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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 11:52

Qu'ils soient d'un parc nord, sud, ouest ou est, tous les groupes de reproductrices se trouvent réunis avec l'an neuf.

Les clôtures de séparation ont été ouvertes en ce premier janvier pour donner liberté de mouvement et espace.

Réunification

Le troupeau éclaté depuis le 15 octobre dernier savoure les retrouvailles; du moins la troupe des reproductrices de la saison.

Ma joie n'atteint sans doute pas la sienne, mais ce moment est également un plaisir pour moi. En effet, si les séparations sont obligatoires pour former les lots de reproduction et que l'idée de jolis agneaux au printemps me séduit, ces séparations donc, me chagrinent également car je sais les animaux psychologiquement perturbés durant quelques mois.

S'il ne faut pas surestimer les Ouessant, il ne faut pas pour autant les sous estimer. Il suffit de les voir se languir les uns des autres pour comprendre leur attachement, ce que confirme les retrouvailles. Ils se connaissent et reconnaissent tous. Par la réunification, on perçoit immédiatement et par la suite le calme et la détente intérieurs qui se réinstallent en chaque animal après des semaines d'un tempérament plus en alerte. L'union ferait-elle la force?

Et puis il y a les agnelles qui, séparées de leur mère depuis onze semaines, la reconnaissent immédiatement, se ruant quelques secondes à la mamelle en réaction de souvenirs de leur "petite enfance" qui refont surface.

Bref, un moment de pur bonheur pour les quadrupèdes laineux et le bipède non laineux.

Seul un bélier chanceux est laissé avec la belle troupe de filles, afin de féconder les mois prochains quelques brebis qui seraient encore non gestantes malgré leurs noces à l'automne avec leurs époux officiels respectifs.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 17:32

L'hérédité suite à sélection va se nicher là où on ne l'attendrait pas pour certains caractères auxquels on ne prend pas particulièrement garde, notre esprit étant concentré sur d'autres nous paraissant positifs.

"Reueummh...a, reueummh...a, reueummh...a,....."

"Reueummh...a, reueummh...a, reueummh...a,....."

Reueummh...a! Reueummh...a!.......

Telle est l'ambiance sonore permanente émise par Désirée (malgré elle), de par une tendance à une surcharge chronique de la panse qui lui comprime les poumons et lui fait émettre cette sorte de râle depuis toujours.

Reueummh...a! Reueummh...a!.......

Certains de ses ascendants, dont son père, présentaient déjà cette caractéristique sonore.

Comme quoi on n'est jamais assez attentif dans le choix de nos reproducteurs puisque ce qui paraît seulement insolite au départ, s'avère bien conséquence d'un caractère physiologique transmissible.

Heureusement, je ne crois pas avoir remarqué cette particularité sonore dans aucun des jeunes de cette brebis. Désirée serait-elle un cul de sac pour ce mauvais sort?

Curieusement, je sais que lorsque ce râle ne planera plus au-dessus du troupeau ce sera qu'alors, en toute logique, Désirée ne sera plus de ce monde, puisqu'elle murmure ainsi depuis 2007.

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 11:57

Continuons le combat afin que les moutons d'Ouessant puissent bénéficier d'une identification (si elle doit toujours être obligatoire) pérenne et non mutilante par transpondeur sous cutané.

Ceci dans le souci de conserver l' intégrité physique des animaux, d'éviter les blessures et les pertes causées par les boucles actuelles devant être posées aux oreilles.

Plus de 500 signatures pour la pétition ci-dessous. Le cap des 1000 et plus doit être possible.

Que vous soyez visiteur régulier sur le blog des Lutins ou simple visiteur égaré, merci pour les Ouessant de signer et faire signer cette pétition, ne serait-ce que si vous considérez vous aussi que le bon sens devrait construire notre monde (à ce niveau également).

Je n'ai pas encore vu quelques noms connus du milieu du Ouessant s'afficher dans la liste des signataires, alors réagissons tous, réagissez puisque ce bon sens tarde à arriver depuis seize ans d'obligation d'identification chez les ovins.

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 19:16
Insolite

Le jeune Ygrec à gauche (né le 15/09/2013) a rattrapé en taille, il y a peu, son aîné Hobbit à droite (né le 01/04/2013). A égalité en taille donc, malgré 5 mois 1/2 d'écart!

Ygrec conserve encore une toison bien noire. Hobbit voit la sienne roussir en surface, soumise aux UV durant bien plus de mois.

Il est rare de voir de tels pucerons chez les Lutins, à quelques jours du passage à une nouvelle année.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 17:42

Automne humide et doux. Début d'hiver toujours doux également... et en plus, beau!

Aucune corvée de foin à ce jour, celui-ci étant délaissé par les moutons, preuve que l'herbe est encore suffisante, nourrissante et appétante.

Mais janvier et février vont suivre et il n'en sera sans doute pas de même.

Les groupes de reproductrices savourent ces splendides journées.

Les groupes de reproductrices savourent ces splendides journées.

Tous les groupes de noceuses et noceurs font de même.

Tous les groupes de noceuses et noceurs font de même.

Chez cet autre, la balle de foin n'a même pas encore été entamée par les Ouessant et elle attend sous sa capuche de pluie.

Chez cet autre, la balle de foin n'a même pas encore été entamée par les Ouessant et elle attend sous sa capuche de pluie.

Ambiance printanière pour les béliers célibataires également.

Ambiance printanière pour les béliers célibataires également.

Les plaisirs de la panse adoucissent la contrainte de quelques mois de célibat.

Les plaisirs de la panse adoucissent la contrainte de quelques mois de célibat.

Les filles célibataires se languissent surtout de ne pouvoir vivre l'ambiance du troupeau réuni. Encore quelques mois de patience!

Les filles célibataires se languissent surtout de ne pouvoir vivre l'ambiance du troupeau réuni. Encore quelques mois de patience!

Amateur de ligneux de par un besoin de cellulose, seul le clan des grandes oreilles me contraint à quelques rares affouragements. Toutes les deux semaines seulement, au lieu de deux fois par semaine en période critique. Comme quoi c'est bien un climat printanier qui domine sur le domaine des Lutins jusque là ...

Amateur de ligneux de par un besoin de cellulose, seul le clan des grandes oreilles me contraint à quelques rares affouragements. Toutes les deux semaines seulement, au lieu de deux fois par semaine en période critique. Comme quoi c'est bien un climat printanier qui domine sur le domaine des Lutins jusque là ...

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 17:52
Autosatisfaction

Oixant (8 mois), que je peux assurément considérer d'ores et déjà comme étant le meilleur bélier en ce morphe de toison (noir "décoloré") qui soit né chez les Lutins.

Autosatisfaction

En dix-sept ans d'élevage et d'observation dans le milieu du Ouessant, je n'ai pu en observer que deux ou trois autres qui ont pu me charmer. Curieusement, tous sont actuellement vivants et même jeunes (un seul adulte), comme quoi bien du travail "d'amélioration" par sélection fut réalisé en ce type durant toutes ces années.

C'est à ce genre de résultat, qu'on mesure que mes efforts de sauvegarde et de relance de la production de ce génotype depuis quinze ans n'ont pas été vains, d'autant que cette toison était devenue rare suite au désintérêt général des éleveurs et à un manque manifeste de curiosité pour en comprendre le fonctionnement en reproduction.

Le résultat est là et une satisfaction personnelle bien légitime m'envahit face au service rendu à la race du mouton d'Ouessant de type ancien.

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:27

En moins de deux semaines, bientôt 400 signatures en cet instant en faveur des Ouessant afin de demander leur identification par puce sous cutanée et non plus par boucles qui mutilent par arrachage, créent infections et sont bien disgracieuses il faut bien l'avouer.

Tout le monde a à y gagner. Le mouton qui ne se trouve plus mutilé et qu'on respecte enfin. L'éleveur qui a sous les yeux des animaux entiers et dans une allure naturelle, et qui n'a plus le souci de boucles perdues. Et enfin les services administratifs de contrôle qui peuvent être assurés d'une identification pérenne et certaine contrairement aux boucles qui n'offrent aucune de ces garanties.

L'identification de nos Ouessant est obligatoire de par le fait qu'ils sont ovins et de là soumis au suivi de prophylaxie, soit, mais dans ce cas que ceux qui nous imposent ces règles permettent d'instaurer une identification efficace, adaptée et respectueuse des animaux.... ce que la puce sous cutanée permet.

Malheureusement le bon sens n'est pas encore dans l'esprit des décideurs après seize ans d'identification obligatoire.

Pour les aider à se réveiller et agir en faveur de nos Ouessant et les citoyens que nous sommes et qui doivent être également considérés, signez et faîtes signer la pétition mise en ligne sur le site du Groupement des Eleveurs du Mouton d'Ouessant. Merci de votre soutien.

Nous devons et nous pouvons être des milliers à nous exprimer, alors faisons-le!

En effet, jusqu'à 300 visiteurs différents (294 exactement pour le record) passent au quotidien sur le blog des Lutins, vous êtes donc des centaines et bien plus à le faire en réalité et à pouvoir signer. De même, même si beaucoup naviguent ici et là dans l'univers ovin du net, forums, autres blogs et sites sur le Ouessant regroupent encore des centaines de personnes. Des milliers de personnes détiennent des Ouessant ne serait-ce qu'en France. Alors recueillir des milliers de signatures doit être possible.

Vous êtes convaincus, vous avez laissé parler votre raison et votre cœur en signant dans le lien ci-dessous, un grand merci de la part des moutons d'Ouessant (même si vous n'en possédez pas... pas encore)!!

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 16:53

Parti agneau en don, il y a trois ans, chez d'heureux nouveaux éleveurs parce qu'à quatre mois ce bélier n'avait toujours pas de cornes, Huxley n'a pas fini de m'étonner.

Trois ans et demi, donc adulte à présent.

Trois ans et demi, donc adulte à présent.

42-43 cm au garrot

42-43 cm au garrot

Un bélier Ouessant blanc d'une qualité comme on en voit peu tous critères confondus.

Un bélier Ouessant blanc d'une qualité comme on en voit peu tous critères confondus.

Le bel Huxley, sans doute le plus beau specimen blanc produit chez les Lutins.

Le bel Huxley, sans doute le plus beau specimen blanc produit chez les Lutins.

Grrrrr....!!!! les remords!

Merci à Marielle et Stève pour les nouvelles et les photos.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 20:06

La brebis est absolument sans ressource et sans défense. Les moutons sont encore plus timides que les brebis; c'est par la crainte qu'ils se rassemblent si souvent en troupeaux; le moindre bruit extraordinaire suffit pour qu'ils se précipitent et se serrent les uns contre les autres; et cette crainte est accompagnée de la plus grande stupidité, car ils ne savent pas fuir le danger: ils semblent même ne pas sentir l'incommodité de leur situation; ils restent où ils se trouvent, à la pluie, à la neige; ils y demeurent opiniâtrement, et, pour les obliger à changer de lieu et à prendre une route, il leur faut un chef qu'on instruit à marcher le premier, et dont ils suivent tous les mouvements pas à pas. Ce chef demeurerait lui-même, avec le reste du troupeau, sans un mouvement dans la même place, s'il n'était chassé par le berger ou excité par le chien commis à leur garde, lequel sait, en effet, veiller à leur sûreté, les défendre, les diriger, les séparer, les rassembler et leur communiquer les mouvements qui leur manquent.

Ce sont donc, de tous les animaux quadrupèdes, les plus stupides; ce sont ceux qui ont le moins de ressource et d'instinct. Les chèvres, qui leur ressemblent à tant d'autres égards, ont beaucoup plus de sentiment; elles savent se conduire, elles évitent les dangers; elles se familiarisent aisément avec les nouveaux objets; au lieu que la brebis ne sait ni fuir ni s'approcher: quelque besoin qu'elle ait de secours, elle ne vient point à l'homme aussi volontiers que la chèvre; et, ce qui, dans les animaux, paraît être le dernier degré de la timidité ou de l'insensibilité, elle se laisse enlever son agneau sans le défendre, sans s'irriter, sans résister, et sans marquer sa douleur par un cri différent du bêlement ordinaire.

Mais cet animal si chétif en lui-même, si dépourvu de sentiment, si dénué de qualités intérieures, est pour l'homme l'animal le plus précieux, celui dont l'utilité est la plus immédiate et la plus étendue: seul il peut suffire aux besoins de première nécessité; il fournit tout à la fois de quoi se nourrir et se vêtir, sans compter les avantages particuliers que l'on sait tirer du suif, du lait, de la peau et même des boyaux, des os, et du fumier de cet animal, auquel il semble que la nature n'ait, pour ainsi dire, rien accordé en propre, rien donné que pour le rendre à l'homme.

L'instinct est d'autant plus sûr qu'il est plus machinal, et, pour ainsi dire, plus inné: le jeune agneau cherche lui-même dans un nombreux troupeau, trouve et saisit la mamelle de sa mère sans jamais se méprendre. L'on dit aussi que les moutons sont sensibles aux douceurs du chant, qu'ils paissent avec plus d'assiduité, qu'ils se portent mieux, qu'ils engraissent au son du chalumeau, que la musique a pour eux des attraits; mais l'on dit encore plus souvent, et avec plus de fondement, qu'elle sert au moins à charmer l'ennui du berger, et que c'est à ce genre de vie oisive et solitaire que l'on rapporte l'origine de cet art.

Ces animaux, dont le naturel est si simple, sont aussi d'un tempérament très faible; ils ne peuvent marcher longtemps; les voyages les affaiblissent et les exténuent; dès qu'ils courent, ils palpitent et sont bientôt essoufflés; la grande chaleur, l'ardeur du soleil, les incommodent autant que l'humidité, le froid et la neige; ils sont sujets à un grand nombre de maladies, dont la plupart sont contagieuses; la surabondance de la graisse les fait quelquefois mourir, et toujours elle empêche la brebis de produire; elles mettent bas difficilement, elles avortent fréquemment, et demandent plus de soins qu'aucun des autres animaux domestiques.

Les gens qui veulent former un troupeau, et en tirer du profit, achètent des brebis et des moutons de l'âge de dix-huit mois ou deux ans. On peut en mettre cent sous la conduite d'un seul berger; s'il est vigilant et aidé d'un bon chien, il en perdra peu. Il doit les précéder lorsqu'il les conduit aux champs, et les accoutumer à entendre sa voix, à le suivre, sans s'arrêter et sans s'écarter dans les blés, dans les vignes, dans les bois et les terres cultivées, où ils ne manqueraient pas de causer du dégât. Les coteaux et les plaines élevées au-dessus des collines sont des lieux qui leur conviennent le mieux: on évite de les mener paître dans les endroits bas, humides et marécageux. On les nourrit pendant l'hiver, à l'étable, de son, de navets, de foin, de paille, de luzerne, de sainfoin, de feuilles d'orme, de frêne, etc . On ne laisse pas de les faire sortir tous les jours, à moins que le temps ne soit fort mauvais; mais c'est plutôt pour les promener que pour les nourrir; et, dans cette mauvaise saison on ne les conduit aux champs que sur les dix heures du matin: on les y laisse pendant quatre ou cinq heures, après quoi on les fait boire et on les ramène vers les trois heures après midi. Au printemps et en automne, au contraire, on les fait sortir aussitôt que le soleil a dissipé la gelée ou l'humidité, et on ne les ramène qu'au soleil couchant.

Tous les ans on fait la tonte de la laine des moutons, des brebis et des agneaux: dans les pays chauds, où l'on ne craint pas de mettre l'animal tout à fait à nu, l'on ne coupe pas la laine, mais on l'arrache, et on en fait souvent deux récoltes par an; en France, et dans les climats plus froids, on se contente de la couper une fois par an, avec de grands ciseaux, et on laisse aux moutons une partie de leur toison, afin de les garantir de l'intempérie du climat. C'est au mois de mai que se fait cette opération, après les avoir lavés, afin de rendre la laine aussi nette qu'elle peut l'être: au mois d'avril il fait encore trop froid; et si l'on attendait les mois de juin ou juillet, la laine ne croîtrait pas assez pendant le reste de l'été pour les garantir du froid pendant l'hiver. La laine des moutons est ordinairement plus abondante et meilleure que celle des brebis.

Comme la laine blanche est plus estimée que la noire, on détruit presque partout avec soin les agneaux noirs ou tachés; cependant il y a des endroits où presque toutes les brebis sont noires, et partout on voit souvent naître d'un bélier blanc et d'une brebis blanche des agneaux noirs. En France il n'y a que des moutons blancs, bruns, noirs et tachés; en Espagne il y a des moutons roux; en Ecosse il y en a des jaunes; mais ces différences et ces variétés dans la couleur sont encore plus accidentelles que les différences et les variétés des races, qui ne viennent cependant que de la différence de la nourriture et de l'influence du climat.

Buffon, dans "Histoire Naturelle"

Le mouton, la brebis.

Succulent!

Cet écrit du milieu du 18ème siècle, tiré de l'œuvre de Buffon donc, je m'en délecte encore et toujours. L'animal domestique brebis y est traité dans le même style et la même approche que ce qui fut rédigé alors sur les autres espèces. Un discours bien loin d'être véritablement naturaliste, bien plus empreint de projections de valeurs humaines derrière les simples constats de l'observation et sans grande rigueur de l'analyse comme on le ferait au contraire de nos jours de par l'ethologie et autres sciences de la nature..

Buffon n'étant pas un homme de terrain, il n'hésitait pas d'ailleurs à décrire des espèces qu'il n'avait jamais observées lui-même mais dont il avait connaissance par ce que ses confrères pouvaient rapporter.

On ne pourra pas lui reprocher par contre de ne jamais avoir vu de moutons, puisqu'encore durant le siècle de son existence ( 1707-1788), les ovins faisaient partie du paysage de la société d'alors comme depuis "toujours". Cependant, de par les lignes de Buffon, on perçoit les représentations du monde pour l'époque et en particulier celles du monde animal. Comme quoi culture et connaissances d'une société construisent le regard que nous pouvons avoir sur le monde qui nous entoure, au-delà des simples approches individuelles ... et nous devons bien être conscients que le chemin vers la lucidité est encore long pour notre humanité du 21ème siècle elle-même.

Concernant Buffon, une chose est certaine: il ne connaissait pas le mouton d'Ouessant qui n'est en rien concerné par certaines lignes qu'il a écrites sur la brebis. Mais on ne lui en tiendra pas trop rigueur et on se contentera de sourire avec indulgence devant ce texte (et bien d'autres de son œuvre).

Pour la petite histoire me concernant, c'est vers l'âge de dix ans que je découvrais une partie des écrits de Buffon, par un curieux hasard. Alors que mon grand-père était chargé de brûler le bric à brac du grenier d'une vieille dame en un tas élaboré en son jardin, je tirai in extremis du feu un vieil ouvrage qui regroupait descriptions par Buffon d' un certain nombre d'espèces animales . Pas un tome de l'œuvre originale, mais tout de même un de ces vieux livres du 19ème qui ont toujours le don de faire rêver, et qui alors se vit étancher partie de ma soif d'enfant passionné de zoologie ou du moins encore simplement d'animaux, à une époque où presse et ouvrages dits naturalistes se faisaient encore rares.

Cet instant, en une ambiance automnale sous les clameurs des grues voyageuses, fut donc pour moi un de ces instants magiques qui vous suit toute votre vie. Les années ont passé et quand il m'arrive de retomber sur ce livre, c'est un trésor que je tiens entre mes mains, pour le souvenir, pour les vibrations d'alors que je perçois encore...

Succulent n'est-ce pas cette description de la brebis (et du mouton!)? On ne tiendra rigueur en rien à Monsieur le Comte de Buffon et on reconnaîtra au moins l'œuvre magistrale que fut la sienne en son temps (36 tomes... avec l'aide de Lacépède pour la poursuivre après sa mort).

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 18:04

Oui, je sais, il paraît que ce n'est pas qu'une question de taille! (concernant le Ouessant j'entends). C'est ce que diront certains esprits grincheux.

Ils n'ont pas tort car c'est bien d'abord la matière génétique Ouessant qui importe en ce mouton. Il n'empêche que l'importance de la taille vient en seconde place, tout juste suivie par les qualités morphologiques attendues.

N'empêche encore, qu'après la présentation du cas Hobbit des Lutins du M., le cas Kiki qui va suivre est particulièrement intéressant et tout autant le phénomène qui semble avoir construit le bélier en question.

Kiki, né en 1994 chez Monsieur Claude Barré dans la Sarthe, était considéré dans la fin de ces années 90 comme étant le plus petit bélier (connu!) du monde. Une taille annoncée de ... 34 cm au garrot le Kiki. Et n'en déplaise aux grincheux, pas mal fichu du tout le Kiki.

Outre ce record annoncé, le phénomène l'ayant engendré est particulièrement intéressant. D'abord, la mère de Kiki mesurait 40 cm (adulte je pense), donc au bas du standard taille. Son père par contre semblait bien se situer dans le maxi taille, à ce que j'en ai perçu. Jusque là, rien de particulier. Cela devient par contre particulièrement intéressant quand on apprend que Kiki est né en juillet alors que sa mère avait déjà donné naissance six mois avant en janvier de la même année.... ???? Cette brebis fut donc fécondée alors qu'elle allaitait logiquement encore. Faut-il voir en cela l'explication d'une croissance moindre du fœtus?

Merci à Claude Barré qui m'avait à l'époque communiqué un certain nombre d'articles (et même une vidéo) concernant son protégé. Il m'avait expliqué de plus qu'il avait d'abord pensé à un chaton en découvrant son minuscule agneau parmi ses moutons.

Malheureusement Kiki est mort prématurément de façon stupide (comme bien des moutons gloutons).... d'une indigestion de cerises.

Encore une fois, comme je n'ai pu m'empêcher de le répéter: "particulièrement intéressant" car une brebis Ouessant ne donne d'ordinaire qu'un agneau par an même en la laissant en permanence en compagnie d'un bélier....

Kiki (et ses 34 cm) et son père (au haut du standard taille).

Kiki (et ses 34 cm) et son père (au haut du standard taille).

Après vérification des points sur lesquels Thomas s'interrogeait en commentaire, non rien dans les éléments extérieurs (météo en particulier) qui puisse venir s'ajouter au fait que Kiki était déjà bien minuscule à la naissance et qu'il n'a jamais rattrapé une croissance et une taille plus classiques.

Pour info, l'autre jeune né en janvier de la même mère était de taille "normale".

Kiki n'ayant jamais été utilisé en reproduction, on ne saura jamais si son caractère "très petite taille" pouvait s'inscrire en terme de génétique acquise et transmissible...

(Merci Philippe, le fin limier).

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