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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 11:37
Agneau de génotype AaAaBbBbFfFf pour sa coloration, Vergeois des Lutins..

Agneau de génotype AaAaBbBbFfFf pour sa coloration, Vergeois des Lutins..

Vergeois est un agneau Ouessant de type ancien, en coloration Non agouti sur base brune. Cette couleur est dite plus communément "brune". Il présente cependant la particularité d'être homozygote pour l'allèle "faded" qui va engendrer décoloration de la toison.

C'est un peu dommage pour ce dernier point, tout autant pour le visuel que les calculs en reproduction future plus complexes engendrés pour limiter l'expression du faded, mais  Vergeois conserve cependant tout son intérêt comme bélier brun ... et pas n'importe quel bélier brun. 

Hermeline des Lutins, dite brebis "blanche" mais plus précisément AwtAaB+BbF+Ff pour son génotype complet de coloration.

Hermeline des Lutins, dite brebis "blanche" mais plus précisément AwtAaB+BbF+Ff pour son génotype complet de coloration.

En effet, Vergeois est un fils de ma belle Hermeline, brebis descendante de ma toute première souche (élevage Vaillant des années 90). Cette brebis demeure d'ailleurs encore bien typée en cette forme.

Hermeline n'est pas n'importe quelle brebis blanche puisqu'elle est fille de Châtaigne.

Châtaigne des Lutins

Châtaigne des Lutins

Châtaigne, trop vite disparue mais ayant eu le temps de procréer heureusement, fut le tout premier Ouessant brun en "sang breton" (ou originel comme disent certains à titre publicitaire) obtenu par reproductions calculées en ce sens.

Châtaigne était fille de Cannelle.

Cannelle des Lutins sur ses vieux jours.

Cannelle des Lutins sur ses vieux jours.

Cannelle, dans sa jeunesse très jolie brebis dite blanche, descendante toujours de ma souche Vaillant des années 90 (comme le reconnaîtront au "look" les connaisseurs d'un certain âge) m'avait fait la surprise de bien posséder le gène brun caché suite à accouplement de sa mère Castille (née Vaillant) avec un bélier de ma troupe construit en ce sens comme porteur de l'allèle brun issu d'une femelle brune ayant déjà eu une histoire en sa construction avec des souches de pionniers du renouveau du Ouessant en milieu associatif.

Bien entendu, face à la récessivité de cet allèle brun, la voie mâle a une importance du même ordre pour aboutir à un sujet homozygote Bb permettant l'expression de cette couleur brune. D'où la grande complexité d'accouplements et un temps long nécessaire, aux résultats évoluant par paliers, pour construire et comprendre la réalité d'un animal affichant un tel caractère.

Tout cela peut sembler un peu compliqué pour qui n'élève pas des Ouessant dans le souci ni le sens de la conservation, mais ce cheminement permet peut-être de saisir tout l'intérêt que représentent les reproductions calculées et les généalogies qui en découlent.

(Bon je sais, dans le milieu du Ouessant, on ne se pose pas grandes questions devant un animal et bien moins surtout devant les colorations dites blanches et dites noires, les plus communes. Même sans origines longues connues voire sans aucune, un mouton qui ressemble à l'idée que l'on se fait d'un Ouessant, parfois en des tailles hautes hors standard, se retrouve considéré et affiché Ouessant, d'autant plus s'il est séduisant. C'est d'ailleurs ainsi que par le passé s'est effectué souvent le renouveau de ce type ovin proche alors de disparition, n'existant plus alors qu'en des formes continentales. Ce qui certes a l'époque ne pouvait se faire autrement, mais cela perdure encore aujourd'hui face à la masse bien plus importante de moutons de ce type devenu très commun.

Alors certains diraient: "Pourquoi Morzynski se décarcasse et se complique la vie ainsi?" Ma réponse est qu'il ne m'est pas acceptable que derrière certains discours tenus fort séduisants (comme le "pure race" entre autres choses!) se cache une autre réalité. Ce que tout esprit un peu curieux, rigoureux et animé de réflexion est à même de considérer. Le Ouessant n'est pas pour moi un sujet d'amusement, mais tout un travail dans le souci d'une véritable conservation pour l'intérêt de ce type ovin... et ce à titre privé.)

Un dessert au chocolat trois étoiles

Vergeois est donc petit fils de Châtaigne des Lutins et, après le bélier Champagne des Lutins, de moins belle qualité, parti ailleurs et mort en son nouvel élevage, il devient premier bélier brun en "sang bretonnisant" ("originel" pour ceux que ce terme n'agace pas, au contraire de moi), après dix huit ans de travail et de patience, cet allèle brun, issu des Ouessant métissés (avec types ovins nordiques) des groupements étrangers, ayant été introduit en 2003 chez les Lutins. Avant d'être effective une introduction d'allèle réfléchie et envisagée en mon troupeau du fait que ce gène était présent dans les concours du Gemo depuis 1996 en couleur exprimée (et peut-être antérieurement en allèle caché) et de plus figurait déjà au standard.

Vergeois, qui a eu un mois ce 19 juin, est de plus assez séduisant à ce stade. Sans pouvoir présager de la qualité de son morphotype final une fois adulte (un peu svelte?), c'est un bélier important pour le troupeau des Lutins et la population Ouessant de type ancien, dans le sens de la conservation.

A titre d'observation, on peut noter en caractère hérité de la souche d'Edmond et Hervé Vaillant, cette sorte de joli maquillage naturel en masque soulignant les traits des yeux et du museau, bien perceptible sur une face éclaircie.

Pralin des Lutins, Ouessant brun et père de Vergeois.

Pralin des Lutins, Ouessant brun et père de Vergeois.

C'est Pralin des Lutins, né au printemps 2020, qui participa à l'automne au programme de diffusion et d'expression de l'allèle brun en lignées toujours plus concentrées en patrimoine génétique des premiers Ouessant continentaux ayant servi au renouveau de ce type ovin dans les années 70. L'utilisation d'un bélier nouvellement mature, peu recommandée d'ordinaire, s'explique par la rareté d'un tel Ouessant et l'urgence de par la complexité et le temps long nécessaire à de tels travaux, mais aussi par la crainte d'une disparition accidentelle de Pralin avant qu'il ait pu  procréer.

Elane des Lutins et Vergeois des Lutins, deux jeunes issus de Pralin.

Elane des Lutins et Vergeois des Lutins, deux jeunes issus de Pralin.

Pour le plaisir des yeux, le contraste saisissant entre le brun intense de Miss Elane et le brun qui se décolore de Mister Vergeois.

Autre remarque: l'aspect "faded" en racines des fibres bien visible dans les ouvertures de toison en encolure chez Vergeois, alors que les pointes de mèches demeurent plus brunes.

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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 11:26

François De Beaulieu, historien et écrivain sur les thèmes de la Bretagne a déniché un document photographique ancien inconnu concernant l'île d'Ouessant et sur lequel on devine, plus que l'on voit, deux moutons, un sombre et un clair pouvant être assimilés à un "noir" et un "blanc" (photographie que je ne me permettrai pas de publier dans l'instant).

S'il existe d'autres clichés connus pris sur cette île révélant la présence de moutons, ils sont curieusement assez peu nombreux et moins encore à présenter les ovins dans de bonnes conditions en des plans rapprochés. Ce constat est d'ailleurs assez étonnant tant on présente la vie des Ouessantins intimement liée à celle de leurs moutons et que ces derniers pouvaient être des milliers (jusqu'à 10 000?) selon les époques.

Aussi cette nouvelle vue (non présentée en cet article), malgré seulement une paire de moutons dans le lointain, a tout son intérêt sur ce point, surtout qu'elle serait de 1873, témoignant ainsi d'une présence des toisons blanches sur l'île bien plus ancienne que la charnière 1900 où cette coloration semble prédominer alors (pour ceux qui connaissent, je ne ferai pas d'allusion à l'histoire du Mykonos et sa responsabilité rapportée sur l'arrivée d'animaux blancs et la disparition du Ouessant , ils devineront mon sourire ironique en cet instant d'écriture) .

 

La diversité, un élément important dans la sauvegarde du Ouessant de forme ancienne. C'est ainsi que se décline le mot conservation chez les Lutins.

La diversité, un élément important dans la sauvegarde du Ouessant de forme ancienne. C'est ainsi que se décline le mot conservation chez les Lutins.

Suite à découverte de cette vue, on peut donc affirmer qu'il y a donc 150 ans (au moins, car en 1861 un mouton blanc aurait été offert à la princesse Baciocchi visitant l'île ) divers allèles de coloration (au moins deux) se multipliaient (encore ou déjà?) sur Ouessant, malmenant ainsi l'image d'Epinal du petit mouton noir souvent colportée, même si une préférence pour cette coloration pouvait exister, et confirmant le statut de type ovin (plus que de race) du Ouessant de forme ancienne.

Conserver la richesse de la diversité historique du Ouessant, sans chercher à en créer, tout le travail de 25 ans de sauvegarde chez les Lutins.

Conserver la richesse de la diversité historique du Ouessant, sans chercher à en créer, tout le travail de 25 ans de sauvegarde chez les Lutins.

Suite à l'annonce de la découverte de François De Beaulieu, je n'ai pu qu'une fois de plus être envahi par la consternation en repensant à des pratiques que je dénonce depuis 25 ans et qui heureusement se raréfient, les ségrégations en accouplement des diverses formes colorées du Ouessant.

Par exemple, pratiquée ou colportée sous forme de conseil par des personnes chez qui on ne soupçonnerait pas telle attitude, la ségrégation en accouplement entre les Ouessant noirs et les Ouessant blancs (sans même parler des autres).... J'espère qu'un tel sectarisme, qui ne repose sur rien de scientifique pas plus qu'historique, ne sera demain 21 juin 2021 qu'un sombre souvenir d'une sauvegarde un temps maladroite faute de réflexion.

Les témoignages visuels sont là pour nous rappeler partie (bien que minuscule) de la réalité du Ouessant.

Un sectarisme en reproduction qui perdurerait aurait bien de quoi faire se retourner dans leur tombe nombre d'éleveuses et d'éleveurs des siècles passés sur Ouessant.

Ci-dessous, une vue que j'ai présentée bien des fois depuis longtemps, mais qui relaie parfaitement mon discours.

Agneau Non agouti noir et agnelle Agouti blanc bronzé. Se rappeler que le brassage des gènes a permis la construction de l'identité génotypique et phénotypique du Ouessant de forme ancienne sur son île.

Agneau Non agouti noir et agnelle Agouti blanc bronzé. Se rappeler que le brassage des gènes a permis la construction de l'identité génotypique et phénotypique du Ouessant de forme ancienne sur son île.

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 14:14

Il y a une semaine encore, une petite laine n'était pas de trop au petit matin pour les Lutins, surtout dans l'herbe haute trempée des remontées humides de la nuit après tous ces mois de pluie (858 mm sur ces huit derniers mois).

Farine, brebis Agouti blanc bronzé (Awt)

Farine, brebis Agouti blanc bronzé (Awt)

Mais ces derniers jours, le berger a retroussé les manches pour la corvée annuelle, profitant de la fenêtre météo et poussé par les 32 degrés à l'ombre en journée, à maintenant une semaine de l'été.

Pérelle, brebis Non agouti, en base noire, homozygote faded exprimé (AaAaB+B+FfFf)

Pérelle, brebis Non agouti, en base noire, homozygote faded exprimé (AaAaB+B+FfFf)

Pour la seconde saison, j'utilise la machine du moment à la mode, légère et plus facilement maniable. Moins puissante que ma précédente, elle est forcément un peu poussive, donnant une coupe pas très rase, mais dans le même temps elle évite peut-être mieux les coupures, ces dernières étant toujours un gros risque face à des toisons Ouessant loin d'être idéales en qualité à la tonte, surtout quand on s'applique à un joli résultat.

Rosetta, brebis Agouti grey sur base brune (AgAaBbBb)

Rosetta, brebis Agouti grey sur base brune (AgAaBbBb)

Les Lutins savourent leur tenue d'été, le corps retrouvant ses sensations avec le milieu extérieur. Celles agréables de l'herbe tendre, celles agaçantes du criquet trottinant à fleur de laine.

Entourloupe, brebis Agouti blanc bronzé (Awt) et Dikdik, son agneau Non agouti en base noire (AaAaB+B+)

Entourloupe, brebis Agouti blanc bronzé (Awt) et Dikdik, son agneau Non agouti en base noire (AaAaB+B+)

Comme chaque année, tondre les Ouessant dits "blancs", c'est du gâteau. Ceux gardés pour la fin après s'être épuisé sur d'autres toisons ou choisis en sorte de récréation après un cas qui a demandé une heure de tonte. Le plus souvent quelques minutes suffisent pour dénuder le Ouessant blanc, d'autant plus s'il est sage, le spécimen chéri étant celui qui ne présente aucune bourre ventrale, une laine réduite à une cape, qui plus est bien "mûre", c'est à dire à point, proche de la mue, qui n'est plus retenue à la peau que par quelques longs poils et fibres éparses. Un délice!

Chaque fois, je ne peux m'empêcher de songer aux caractères associés à la présence de cet allèle Awt, tout comme également la tendreté de la corne des onglons lors de la taille ...

Si pour certains naïfs Dieu avait voulu et fait le mouton d'Ouessant ...noir, il faut bien reconnaître que l'Homme a préféré le métissage, en particulier avec d'autres populations ovines blanches, sans doute pour la tonte, songeant que ce n'est pas le Divin qui de toute façon viendrait réaliser le travail😉

Je comprends à présent le mystère des éleveurs de Ouessant qui n'élèvent que "du blanc."..😉

Paprika, brebis Non agouti en base brune (AaAaBbBb)

Paprika, brebis Non agouti en base brune (AaAaBbBb)

Si pour une tonte réussie, l'outillage et la dextérité du tondeur sont d'une grande importance, la qualité de la toison l'est bien plus encore. Toisons sèches, grasses, collantes, serrées, feutrées.... autant d'obstacles pour démoraliser, fatiguer, stresser, rager.... faire baisser la cadence, faire craindre l'accident ou le faire arriver. L'état physique, animal rempli ou maigre, l'âge du mouton, tout cela joue également sur la laine mais aussi sur le mauvais aspect de la peau, peau distendue risquant la coupure.

Ci-dessus, en exemple, une brebis à toison sèche impénétrable pour les peignes de la tondeuse et qui demanda une heure de travail bien qu'il fallut se résoudre à un résultat médiocre.

Prunelle, la doyenne.

Prunelle, la doyenne.

Autre exemple. Une heure de travail sur ma pauvre doyenne vivant son dernier été (si elle arrive au bout). Impossible d'utiliser la tondeuse le plus souvent, le travail se faisant donc à la pointe des ciseaux en passant par le millimètre entre une peau distendue sur les os et la couche feutrée, tassée, serrée, collée d'une toison carapace. Le dessus aéré, inutile de chercher à faire le dessous. Mieux vaut éviter l'accident, ce petit matelas pour le coucher demeurant utile dans son état physique,... de plus il finira par se décoller dans les mois suivants si Prunelle veut vivre encore.

Vergeois, le dernier né, agneau Non agouti sur base brune et homozygote faded (AaAaBbBbFfFf)

Vergeois, le dernier né, agneau Non agouti sur base brune et homozygote faded (AaAaBbBbFfFf)

Malheureusement, cette saloperie de laine ne fait que pousser dès la naissance sur les pauvres agneaux.

Tout cela faisant songer que dans moins d'un an à présent, il va falloir recommencer...😉

C'est bien pour cela qu'il faut jouir au maximum de ces bien courtes quelques semaines durant lesquelles nos Ouessant tondus sont encore présentables, la laine repoussant très vite.

C'est ce que je n'ai pas manqué de faire dès la tondeuse nettoyée et rangée! 

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 10:56
Un de plus

Un ancien combattant de plus chez les Lutins.

Le beau Myrmidon vient de perdre à son tour une corne.

Un de plus

Sur les huit mâles adultes actuellement présents, ils sont désormais quatre dans la catégorie "infirmes de guerre".

Mes béliers sont plutôt calmes et s'entendent bien, mais les quelques instants d'échauffement à l'occasion finissent sur le temps par créer points de faiblesse sur les cornes et un beau jour ...

Un de plus

Cette amputation ne change heureusement rien quant aux qualités de ce mâle, ni sur sa vigueur pour se reproduire l'automne prochain.

A maintenant 7 ans passés, il me faut me résoudre en effet à l'utiliser en reproduction, du fait que les années passent et que je n'en ai qu'une descendante à ce jour.

J'ai tardé jusque là car ayant bien d'autres programmes de reproduction chaque année, mais aussi parce que c'est un bélier blanc (bien qu' heureusement hétérozygote pour l'allèle Awt, Agouti white tan, dit "blanc").

Il faut bien reconnaître que si on possède déjà des brebis blanches, les béliers de cette coloration ne sont guère utiles tant ce type de toison génétiquement dominant risque de submerger un troupeau.

Il n'y a que sous l'angle qualités éventuelles à apporter ou apport de "sang" pour ouvrir le patrimoine génétique d'une troupe, que ce genre de bélier peut être utile malgré sa coloration.

C'est justement sur ces deux points que Myrmidon se trouve sélectionné pour transmettre ses gènes à l'automne prochain, sa coloration n'étant qu'un souci moindre puisqu'il est porteur de Non agouti noir. Selon les règles des probabilités, le risque qu'il transmette son habit blanc n'est que de 50%. Par ailleurs, il ne disposera pas de brebis blanches pour limiter les naissances blanches et surtout ne pas créer d'homozygotes pour l'allèle Awt, ce qui est préjudiciable pour l'avenir coloré d'un troupeau et bien moins intéressant pour la conservation de la diversité.

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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 08:28

Dernièrement un visiteur remarquait la variabilité de structure des toisons parmi les animaux de mon troupeau.

En effet, selon les lignées, on peut retrouver un caractère codant plus qu'un autre à ce niveau au fil des générations.

Cette diversité est une bonne chose, enrichissant comme sur d'autres points ce qui constitue une population ovine.

Il serait dommageable de vouloir axer le travail de sélection vers une forme précise standardisée de toison. Le Ouessant de forme ancienne doit demeurer ce qui en fait une spécificité, un type ovin primitif issu de pratiques d'élevage familiales d'antan, avec toute la variabilité que cela engendre. C'est cela un travail de sauvegarde de la richesse du Ouessant du passé. 

Les mêmes

Ces deux là sont assurément les deux mêmes. Telle mère, telle fille!

Dame Hersent, brebis "noire" à la fibre décolorée par les agressions extérieures (pluie, soleil) et un phénomène de canitie avec l'âge, le tout donnant un aspect grisâtre argenté mêlé de brunissement.

Peluche, agnelle "blanche" d'environ huit mois.

Les similitudes d'allure vont jusque dans leur construction physique, ce que révèlera la tonte dans quelques semaines.

Au risque de me répéter, mais cela ne devrait pas déranger ceux qui s'intéressent au Ouessant, ces caractères bien transmis proviennent initialement d'un bélier noir extérieur introduit dans ma troupe en 2003 (Ocelot de l'élevage Delorme) présentant cette certaine longueur et une toison particulière, puis de ses descendants, la noire Promesse des Lutins ou encore le blanc Golas des Lutins qui avaient également hérité de cet aspect.

Ocelot sur ses vieux jours, qui est bien de coloration Non agouti sur base noire, l'éclaircissement du museau étant au phénomène de vieillissement.

Ocelot sur ses vieux jours, qui est bien de coloration Non agouti sur base noire, l'éclaircissement du museau étant au phénomène de vieillissement.

Golas

Golas

Il est intéressant et étonnant que dix huit ans après l'introduction d'Ocelot, caractères morphologiques et de toison s'expriment encore chez la jeune Peluche malgré les divers croisements avec d'autres lignées sur plusieurs générations dans ses ascendants.

Ce phénomène de caractères particulièrement codants est observable pour d'autres aspects du morphotype, comme je le constate pour diverses souches et lignées présentes depuis vingt cinq ans dans la construction du troupeau des Lutins.

Ainsi pour l'éleveur branché, il est possible de deviner dans un animal tel ou tel ancêtre et divers liens familiaux, en bref les influences, même en dehors des Ouessant de son propre troupeau.

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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 09:02

Hier soir, comme à l'accoutumé, vers 21h, le dernier biberon de mon agneau à allaiter servi, j'installais mes lanternes pour la nuit en prévention d'une éventuelle prédation, le tout sur un fond musical du moment à la radio épouvantail venant d'être allumée.

J'entendis alors un vol lourd et puissant dans l'arbre au-dessus de moi, bruit qui me fit penser par expérience à celui d' un vautour. Je n'y prêtais pas plus attention, songeant mon imagination féconde, d'autant que dans le même temps, le couple de corneilles nicheuses du même arbre houspillait un intrus dans la cime de façon fort bruyante.

Bienvenue aux fauves!

Tournant la tête pour partir, c'est alors que mon regard découvrit bien un vautour fauve juste au moment où il se posait dans un grand pin sylvestre, à 200m.

Le temps de courir prendre jumelles et longue vue et je m'assurais que le rapace comptait bien passer la nuit ici.

Surprise! Ce n'était pas un mais trois vautours qui étaient branchés dans ce pin.

Ceux-ci se trouvant à une cinquantaine de mètres d'une habitation, j'ai attendu jusqu'à la nuit totale pour vérifier qu'aucun dérangement ne ferait partir mes visiteurs, en espérant les retrouver bien là au lever.

Bienvenue aux fauves!

Ce matin, au lever du jour, ils étaient bien là. 

J'étais ravi et après le premier biberon du matin distribué à mon agneau dépendant, je décidais de me poster en affût pour assister au départ des trois vautours fauves, quand le soleil serait suffisamment haut pour ces gros et lourds planeurs (2m50 d'envergure). Je pris les lisières de haies pour progresser, scrutant tout de même les arbres autour de moi dans l'espoir d'autres fauves, ... mais non rien.

J'allais me placer en bordure de mes douglas, à 200m du trio, pour demeurer discret et ne pas déranger.

Cela faisait une demi heure que j'observais les Gyps fulvus depuis le pied d'un gros douglas, quand tout à coup j'ai cru que le ciel me tombait sur la tête. Un autre vautour se trouvait en fait au-dessus de moi. Je ne l'avais pas vu et lui non plus ne m'avait pas vu jusque là, se retrouvant alors surpris et s'effarouchant. Vacarme du grand voilier s'extirpant du résineux.... Spectacle du gros oiseau à l'envol à quinze mètres de moi.

Bienvenue aux fauves!

Du même coup, je fus stupéfait de ce qui se déroula. Ce n'est pas un vautour qui prit son envol .... mais deux, puis trois, quatre ...

Bienvenue aux fauves!

... finalement douze oiseaux successivement, rejoints ensuite par les trois tout premiers découverts la veille et décollant de leur pin.

Ce fut tout aussi intense que rapide.

Bienvenue aux fauves!

La nuit du 28 mai 2021 restera une date dans ma mémoire, celle où quinze vautours fauves avaient décidé de passer la nuit chez les Lutins! Evénement à inscrire en bonne place dans le Top 50 de mes observations sur ce site.

Spectacle magique du groupe partant dans l'horizon pour ses pérégrinations. Les voyages forment la jeunesse chez les vautours également.

Emerveillement et joie d'une si belle observation, si belle rencontre, mais tristesse aussi et regret de m'être retrouvé bien malgré moi à l'origine de ce départ anticipé de mes visiteurs, en fait dos au dortoir principal invisible. Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais jamais imaginé qu'une quinzaine de vautours puissent m'arriver et décider de s'installer pour la nuit, à seulement cinquante mètres de ma maison, pour ensuite se déplacer cent mètres plus loin, déjà à cause de moi la veille, sans que je le sache alors.

Sans doute un numéro spécial de la série "J'irai dormir chez vous"!

(Après échange avec un collègue ornithologue sur cet événement, celui-ci avait également neuf vautours fauves stationnés non loin ainsi qu' un vautour moine. Ce sont donc au moins 25 vautours qui avaient dû se poser pour la nuit sur le secteur)

Pour les amateurs d'oiseaux libres et vivants, à titre d'info déjà mentionnée dans un autre article, lors d'une première rencontre avec cette espèce chez les Lutins, cette observation s'inscrit totalement en cette période, dans le phénomène de prospection vers le nord des vautours fauves pour la plupart immatures. Phénomène récurrent ces dernières décennies depuis un bien meilleur état des populations et une plus large répartition des nicheurs. Phénomène pouvant emmener ces oiseaux là où on les attendrait encore moins, jusqu' en Belgique et aux Pays Bas, voire au-delà, sans avoir manqué auparavant d' "arroser" l'hexagone de leurs visites ici et là.

Alors, même en vous situant en dehors des zones habituelles de répartition de cette espèce, ouvrez l'oeil par les belles et chaudes journées favorables aux grands déplacements des vautours fauves (parfois accompagnés du vautour moine bien plus rare), on ne sait jamais, question de chance! 

Bienvenue aux fauves!

Anecdote vautour hors Lutins, mais que je trouve assez succulente pour être partagée ...

Lors d'activités naturalistes dans les Pyrénées atlantiques, dans ma jeunesse, dans un col pris dans les nuages, je capturai un jeune vautour fauve affaibli et volant mal.

C'est la suite qui devint cocasse lors de la descente du col pour aller rejoindre un centre de soins pour la faune sauvage. Cette trouvaille n'étant pas prévue, le rapace fut placé dans le coffre de la voiture. Mais au bout de quelques kilomètres, l'oiseau décida de passer sur le siège arrière. Ne pouvant m'arrêter de suite, de là il décida de passer à l'avant.

Ce fut sans doute le seul vautour fauve au monde qui prit le volant d'une Ford Escort et même klaxonna. Gros moment de panique, le rapace sur volant me bouchant la vue ailes écartées... et moi pied sur le frein dans un virage. J'imaginais déjà le titre du lendemain d'un journal local à sensations:  "Mort attaqué par un vautour jusque dans sa voiture".

Tout finit bien grâce à l'absence de circulation par ce temps, je ligotai l'oiseau avec un vêtement et finis par livrer mon colis insolite au responsable de l'association.

Je croyais l'aventure terminée quand je m'aperçus que j'étais couvert de centaines d'énormes poux aviaires proportionnels à la taille du vautour et qu'il en était de même de tout l'intérieur du véhicule. Il me fallut trouver un supermarché vendant une bombe antipuces, trouver un coin tranquille, me déshabiller totalement, placer les vêtements dans la voiture et y vider le pulvérisateur... Au bout d'un moment, le crime semblait être commis, plus aucun monstre ne bougeait ....

Le vautour fauve semble être oiseau à ne laisser au final que de bons souvenirs malgré tout ...

(Quant au vautour en question, il put être soigné, retapé et par la suite remis en liberté)

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 22:40
Vers le changement.

Après ces derniers mois froids, humides et perturbés, les Lutins apprécient le retour des beaux jours.

Quelques semaines de profusion végétale dont ils profitent, avant que dans quelques semaines une probable sécheresse estivale s'installe.

Vers le changement.

Profusion de laine également, les toisons arrivant à leur densité et longueur maximales.

Vers le changement.

Pour certaines Lutines plus que pour d'autres.

Vers le changement.

Du côté des garçons, la situation est identique.

Vers le changement.

Pour certaines, ce sera donc la toute première tonte qui permettra de découvrir leur réalité physique à un an passé.

Mais pas de précipitation pour déshabiller les Lutins. Non seulement les toisons n'étaient pas un luxe il y a deux jours encore, mais l'époque de la tonte n'est pas encore arrivée, la laine n'étant pas "mûre". Une seule brebis sur l'ensemble du troupeau montre des signes de mue entamée. Question de logique, il importe de respecter les cycles naturels, tout autant pour les animaux que pour le travail du tondeur.

On verra cela dans une quinzaine de jours, la situation des toisons aura probablement évolué. Et seulement s'il fait beau et chaud alors ...

(Au 1er mars, sur mon secteur, j'ai pu voir tout un troupeau de rente conséquent fraichement tondu... et au pré. Du grand n'importe quoi de la part d'un professionnel..., d'autant quand on sait les trois mois mémorables qui ont suivi. Pauvres animaux!)

Vers le changement.

Dans le même temps, agneaux et agnelles se construisent. Pour eux plus encore, le retour des beaux jours va leur permettre de savourer et découvrir pleinement la vie sans plus avoir à lutter contre les intempéries.

Vers le changement.

Le bonheur semblait s'être absenté du pré et ne plus vouloir revenir.

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 16:13

Pour la dernière naissance de l'année, encore une première!

Une première en dernière

La dernière naissance de l'année avait déjà eu lieu depuis plusieurs jours sans que je le sache.

En effet, hier, Lucy, qui devait agneler pour clore la saison 2021, n'a pas eu le plaisir d'être mère.

Cette brebis finit chez le vétérinaire pour une césarienne. Son anatomie ne lui permettait pas de mettre bas, un anneau musculaire en vulve obstruant la sortie.

Ayant trop souffert sous des heures de contractions, l'agneau extrait (encore un mâle!) n'avait pas survécu.

Encore une première! L'élevage est émaillé de surprises... Je n'avais encore jamais rencontré ce cas chez les Lutins.

D'après la vétérinaire, rien ne devrait empêcher par la suite une carrière de reproductrice, ce genre d'anomalie étant appelé à disparaître (d'après elle?).

Je n'en serai pas moins attentif la prochaine fois, ayant connaissance de cette anatomie toute particulière.

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 12:05

Elever peut apporter de bonnes surprises mais parfois de plus mauvaises. Parmi ces dernières figurent l'accident, la maladie ou même la mort. Ainsi il en est du vivant ...

De temps à autre, malgré les années d'élevage, je me trouve encore confronté à des "premières", des événements inédits au troupeau.

Cette semaine ce furent deux "premières" consécutives.

Les "Premières"

D'abord avec Dikdik qui se retrouve être malgré lui le Ouessant à la queue la plus courte.

C'est en vermifugeant mes agneaux les plus âgés et en examinant les autres que je découvris que ce mâle d'une quinzaine de jours avait la moitié de la queue en croûtes verruqueuses avec pus qui avaient  détruit les tissus en partie momifiés.

Pourquoi? Comment? Toujours est-il que la seule solution envisageable était l'amputation, désinfection et ligature pour éviter la progression du problème.

Les "Premières"

Tout cela n'a pas empêché Dikdik de continuer à mener une vie normale. Il pète même le feu bien que victime de cette "première". Heureusement que c'était la partie extrême de la queue qui se trouvait être touchée!

Ensuite, hier au lever, je trouvais une agnelle nouvellement née, sans doute âgée de moins de deux ou trois heures, la mère n'ayant pas encore évacué le placenta. Avec la météo pourrie du moment, j'ai placé la petite bien alerte dans un abri, vite rejointe par sa mère.

Pourtant, en matinée, je découvrais cette même agnelle morte aux côtés de la brebis. Je n'ai pas compris, d'autant que cette femelle avait bien du lait, chose vérifiée la veille au soir pour savoir si elle était bien gestante.

Une autre "Première"! n'ayant jamais eu à perdre d'agneau d'apparence normale dans ses premières heures... dans une situation également d'apparence normale.

Ainsi va l'élevage, avec ses bonnes et aussi ses malheureuses surprises.

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 16:42
Vergeois

Ce 19, au tour de ma belle et précieuse Hermeline de donner un petit mâle de plus.

Vergeois

Vergeois est de coloration Non agouti en couleur de base brune.

Il est donc de génotype identique à celui de l'agneau de la veille (AaAaBbBb).

Cependant je pense fort que Vergeois est homozygote pour l'allèle "faded". Ce qui aura pour effet de décolorer sa toison. Si tel est le cas, il faudra considérer qu'à son génotype s'ajoute (FfFf, allèle récessif en double exemplaire car hérité pour l'un de la mère et l'autre du père... ce qui a pour effet de modifier la coloration en cours de croissance et de construction).

Après vérification, plus que deux naissances certaines à venir chez les Lutins. Encore des béliers? Suspens! 

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