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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 18:13

Depuis l'acquisition du bâtiment il y a deux ans, débordé par les travaux d' installations des Lutins, j'avais un peu tardé à m'inquiéter d'aménager la grange pour mes amies les effraies qui voudraient bien passer par le lieu.

Cette espèce de chouette me rappela à l'ordre à l'automne. C'est en découvrant une, puis deux pelotes de réjection récentes que j'eus la preuve qu'un oiseau y venait la nuit. Pourtant le rapace nocturne n'a rien dans le bâtiment pour lui offrir 24heures sur 24 un peu de tranquillité pour s'y reposer... voire pouvoir nicher.

L'entrée pour "Dame blanche" en pignon.

L'entrée pour "Dame blanche" en pignon.

Ni une ni deux, au soir de cette découverte de fréquentation, dans l'urgence, un coffre aménagé et installé en conséquence trônait à l'entrée utilisée par l'oiseau, sans lui interdire totalement l'accès à la grange grâce à une hauteur conséquente de l'ouverture en muraille.

Crise du logement

Pris par mes occupations, j'avais presque oublié mon aménagement et ma visiteuse. Pourtant une semaine après cette installation, venant par hasard à la grange en après-midi, je découvris la chouette posée sur le nichoir.

Nous nous regardâmes longuement, réciproquement étonnés; puis dans son allure de vieille dame marchant les mains dans le dos, elle gagna tranquillement le pignon pour entrer dans le coffre.

Gagné!

En moins d'une semaine sans doute, l'effraie adopta ce nouvel appartement, preuve de crise du logement dans les environs ou de grande tentation devant si belle aubaine.

Depuis, plusieurs mois ont passé et je sais que ma locataire est fidèle au lieu.

Il n'y a plus qu'à espérer qu'elles seront deux au printemps pour envisager fonder famille.

Si tout se passe comme souhaité et que l'aménagement convient à la reproduction, le coffre fera une fin de carrière inattendue pour lui.

Sinon il me faudra envisager prendre du temps pour construire mieux et plus grand. Mais à mon avis, cette réponse d'installation en urgence devrait faire affaire.

Dans une vie antérieure et ailleurs, mon nichoir en grenier accueillit plus de vingt ans des effraies et devrait encore être opérationnel en cet instant j'imagine, si mes successeurs en mon chez moi du passé furent bienveillants.

J'apprécierais que ma vie soit à nouveau rythmée par celle de ce sympathique oiseau et sa famille.

Bien qu'espèce protégée qui, normalement, ne devrait plus finir crucifiée sur les portes de grange ou persécutée, la chouette effraie est une des premières victimes de la circulation routière, comme en témoignent les nombreuses dépouilles gisant sur le bas côté des routes et dont les ailes frémissent sous le souffle de la mort à chaque passage de véhicule.

Alors pour la bonne cause, un petit coup de pouce, "mettez" (aidez à ce qu'elle s'installe!) une effraie dans votre grenier ou votre grange...à condition de la laisser tranquille.

(il suffit de gérer ou interdire l'accès aux zones craignant salissures par installation adéquate, le nichoir pouvant donner sur l'extérieur uniquement si on le souhaite)

Un lien utile ci-dessous:

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:21

En mai dernier, sur ce blog, je passai cet appel en lien ci-dessous.

Malgré 150 à 250 visiteurs quotidiens différents sur le blog des Lutins (logiquement des centaines par semaine) et appel oralement au sein même des acteurs associatifs du Ouessant à l'occasion d'une réunion, je n'eus pas de retour.

On voit à quel point il est difficile de trouver un mouton d'Ouessant simplement dans le standard, avec origines et répondant à un minimum d'exigences.

En sollicitant quelques éleveurs proches, j'eus tout de même deux trois retours que je dus décliner, l'animal proposé étant trop jeune ou pas encore totalement construit ... et un adulte trop lourd pour aller dans le sens des orientations de mon élevage.

Finalement, c'est en toute dernière limite, une semaine avant le début de mes programmes de reproduction, en faisant appel à un dernier collègue éleveur qui se révéla attentif à ma quête, que je pus trouver le bélier qui m'apporterait un peu de "sang neuf" tout en allant dans le sens des Lutins.

J'avais le choix entre deux mâles. Je choisis sans hésitation le plus âgé des deux, correspondant d'ailleurs tout à fait au profil de mon élevage, m'appuyant de plus sur sa généalogie disponible.

Ce bélier a des qualités, mais aussi des défauts, comme tout animal et comme les miens évidemment, la perfection n'existant (heureusement) pas. Il me convient très bien et j'ai hâte de voir les premiers résultats de l'association de sa génétique à celle des Lutins.

Merci à ce collègue éleveur pour sa générosité en ce prêt. Il va de soi que je saurai lui retourner attention s'il se trouvait à l'avenir dans le besoin et s'il pouvait trouver utilité en un Lutin pour son élevage.

"Comme je sais que tu me lis à l'occasion, encore merci à toi!"

Bilan

En attendant, les filles peuvent profiter de ce play-boy encore quinze jours, pour compagnie ... et plus si affinités, si l'envie les prenait tardivement.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 17:33

Dans deux mois, chez les Lutins, devraient naître les premiers agneaux.

La vingtième saison d'agnelage! J'en rêverais bien encore vingt supplémentaires et pourquoi pas au-delà...!

Chez les Lutins, une naissance à douze niveaux d'origines reconnues, alors qu'actuellement plus de 99% des dits Ouessant rencontrés par ailleurs sont sans origines ou avec origines insuffisantes ...

Chez les Lutins, une naissance à douze niveaux d'origines reconnues, alors qu'actuellement plus de 99% des dits Ouessant rencontrés par ailleurs sont sans origines ou avec origines insuffisantes ...

On n'a pas tous les jours 20 ans. Cela commence à représenter.

C'est ce que révèlent les souvenirs simplement cérébraux ou sous forme d'image papier et numérique, ou encore ceux de deux décennies de notes et fiches diverses.

C'est également ce que révèlent les pedigrees tenus minutieusement depuis vingt ans.

Chez les Lutins, rechercher, étudier, comprendre, sauvegarder ... (en photo, un bélier noir décoloré tondu)

Chez les Lutins, rechercher, étudier, comprendre, sauvegarder ... (en photo, un bélier noir décoloré tondu)

Ainsi, alors que la tempête de neige m'oblige à quitter le troupeau et me plonger autrement dans l'univers Lutins, en consultant ces pedigrees, je réalise, une fois de plus, toute l'importance de deux décennies de suivis en une démarche d'élevage réfléchie et calculée pour un réel travail de sauvegarde.

Un travail précieux, parfois unique sous certains angles, le souci de suivi et d'origine n'étant que rarement priorité chez les possesseurs de moutons d'Ouessant, quand je mis les onglons dans cette sphère... et aujourd'hui encore. Le plus souvent les animaux rencontrés se retrouvaient sans origines, ou alors fragmentaires avec seulement les parents connus, ou encore avec généalogie femelles uniquement. Heureusement, une paire d'éleveurs méticuleux étaient attentifs à leur cheptel et leurs naissances, et c'est ainsi que je peux remonter assez loin en certaines souches initiales de mon troupeau.

Chez les Lutins, des ancêtres connus jusqu'à trente ans de là ...(en photo, un bélier noir tondu)

Chez les Lutins, des ancêtres connus jusqu'à trente ans de là ...(en photo, un bélier noir tondu)

Selon les branches et rameaux de leur pedigree, les agneaux qui vont naître ce printemps, résulteront d'ancêtres connus sur plus de douze niveaux d'ascendance. Ce qui correspond pour ces ancêtres les plus lointains, à des animaux des années 80.

Chez les Lutins, accepter les différences.... (en photo, une brebis en laine, noire avec canitie)

Chez les Lutins, accepter les différences.... (en photo, une brebis en laine, noire avec canitie)

En effet, il est naïf de penser que, par exemple, cinq générations correspondraient aux animaux des cinq dernières années.

La chose serait vraie, si tous les Ouessant se retrouvaient mère ou père à l'âge d'un an... et seulement à un an.

Or, quand tout va bien, un Ouessant reproduit encore à huit ans, par exemple. Dans ce cas, au niveau deux (celui des grands parents) du pedigree, on peut rencontrer un ancêtre né il y a seize ans. Donc à des niveaux plus élevés, on peut imaginer ...

Chez les Lutins, souci de la structure...tout en ne cherchant surtout pas homogénéité d'allure...(en photo une brebis noire à forte canitie)

Chez les Lutins, souci de la structure...tout en ne cherchant surtout pas homogénéité d'allure...(en photo une brebis noire à forte canitie)

Toujours est-il que m'est cher cet attachement à élever et produire des Ouessant issus et construits au travers de la composante des troupeaux initiaux de la relance de ce type ovin dans les années 80. Pouvant ainsi, pour chaque animal, considérer son intégrité génétique ou pas en cette référence, refusant d'introduire en ma troupe des animaux "tout venant" (sans origines lointaines connues et reconnues), aussi séduisants soient-ils, au risque de pollution génétique se révélant parfois à l'occasion en générations suivantes, mais le plus souvent demeurant malheureusement invisible, l'immensité des composantes d'un patrimoine génétique ne concernant pas uniquement les apparences, loin de là.

Chez les Lutins, réparation des erreurs suite au standard....(en photo, une antenaise brune)

Chez les Lutins, réparation des erreurs suite au standard....(en photo, une antenaise brune)

S'il est illusoire de prétendre conserver l'intégralité du patrimoine génétique du Ouessant de type ancien insulaire qui lui est de toute façon disparu, il m'est important de conserver l'intégrité du patrimoine génétique des troupeaux continentaux de ce type ovin, retrouvés un petit siècle plus tard après sa disparition.

Certes, ce patrimoine ne représente qu'un pourcentage indéfini de ce à quoi il était arrivé au cours du 19ème siècle sur Ouessant (juste avant la disparition progressive du type ovin d'alors), mais ce qu'il en reste est d'autant plus précieux pour se faire un devoir de le conserver.

Chez les Lutins, égalité de traitement face à la diversité officielle...(en photo, une brebis noire agouti grey)

Chez les Lutins, égalité de traitement face à la diversité officielle...(en photo, une brebis noire agouti grey)

Ce courant de pensée, de réflexion et d'action que j'impulse depuis ces vingt ans, commence à porter ses fruits et quelques trop rares éleveurs ont commencé à m'emboîter le pas dans le sens de la conservation, le milieu associatif semblant même se réveiller tout doucement, après l'avoir sensibilisé, instruit et parfois bousculé un peu, il faut bien l'avouer... Mais faire aujourd'hui ce qui aurait dû être fait il y a et pendant quarante ans (immense gâchis!) est-ce vraiment possible? Comment ne pas tomber dans le sectarisme en laissant de côté certains élevages et moutons sans doute précieux, et inversement, comment ne pas commettre erreurs irréparables (comme je l'ai déjà observé maintes fois) en récoltant et injectant fruits vereux dans l'aventure, problème délicat à présent qu'ils sont des dizaines de milliers d'animaux, alors qu'ils n'étaient que seulement quelques centaines au départ de cette résurrection il y a quarante ans?

Personnellement, malgré ma passion et mes compétences, je suis incapable (mais surtout je ne me le permettrais pas par honnêteté intellectuelle) de décréter, devant tel ou tel animal, qu'il est véritablement Ouessant ou ne l'est pas et y agrafer label en ce sens, sur sa simple apparence (sauf cas précis), car j'insiste, on est véritablement Ouessant par son "contenant", mais bien plus encore par son "contenu"qui là demeure forcément presque toujours inconnu dans sa totalité, la partie invisible de l'iceberg... L'habit ne faisant pas le moine!

Il faut parfois du temps pour que l'esprit du détenteur de Ouessant finisse par réaliser les pouvoirs de destruction ou au contraire de conservation vers lesquels ses méthodes et directions d'élevage peuvent conduire.

Chez les Lutins, éveiller à la réalité génétique et sa sauvegarde...(en photo, une agnelle agouti blanc bronzé)

Chez les Lutins, éveiller à la réalité génétique et sa sauvegarde...(en photo, une agnelle agouti blanc bronzé)

Chez les Lutins, vingt ans de conservation, de réparation des erreurs observées dans l'aventure de l'animal, mais aussi de quête pour la réalité encore bien fragmentaire du Ouessant de type ancien, cela se fêtera inévitablement le moment venu...."double ration pour tout le monde! c'est moi qui paie"..." et pour le berger ... (chuuut!)....!!"...

Etre Lutin en 2016 est bien devenu de fait un label de conservation face à toutes les incertitudes auxquelles se heurte généralement à présent l'ensemble de la population Ouessant continentale française et étrangère.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 17:33

Je jette toujours un regard sur les cadavres de la faune que je peux trouver sur mon chemin.

C'est riche d'enseignement pour l'identification, définir la présence d'une espèce en un lieu, tenter de déterminer une cause extérieure à la mort.

Pour les oiseaux, un peu comme un enfant souhaite la fève dans une galette, j'espère toujours tomber sur un individu bagué. Découverte alors utile pour l'ornithologie et le suivi de certaines espèces. Perspective ensuite de rêver sur le périple et la page d'histoire de l'oiseau dévoilés, à partir des données que la bague d'identification révélera après être passée en revue dans les bases des programmes de baguage de France et d'ailleurs en Europe ou au-delà.

Aussi en apercevant au loin sur la prairie ce qui semble être une simple merlette morte, je fais l'effort d'aller y voir de plus près.

Mais non, aucune bague. De plus cette merlette est bien étrange et s'avère à ses pattes et son bec, ne pas en être une.

Je suis surpris de me trouver au-dessus du cadavre d'un petit échassier. La dépouille est bien vieille et en mauvais état. L'oiseau n'a été consommé que de l'intérieur par les asticots, il y a de nombreuses semaines. La décomposition, le soleil et la pluie des derniers jours rendent la réalité du plumage bien peu évidente.

Cependant, à la taille, aux caractéristiques du bec courbe et des pattes, etc..., il semble bien qu'il s'agisse d'un râle d'eau et même d'un jeune oiseau de 2015.

Petit échassier

Il est toujours étonnant de découvrir une espèce qu'on ne soupçonne pas passer par son jardin ou sa prairie. Il faut ce genre de découverte pour concrétiser le phénomène.

Bien que le faucon pèlerin, l'autour et l'épervier soient régulièrement dans le quartier depuis l'automne, il y a peu de chance qu'ils soient le prédateur de ce râle, tout comme un mammifère carnivore type renard, martre, fouine, putois ... En effet, il est peu probable que ces espèces sauvages aient abandonné ainsi leur proie après capture. De plus aucun signe de début de consommation sur la dépouille.

Par contre je note fractures des pattes indiquant bien une capture et des morsures. Ces restes se trouvent à une cinquantaine de mètres de la maison, sur le secteur où j'ai, comme par hasard, déjà trouvé restes de huppe et engoulevent, pour ne citer que les espèces les plus remarquables.

Migrateur nocturne, le râle s'est-il posé une nuit à la mare près de la maison ou tout simplement exténué où il put? Toujours est-il que je soupçonne fort, une fois de plus, un des sales matous d'amour de la maison de n'avoir pu résister à la tentation. Trop de coïncidences!!

Petite surprise que cette découverte, quand on sait le râle d'eau timide et discret, difficile d'observation dans les milieux humides riches en végétation de rive qu'il affectionne.

Dommage si celui-ci de râle a bien terminé comme je le pense. Peut-être que les sales minets d'amour ont tenu à me faire partager à leur manière leurs connaissances ornithologiques, celles qui, comme cet autre engoulevent, échappent à mon observation pendant la nuit???

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 16:25

La période d'accouplements joue effectivement un peu les prolongations chez les Lutins.

Malgré onze semaines passées avec un bélier, deux brebis ne se montrent toujours pas gestantes puisque à nouveau en chaleurs.

Prolongations

Monsieur encadré de ses deux courtisanes.

Prolongations

Liés pour 48 heures.

Prolongations

Mais pas de jalouse, Monsieur est attentionné et s'occupe de l'une comme de l'autre des deux brebis en chaleurs dans le moment.

Prolongations

Montrant même que comme tout bélier de bonne éducation, et plus encore par ce temps pluvieux et boueux, il n'omet pas de s'essuyer les onglons sur Madame.... avant d'entrer...

Blague à part, je m'interroge toujours quand la fécondation n'a pas eu lieu chez des brebis adultes, malgré déjà plusieurs cycles de chaleurs et d'accouplements observés avec le bélier sur les quelques mois précédents.

L'excès de poids de l'une pourrait être l'explication et pour l'autre sa jeunesse...

Il faut se dire que cette fois ce sera la bonne!

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 12:46

Traditionnellement, la reproduction est arrêtée au 1er janvier chez les Lutins, afin de définir les toutes dernières naissances possibles vers la fin mai.

Une nouvelle marche gravie

Pourtant, cette année, le calendrier est un peu bousculé. Les Lutines joueront un mois de prolongations.

Une nouvelle marche gravie

C'est la présence d'un mâle extérieur pour l'hiver qui chamboule un peu les habitudes. Autant tenter de maximiser l'utilité de son passage en Terres Lutins, au cas où quelques brebis n'auraient toujours pas été fécondées....

Une nouvelle marche gravie

Pour cela, toutes les femelles reproductrices ont été regroupées avec le dit bélier.

Une nouvelle marche gravie

Mais auparavant, durant une bonne semaine, il fallut laisser sans aucun bélier les lots de femelles qui n'avaient pas eu comme partenaire jusque là, ce mâle issu d'un autre élevage.

Cette période "morte" en reproduction permettra de définir avec certitude qui est bien le père de chacun des futurs agneaux, selon sa date de naissance. Il ne devrait pas y avoir d'incertitudes, cependant les faits montrent qu'il faudrait une quinzaine de jours de "pause d'accouplements" puisque chez les Lutins, l'expérience montre jusqu'alors des durées de gestation avec naissances viables allant dans les extrêmes, de 145 à 159 jours...

Cette précaution est indispensable pour pouvoir ensuite établir un pedigree fiable pour chaque jeune.

Une nouvelle marche gravie

Voilà encore une étape franchie avant la réunification de tous les lots de femelles (il ne faut pas oublier les non reproductrices), puis plus tard celle de tout le troupeau.

Etape qui ravit les animaux concernés, tout comme moi qui ai l'impression de les retrouver. L'ambiance troupeau renaît doucement, graduellement.

Au loin, le groupe des femelles non sélectionnées pour reproduire cette année demeure à l'isolement.

Au loin, le groupe des femelles non sélectionnées pour reproduire cette année demeure à l'isolement.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:41

Elever des Ouessant, même par loisir, demande de consacrer du temps à ses animaux, tout autant pour assurer leurs besoins incontournables que pour profiter de leur présence et donc les observer, les analyser.

Que l'on soit en activité professionnelle ou enfin en retraite, si un regard quotidien sur ses animaux s'impose donc, selon la saison et le temps disponible, logiquement, tout éleveur aime également passer des heures à les savourer du regard et se fondre parmi eux, bref s'y consacrer. C'est ainsi qu'on les connaît et les reconnaît. C'est ainsi qu'on appréhende ce type ovin, qu'on envisage quête de savoir et directions d'élevage.

Ainsi chez les Lutins, le berger reconnaît chacun de ses moutons individuellement.

Comme il a pu déjà le raconter par ailleurs, il n'existe pas deux Ouessant identiques. Tout comme un enseignant est capable de reconnaître les élèves de sa classe ou ceux de l'ensemble de son groupe scolaire, quels que soient leurs changements d'habillement ou de coupe de cheveux, le bon berger est à même d'identifier chacun de ses animaux d'un simple regard, qu'ils soient dix ou cent (d'où l'utilité de donner un nom à ses animaux, à moins d'être un habitué du loto et préférer les numéros).

Connaître ses animaux, c'est connaître le caractère de chacun. C'est également connaître leur histoire sur toute leur vie (telle anecdote, tel souvenir, telle blessure, telle force ou faiblesse, ....).

C'est aussi, ce qui impressionne souvent le visiteur de passage chez les Lutins, en connaître de mémoire l'ensemble de ses ascendants, sur "n" générations dans les moindres embranchements, sans besoin de reprendre ses fiches qui récapitulent tout sur chaque Lutin.

S'il est aisé de reconnaître ses béliers, le bon berger saura identifier chacune des brebis, nue ou habillée. Question de présence, d'habitude, d'observation et de volonté

S'il est aisé de reconnaître ses béliers, le bon berger saura identifier chacune des brebis, nue ou habillée. Question de présence, d'habitude, d'observation et de volonté

Qui est qui?

Prunelle! Fille de et de ..., petite fille de, de, de et de ..., arrière-petite-fille de, de ...., arière-arrière .....

Prunelle! Mère de et de... avec tel et tel amoureux...

Pourquoi cet article dont j'ai déjà abordé le sujet de fond?

Parce qu'hier, alors que j'avais regroupé la cinquantaine de femelles, je m'aperçus qu'à 200 m trois brebis étaient demeurées sur place à leurs occupations, n'ayant pas vu le mouvement à cause d'un petit relief.

Par réflexe je m'interrogeai sur le "qui est qui?". Rien dans la coloration ne pouvait me mettre précisément sur la piste. Pourtant, après un balayage du regard sur la troupe présente, malgré la distance déjà conséquente, je définis à leur silhouette et leur allure qu'il s'agissait de Phaeo, Muse et Ronnie.

En redescendant, je vérifiai mon observation et...bingo!...c'était bien cela. Petit sentiment de fierté qui me confirmait que vivre ses moutons pouvait mener très loin dans des méandres de subtilités que seuls d'autres esprits avertis pouvaient mesurer.

Ah qu'il est bon de se jeter des fleurs et sentir ses chevilles gonfler...!!!

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 12:41

Il y a quelques années, une personne de passage chez les Lutins me demandait ce que j'apportais sur mes prairies pour les fertiliser.

Cette personne avait l'esprit formaté jardinage et exploitation agricole, aussi elle ouvrit de grands yeux quand je lui répondis: "Rien!"

Je tentai alors de lui expliquer que je ne sortais de mes prés aucune matière organique sous une forme ou une autre, que le nombre de moutons était géré en fonction des surfaces et que j'évitais le surpâturage, et qu'ainsi mes animaux jouaient un rôle uniquement de transformation de la masse végétale herbacée en déjections qui alors fertilisaient le sol pour reproduire de l'herbe, la boucle étant bouclée.

Je lui faisais remarquer également que les quintaux, sinon tonnes, de céréales introduites pour nourrir en complément hivernal compensaient largement les quelques dizaines de kilos de Lutins qui pouvaient certaines années quitter l'élevage.

Je lui expliquai également que de plus les haies et boisements de bordure des parcelles apportaient à l'automne par la chute des feuilles une part non négligeable de matière organique fertilisante.

Aux mimiques de son visage, je perçus qu'il n'avait pas assimilé dans l'immédiat mon discours.

En effet, pour lui, mouton rimait avec production de viande, rentabilité, sortie d'animaux pour la vente ....et donc "jardinage" et engraissement annuel des parcelles pour leur assurer avenir permettant de nourrir les animaux.

Il est parfois difficile de faire concevoir qu'on puisse élever des moutons pour son propre loisir, à titre de sauvegarde d'une race ou encore d'étude, voire comme animal outil permettant de conserver un espace ouvert (non repris par le boisement, comme il serait naturel qu'il le soit en l'absence de pâturage).

Engrais naturel

Parmi les multiples utilités des haies, les feuillages d'automne se retrouvant au sol contribuent à le fertiliser en créant humus, en particulier lorsque les parcelles ne sont pas trop grandes.

Pourtant en un siècle, ce serait 1 400 000 km de haies qui ont été rasés en France, pour agrandir les parcelles et les soumettre à une agriculture dite moderne.

Sous mon regard attristé, chaque année, ce sont encore des dizaines de kilomètres que je vois détruire dans ma sphère proche.

Devant ces phénomènes, je ne peux que sourire face aux gesticulations d'une COP 21, certes nécessaire, qui pourrait laisser penser que la garantie d'un avenir "meilleur" ne se limiterait qu'au souci des modes de production des énergies et de la limitation de l'augmentation moyenne de la température. Qui peut croire que 7 milliards d'individus seraient prêts à marcher dans la même direction alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux sur l'évolution de l'espace sur chaque commune pour comprendre à quel point notre environnement proche ne fait que se dégrader... même si nous arrivions à moins polluer.

Bref, comme il faut déjà œuvrer à son niveau, chez les Lutins, les haies, bien qu'artificielles en soi puisque simplement formes anciennes séculaires de limites de parcelles, sont précieusement conservées car faute d'une naturalité réelle, elles sont bien préférables au vide et au néant que d'autres créent toujours plus par ailleurs.....

sans oublier l'engrais naturel qu'elles apportent aux prairies des Ouessant.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 12:34

Je ne peux concevoir vivre ou passer en un lieu sans désirer connaître le maximum de facettes de son environnement.

Dans cette nature, le plus souvent réduite à une forme domestiquée appelée campagne, il y a les discrets. Ceux qui s'activent plus particulièrement la nuit bien que pas forcément strictement nocturnes, mais qui ont appris en nos contrées, suite à des siècles et millénaires de rapports difficiles avec l'humanité, à se faire invisibles et ne s'activer vraiment que lorsque les activités humaines sont réduites....Je ne peux que les comprendre.

Si j'aime voir le monde animal qui entoure les Lutins, j'aime tout autant simplement savoir sa présence.

Savoir là diverses espèces enrichit mon univers, enrichit mon être. Les savoir là, alors qu'au quotidien je n'en ai saisi ni la silhouette ni aucune trace d'activité ou de passage, est peut-être plus fort encore que la rencontre, le vivant devenant fantasmé, son idée de présence enveloppant ma bulle intérieure.

Comme surgi du plus profond de mes rêves alors que Morphée m'enserre de ses bras au plus fort, un lièvre vit sa vie autour des Lutins.

Comme surgi du plus profond de mes rêves alors que Morphée m'enserre de ses bras au plus fort, un lièvre vit sa vie autour des Lutins.

Discrète et distante la faune?

Essentiellement quand elle est persécutée.

Il suffit d'observer son changement de comportement une fois la période principale de chasse passée, de la rencontrer au sein de réserves où elle s'est réconciliée avec l'Homme ou de la découvrir sur des îles lointaines où l'humain n'est qu'une curiosité pour elle, pour s'en convaincre.

Ou encore, il suffira de mesurer la distance de fuite d'un pigeon ramier ou d'une corneille dans un parc parisien, comparée à celle de ces mêmes oiseaux en pleine campagne pour prendre conscience à quel point les agressions humaines sur la faune peuvent modeler les comportements de celle-ci.

Nyx, déesse de la nuit, réserve bien des surprises discrètes autour des Lutins... à n'apprécier qu'entre initiés bien intentionnés.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 17:37

Les béliers non reproducteurs se trouvent dans un parc non mitoyen avec un quelconque groupe de femelles.

Cela permet de limiter les tensions dans ce groupe des mâles, tout autant que d'éviter conflits avec le plus proche bélier reproducteur disposant de brebis.

Malgré tout, les mâles savent où se trouvent les filles car le mouton a une connaissance parfaite de son territoire. Sans oublier que selon la direction du vent, celui-ci leur apporte des nouvelles parfumées à l'occasion. Et puis quelques bêlements féminins peuvent leur arriver aux oreilles.

Sas de décompression

Bientôt, ces béliers au célibat forcé auront accès au parc de transition d'où ils pourront reprendre contact visuel avec les filles.

Mais le sas de décompression est là pour que l'événement se passe en douceur, en particulier en créant un vide entre clôtures, afin d'éviter affrontement direct avec le bélier reproducteur voisin.

En fin d'hiver, une étape de plus sera franchie dans les retrouvailles progressives. Tout le clan des mâles pouvant alors en un autre parc, presque côtoyer celui des femelles, avec un unique grillage pour séparation malgré tout, jusqu'à ce qu'arrive enfin le 1er avril, date de regroupement de la totalité du troupeau des Lutins.

Sas de décompression

En attendant, les "vieux garçons" s'apprécient puisque qui se ressemble s'assemble. D'autant que chez les béliers, on est en fait très liés.

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