque fois, je ne peux m'empêcher de songer aux caractères associés à la présence de cet allèle Awt, tout comme également la tendreté de la corne des onglons lors de la taille ...

Si pour certains naïfs Dieu avait voulu et fait le mouton d'Ouessant ...noir, il faut bien reconnaître que l'Homme a préféré le métissage, en particulier avec d'autres populations ovines blanches, sans doute pour la tonte, songeant que ce n'est pas le Divin qui de toute façon viendrait réaliser le travail😉

Je comprends à présent le mystère des éleveurs de Ouessant qui n'élèvent que "du blanc."..😉

Paprika, brebis Non agouti en base brune (AaAaBbBb)

Paprika, brebis Non agouti en base brune (AaAaBbBb)

Si pour une tonte réussie, l'outillage et la dextérité du tondeur sont d'une grande importance, la qualité de la toison l'est bien plus encore. Toisons sèches, grasses, collantes, serrées, feutrées.... autant d'obstacles pour démoraliser, fatiguer, stresser, rager.... faire baisser la cadence, faire craindre l'accident ou le faire arriver. L'état physique, animal rempli ou maigre, l'âge du mouton, tout cela joue également sur la laine mais aussi sur le mauvais aspect de la peau, peau distendue risquant la coupure.

Ci-dessus, en exemple, une brebis à toison sèche impénétrable pour les peignes de la tondeuse et qui demanda une heure de travail bien qu'il fallut se résoudre à un résultat médiocre.

Prunelle, la doyenne.

Prunelle, la doyenne.

Autre exemple. Une heure de travail sur ma pauvre doyenne vivant son dernier été (si elle arrive au bout). Impossible d'utiliser la tondeuse le plus souvent, le travail se faisant donc à la pointe des ciseaux en passant par le millimètre entre une peau distendue sur les os et la couche feutrée, tassée, serrée, collée d'une toison carapace. Le dessus aéré, inutile de chercher à faire le dessous. Mieux vaut éviter l'accident, ce petit matelas pour le coucher demeurant utile dans son état physique,... de plus il finira par se décoller dans les mois suivants si Prunelle veut vivre encore.

Vergeois, le dernier né, agneau Non agouti sur base brune et homozygote faded (AaAaBbBbFfFf)

Vergeois, le dernier né, agneau Non agouti sur base brune et homozygote faded (AaAaBbBbFfFf)

Malheureusement, cette saloperie de laine ne fait que pousser dès la naissance sur les pauvres agneaux.

Tout cela faisant songer que dans moins d'un an à présent, il va falloir recommencer...😉

C'est bien pour cela qu'il faut jouir au maximum de ces bien courtes quelques semaines durant lesquelles nos Ouessant tondus sont encore présentables, la laine repoussant très vite.

C'est ce que je n'ai pas manqué de faire dès la tondeuse nettoyée et rangée! 

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 10:56
Un de plus

Un ancien combattant de plus chez les Lutins.

Le beau Myrmidon vient de perdre à son tour une corne.

Un de plus

Sur les huit mâles adultes actuellement présents, ils sont désormais quatre dans la catégorie "infirmes de guerre".

Mes béliers sont plutôt calmes et s'entendent bien, mais les quelques instants d'échauffement à l'occasion finissent sur le temps par créer points de faiblesse sur les cornes et un beau jour ...

Un de plus

Cette amputation ne change heureusement rien quant aux qualités de ce mâle, ni sur sa vigueur pour se reproduire l'automne prochain.

A maintenant 7 ans passés, il me faut me résoudre en effet à l'utiliser en reproduction, du fait que les années passent et que je n'en ai qu'une descendante à ce jour.

J'ai tardé jusque là car ayant bien d'autres programmes de reproduction chaque année, mais aussi parce que c'est un bélier blanc (bien qu' heureusement hétérozygote pour l'allèle Awt, Agouti white tan, dit "blanc").

Il faut bien reconnaître que si on possède déjà des brebis blanches, les béliers de cette coloration ne sont guère utiles tant ce type de toison génétiquement dominant risque de submerger un troupeau.

Il n'y a que sous l'angle qualités éventuelles à apporter ou apport de "sang" pour ouvrir le patrimoine génétique d'une troupe, que ce genre de bélier peut être utile malgré sa coloration.

C'est justement sur ces deux points que Myrmidon se trouve sélectionné pour transmettre ses gènes à l'automne prochain, sa coloration n'étant qu'un souci moindre puisqu'il est porteur de Non agouti noir. Selon les règles des probabilités, le risque qu'il transmette son habit blanc n'est que de 50%. Par ailleurs, il ne disposera pas de brebis blanches pour limiter les naissances blanches et surtout ne pas créer d'homozygotes pour l'allèle Awt, ce qui est préjudiciable pour l'avenir coloré d'un troupeau et bien moins intéressant pour la conservation de la diversité.

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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 08:28

Dernièrement un visiteur remarquait la variabilité de structure des toisons parmi les animaux de mon troupeau.

En effet, selon les lignées, on peut retrouver un caractère codant plus qu'un autre à ce niveau au fil des générations.

Cette diversité est une bonne chose, enrichissant comme sur d'autres points ce qui constitue une population ovine.

Il serait dommageable de vouloir axer le travail de sélection vers une forme précise standardisée de toison. Le Ouessant de forme ancienne doit demeurer ce qui en fait une spécificité, un type ovin primitif issu de pratiques d'élevage familiales d'antan, avec toute la variabilité que cela engendre. C'est cela un travail de sauvegarde de la richesse du Ouessant du passé. 

Les mêmes

Ces deux là sont assurément les deux mêmes. Telle mère, telle fille!

Dame Hersent, brebis "noire" à la fibre décolorée par les agressions extérieures (pluie, soleil) et un phénomène de canitie avec l'âge, le tout donnant un aspect grisâtre argenté mêlé de brunissement.

Peluche, agnelle "blanche" d'environ huit mois.

Les similitudes d'allure vont jusque dans leur construction physique, ce que révèlera la tonte dans quelques semaines.

Au risque de me répéter, mais cela ne devrait pas déranger ceux qui s'intéressent au Ouessant, ces caractères bien transmis proviennent initialement d'un bélier noir extérieur introduit dans ma troupe en 2003 (Ocelot de l'élevage Delorme) présentant cette certaine longueur et une toison particulière, puis de ses descendants, la noire Promesse des Lutins ou encore le blanc Golas des Lutins qui avaient également hérité de cet aspect.

Ocelot sur ses vieux jours, qui est bien de coloration Non agouti sur base noire, l'éclaircissement du museau étant au phénomène de vieillissement.

Ocelot sur ses vieux jours, qui est bien de coloration Non agouti sur base noire, l'éclaircissement du museau étant au phénomène de vieillissement.

Golas

Golas

Il est intéressant et étonnant que dix huit ans après l'introduction d'Ocelot, caractères morphologiques et de toison s'expriment encore chez la jeune Peluche malgré les divers croisements avec d'autres lignées sur plusieurs générations dans ses ascendants.

Ce phénomène de caractères particulièrement codants est observable pour d'autres aspects du morphotype, comme je le constate pour diverses souches et lignées présentes depuis vingt cinq ans dans la construction du troupeau des Lutins.

Ainsi pour l'éleveur branché, il est possible de deviner dans un animal tel ou tel ancêtre et divers liens familiaux, en bref les influences, même en dehors des Ouessant de son propre troupeau.

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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 09:02

Hier soir, comme à l'accoutumé, vers 21h, le dernier biberon de mon agneau à allaiter servi, j'installais mes lanternes pour la nuit en prévention d'une éventuelle prédation, le tout sur un fond musical du moment à la radio épouvantail venant d'être allumée.

J'entendis alors un vol lourd et puissant dans l'arbre au-dessus de moi, bruit qui me fit penser par expérience à celui d' un vautour. Je n'y prêtais pas plus attention, songeant mon imagination féconde, d'autant que dans le même temps, le couple de corneilles nicheuses du même arbre houspillait un intrus dans la cime de façon fort bruyante.

Bienvenue aux fauves!

Tournant la tête pour partir, c'est alors que mon regard découvrit bien un vautour fauve juste au moment où il se posait dans un grand pin sylvestre, à 200m.

Le temps de courir prendre jumelles et longue vue et je m'assurais que le rapace comptait bien passer la nuit ici.

Surprise! Ce n'était pas un mais trois vautours qui étaient branchés dans ce pin.

Ceux-ci se trouvant à une cinquantaine de mètres d'une habitation, j'ai attendu jusqu'à la nuit totale pour vérifier qu'aucun dérangement ne ferait partir mes visiteurs, en espérant les retrouver bien là au lever.

Bienvenue aux fauves!

Ce matin, au lever du jour, ils étaient bien là. 

J'étais ravi et après le premier biberon du matin distribué à mon agneau dépendant, je décidais de me poster en affût pour assister au départ des trois vautours fauves, quand le soleil serait suffisamment haut pour ces gros et lourds planeurs (2m50 d'envergure). Je pris les lisières de haies pour progresser, scrutant tout de même les arbres autour de moi dans l'espoir d'autres fauves, ... mais non rien.

J'allais me placer en bordure de mes douglas, à 200m du trio, pour demeurer discret et ne pas déranger.

Cela faisait une demi heure que j'observais les Gyps fulvus depuis le pied d'un gros douglas, quand tout à coup j'ai cru que le ciel me tombait sur la tête. Un autre vautour se trouvait en fait au-dessus de moi. Je ne l'avais pas vu et lui non plus ne m'avait pas vu jusque là, se retrouvant alors surpris et s'effarouchant. Vacarme du grand voilier s'extirpant du résineux.... Spectacle du gros oiseau à l'envol à quinze mètres de moi.

Bienvenue aux fauves!

Du même coup, je fus stupéfait de ce qui se déroula. Ce n'est pas un vautour qui prit son envol .... mais deux, puis trois, quatre ...

Bienvenue aux fauves!

... finalement douze oiseaux successivement, rejoints ensuite par les trois tout premiers découverts la veille et décollant de leur pin.

Ce fut tout aussi intense que rapide.

Bienvenue aux fauves!

La nuit du 28 mai 2021 restera une date dans ma mémoire, celle où quinze vautours fauves avaient décidé de passer la nuit chez les Lutins! Evénement à inscrire en bonne place dans le Top 50 de mes observations sur ce site.

Spectacle magique du groupe partant dans l'horizon pour ses pérégrinations. Les voyages forment la jeunesse chez les vautours également.

Emerveillement et joie d'une si belle observation, si belle rencontre, mais tristesse aussi et regret de m'être retrouvé bien malgré moi à l'origine de ce départ anticipé de mes visiteurs, en fait dos au dortoir principal invisible. Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais jamais imaginé qu'une quinzaine de vautours puissent m'arriver et décider de s'installer pour la nuit, à seulement cinquante mètres de ma maison, pour ensuite se déplacer cent mètres plus loin, déjà à cause de moi la veille, sans que je le sache alors.

Sans doute un numéro spécial de la série "J'irai dormir chez vous"!

(Après échange avec un collègue ornithologue sur cet événement, celui-ci avait également neuf vautours fauves stationnés non loin ainsi qu' un vautour moine. Ce sont donc au moins 25 vautours qui avaient dû se poser pour la nuit sur le secteur)

Pour les amateurs d'oiseaux libres et vivants, à titre d'info déjà mentionnée dans un autre article, lors d'une première rencontre avec cette espèce chez les Lutins, cette observation s'inscrit totalement en cette période, dans le phénomène de prospection vers le nord des vautours fauves pour la plupart immatures. Phénomène récurrent ces dernières décennies depuis un bien meilleur état des populations et une plus large répartition des nicheurs. Phénomène pouvant emmener ces oiseaux là où on les attendrait encore moins, jusqu' en Belgique et aux Pays Bas, voire au-delà, sans avoir manqué auparavant d' "arroser" l'hexagone de leurs visites ici et là.

Alors, même en vous situant en dehors des zones habituelles de répartition de cette espèce, ouvrez l'oeil par les belles et chaudes journées favorables aux grands déplacements des vautours fauves (parfois accompagnés du vautour moine bien plus rare), on ne sait jamais, question de chance! 

Bienvenue aux fauves!

Anecdote vautour hors Lutins, mais que je trouve assez succulente pour être partagée ...

Lors d'activités naturalistes dans les Pyrénées atlantiques, dans ma jeunesse, dans un col pris dans les nuages, je capturai un jeune vautour fauve affaibli et volant mal.

C'est la suite qui devint cocasse lors de la descente du col pour aller rejoindre un centre de soins pour la faune sauvage. Cette trouvaille n'étant pas prévue, le rapace fut placé dans le coffre de la voiture. Mais au bout de quelques kilomètres, l'oiseau décida de passer sur le siège arrière. Ne pouvant m'arrêter de suite, de là il décida de passer à l'avant.

Ce fut sans doute le seul vautour fauve au monde qui prit le volant d'une Ford Escort et même klaxonna. Gros moment de panique, le rapace sur volant me bouchant la vue ailes écartées... et moi pied sur le frein dans un virage. J'imaginais déjà le titre du lendemain d'un journal local à sensations:  "Mort attaqué par un vautour jusque dans sa voiture".

Tout finit bien grâce à l'absence de circulation par ce temps, je ligotai l'oiseau avec un vêtement et finis par livrer mon colis insolite au responsable de l'association.

Je croyais l'aventure terminée quand je m'aperçus que j'étais couvert de centaines d'énormes poux aviaires proportionnels à la taille du vautour et qu'il en était de même de tout l'intérieur du véhicule. Il me fallut trouver un supermarché vendant une bombe antipuces, trouver un coin tranquille, me déshabiller totalement, placer les vêtements dans la voiture et y vider le pulvérisateur... Au bout d'un moment, le crime semblait être commis, plus aucun monstre ne bougeait ....

Le vautour fauve semble être oiseau à ne laisser au final que de bons souvenirs malgré tout ...

(Quant au vautour en question, il put être soigné, retapé et par la suite remis en liberté)

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