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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 16:43

Plusieurs visiteurs du blog des Lutins m'interrogent sur le bruit qui court concernant de nouvelles boucles d'identification disponibles pour le Ouessant.

Tout de suite, qu'on ne se leurre pas, il ne faut attendre aucun miracle en ces nouveaux systèmes qui n'ont rien de révolutionnaire pour éviter les soucis d'arrachages accidentels. Développons.

Petit rappel pour le nouvel éleveur ou le simple lecteur de passage en cet article...

Tout détenteur de moutons (ou de chèvres), quel qu'en soit le nombre (donc un seul y compris) est normalement tenu d'être déclaré et d'identifier ses animaux selon la législation.

Cette obligation date de 1997. Un aménagement avait alors été obtenu un temps pour le Ouessant par la pose de petites boucles alu plus adaptées à la taille de ses oreilles.

Puis il y a quelques années, arriva l'obligation de passer à l'identification électronique en des boucles de plus grande taille; mais là encore le Ouessant put bénéficier de boucles réservées aux petits animaux, plus réduites que celles pour les grandes races, mais malgré tout géantes comparativement aux anciennes boucles alu.

Ces identifications ont pour but d'avoir un suivi des animaux dans les systèmes d'élevage et aux différentes étapes de leur exploitation.

Ce souci administratif n'offre pour l'éleveur d'agrément aucun intérêt si ce n'est d'identifier ses animaux s'il n'était pas à même de les reconnaître individuellement.

Outre l'aspect inesthétique et les frais engendrés qu'il ne faut pas nier, cette obligation serait sans grandes conséquences si ne se posaient pas les problèmes réguliers d'arrachage de ces boucles....et évidemment des oreilles du mouton.

En effet, par sa petite taille, le Ouessant passe sa tête entre les mailles des grillages pour bétail ou simplement se raccroche par ces bijoux de pacotille aux divers grillages et autres branchages.

Quand on sait que le rebouclage à l'identique est obligatoire, au-delà des frais forcément engendrés, comment fait-on quand l'oreille ne peut plus recevoir cette quincaillerie?

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

A gauche, pour le Ouessant, boucle alu, puis depuis, les formes plastifiées avec barrette électronique. A l'extrême droite deux nouveaux modèles sur lesquels fantasment certains, mais qui à l'évidence ne sont en rien une avancée mais simplement de nouveaux systèmes d'arrachage d'oreilles. Nul besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre ce qu'un enfant comprendrait. Et pourtant, nous en sommes toujours là...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Que faire?

Il y a une paire d'années, j'ai tenté de réveiller le milieu du Ouessant face à ce souci et à le sensibiliser à la nécessité d'œuvrer dans une autre direction pour un autre système. Gros travail pour lui quand on sait que tout cela est politique et que les simples courriers ne sont pas suffisants car dans les sphères les plus hautes on se heurte à des perroquets qui ne savent que réciter les textes en vigueur, personne ne voulant prendre responsabilité, renvoyant l'ascenseur vers le haut du système.

Gros et long travail donc! Sans volonté au départ, de toute façon, rien ne se fera jamais.

Pourtant "Commence et l'impossible deviendra possible!"

La volonté, je ne l' ai donc pas rencontrée par ailleurs. Mes oreilles personnelles ont dû écouter arguments plus tordus les uns que les autres pour expliquer l'inaction. J'ai pu découvrir qu'au milieu des problèmes d'ego et des querelles intestines entre personnes, pendant ce temps le Ouessant se retrouvait pris en otage. J'ai pu découvrir également qu'il n'y avait aucun souci du bien être des animaux et que les éleveurs n'étaient pas prêts à consacrer pour ce problème de l'identification autant de temps, d'énergie et d'argent qu'ils en sont parfois capables pour leurs amusements et leur propre plaisir autour du Ouessant.

De mon côté, "j'aurai fait ma part", comme dirait le colibri cher à Pierre Rabhi...

Si la masse des éleveurs déclarés de Ouessant daigne un jour se fédérer et bouger à son tour, j'en serai ravi. C'est là que l'aspect associatif aurait toute son importance. Aux éleveurs déclarés de savoir ce qu'ils souhaitent réellement: continuer à subir dans le silence l'absurdité d'un système inapproprié à leur troupeau et leur loisir ou élever dans de bonnes conditions des animaux dont on respecte l'intégrité physique.

En attendant, effectivement, ceux qui veulent s'orienter vers le mirage des tout nouveaux systèmes d'arrachage des oreilles de leurs animaux peuvent le faire, c'est possible...

(Par contre il leur reste à convaincre leur administration de leur procurer la nouvelle quincaillerie, ce qui selon les départements peut être encore une autre très longue histoire...)

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:21

Pendant que trois de leurs confrères ont le plaisir de transmettre leurs gènes par l'intermédiaire des brebis sélectionnées spécialement pour eux, le groupe des mâles célibataires de la saison se compose d'une vingtaine de béliers.

Si quatre animaux sont appelés à quitter le troupeau dès que possible, le reste de la bande est assuré de finir sa vie ici et de contribuer une année ou une autre à la construction du cheptel des Lutins.

La banque mâle du moment

Les uns pour les souches ou lignées qu'ils représentent, les autres pour la conservation des diversités colorées, leur cornage, leur morphologie générale, leur taille, leurs aplombs, la structure de leur toison, leur rusticité et/ou autres qualités....ou encore point souvent oublié, leur caractère personnel.

Régulièrement le groupe visite cet endroit précis de son territoire. En effet, ces béliers manifestent ainsi leur désir de gagner le parc qui les sépare des lots avec brebis.

Ils me font ainsi toujours pitié, mais il faudra encore patienter jusqu'au 1er avril pour qu'ils puissent retrouver les femelles et pouvoir mener à nouveau une vie enfin normale durant le printemps et l'été.

Les moutons sont des animaux particulièrement grégaires et il m'est également douloureux pour moi-même de devoir les contraindre à séparations saisonnières par obligations d'élevage malheureusement incontournables.

Il est tellement plus agréable (et pour les Ouessant en premier) d'avoir sous les yeux des animaux sereins, épanouis et équilibrés, dont tous les besoins sont satisfaits.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 18:25

Le mois de novembre est passé et certains jours il fut très chaud du côté des reproducteurs.

Les béliers des lots de reproduction les plus importants pouvaient se retrouver avec cinq ou six femelles en chaleur à devoir féconder dans les mêmes heures.

Et comme pour chacune il faut s'y reprendre un grand nombre de fois, les valeureux mâles ne savaient plus où donner de la ... tête.

En effet, novembre correspond au pic des fécondations réussies chez le Ouessant. Ce qui correspond bien au pic des naissances d'avril ensuite, cinq mois plus tard.

Ces naissances étant essentiellement plus fréquentes en ce mois donc et bien représentées tout de même le mois précédent ainsi que le suivant.

Mars, avril, mai! Pas vraiment un hasard, puisque c'est l'arrivée du printemps, période à laquelle les jeunes ont le plus de chance de s'en sortir et profiter du lait de mères pouvant tirer profit d'une meilleure alimentation naturelle, avant que celle-ci devienne également une aubaine pour les petits nouveaux.

Comme on dit souvent: "La nature prévoit plutôt bien les choses!" (En fait la nature ne prévoit rien, ce sont simplement là des caractéristiques biologiques qui, se trouvant être les plus favorables à l'espèce, se sont ainsi trouvées favorisées par la sélection naturelle, l'héritage génétique et l'évolution au cours des temps. Le phénomène du vivant n'étant jamais un but mais simple conséquence.)

En ce début décembre, je note les brebis non fécondées lors de cette effervescence de novembre. Elles se retrouvent donc en chaleurs ces derniers jours, face à un mâle moins débordé.

Les prolongations pour un travail bien fait vont ainsi s'étendre jusque début janvier. Ensuite, les accouplements ne seront plus qu'anecdotiques puisque la plupart des brebis sera déjà gestante.

Novembre fut chaud

Chez les jeunes du clan des mâles célibataires...

Novembre fut chaud

..., on s'entraîne, pour l'an prochain...

(comme Gléglé, avant que je doive tronquer sa corne, pour une autre raison, comme je l'expliquais dernièrement)

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:05

Déjà bientôt trois semaines que Junior est mort.

Dès les premières heures de sa disparition, malgré la peine du berger, il était intéressant d'observer la meute ainsi remaniée par cette disparition.

Un groupe, humains y compris, est fonction des individus qui le composent.

Il suffit de l'absence d'un seul être pour que les relations sociales dans ce groupe ne soient plus les mêmes et que les comportements ou les personnalités des uns et des autres évoluent. Certaines habitudes disparaissent alors que d'autres se construisent, certains liens se font ou se défont, ....

Tout le tissu comportemental relationnel a changé, y compris avec moi.

Sans donc aucun nouvel individu, c'est bien une nouvelle meute que le berger des Lutins côtoie.

Il serait bien long de décrire tous les changements en la meute, mais les passionnés du monde animal et de l'éthologie en particulier me comprendront.

La meute se restructure.

Pour autant, individuellement, chacun demeure ce qu'il est au fond de lui-même.

La meute se restructure.

Gypse ne regrette en rien d'avoir refusé une carrière de mannequin pour s'adonner en vraie bergère à sa passion du troupeau.

La meute se restructure.

Isa, équipée des célèbres piles qui durent longtemps, longtemps, ..., préfère la course aux moutons sur qui elle ne daigne jamais jeter un regard.

La meute se restructure.

Tess qui à cause de sa surdité a troqué sa passion du mouton pour celle de "la table", en bonne grand-mère, termine une vie heureusement encore tranquille côté santé.

La meute se restructure.

Guss, malgré une vie dans le brouillard à cause de ses yeux, ne la savoure pas moins pour autant, toujours les autres sens en alerte, prêt à être de la partie.

La meute ne sera plus jamais de cinq. Le jour où elle descendra malheureusement à trois, jamais plus elle ne dépassera ce nombre qui pour moi est un idéal.

Idéal de trois que j'avais dépassé uniquement suite à deux adoptions qui s'étaient imposées pour assurer une vie heureuse à deux chiens nés sous mauvaise étoile.

Idéal de trois si je raisonne en chiens de troupeau, avec une nouvelle acquisition tous les 6/7 ans.

Avoir un chien exige de lui consacrer beaucoup de temps chaque jour et donc d'être disponible.

Avoir cinq chiens nécessitait d'avoir plus que cinq fois plus de temps pour eux. Le plaisir de la meute, s'il est bien réel, ne doit pas faire oublier que c'est aussi une occupation quotidienne à laquelle on ne peut jamais échapper, pas un seul jour.

Tout comme le mouflon mutant en forme de Ouessant, le loup mutant en forme de Border collie ou autre race bergère, est assurément un animal passionnant ... même si le mouflon et le loup le sont plus encore, je le reconnais volontiers.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 16:46

Un truc jamais survenu chez les Lutins, un jeune bélier du printemps voit une de ses cornes rongée de l'intérieur.

Nouvel incident

La corne droite de Gléglé présentait une extrémité cassée. Phénomène assez classique chez les jeunes lorsque leurs pointes sont encore tendres. Je ne m'étais donc pas inquiété outre mesure jusqu'à ce que je remarque ces derniers jours que la corne semblait se fissurer. Après capture du bélier, je découvris que sur une dizaine de centimètres cette pointe était creuse.

Je décidai de couper cette partie morte et m'aperçus que l'intérieur présentait de la corne "pourrissante". Il me fallut curer au maximum pour pouvoir ensuite injecter un désinfectant avec antibio en espérant stopper la progression.

Il me faudra répéter l'opération et logiquement tout rentrera dans l'ordre. L'avenir dira.

Nouvel incident

J'ai dû rogner l'autre corne pour redonner au jeune une allure plus craquante face aux agnelles de son âge lorsqu'il les retrouvera.

Nouvel incident

En équilibrant au mieux sous tous les angles.

Nouvel incident

Et en s'appliquant à une finition qui avec le temps redonnera une allure naturelle au cornage.

Voilà un travail de faussaire qui s'imposait pour raison de santé, sinon le berger ne trafique jamais les cornages de ses mâles pour tricher face à une nature qui n'aurait pas été très généreuse pour le sieur.

(Seule l'intervention réparatrice est également pratiquée parfois sur une corne cassée devenue un danger pour les autres animaux.)

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 11:21

Recherche, observation, analyse, réflexion, orientations et programmes d'élevage sont les moteurs d'une conservation rigoureuse du Ouessant en l'élevage des Lutins.

Comme en tout apprentissage, l'erreur peut être formatrice pour permettre de l'éviter à l'avenir et forger ainsi son expérience.

Dans l'histoire de la sauvegarde du Ouessant, m'était arrivé aux oreilles que les survivants d'un troupeau décimé par la kératite furent intégrés à la grande aventure du renouveau de ce type ovin.

On pourrait penser que, si ces animaux avaient survécu, c'est qu'ils s'étaient révélés résistants à la maladie. Or, dans son livre "Le mouton d'Ouessant", François de Beaulieu précise que ces 11 survivants avaient été soignés et ainsi sauvés. Ainsi il s'avère que ces animaux n'avaient pas de résistance particulière face à ce mal, tout au contraire.

Sans pouvoir l'affirmer, je me demande si cette initiative, lors de la sauvegarde naissante du Ouessant, ne serait pas à l'origine du souci de kératite parfois récurrent que l'on peut encore rencontrer actuellement en ce type ovin, chez certains animaux et même plus spécialement en certaines souches... pour le plus grand désespoir de leurs éleveurs.

Il est en effet surprenant que chez un mouton réputé (faussement ?) rustique, il ne soit pas rare de rencontrer ce problème. (Face à ce mal, je reçois régulièrement des appels au secours d'éleveurs visiteurs de mon blog).

Actuellement, ce souci de conjonctivite/kératite est bien reconnu comme étant LE souci du Ouessant, puisque l'association française de promotion de cette race le présente elle-même dans la section "soins" de son site.

La réflexion, basée sur la connaissance, est bien le chemin à prendre dans un désir de sauvegarde de ce type ovin.

Pour cela, il faut garder à l'esprit qu'il ne faudrait toujours qu'employer le meilleur en reproduction.

Les considérations du meilleur devant être d'abord celles portées sur la rusticité et toutes les capacités globales de vie en extérieur attendues chez ce type ovin... pour ne pas l'affaiblir. Cela toujours avant les considérations d'une hypothétique beauté, au risque pour l'éleveur de "s'en mordre les doigts" pour très longtemps en sa troupe, et pour cet ovin de type ancien, au risque de le voir sombrer dans des maux similaires à ce qu' on observe chez de nombreux autres animaux domestiques touchés par diverses "tares".

Ouvrir l'oeil sur son troupeau...pour les soucis de kératite dont nous avons hérité....et pour tout ce qui peut aider à garantir l'avenir d'un Ouessant de type ancien, solide.

Ouvrir l'oeil sur son troupeau...pour les soucis de kératite dont nous avons hérité....et pour tout ce qui peut aider à garantir l'avenir d'un Ouessant de type ancien, solide.

On ne sauvegarde bien que ce que l'on connaît au mieux...

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 11:25

Impossible n'est pas Lutin!

Impossible?

Le sexe crée du lien....

Amour fécond impossible entre la plus grande brebis et le plus petit des béliers?

Non, la différence de taille n'est pas un souci. Les "choses" se passeront comme il se doit, comme ce couple improbable l'a déjà prouvé l'an passé.

Impossible n'est pas Ouessant! Impossible n'est pas Lutin!

A cœur vaillant rien d'impossible...

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:43

Toi mon Junior.

Toi qui durant tes neufs premiers mois d'entrée dans la vie ne pus t'épanouir dans le meilleur des ailleurs.

Toi qui semblais devoir en garder les séquelles pour toujours.

Toi que j'ai tenté de reconstruire au mieux.

Toi qui sus sans cesse me rappeler qu'accepter de partager n'est pas s'oublier soi-même.

Toi qui malgré tout tentas de me faire plaisir au travail sur troupeau.

Toi qui, pris dans l'ivresse de l'instant présent, choisis cette fraction de seconde précise pour quitter le sentier et t'élancer sur la route.

Toi dont le destin semblait devoir te faire rencontrer cette auto trop mobile...

En perdant ta vie, tu fermes également un chapitre du livre de la mienne.

La mienne semble devoir continuer. Elle s'est enrichie des deux ans du chemin parcouru ensemble.

Un vide pesant plane en la meute, en la famille que nous formions.

Ce fut ton tour

Toi mon Junior, je continuerai à te voir partout là où nos pas se sont mêlés.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 14:10

Fooor-ormida-ble!

L'ouvrage de François De Beaulieu et Hervé Ronné sur le mouton d'Ouessant est paru.

C'est forcément un plaisir d'avoir pris connaissance du contenu et d'avoir pu découvrir dans cette approche historique du mouton d'Ouessant, diverses données que j'ignorais, tout autant du côté témoignages écrits que de celui des clichés photographiques.

Un recueil qui va bien au-delà de ce que j'avais pu modestement glaner moi-même depuis une vingtaine d'années (consultable en catégorie "historique" de ce blog), dans une démarche de simple éleveur curieux de la réalité ancienne du Ouessant. Je conseille donc de lire cet ouvrage à ceux qui ne l'auraient pas encore fait.

Néanmoins, presque rien de bien nouveau pour moi, en ce qui concerne ma représentation de l'ovin et sa situation du passé. Tout montre, encore une fois, qu' il demeure toujours un grand flou quant à sa taille moyenne réelle en sa forme insulaire, derrière le simple adjectif de "petit" souvent repris dans les témoignages, ainsi que quant à sa(ses) coloration(s) rarement décrite(s) ou alors parfois de façons contradictoires si ce n'est imprécises de par le vocabulaire. Certains clichés photographiques les plus anciens sont là aussi pour faire tomber certains fantasmes sur la fameuse " très petite" taille ou encore l'idée d'un cheptel entièrement noir tardivement.

Tout de même, dans cette somme de connaissances, une perle, une perle précieuse qui vient étayer ma réflexion déjà acquise sur les méandres du type Ouessant du passé !

En effet, page 35, dans la photo pleine page de 1898, on découvre deux brebis blanches (une fois encore bien grandes en comparaison avec le standard actuel). Que d'émotion devant ce cliché inédit!

Que d'émotion plus encore, quand à une dizaine de mètres derrière ces deux animaux, je découvre un(e) agneau/agnelle noir(e) de quelques semaines présentant les caractères suivants: museau ainsi que le tour des paupières blancs....(et il semblerait bien l'intérieur des oreilles marqué de blanc également si ce n'est pas l'effet d'entailles)!!!!!

Ce sont là des caractères similaires à ce qui s'exprime chez les jeunes de type Agouti grey (Agouti gris), gène (allèle Ag) présent en certaines souches Ouessant du paysage actuel continental de cet ovin. Forme que je connais bien pour l'étudier comme il se doit en mon élevage, en un programme spécifique, du fait de sa présence avérée dans les populations Ouessant depuis une quarantaine d'années au moins suite à de fort probables métissages. Ce qui m'a amené à réparer cette "errance" des groupements en ramenant cette forme colorée en "sang" du noyau de base de la relance du type Ouessant.

La présence sur l'île d'un agneau d'une coloration Agouti autre que le l'Agouti blanc bronzé (Awt, Agouti white tan, dit communément simplement "blanc") est donc un "scoop".

C'est le premier témoignage, qui plus est visuel, d'un Ouessant en situation insulaire au 19ème siècle qui ne soit ni de forme dite "blanche", ni de forme dite "noire", les plus connues et les plus observées.

Voilà exactement le type de donnée qui me ravit car elle montre bien que la réalité fine des Ouessant sur Ouessant est complexe, plus vaste que ce à quoi certains voudraient parfois la réduire suite à une représentation mentale parfois simpliste du passé (des passés) de cette population ovine et des aléas qu'elle a pu rencontrés (et qui, très important, ont contribué d'ailleurs parfois à sa construction et son évolution graduelle).

Pour ceux qui donc possèdent déjà l'ouvrage, rendez-vous p 35. Pour les autres....une raison de plus de l'acquérir? Pour l'instant je ne peux m'autoriser à publier cette photo.

En comparaison avec le jeune animal atypique du cliché ancien en référence, voici ci-dessous une agnelle de mon élevage de forme similaire de par son génotype couleur, pour mieux comprendre mon discours.

Formida-ble!

Candice des Lutins nouvellement née alors, agnelle noire Agouti gris (Ag, Agouti grey) chez qui on observe museau et tour des yeux blanchâtres (la marque blanche frontale concerne par contre un autre phénomène qui ne touche pas exclusivement les animaux de cette coloration). Ces caractères en ce type s'intensifient par la suite pour exprimer peu à peu un blanc plus soutenu sur ces zones initiales.

Formida-ble!

Ici plus nettement chez un agneau noir Agouti gris (Ag, Agouti grey) de six semaines (photo Dominique Leplant).

Formida-ble!

Le même agneau plus jeune.

J'entends déjà les "C'est pas évident" ou "Difficile de voir", en rapport au cliché ancien.

Certes on pourrait rêver d'un document de meilleure qualité, mais nous devons faire avec ce qui est déjà miraculeusement arrivé jusqu'à nous 117 ans après l'instant photographique.

Ensuite, tout comme en d'autres domaines il semble parfois incroyable de pouvoir par exemple déterminer les composants d'une étoile à partir de l'analyse de sa lumière, ou de pouvoir reconstituer le crâne d'un hominidé à partir de simples morceaux, ou encore de pouvoir mettre un nom sur un oiseau en vol à quelques centaines de mètres, il peut paraître douteux de pouvoir avancer identification de signes de coloration d'un mouton en second plan sur un cliché ancien.

Pourtant, comme en toute chose, tout est question de connaissances et d'expérience.

Tout d'abord, l'ovin noir de petite taille en second plan de cette page 35 est bien un agneau mâle ou femelle, et non une antenaise (animal d'un an) comme je l'ai entendu dire. Une antenaise il y en a une à l'attache avec la brebis adulte blanche qui nous regarde au premier plan. Rien à voir en taille ni en avancement de pousse de la toison.

Non, l'ovin en second plan est bien un jeune de l'année. Aux critères taille et aspect de toison vient s'ajouter la date de prise du cliché qui serait d'avril. Si on considère des naissances possibles dès février (plus rarement janvier), cet élément confirme bien l'impression d'un jeune, de 2/3 mois maximum, déjà perçue à son allure.

En type Ouessant, les agneaux noirs non agouti n'ont jamais le museau blanc (ou encore le tour des yeux).

Si ce jeune de la page 35 est donc bien d'un type Agouti, je n'ai pas défini lequel, n'ayant rapporté à titre de comparaison que similitudes avec le type Agouti grey que nous connaissons aujourd'hui en population continentale de la forme ancienne Ouessant.

Faut-il faire un lien entre ma découverte et les remarques troublantes que je faisais déjà en fin d'un autre article (ci-dessous en lien)?

Ainsi ces possibles individus Agouti devant ce moulin pourraient-ils l'être en une autre forme que l'Agouti blanc bronzé (Awt)?

Rien ne peut être affirmé.

Mais p 36 de ce même ouvrage de François de Beaulieu, mon interrogation n'est que plus grande encore face à cette autre scène devant le même moulin qui semble photographiée quelques minutes après la précédente vue. En effet, si la brebis tenue en corde est toujours bien loin et de dos, elle laisse entrevoir cette fois sa tête, une tête très très troublante, sans parler de la toison.... Les esprits avertis et curieux me comprendront... Fascinante énigme!

Si maintenant on se tourne vers le continent breton d'il y a un siècle, il est curieux de découvrir qu'on pouvait trouver également variétés en colorations de toison, comme en témoigne en particulier ce type Agouti indéterminé en cette série de trois clichés.

Formida-ble!
Formida-ble!
Formida-ble!

Pour finir, pour anecdote car beaucoup plus près de nous dans le temps (1971), on remarquera toujours dans le même ouvrage de François de Beaulieu p 49, une brebis d'un type Agouti indéterminé sur Ouessant au centre de la première photo.

Sans que les cinq formes ovines présentées aient un lien direct entre elles, il est plus qu'intéressant de noter ces particularités pour pouvoir prétendre appréhender le paysage coloré des toisons des Ouessant sur Ouessant puis sur le continent, et en particulier les formes possibles de type Agouti .

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 17:42

Certaines années, quand c'est possible, un de mes divers lots de reproduction accueille un bélier non lutin, afin d'apporter en partie "sang" neuf en mon troupeau pour son avenir et en enrichir le patrimoine génétique global, malgré toujours par ailleurs des accouplements calculés parmi mes animaux pour éviter ou limiter la consanguinité et également pouvoir déterminer généalogies précises pour tous mes moutons.

Parfois, il m'est arrivé de présenter le bélier accueilli et son éleveur/naisseur.

Cependant je m'étais aperçu par certaines réactions en conséquence que cette information pouvait créer soucis inattendus.

Par exemple de par des sollicitations brutalement nombreuses pour espérer acquérir une de mes naissances programmées, alors que moi-même j'étais bien loin de connaître les résultats de cet apport que j'effectuais... bien évidemment pour l'intérêt de ma troupe en premier.

Ou encore certaines jalousies et histoires entre éleveurs.

Le Ouessant n'est pas comme la musique, il n'adoucit pas forcément les mœurs.

De passage chez les Lutins (merci à son éleveur).

De passage chez les Lutins (merci à son éleveur).

Aussi depuis quelques années, je ne présente plus ni les éleveurs qui me rendent service (dommage, j'aimais bien les mettre à l'honneur et les remercier ainsi également) ni leur animal.

Ainsi je ne mets plus le prêteur dans l'embarras et personne ne rêve plus pouvoir me prendre ce que je n'ai pas même encore obtenu en résultats de naissances.

Si les Ouessant sont des animaux apaisants, il n'en est pas forcément de même de l'ensemble des éleveurs...

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