A ce jour, neuf semaines d'écart entre les plus vieux agneaux et les derniers nés.
Comme en récré, les groupes se forment en fonction des affinités et donc de l'âge, puisqu'à chaque âge ses préoccupations.
Les petits avec les petits, de par leurs soucis de niveau de classe maternelle.... beaucoup de repos, étonnement ou affolement pour un rien, curiosité et exploration du monde nouveau.
Les grands avec les grands, on ne rêve plus de faire comme papa ou comme maman, on le fait, en passant ses journées à brouter et ruminer.
Et pour cause, puisqu' elle cache son bien le plus précieux, son petit Vulcain, arrivé dans la nuit.
Jeune bélier Agouti gris, comme maman, Vulcain repose ses 97% et plus de "sang" Ouessant de souche pionnière et ses 3% de "sang" Ouessant de souche néerlandaise.
Elever en souche Ouessant "bretonnisante" pionnière du renouveau de ce mouton, un principe conservatoire et un but dans tout le travail au sein du troupeau des Lutins, afin de conserver l'aventure ancienne et contemporaine officielle de ce type ovin primitif.
Quand je discute avec un éleveur ou un autre, sur le cornage nouveau d'un jeune bélier ou encore celui d'un vieux mâle qui a fini sa croissance, je suis confronté à la difficulté de me faire comprendre et à ce que mon explication déclenche chez mon interlocuteur, une réelle représentation mentale correspondant à mes propos.
Un dessin vaut parfois mieux qu'un long discours, c'est ce que je pense souvent en ce domaine comme en d'autres, le visuel ayant souvent le pouvoir d'être plus parlant.
J'ai schématisé (un peu vite.... question qualité des représentations) les divers principes qui conditionnent l'apparence finale des cornes chez le bélier Ouessant. Tout cela est le résultat de longues heures de réflexion et d'observation de mes animaux et ceux des autres, durant dix-huit ans d'interrogations devant ces fameux cornages.
Quelques éléments lorsqu'on regarde un bélier de face... et droit dans les yeux.
Il y a ce que j'appelle la projection verticale (1) ou horizontale (2). Plus la corne se construit vers le type 1, plus le bélier tendra vers une certaine majesté. C'est la projection de l'ancêtre sauvage, le mouflon, et il est vrai qu'elle est plutôt rare chez le mouton, hormis quelques races primitives. On observe plus souvent des types tendant vers le 2.
L'épaisseur de la corne, à sa base en particulier, là où elle prend racine, détermine encore sur cet autre point l'allure du bélier Ouessant. Elle peut être très importante comme en 1, les deux cornes ayant alors tendance à se toucher à leurs racines au milieu du crâne, ou faible comme en 2. (Enfin il arrive que certains mâles n'aient pas de cornes du tout)
La pousse peut être régulière dans sa forme sur toute sa construction (1), mais peut présenter un programme de construction différent dans son premier stade (2) par rapport à celui à un âge plus avancé.
Dans sa construction finale, la corne peut projeter sa pointe vers la tête (1), comme souvent chez le mouflon, mais à l'inverse la projection de la pointe peut se faire vers l'extérieur (2), sans oublier les stades intermédiaires et en particulier des cornes parfaitement parallèles à la tête en leurs extrémités.
La corne peut être construite sous un effet de vrille sur elle-même (2) plus ou moins important, ou encore inexistant ou très limité comme en (1).
Si maintenant on imagine la section de la corne à sa base.
Cette section peut être d'allure triangulaire (1), cas des animaux les plus virils dans l'aspect cornage, ou tendre vers une forme ovoïde (2) plus modeste (plus "domestique").
Si maintenant on observe le bélier de profil.
Le rayon d'enroulement (1) peut être grand, voire très modeste (2).
Le cornage peut finir sa croissance par un retour au niveau de l'œil (1) -pas sur l'œil, ce qui est alors une malformation- ou plus au niveau du museau (2), en gardant à l'esprit qu'il ne peut aller au-delà sous peine d'entraîner la mort du mâle qui ne pourrait plus brouter.
Si on regarde la surface de la corne.
La corne peut se construire dans un aspect plutôt lisse (2) mais aussi avec de nets bourrelets de croissance (1). Ce dernier aspect correspond plus à la conservation de caractères ancestraux alors que le précédent découle d'un lourd passé de domesticité.
On n'oubliera pas de prendre en considération dans son observation, que les parties les plus anciennes ont tendance à se polir (usure) et que les combats peuvent éroder les bourrelets au niveau des surfaces de choc.
Si maintenant on regarde l'animal en se plaçant au-dessus de lui.
La projection de pousse de la corne peut être assez frontale (1), donnant dans les cas extrêmes un aspect "parabolique". A l'inverse, cette projection peut s'orienter plus vers les épaules (2), donnant à l'extrême des cornes parallèles au cou.
Si la forme de la corne s'oriente normalement pour accuser un retour facial (1), il arrive qu'à l'opposé la courbure s'effectue dans un retour "anormal" en direction du dos du bélier.
Il existe un élément difficile à représenter par le dessin, qui est le facteur "énergie de pousse" qui détermine également le cornage définitif de l'adulte. En cas de croissance très (trop?) importante dès sa première année, la corne semble ne plus savoir où s'arrêter les années suivantes, avec au final quelques décimètres de plus que la normale. C'est souvent le cas du bélier qui a un an possède déjà des cornes de l'aspect d'un animal de deux ans.
Enfin une symétrie parfaite des cornes n'est que rarement atteinte, et encore, quand on l'imagine comme telle, en y regardant bien on découvre souvent les petites subtilités qui font qu'elle n'est pas vraiment atteinte.
Après tout ce discours (qui reste à affiner), simple constat de mes observations personnelles, il ne faudrait pas croire que le cornage fait le bélier. Un bélier c'est d'abord tout le reste, les cornes n'étant qu'un plus (cerise sur le gâteau si elles sont belles).
Resterait à définir maintenant ce que sont de belles cornes, d'après l'ensemble des éléments exposés... Il y a toujours une part de subjectivité face à la détermination du "beau", et puis "fort cornage" n'est pas forcément synonyme de "bon cornage". Maintenant, il existe bien une sorte de norme établie par le standard et correspondant à ce que l'on rencontre chez l'animal sauvage.
Sujet de réflexion à prolonger; mais on comprend par ces éléments la grande diversité de cornages qui fait qu'il n'existe jamais deux constructions vraiment identiques.
A suivre.
Le chardon n'aime pas qu'on touche à son herbe. Ses feuilles épineuses forment une barrière protectrice efficace contre les dents des Ouessant qui ne se hasardent pas à y glisser le museau pour y croquer l'herbe tendre.
La différence de pression est nette entre cette couronne de verdure et les alentours.
On retrouve souvent ce phénomène également entre les tiges des pieds d'orties.
C'est loin maintenant et plus aucune trace n'existe, mais durant au moins quinze jours, alors qu'il faisait encore beau, cette preuve de l'emplacement de cette naissance persista.
D'ailleurs il était étonnant de voir l'herbe dans sa croissance folle soulever jour après jour la muqueuse déshydratée.
Je suis peut-être la cause de cette mort, dans ce cas... accidentelle et bien involontaire de ma part.
J'ai trouvé le cadavre de ce tout jeune hérisson sur un de mes points de passage dans les hautes herbes alors que je risquais de mettre le pied dessus. Il était mort de la veille et j'imaginais que, sa mère peut-être morte avant lui, le petit s'était traîné hors du nid initial dans la haie toute proche, ou qu'un carnivore l'avait abandonné là.
Quand 48h plus tard, je découvris au même endroit une masse grouillante d'asticots sur une forme indéfinissable ressemblant bien aux restes d'un autre jeune hérisson, je m'interrogeai sur ma possible responsabilité dans tout cela. Il m'est cependant étrange de constater que ces petits n'étaient pas véritablement à leur place pour leur âge, dans ces grandes herbes trempées en lisière des arbustes. Mystère!
Le cas Phaeo est très intéressant. Cette brebis avait avorté le 26 février 2013. En septembre de la même année, le 15, elle donnait un petit très tardivement. Elle fut donc fécondée tardivement également, autour du 20 avril, conséquence de son avortement durant l'hiver.
Pourtant, moins de huit mois après sa mise-bas de fin d'été 2013, elle vient de donner ce 07 mai 2014 la petite Woolyte. Elle avait retrouvé la présence d'un bélier le 10 décembre 2013, et étonné, j'avais remarqué qu'aussitôt elle l'avait accepté pour des unions répétées.
C'est à dire qu'à peine trois mois après son agnelage de septembre dernier, elle se trouvait être en chaleurs et fécondée.
Voilà une série d'observations intéressantes. La question que je me pose est: "Si je lui avais permis d'être avec le lot des reproductrices durant l'allaitement de son jeune, aurait-elle pu être fécondée plus précocement encore (en sachant que les cycles sont d'environ 18 jours)?"
On s'aperçoit donc que sa fécondation au 10 décembre 2014 correspond à une date classique d'accouplements féconds et que l'allaitement de son jeune dans les trois mois précédents n'a pas été un fait contrariant pour qu'elle retrouve un cycle de reproduction rapidement en période classique de lutte.
C'est ce genre d'observation, parmi d'autres, qui donne un plus au plaisir de l'élevage.
Mirlaine, née en soirée (d'où le flou photo faute de lumière, on fera mieux à l'occasion).
Maman Dame Hersant, du moins sa laine, fut un problème pour cette agnelle encore chancelante qui mit plus d'une heure pour franchir la barrière d'une toison anormalement volumineuse et longue. D'autant qu'ensuite pour trouver une tétine au milieu de tout cela, ce ne devait pas "être du gâteau". Je suis donc intervenu pour lui donner un peu de colostrum du commerce pour lui permettre d'avoir l'énergie au plus tôt pour franchir cette épreuve pas évidente.
Tout semble ok à présent et la petiote dort, je pense le ventre plein.