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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 16:25

La période d'accouplements joue effectivement un peu les prolongations chez les Lutins.

Malgré onze semaines passées avec un bélier, deux brebis ne se montrent toujours pas gestantes puisque à nouveau en chaleurs.

Prolongations

Monsieur encadré de ses deux courtisanes.

Prolongations

Liés pour 48 heures.

Prolongations

Mais pas de jalouse, Monsieur est attentionné et s'occupe de l'une comme de l'autre des deux brebis en chaleurs dans le moment.

Prolongations

Montrant même que comme tout bélier de bonne éducation, et plus encore par ce temps pluvieux et boueux, il n'omet pas de s'essuyer les onglons sur Madame.... avant d'entrer...

Blague à part, je m'interroge toujours quand la fécondation n'a pas eu lieu chez des brebis adultes, malgré déjà plusieurs cycles de chaleurs et d'accouplements observés avec le bélier sur les quelques mois précédents.

L'excès de poids de l'une pourrait être l'explication et pour l'autre sa jeunesse...

Il faut se dire que cette fois ce sera la bonne!

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 12:46

Traditionnellement, la reproduction est arrêtée au 1er janvier chez les Lutins, afin de définir les toutes dernières naissances possibles vers la fin mai.

Une nouvelle marche gravie

Pourtant, cette année, le calendrier est un peu bousculé. Les Lutines joueront un mois de prolongations.

Une nouvelle marche gravie

C'est la présence d'un mâle extérieur pour l'hiver qui chamboule un peu les habitudes. Autant tenter de maximiser l'utilité de son passage en Terres Lutins, au cas où quelques brebis n'auraient toujours pas été fécondées....

Une nouvelle marche gravie

Pour cela, toutes les femelles reproductrices ont été regroupées avec le dit bélier.

Une nouvelle marche gravie

Mais auparavant, durant une bonne semaine, il fallut laisser sans aucun bélier les lots de femelles qui n'avaient pas eu comme partenaire jusque là, ce mâle issu d'un autre élevage.

Cette période "morte" en reproduction permettra de définir avec certitude qui est bien le père de chacun des futurs agneaux, selon sa date de naissance. Il ne devrait pas y avoir d'incertitudes, cependant les faits montrent qu'il faudrait une quinzaine de jours de "pause d'accouplements" puisque chez les Lutins, l'expérience montre jusqu'alors des durées de gestation avec naissances viables allant dans les extrêmes, de 145 à 159 jours...

Cette précaution est indispensable pour pouvoir ensuite établir un pedigree fiable pour chaque jeune.

Une nouvelle marche gravie

Voilà encore une étape franchie avant la réunification de tous les lots de femelles (il ne faut pas oublier les non reproductrices), puis plus tard celle de tout le troupeau.

Etape qui ravit les animaux concernés, tout comme moi qui ai l'impression de les retrouver. L'ambiance troupeau renaît doucement, graduellement.

Au loin, le groupe des femelles non sélectionnées pour reproduire cette année demeure à l'isolement.

Au loin, le groupe des femelles non sélectionnées pour reproduire cette année demeure à l'isolement.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:41

Elever des Ouessant, même par loisir, demande de consacrer du temps à ses animaux, tout autant pour assurer leurs besoins incontournables que pour profiter de leur présence et donc les observer, les analyser.

Que l'on soit en activité professionnelle ou enfin en retraite, si un regard quotidien sur ses animaux s'impose donc, selon la saison et le temps disponible, logiquement, tout éleveur aime également passer des heures à les savourer du regard et se fondre parmi eux, bref s'y consacrer. C'est ainsi qu'on les connaît et les reconnaît. C'est ainsi qu'on appréhende ce type ovin, qu'on envisage quête de savoir et directions d'élevage.

Ainsi chez les Lutins, le berger reconnaît chacun de ses moutons individuellement.

Comme il a pu déjà le raconter par ailleurs, il n'existe pas deux Ouessant identiques. Tout comme un enseignant est capable de reconnaître les élèves de sa classe ou ceux de l'ensemble de son groupe scolaire, quels que soient leurs changements d'habillement ou de coupe de cheveux, le bon berger est à même d'identifier chacun de ses animaux d'un simple regard, qu'ils soient dix ou cent (d'où l'utilité de donner un nom à ses animaux, à moins d'être un habitué du loto et préférer les numéros).

Connaître ses animaux, c'est connaître le caractère de chacun. C'est également connaître leur histoire sur toute leur vie (telle anecdote, tel souvenir, telle blessure, telle force ou faiblesse, ....).

C'est aussi, ce qui impressionne souvent le visiteur de passage chez les Lutins, en connaître de mémoire l'ensemble de ses ascendants, sur "n" générations dans les moindres embranchements, sans besoin de reprendre ses fiches qui récapitulent tout sur chaque Lutin.

S'il est aisé de reconnaître ses béliers, le bon berger saura identifier chacune des brebis, nue ou habillée. Question de présence, d'habitude, d'observation et de volonté

S'il est aisé de reconnaître ses béliers, le bon berger saura identifier chacune des brebis, nue ou habillée. Question de présence, d'habitude, d'observation et de volonté

Qui est qui?

Prunelle! Fille de et de ..., petite fille de, de, de et de ..., arrière-petite-fille de, de ...., arière-arrière .....

Prunelle! Mère de et de... avec tel et tel amoureux...

Pourquoi cet article dont j'ai déjà abordé le sujet de fond?

Parce qu'hier, alors que j'avais regroupé la cinquantaine de femelles, je m'aperçus qu'à 200 m trois brebis étaient demeurées sur place à leurs occupations, n'ayant pas vu le mouvement à cause d'un petit relief.

Par réflexe je m'interrogeai sur le "qui est qui?". Rien dans la coloration ne pouvait me mettre précisément sur la piste. Pourtant, après un balayage du regard sur la troupe présente, malgré la distance déjà conséquente, je définis à leur silhouette et leur allure qu'il s'agissait de Phaeo, Muse et Ronnie.

En redescendant, je vérifiai mon observation et...bingo!...c'était bien cela. Petit sentiment de fierté qui me confirmait que vivre ses moutons pouvait mener très loin dans des méandres de subtilités que seuls d'autres esprits avertis pouvaient mesurer.

Ah qu'il est bon de se jeter des fleurs et sentir ses chevilles gonfler...!!!

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 12:41

Il y a quelques années, une personne de passage chez les Lutins me demandait ce que j'apportais sur mes prairies pour les fertiliser.

Cette personne avait l'esprit formaté jardinage et exploitation agricole, aussi elle ouvrit de grands yeux quand je lui répondis: "Rien!"

Je tentai alors de lui expliquer que je ne sortais de mes prés aucune matière organique sous une forme ou une autre, que le nombre de moutons était géré en fonction des surfaces et que j'évitais le surpâturage, et qu'ainsi mes animaux jouaient un rôle uniquement de transformation de la masse végétale herbacée en déjections qui alors fertilisaient le sol pour reproduire de l'herbe, la boucle étant bouclée.

Je lui faisais remarquer également que les quintaux, sinon tonnes, de céréales introduites pour nourrir en complément hivernal compensaient largement les quelques dizaines de kilos de Lutins qui pouvaient certaines années quitter l'élevage.

Je lui expliquai également que de plus les haies et boisements de bordure des parcelles apportaient à l'automne par la chute des feuilles une part non négligeable de matière organique fertilisante.

Aux mimiques de son visage, je perçus qu'il n'avait pas assimilé dans l'immédiat mon discours.

En effet, pour lui, mouton rimait avec production de viande, rentabilité, sortie d'animaux pour la vente ....et donc "jardinage" et engraissement annuel des parcelles pour leur assurer avenir permettant de nourrir les animaux.

Il est parfois difficile de faire concevoir qu'on puisse élever des moutons pour son propre loisir, à titre de sauvegarde d'une race ou encore d'étude, voire comme animal outil permettant de conserver un espace ouvert (non repris par le boisement, comme il serait naturel qu'il le soit en l'absence de pâturage).

Engrais naturel

Parmi les multiples utilités des haies, les feuillages d'automne se retrouvant au sol contribuent à le fertiliser en créant humus, en particulier lorsque les parcelles ne sont pas trop grandes.

Pourtant en un siècle, ce serait 1 400 000 km de haies qui ont été rasés en France, pour agrandir les parcelles et les soumettre à une agriculture dite moderne.

Sous mon regard attristé, chaque année, ce sont encore des dizaines de kilomètres que je vois détruire dans ma sphère proche.

Devant ces phénomènes, je ne peux que sourire face aux gesticulations d'une COP 21, certes nécessaire, qui pourrait laisser penser que la garantie d'un avenir "meilleur" ne se limiterait qu'au souci des modes de production des énergies et de la limitation de l'augmentation moyenne de la température. Qui peut croire que 7 milliards d'individus seraient prêts à marcher dans la même direction alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux sur l'évolution de l'espace sur chaque commune pour comprendre à quel point notre environnement proche ne fait que se dégrader... même si nous arrivions à moins polluer.

Bref, comme il faut déjà œuvrer à son niveau, chez les Lutins, les haies, bien qu'artificielles en soi puisque simplement formes anciennes séculaires de limites de parcelles, sont précieusement conservées car faute d'une naturalité réelle, elles sont bien préférables au vide et au néant que d'autres créent toujours plus par ailleurs.....

sans oublier l'engrais naturel qu'elles apportent aux prairies des Ouessant.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 12:34

Je ne peux concevoir vivre ou passer en un lieu sans désirer connaître le maximum de facettes de son environnement.

Dans cette nature, le plus souvent réduite à une forme domestiquée appelée campagne, il y a les discrets. Ceux qui s'activent plus particulièrement la nuit bien que pas forcément strictement nocturnes, mais qui ont appris en nos contrées, suite à des siècles et millénaires de rapports difficiles avec l'humanité, à se faire invisibles et ne s'activer vraiment que lorsque les activités humaines sont réduites....Je ne peux que les comprendre.

Si j'aime voir le monde animal qui entoure les Lutins, j'aime tout autant simplement savoir sa présence.

Savoir là diverses espèces enrichit mon univers, enrichit mon être. Les savoir là, alors qu'au quotidien je n'en ai saisi ni la silhouette ni aucune trace d'activité ou de passage, est peut-être plus fort encore que la rencontre, le vivant devenant fantasmé, son idée de présence enveloppant ma bulle intérieure.

Comme surgi du plus profond de mes rêves alors que Morphée m'enserre de ses bras au plus fort, un lièvre vit sa vie autour des Lutins.

Comme surgi du plus profond de mes rêves alors que Morphée m'enserre de ses bras au plus fort, un lièvre vit sa vie autour des Lutins.

Discrète et distante la faune?

Essentiellement quand elle est persécutée.

Il suffit d'observer son changement de comportement une fois la période principale de chasse passée, de la rencontrer au sein de réserves où elle s'est réconciliée avec l'Homme ou de la découvrir sur des îles lointaines où l'humain n'est qu'une curiosité pour elle, pour s'en convaincre.

Ou encore, il suffira de mesurer la distance de fuite d'un pigeon ramier ou d'une corneille dans un parc parisien, comparée à celle de ces mêmes oiseaux en pleine campagne pour prendre conscience à quel point les agressions humaines sur la faune peuvent modeler les comportements de celle-ci.

Nyx, déesse de la nuit, réserve bien des surprises discrètes autour des Lutins... à n'apprécier qu'entre initiés bien intentionnés.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 17:37

Les béliers non reproducteurs se trouvent dans un parc non mitoyen avec un quelconque groupe de femelles.

Cela permet de limiter les tensions dans ce groupe des mâles, tout autant que d'éviter conflits avec le plus proche bélier reproducteur disposant de brebis.

Malgré tout, les mâles savent où se trouvent les filles car le mouton a une connaissance parfaite de son territoire. Sans oublier que selon la direction du vent, celui-ci leur apporte des nouvelles parfumées à l'occasion. Et puis quelques bêlements féminins peuvent leur arriver aux oreilles.

Sas de décompression

Bientôt, ces béliers au célibat forcé auront accès au parc de transition d'où ils pourront reprendre contact visuel avec les filles.

Mais le sas de décompression est là pour que l'événement se passe en douceur, en particulier en créant un vide entre clôtures, afin d'éviter affrontement direct avec le bélier reproducteur voisin.

En fin d'hiver, une étape de plus sera franchie dans les retrouvailles progressives. Tout le clan des mâles pouvant alors en un autre parc, presque côtoyer celui des femelles, avec un unique grillage pour séparation malgré tout, jusqu'à ce qu'arrive enfin le 1er avril, date de regroupement de la totalité du troupeau des Lutins.

Sas de décompression

En attendant, les "vieux garçons" s'apprécient puisque qui se ressemble s'assemble. D'autant que chez les béliers, on est en fait très liés.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 16:43

Plusieurs visiteurs du blog des Lutins m'interrogent sur le bruit qui court concernant de nouvelles boucles d'identification disponibles pour le Ouessant.

Tout de suite, qu'on ne se leurre pas, il ne faut attendre aucun miracle en ces nouveaux systèmes qui n'ont rien de révolutionnaire pour éviter les soucis d'arrachages accidentels. Développons.

Petit rappel pour le nouvel éleveur ou le simple lecteur de passage en cet article...

Tout détenteur de moutons (ou de chèvres), quel qu'en soit le nombre (donc un seul y compris) est normalement tenu d'être déclaré et d'identifier ses animaux selon la législation.

Cette obligation date de 1997. Un aménagement avait alors été obtenu un temps pour le Ouessant par la pose de petites boucles alu plus adaptées à la taille de ses oreilles.

Puis il y a quelques années, arriva l'obligation de passer à l'identification électronique en des boucles de plus grande taille; mais là encore le Ouessant put bénéficier de boucles réservées aux petits animaux, plus réduites que celles pour les grandes races, mais malgré tout géantes comparativement aux anciennes boucles alu.

Ces identifications ont pour but d'avoir un suivi des animaux dans les systèmes d'élevage et aux différentes étapes de leur exploitation.

Ce souci administratif n'offre pour l'éleveur d'agrément aucun intérêt si ce n'est d'identifier ses animaux s'il n'était pas à même de les reconnaître individuellement.

Outre l'aspect inesthétique et les frais engendrés qu'il ne faut pas nier, cette obligation serait sans grandes conséquences si ne se posaient pas les problèmes réguliers d'arrachage de ces boucles....et évidemment des oreilles du mouton.

En effet, par sa petite taille, le Ouessant passe sa tête entre les mailles des grillages pour bétail ou simplement se raccroche par ces bijoux de pacotille aux divers grillages et autres branchages.

Quand on sait que le rebouclage à l'identique est obligatoire, au-delà des frais forcément engendrés, comment fait-on quand l'oreille ne peut plus recevoir cette quincaillerie?

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

A gauche, pour le Ouessant, boucle alu, puis depuis, les formes plastifiées avec barrette électronique. A l'extrême droite deux nouveaux modèles sur lesquels fantasment certains, mais qui à l'évidence ne sont en rien une avancée mais simplement de nouveaux systèmes d'arrachage d'oreilles. Nul besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre ce qu'un enfant comprendrait. Et pourtant, nous en sommes toujours là...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Que faire?

Il y a une paire d'années, j'ai tenté de réveiller le milieu du Ouessant face à ce souci et à le sensibiliser à la nécessité d'œuvrer dans une autre direction pour un autre système. Gros travail pour lui quand on sait que tout cela est politique et que les simples courriers ne sont pas suffisants car dans les sphères les plus hautes on se heurte à des perroquets qui ne savent que réciter les textes en vigueur, personne ne voulant prendre responsabilité, renvoyant l'ascenseur vers le haut du système.

Gros et long travail donc! Sans volonté au départ, de toute façon, rien ne se fera jamais.

Pourtant "Commence et l'impossible deviendra possible!"

La volonté, je ne l' ai donc pas rencontrée par ailleurs. Mes oreilles personnelles ont dû écouter arguments plus tordus les uns que les autres pour expliquer l'inaction. J'ai pu découvrir qu'au milieu des problèmes d'ego et des querelles intestines entre personnes, pendant ce temps le Ouessant se retrouvait pris en otage. J'ai pu découvrir également qu'il n'y avait aucun souci du bien être des animaux et que les éleveurs n'étaient pas prêts à consacrer pour ce problème de l'identification autant de temps, d'énergie et d'argent qu'ils en sont parfois capables pour leurs amusements et leur propre plaisir autour du Ouessant.

De mon côté, "j'aurai fait ma part", comme dirait le colibri cher à Pierre Rabhi...

Si la masse des éleveurs déclarés de Ouessant daigne un jour se fédérer et bouger à son tour, j'en serai ravi. C'est là que l'aspect associatif aurait toute son importance. Aux éleveurs déclarés de savoir ce qu'ils souhaitent réellement: continuer à subir dans le silence l'absurdité d'un système inapproprié à leur troupeau et leur loisir ou élever dans de bonnes conditions des animaux dont on respecte l'intégrité physique.

En attendant, effectivement, ceux qui veulent s'orienter vers le mirage des tout nouveaux systèmes d'arrachage des oreilles de leurs animaux peuvent le faire, c'est possible...

(Par contre il leur reste à convaincre leur administration de leur procurer la nouvelle quincaillerie, ce qui selon les départements peut être encore une autre très longue histoire...)

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:21

Pendant que trois de leurs confrères ont le plaisir de transmettre leurs gènes par l'intermédiaire des brebis sélectionnées spécialement pour eux, le groupe des mâles célibataires de la saison se compose d'une vingtaine de béliers.

Si quatre animaux sont appelés à quitter le troupeau dès que possible, le reste de la bande est assuré de finir sa vie ici et de contribuer une année ou une autre à la construction du cheptel des Lutins.

La banque mâle du moment

Les uns pour les souches ou lignées qu'ils représentent, les autres pour la conservation des diversités colorées, leur cornage, leur morphologie générale, leur taille, leurs aplombs, la structure de leur toison, leur rusticité et/ou autres qualités....ou encore point souvent oublié, leur caractère personnel.

Régulièrement le groupe visite cet endroit précis de son territoire. En effet, ces béliers manifestent ainsi leur désir de gagner le parc qui les sépare des lots avec brebis.

Ils me font ainsi toujours pitié, mais il faudra encore patienter jusqu'au 1er avril pour qu'ils puissent retrouver les femelles et pouvoir mener à nouveau une vie enfin normale durant le printemps et l'été.

Les moutons sont des animaux particulièrement grégaires et il m'est également douloureux pour moi-même de devoir les contraindre à séparations saisonnières par obligations d'élevage malheureusement incontournables.

Il est tellement plus agréable (et pour les Ouessant en premier) d'avoir sous les yeux des animaux sereins, épanouis et équilibrés, dont tous les besoins sont satisfaits.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 18:25

Le mois de novembre est passé et certains jours il fut très chaud du côté des reproducteurs.

Les béliers des lots de reproduction les plus importants pouvaient se retrouver avec cinq ou six femelles en chaleur à devoir féconder dans les mêmes heures.

Et comme pour chacune il faut s'y reprendre un grand nombre de fois, les valeureux mâles ne savaient plus où donner de la ... tête.

En effet, novembre correspond au pic des fécondations réussies chez le Ouessant. Ce qui correspond bien au pic des naissances d'avril ensuite, cinq mois plus tard.

Ces naissances étant essentiellement plus fréquentes en ce mois donc et bien représentées tout de même le mois précédent ainsi que le suivant.

Mars, avril, mai! Pas vraiment un hasard, puisque c'est l'arrivée du printemps, période à laquelle les jeunes ont le plus de chance de s'en sortir et profiter du lait de mères pouvant tirer profit d'une meilleure alimentation naturelle, avant que celle-ci devienne également une aubaine pour les petits nouveaux.

Comme on dit souvent: "La nature prévoit plutôt bien les choses!" (En fait la nature ne prévoit rien, ce sont simplement là des caractéristiques biologiques qui, se trouvant être les plus favorables à l'espèce, se sont ainsi trouvées favorisées par la sélection naturelle, l'héritage génétique et l'évolution au cours des temps. Le phénomène du vivant n'étant jamais un but mais simple conséquence.)

En ce début décembre, je note les brebis non fécondées lors de cette effervescence de novembre. Elles se retrouvent donc en chaleurs ces derniers jours, face à un mâle moins débordé.

Les prolongations pour un travail bien fait vont ainsi s'étendre jusque début janvier. Ensuite, les accouplements ne seront plus qu'anecdotiques puisque la plupart des brebis sera déjà gestante.

Novembre fut chaud

Chez les jeunes du clan des mâles célibataires...

Novembre fut chaud

..., on s'entraîne, pour l'an prochain...

(comme Gléglé, avant que je doive tronquer sa corne, pour une autre raison, comme je l'expliquais dernièrement)

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:05

Déjà bientôt trois semaines que Junior est mort.

Dès les premières heures de sa disparition, malgré la peine du berger, il était intéressant d'observer la meute ainsi remaniée par cette disparition.

Un groupe, humains y compris, est fonction des individus qui le composent.

Il suffit de l'absence d'un seul être pour que les relations sociales dans ce groupe ne soient plus les mêmes et que les comportements ou les personnalités des uns et des autres évoluent. Certaines habitudes disparaissent alors que d'autres se construisent, certains liens se font ou se défont, ....

Tout le tissu comportemental relationnel a changé, y compris avec moi.

Sans donc aucun nouvel individu, c'est bien une nouvelle meute que le berger des Lutins côtoie.

Il serait bien long de décrire tous les changements en la meute, mais les passionnés du monde animal et de l'éthologie en particulier me comprendront.

La meute se restructure.

Pour autant, individuellement, chacun demeure ce qu'il est au fond de lui-même.

La meute se restructure.

Gypse ne regrette en rien d'avoir refusé une carrière de mannequin pour s'adonner en vraie bergère à sa passion du troupeau.

La meute se restructure.

Isa, équipée des célèbres piles qui durent longtemps, longtemps, ..., préfère la course aux moutons sur qui elle ne daigne jamais jeter un regard.

La meute se restructure.

Tess qui à cause de sa surdité a troqué sa passion du mouton pour celle de "la table", en bonne grand-mère, termine une vie heureusement encore tranquille côté santé.

La meute se restructure.

Guss, malgré une vie dans le brouillard à cause de ses yeux, ne la savoure pas moins pour autant, toujours les autres sens en alerte, prêt à être de la partie.

La meute ne sera plus jamais de cinq. Le jour où elle descendra malheureusement à trois, jamais plus elle ne dépassera ce nombre qui pour moi est un idéal.

Idéal de trois que j'avais dépassé uniquement suite à deux adoptions qui s'étaient imposées pour assurer une vie heureuse à deux chiens nés sous mauvaise étoile.

Idéal de trois si je raisonne en chiens de troupeau, avec une nouvelle acquisition tous les 6/7 ans.

Avoir un chien exige de lui consacrer beaucoup de temps chaque jour et donc d'être disponible.

Avoir cinq chiens nécessitait d'avoir plus que cinq fois plus de temps pour eux. Le plaisir de la meute, s'il est bien réel, ne doit pas faire oublier que c'est aussi une occupation quotidienne à laquelle on ne peut jamais échapper, pas un seul jour.

Tout comme le mouflon mutant en forme de Ouessant, le loup mutant en forme de Border collie ou autre race bergère, est assurément un animal passionnant ... même si le mouflon et le loup le sont plus encore, je le reconnais volontiers.

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