Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
  • Contact

Recherche

20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 10:33

J'évoque régulièrement, depuis des années malheureusement, le souci que représente toute identification auriculaire pour le mouton d'Ouessant (de type ancien).

J'ai souvent omis de dire qu'en plus de cette inadéquation, les éleveurs sont parfois doublement victimes de cette identification obligatoire, selon le matériel proposé par le département ou la région d'élevage dont ils dépendent.

Une démonstration éloquente de ces soucis, dans le lien ci-dessous, tiré du blog d'un ami éleveur. Eleveur particulier tout comme moi et comme la quasi totalité des détenteurs de ce type ovin,... ceci pour bien montrer l'aberration de l'absence d'aménagement particulier pour identifier correctement (sans conséquences sanitaires ou de mutilations) et durablement des animaux le plus souvent d'agrément (et non de rente) conservés à vie (10 à 15 ans).

(Cet éleveur me signale trois nouveaux cas d'arrachage depuis parution de son article...)

Partager cet article
Repost0
16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 09:39

Encore 36 degrés à l'ombre aujourd'hui.

Plus de pluie depuis mi-juin. Depuis deux mois l'herbe verte a laissé place à une paillasse jaunie.

Pensez-y!

Le seau d'eau est vite vidé.

Pensez-y!

Un second permet d'assurer l'eau à volonté sur la journée, tout en veillant à remplir tout de même fréquemment.

Oui, contrairement aux idées reçues, un mouton boit, en toute saison, et même beaucoup quand son alimentation est pauvre en eau.

Eau propre à volonté (même chaude sous le soleil) n'est pas un luxe mais un minimum d'attention en élevage.

Puisse ce petit rappel annuel permettre de sauver ici ou là quelques animaux en détresse délaissés (ou même simplement leur adoucir la vie)!

Partager cet article
Repost0
31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 14:44

Des éleveurs, professionnels de l'élevage, qui ne se comportent pas en moutons, eux ...

J'ajouterai que les éleveurs d'agrément, sans orientation de rente ni d'exploitation, comme moi, comme vous peut-être, sont logés à la même enseigne que les producteurs ovins, concernant l'obligation d'identification électronique auriculaire de leurs animaux.... et ce, théoriquement d'après la législation, même en ne possédant qu'un seul ovin.

Alors qui pour se soucier de l'inadéquation de l'identification auriculaire électronique (ou pas) du petit mouton d'Ouessant de type ancien?

Si identification obligatoire il doit y avoir pour le Ouessant, qu'elle soit alors adaptée à l'animal et aux risques encourus de par son anatomie et son mode de vie.....

Actuellement mes six chats, quatre chiens et trois ânes se portent très bien avec leur "puce" électronique sous-cutanée. Mes Ouessant ne demandent qu'à pouvoir bénéficier du même traitement et de la même considération. Ce qui satisferait malgré tout les soucieux de traçabilité et d'identification dans les rouages des administrations, ou parmi les éleveurs!

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 09:42
J'ai testé pour vous

Oui mais ça c'était avant, ...

J'ai testé pour vous

... car maintenant....

Après les minuscules boucles alu à une oreille, puis les deux....

Après les boucles plastique électroniques dites pour petits animaux....

Voilà l'arrivée de divers modèles agréés qui seraient plus petits et mieux adaptés à nos Ouessant pour leur identification obligatoire. Qui seraient.....????

Je me suis orienté vers un de ces nouveaux produits et j'ai donc testé.

D'abord grosse déception concernant la pose. En effet, sur 48 animaux identifiés ainsi tout récemment, pour 17 paires de boucles (donc environ 1/3 des Ouessant manipulés) il y eut difficultés de pose. C'est à dire que la boucle ne put être posée au premier essai.

Pour 6 paires les deux boucles posèrent souci et pour les 11 autres, une des deux boucles (gauche comme droite) présenta problème. Ce qui nécessita 2 à 5 tentatives pour ces boucles récalcitrantes ne pouvant ni perforer le cartilage ni voir de là leur partie mâle se fixer en partie femelle.

Inutile de dire le calvaire pour l'animal ainsi martyrisé.... L'agacement du berger n'étant rien comparativement.

Au risque de paraître prétentieux, je suis pourtant plutôt habile de mes mains, tout autant que particulièrement attentif à mes moutons et donc soucieux que les choses se passent au mieux, donc appliqué techniquement.

De plus, avec quatre modèles différents de pinces adaptées à ce modèle de boucle, on ne peut m'accuser de maladresse ou de mauvaise foi, ou encore supposer un souci particulier lié à un de mes outils.

J'ai testé pour vous

Bon, même si la boucle est à présent bouclée, voici quelques autres retours d'expérience qui peuvent valoir conseils.

J'ai testé pour vous

D'abord, personnellement, je place la boucle de façon à ce qu'elle se retrouve à l'arrière de l'oreille. Ce dispositif, inesthétique il faut bien l'avouer, passe ainsi un peu plus inaperçu, mais surtout, on peut supposer qu'il gêne moins l'animal dans sa progression dans la végétation et que de là le risque d'arrachage s'en trouve réduit.

J'ai testé pour vous
J'ai testé pour vous

Dans un premier temps, dans une logique de bonne méthode de pose, je pratiquais en présentant le pointeau perforant dans l'intérieur creux du pavillon de l'oreille. La partie femelle de fixation se retrouvant alors sur le dessus, le plat de l'oreille.

Pourtant, lorsque je constatai qu'une brebis en enclos, déjà bouclée ainsi deux minutes avant, s'arrachait partiellement l'oreille en glissant contre un grillage dans une bousculade, je décidai de placer la partie femelle à forte protubérance à l'intérieur de l'oreille.

J'ai testé pour vous
J'ai testé pour vous

Voilà donc le positionnement qui semble le plus judicieux, avec la partie présentant le moins de protubérance placé sur le dessus de l'oreille.

J'ai testé pour vous

Le risque énoncé en première méthode est bien réel. Voici une brebis qui quelques jours après son bouclage s'est accrochée sans doute dans un obstacle, tout le système de fixation se retrouvant au-dessus du pavillon. Sans infection à ce jour, ce problème blessera l'oreille à l'avenir par les frottements.

J'ai testé pour vous

Autre exemple du même type, mais cette fois avec malheureusement infection comme on le voit alors que je pulvérise généreusement et systématiquement désinfectant à chaque bouclage. Il me faut intervenir pour guérir, mais le mal est fait. Peut-être une tête passée dans un grillage ou dans les rameaux d'une haie. Le trou ainsi creusé condamne à vie à une mauvaise position de boucle et donc à bien d'autres soucis.

J'ai testé pour vous

Vieille brebis ayant déjà connu l'arrachage à l'oreille droite du temps des minuscules boucles alu et qui montre par le passage de sa boucle gauche à l'avant de l'oreille (alors qu'initialement bloquée à l'arrière) qu'elle s'est accrochée quelque part (en ressortant la tête d'entre les mailles d'un grillage?).

J'ai testé pour vous
J'ai testé pour vous

La présence de la protubérance de boucle à l'intérieur de l'oreille pour limiter l'arrachage pose néanmoins questionnement sur le bouchon ainsi formé en cet endroit. Quelle perturbation de l'audition? Quel souci de ventilation et alors d'encrassement du conduit auditif durant les 10 à 15 ans de vie du Ouessant?

J'ai testé pour vous

Je m'interroge également sur les risques importants d'accrochage dans les branchages ou autres installations par l'extrémité de la boucle qui ne demande qu'à ce que corps étranger s'y insinue. Ne faudrait-il pas cisailler le plastique pour ouvrir?

On remarquera au passage que dites petites, ces nouvelles boucles demeurent pourtant bien gigantesques sur l'oreille d'un Ouessant et donc pas plus particulièrement adaptées à ce type ovin comme on voudrait parfois le faire croire.

J'ai testé pour vous

Les cornes des béliers empêchent ces derniers de passer leur tête à travers les grillages dits à moutons. Mais par leur manie à marquer leur territoire de la tête ou simplement se gratter en frottant l'arrière de leur oreille aux arbustes et tiges, ne les laisse pas totalement à l'abri de soucis d'arrachages de boucles.... et d'oreilles.

Toute personne possédant un ou plusieurs ovins (ou caprins) doit être déclarée et l'animal ou les animaux identifié(s). C'est que la législation exige.

Pourtant très rares sont les éleveurs/possesseurs de moutons, sans orientation de rente mais plus à but d'agrément, à identifier leurs animaux et en particulier si ce sont des Ouessant.

Pour ceux qui voudraient être en règle, je pense que ces remarques et conseils leur seront utiles pour leur réflexion quant au choix des marques d'identité et à celui d'une pose la moins problématique possible .

Sinon mon constat dans les quinze jours après test du nouveau matériel: "Bof!!" et même "Grrr!!", avec la crainte d'un "Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!!!!!!!!!!!!" pour les mois et années qui viennent, ne pouvant que constater déjà bien trop de soucis.

En effet, si j'écarte du bilan une brebis qui s'arracha dans l'enclos dès la pose suite à bousculade, en seulement deux semaines, 3 autres animaux (exemples ci-dessus) sur 48 ainsi identifiés ont déjà rencontré souci avec leur barrette. Donc plus de 6% (voire 8% si je totalisais tous mes soucis)!!! L'avenir se présente bien incertain et inquiétant.

Une fois encore, cette expérience, toute personnelle correspondant à mon mode d'élevage je l'accorde(c'est à dire dans des conditions de vie de rêve pour les animaux), montre bien que toute identification auriculaire est inadaptée aux ovins, en particulier les animaux de petite taille comme le Ouessant. Sans compter que ce dernier a une espérance de vie équivalente à celle d'un chien puisqu'il ne finit pas rapidement à l'abattoir et que mathématiquement la probabilité de soucis avec ses boucles d'identification est largement multipliée dans le temps.

Comme je le dis bien souvent, un enfant de dix ans comprendrait la chose. Ce qui n'est pas le cas des administrations qui se retranchent derrière la législation et ne se soucient pas de tout cela bien évidemment.

Quant aux éleveurs/possesseurs de Ouessant, il y a bien longtemps que j'ai compris que leurs motivations à élever cet animal (animal outil, animal à médailles, animal à congélateur, animal à laine, animal spectacle, ....) étaient bien souvent très éloignées des miennes et qu'il n'y a pas d'espoir d'action pour s'unir et combattre dans le sens d'un aménagement d'identification pour les moutons des éleveurs dits d'agrément (pour certains éleveurs peu soucieux de leurs animaux, il s'agirait là de soucis de "grand-mère à chats"... manque de respect pour toute grand-mère à chats, bien méritante par ailleurs au contraire, elle). Seul le principe d'identification sous-cutanée pourrait s'approcher de l'idéal à plus d'un titre, comme pour chiens, chats, alpagas, ânes, chevaux .....

C'est là que l'on mesure à quel point l'existence d'une association s'occupant des Ouessant et de leurs éleveurs aurait toute son utilité, à ce niveau comme à bien d'autres!

Une fois de plus, "J'ai fait un rêve...."

Partager cet article
Repost0
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 18:25
Tout en douceur

Après deux ans et demi de restauration et d'aménagement, la prairie non encore utilisée par les Lutins est presque opérationnelle.

Tout en douceur

C'est le groupe des béliers qui a la chance de la découvrir.... tout en douceur.

Tout en douceur

En effet, pour éviter tout choc alimentaire aux conséquences parfois très graves, ils profitent des lieux progressivement depuis une semaine, afin d'habituer graduellement leur système digestif à la nouvelle végétation, d'autant qu'en cette période une herbe bien grasse repousse.

Tout en douceur

Une heure de pâturage en début de semaine, puis deux....pour arriver aujourd'hui à une journée.

Tout en douceur

Demain sera le grand jour puisque ces béliers y séjourneront dès lors jour et nuit.

Début avril, les brebis y accéderont à leur tour, sans que le berger se fasse trop de soucis puisque les mâles auront déjà alors bien exploité le lieu.

Mieux vaut prévenir que guérir, voire pleurer animaux perdus, et donc prendre toutes les précautions de base qui s'imposent lors d'un changement de pâture engendrant une alimentation nouvelle plus riche et abondante (y compris pour des animaux vaccinés....et donc plus encore s'ils ne le sont pas).

Tout en douceur

Les gars sont d'ailleurs bien repus, la panse pleine de regain.

Si le fond de l'air était plus doux, me joindre à eux pour une petite sieste me tenterait bien.

Tout en douceur

Seul Roussin se montre contrarié. Heureusement pas pour un souci digestif!

Après vérification, un simple souci de caillou dans une de ses chaussures...

L' "inauguration" progressive de la nouvelle parcelle semble donc bien une réussite.

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 17:14

Comme chaque année, lorsque l'automne a été doux et généreux en herbe, la complémentation alimentaire n'arrive chez les Lutins qu'à partir du premier janvier.

Il ne fait pas froid non plus cet hiver jusque là, mais l'herbe est moins nourrissante. Les châtaignes et les glands au sol deviennent denrée plus rare. Le foin est bien là à volonté comme en toute période, mais deux mois avant leur naissance les agneaux vont fortement se développer dans les ventres maternels et les brebis doivent bénéficier de ressources suffisantes.

Le rituel

Ainsi les femelles ont leur ration de céréales quotidienne.

Cela évitera certains soucis de mise bas et permettra un développement correct des fœtus.

Et puis ces brebis auront besoin d'être dans une forme optimale au moment où elles devront assurer leur travail de pourvoyeuse du meilleur lait possible à leur agneau.

Le rituel

Côté béliers, on profite également d'une distribution, la prairie dont ils disposent dans l'attente de retrouver les femelles en avril n'étant pas aussi nourrissante que d'autres, bien que le foin soit également là en permanence au râtelier.

Bon appétit!

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 17:33

Dans deux mois, chez les Lutins, devraient naître les premiers agneaux.

La vingtième saison d'agnelage! J'en rêverais bien encore vingt supplémentaires et pourquoi pas au-delà...!

Chez les Lutins, une naissance à douze niveaux d'origines reconnues, alors qu'actuellement plus de 99% des dits Ouessant rencontrés par ailleurs sont sans origines ou avec origines insuffisantes ...

Chez les Lutins, une naissance à douze niveaux d'origines reconnues, alors qu'actuellement plus de 99% des dits Ouessant rencontrés par ailleurs sont sans origines ou avec origines insuffisantes ...

On n'a pas tous les jours 20 ans. Cela commence à représenter.

C'est ce que révèlent les souvenirs simplement cérébraux ou sous forme d'image papier et numérique, ou encore ceux de deux décennies de notes et fiches diverses.

C'est également ce que révèlent les pedigrees tenus minutieusement depuis vingt ans.

Chez les Lutins, rechercher, étudier, comprendre, sauvegarder ... (en photo, un bélier noir décoloré tondu)

Chez les Lutins, rechercher, étudier, comprendre, sauvegarder ... (en photo, un bélier noir décoloré tondu)

Ainsi, alors que la tempête de neige m'oblige à quitter le troupeau et me plonger autrement dans l'univers Lutins, en consultant ces pedigrees, je réalise, une fois de plus, toute l'importance de deux décennies de suivis en une démarche d'élevage réfléchie et calculée pour un réel travail de sauvegarde.

Un travail précieux, parfois unique sous certains angles, le souci de suivi et d'origine n'étant que rarement priorité chez les possesseurs de moutons d'Ouessant, quand je mis les onglons dans cette sphère... et aujourd'hui encore. Le plus souvent les animaux rencontrés se retrouvaient sans origines, ou alors fragmentaires avec seulement les parents connus, ou encore avec généalogie femelles uniquement. Heureusement, une paire d'éleveurs méticuleux étaient attentifs à leur cheptel et leurs naissances, et c'est ainsi que je peux remonter assez loin en certaines souches initiales de mon troupeau.

Chez les Lutins, des ancêtres connus jusqu'à trente ans de là ...(en photo, un bélier noir tondu)

Chez les Lutins, des ancêtres connus jusqu'à trente ans de là ...(en photo, un bélier noir tondu)

Selon les branches et rameaux de leur pedigree, les agneaux qui vont naître ce printemps, résulteront d'ancêtres connus sur plus de douze niveaux d'ascendance. Ce qui correspond pour ces ancêtres les plus lointains, à des animaux des années 80.

Chez les Lutins, accepter les différences.... (en photo, une brebis en laine, noire avec canitie)

Chez les Lutins, accepter les différences.... (en photo, une brebis en laine, noire avec canitie)

En effet, il est naïf de penser que, par exemple, cinq générations correspondraient aux animaux des cinq dernières années.

La chose serait vraie, si tous les Ouessant se retrouvaient mère ou père à l'âge d'un an... et seulement à un an.

Or, quand tout va bien, un Ouessant reproduit encore à huit ans, par exemple. Dans ce cas, au niveau deux (celui des grands parents) du pedigree, on peut rencontrer un ancêtre né il y a seize ans. Donc à des niveaux plus élevés, on peut imaginer ...

Chez les Lutins, souci de la structure...tout en ne cherchant surtout pas homogénéité d'allure...(en photo une brebis noire à forte canitie)

Chez les Lutins, souci de la structure...tout en ne cherchant surtout pas homogénéité d'allure...(en photo une brebis noire à forte canitie)

Toujours est-il que m'est cher cet attachement à élever et produire des Ouessant issus et construits au travers de la composante des troupeaux initiaux de la relance de ce type ovin dans les années 80. Pouvant ainsi, pour chaque animal, considérer son intégrité génétique ou pas en cette référence, refusant d'introduire en ma troupe des animaux "tout venant" (sans origines lointaines connues et reconnues), aussi séduisants soient-ils, au risque de pollution génétique se révélant parfois à l'occasion en générations suivantes, mais le plus souvent demeurant malheureusement invisible, l'immensité des composantes d'un patrimoine génétique ne concernant pas uniquement les apparences, loin de là.

Chez les Lutins, réparation des erreurs suite au standard....(en photo, une antenaise brune)

Chez les Lutins, réparation des erreurs suite au standard....(en photo, une antenaise brune)

S'il est illusoire de prétendre conserver l'intégralité du patrimoine génétique du Ouessant de type ancien insulaire qui lui est de toute façon disparu, il m'est important de conserver l'intégrité du patrimoine génétique des troupeaux continentaux de ce type ovin, retrouvés un petit siècle plus tard après sa disparition.

Certes, ce patrimoine ne représente qu'un pourcentage indéfini de ce à quoi il était arrivé au cours du 19ème siècle sur Ouessant (juste avant la disparition progressive du type ovin d'alors), mais ce qu'il en reste est d'autant plus précieux pour se faire un devoir de le conserver.

Chez les Lutins, égalité de traitement face à la diversité officielle...(en photo, une brebis noire agouti grey)

Chez les Lutins, égalité de traitement face à la diversité officielle...(en photo, une brebis noire agouti grey)

Ce courant de pensée, de réflexion et d'action que j'impulse depuis ces vingt ans, commence à porter ses fruits et quelques trop rares éleveurs ont commencé à m'emboîter le pas dans le sens de la conservation, le milieu associatif semblant même se réveiller tout doucement, après l'avoir sensibilisé, instruit et parfois bousculé un peu, il faut bien l'avouer... Mais faire aujourd'hui ce qui aurait dû être fait il y a et pendant quarante ans (immense gâchis!) est-ce vraiment possible? Comment ne pas tomber dans le sectarisme en laissant de côté certains élevages et moutons sans doute précieux, et inversement, comment ne pas commettre erreurs irréparables (comme je l'ai déjà observé maintes fois) en récoltant et injectant fruits vereux dans l'aventure, problème délicat à présent qu'ils sont des dizaines de milliers d'animaux, alors qu'ils n'étaient que seulement quelques centaines au départ de cette résurrection il y a quarante ans?

Personnellement, malgré ma passion et mes compétences, je suis incapable (mais surtout je ne me le permettrais pas par honnêteté intellectuelle) de décréter, devant tel ou tel animal, qu'il est véritablement Ouessant ou ne l'est pas et y agrafer label en ce sens, sur sa simple apparence (sauf cas précis), car j'insiste, on est véritablement Ouessant par son "contenant", mais bien plus encore par son "contenu"qui là demeure forcément presque toujours inconnu dans sa totalité, la partie invisible de l'iceberg... L'habit ne faisant pas le moine!

Il faut parfois du temps pour que l'esprit du détenteur de Ouessant finisse par réaliser les pouvoirs de destruction ou au contraire de conservation vers lesquels ses méthodes et directions d'élevage peuvent conduire.

Chez les Lutins, éveiller à la réalité génétique et sa sauvegarde...(en photo, une agnelle agouti blanc bronzé)

Chez les Lutins, éveiller à la réalité génétique et sa sauvegarde...(en photo, une agnelle agouti blanc bronzé)

Chez les Lutins, vingt ans de conservation, de réparation des erreurs observées dans l'aventure de l'animal, mais aussi de quête pour la réalité encore bien fragmentaire du Ouessant de type ancien, cela se fêtera inévitablement le moment venu...."double ration pour tout le monde! c'est moi qui paie"..." et pour le berger ... (chuuut!)....!!"...

Etre Lutin en 2016 est bien devenu de fait un label de conservation face à toutes les incertitudes auxquelles se heurte généralement à présent l'ensemble de la population Ouessant continentale française et étrangère.

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 12:41

Il y a quelques années, une personne de passage chez les Lutins me demandait ce que j'apportais sur mes prairies pour les fertiliser.

Cette personne avait l'esprit formaté jardinage et exploitation agricole, aussi elle ouvrit de grands yeux quand je lui répondis: "Rien!"

Je tentai alors de lui expliquer que je ne sortais de mes prés aucune matière organique sous une forme ou une autre, que le nombre de moutons était géré en fonction des surfaces et que j'évitais le surpâturage, et qu'ainsi mes animaux jouaient un rôle uniquement de transformation de la masse végétale herbacée en déjections qui alors fertilisaient le sol pour reproduire de l'herbe, la boucle étant bouclée.

Je lui faisais remarquer également que les quintaux, sinon tonnes, de céréales introduites pour nourrir en complément hivernal compensaient largement les quelques dizaines de kilos de Lutins qui pouvaient certaines années quitter l'élevage.

Je lui expliquai également que de plus les haies et boisements de bordure des parcelles apportaient à l'automne par la chute des feuilles une part non négligeable de matière organique fertilisante.

Aux mimiques de son visage, je perçus qu'il n'avait pas assimilé dans l'immédiat mon discours.

En effet, pour lui, mouton rimait avec production de viande, rentabilité, sortie d'animaux pour la vente ....et donc "jardinage" et engraissement annuel des parcelles pour leur assurer avenir permettant de nourrir les animaux.

Il est parfois difficile de faire concevoir qu'on puisse élever des moutons pour son propre loisir, à titre de sauvegarde d'une race ou encore d'étude, voire comme animal outil permettant de conserver un espace ouvert (non repris par le boisement, comme il serait naturel qu'il le soit en l'absence de pâturage).

Engrais naturel

Parmi les multiples utilités des haies, les feuillages d'automne se retrouvant au sol contribuent à le fertiliser en créant humus, en particulier lorsque les parcelles ne sont pas trop grandes.

Pourtant en un siècle, ce serait 1 400 000 km de haies qui ont été rasés en France, pour agrandir les parcelles et les soumettre à une agriculture dite moderne.

Sous mon regard attristé, chaque année, ce sont encore des dizaines de kilomètres que je vois détruire dans ma sphère proche.

Devant ces phénomènes, je ne peux que sourire face aux gesticulations d'une COP 21, certes nécessaire, qui pourrait laisser penser que la garantie d'un avenir "meilleur" ne se limiterait qu'au souci des modes de production des énergies et de la limitation de l'augmentation moyenne de la température. Qui peut croire que 7 milliards d'individus seraient prêts à marcher dans la même direction alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux sur l'évolution de l'espace sur chaque commune pour comprendre à quel point notre environnement proche ne fait que se dégrader... même si nous arrivions à moins polluer.

Bref, comme il faut déjà œuvrer à son niveau, chez les Lutins, les haies, bien qu'artificielles en soi puisque simplement formes anciennes séculaires de limites de parcelles, sont précieusement conservées car faute d'une naturalité réelle, elles sont bien préférables au vide et au néant que d'autres créent toujours plus par ailleurs.....

sans oublier l'engrais naturel qu'elles apportent aux prairies des Ouessant.

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 17:37

Les béliers non reproducteurs se trouvent dans un parc non mitoyen avec un quelconque groupe de femelles.

Cela permet de limiter les tensions dans ce groupe des mâles, tout autant que d'éviter conflits avec le plus proche bélier reproducteur disposant de brebis.

Malgré tout, les mâles savent où se trouvent les filles car le mouton a une connaissance parfaite de son territoire. Sans oublier que selon la direction du vent, celui-ci leur apporte des nouvelles parfumées à l'occasion. Et puis quelques bêlements féminins peuvent leur arriver aux oreilles.

Sas de décompression

Bientôt, ces béliers au célibat forcé auront accès au parc de transition d'où ils pourront reprendre contact visuel avec les filles.

Mais le sas de décompression est là pour que l'événement se passe en douceur, en particulier en créant un vide entre clôtures, afin d'éviter affrontement direct avec le bélier reproducteur voisin.

En fin d'hiver, une étape de plus sera franchie dans les retrouvailles progressives. Tout le clan des mâles pouvant alors en un autre parc, presque côtoyer celui des femelles, avec un unique grillage pour séparation malgré tout, jusqu'à ce qu'arrive enfin le 1er avril, date de regroupement de la totalité du troupeau des Lutins.

Sas de décompression

En attendant, les "vieux garçons" s'apprécient puisque qui se ressemble s'assemble. D'autant que chez les béliers, on est en fait très liés.

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 16:43

Plusieurs visiteurs du blog des Lutins m'interrogent sur le bruit qui court concernant de nouvelles boucles d'identification disponibles pour le Ouessant.

Tout de suite, qu'on ne se leurre pas, il ne faut attendre aucun miracle en ces nouveaux systèmes qui n'ont rien de révolutionnaire pour éviter les soucis d'arrachages accidentels. Développons.

Petit rappel pour le nouvel éleveur ou le simple lecteur de passage en cet article...

Tout détenteur de moutons (ou de chèvres), quel qu'en soit le nombre (donc un seul y compris) est normalement tenu d'être déclaré et d'identifier ses animaux selon la législation.

Cette obligation date de 1997. Un aménagement avait alors été obtenu un temps pour le Ouessant par la pose de petites boucles alu plus adaptées à la taille de ses oreilles.

Puis il y a quelques années, arriva l'obligation de passer à l'identification électronique en des boucles de plus grande taille; mais là encore le Ouessant put bénéficier de boucles réservées aux petits animaux, plus réduites que celles pour les grandes races, mais malgré tout géantes comparativement aux anciennes boucles alu.

Ces identifications ont pour but d'avoir un suivi des animaux dans les systèmes d'élevage et aux différentes étapes de leur exploitation.

Ce souci administratif n'offre pour l'éleveur d'agrément aucun intérêt si ce n'est d'identifier ses animaux s'il n'était pas à même de les reconnaître individuellement.

Outre l'aspect inesthétique et les frais engendrés qu'il ne faut pas nier, cette obligation serait sans grandes conséquences si ne se posaient pas les problèmes réguliers d'arrachage de ces boucles....et évidemment des oreilles du mouton.

En effet, par sa petite taille, le Ouessant passe sa tête entre les mailles des grillages pour bétail ou simplement se raccroche par ces bijoux de pacotille aux divers grillages et autres branchages.

Quand on sait que le rebouclage à l'identique est obligatoire, au-delà des frais forcément engendrés, comment fait-on quand l'oreille ne peut plus recevoir cette quincaillerie?

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

A gauche, pour le Ouessant, boucle alu, puis depuis, les formes plastifiées avec barrette électronique. A l'extrême droite deux nouveaux modèles sur lesquels fantasment certains, mais qui à l'évidence ne sont en rien une avancée mais simplement de nouveaux systèmes d'arrachage d'oreilles. Nul besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre ce qu'un enfant comprendrait. Et pourtant, nous en sommes toujours là...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Que faire?

Il y a une paire d'années, j'ai tenté de réveiller le milieu du Ouessant face à ce souci et à le sensibiliser à la nécessité d'œuvrer dans une autre direction pour un autre système. Gros travail pour lui quand on sait que tout cela est politique et que les simples courriers ne sont pas suffisants car dans les sphères les plus hautes on se heurte à des perroquets qui ne savent que réciter les textes en vigueur, personne ne voulant prendre responsabilité, renvoyant l'ascenseur vers le haut du système.

Gros et long travail donc! Sans volonté au départ, de toute façon, rien ne se fera jamais.

Pourtant "Commence et l'impossible deviendra possible!"

La volonté, je ne l' ai donc pas rencontrée par ailleurs. Mes oreilles personnelles ont dû écouter arguments plus tordus les uns que les autres pour expliquer l'inaction. J'ai pu découvrir qu'au milieu des problèmes d'ego et des querelles intestines entre personnes, pendant ce temps le Ouessant se retrouvait pris en otage. J'ai pu découvrir également qu'il n'y avait aucun souci du bien être des animaux et que les éleveurs n'étaient pas prêts à consacrer pour ce problème de l'identification autant de temps, d'énergie et d'argent qu'ils en sont parfois capables pour leurs amusements et leur propre plaisir autour du Ouessant.

De mon côté, "j'aurai fait ma part", comme dirait le colibri cher à Pierre Rabhi...

Si la masse des éleveurs déclarés de Ouessant daigne un jour se fédérer et bouger à son tour, j'en serai ravi. C'est là que l'aspect associatif aurait toute son importance. Aux éleveurs déclarés de savoir ce qu'ils souhaitent réellement: continuer à subir dans le silence l'absurdité d'un système inapproprié à leur troupeau et leur loisir ou élever dans de bonnes conditions des animaux dont on respecte l'intégrité physique.

En attendant, effectivement, ceux qui veulent s'orienter vers le mirage des tout nouveaux systèmes d'arrachage des oreilles de leurs animaux peuvent le faire, c'est possible...

(Par contre il leur reste à convaincre leur administration de leur procurer la nouvelle quincaillerie, ce qui selon les départements peut être encore une autre très longue histoire...)

Partager cet article
Repost0