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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 17:33

Dans deux mois, chez les Lutins, devraient naître les premiers agneaux.

La vingtième saison d'agnelage! J'en rêverais bien encore vingt supplémentaires et pourquoi pas au-delà...!

Chez les Lutins, une naissance à douze niveaux d'origines reconnues, alors qu'actuellement plus de 99% des dits Ouessant rencontrés par ailleurs sont sans origines ou avec origines insuffisantes ...

Chez les Lutins, une naissance à douze niveaux d'origines reconnues, alors qu'actuellement plus de 99% des dits Ouessant rencontrés par ailleurs sont sans origines ou avec origines insuffisantes ...

On n'a pas tous les jours 20 ans. Cela commence à représenter.

C'est ce que révèlent les souvenirs simplement cérébraux ou sous forme d'image papier et numérique, ou encore ceux de deux décennies de notes et fiches diverses.

C'est également ce que révèlent les pedigrees tenus minutieusement depuis vingt ans.

Chez les Lutins, rechercher, étudier, comprendre, sauvegarder ... (en photo, un bélier noir décoloré tondu)

Chez les Lutins, rechercher, étudier, comprendre, sauvegarder ... (en photo, un bélier noir décoloré tondu)

Ainsi, alors que la tempête de neige m'oblige à quitter le troupeau et me plonger autrement dans l'univers Lutins, en consultant ces pedigrees, je réalise, une fois de plus, toute l'importance de deux décennies de suivis en une démarche d'élevage réfléchie et calculée pour un réel travail de sauvegarde.

Un travail précieux, parfois unique sous certains angles, le souci de suivi et d'origine n'étant que rarement priorité chez les possesseurs de moutons d'Ouessant, quand je mis les onglons dans cette sphère... et aujourd'hui encore. Le plus souvent les animaux rencontrés se retrouvaient sans origines, ou alors fragmentaires avec seulement les parents connus, ou encore avec généalogie femelles uniquement. Heureusement, une paire d'éleveurs méticuleux étaient attentifs à leur cheptel et leurs naissances, et c'est ainsi que je peux remonter assez loin en certaines souches initiales de mon troupeau.

Chez les Lutins, des ancêtres connus jusqu'à trente ans de là ...(en photo, un bélier noir tondu)

Chez les Lutins, des ancêtres connus jusqu'à trente ans de là ...(en photo, un bélier noir tondu)

Selon les branches et rameaux de leur pedigree, les agneaux qui vont naître ce printemps, résulteront d'ancêtres connus sur plus de douze niveaux d'ascendance. Ce qui correspond pour ces ancêtres les plus lointains, à des animaux des années 80.

Chez les Lutins, accepter les différences.... (en photo, une brebis en laine, noire avec canitie)

Chez les Lutins, accepter les différences.... (en photo, une brebis en laine, noire avec canitie)

En effet, il est naïf de penser que, par exemple, cinq générations correspondraient aux animaux des cinq dernières années.

La chose serait vraie, si tous les Ouessant se retrouvaient mère ou père à l'âge d'un an... et seulement à un an.

Or, quand tout va bien, un Ouessant reproduit encore à huit ans, par exemple. Dans ce cas, au niveau deux (celui des grands parents) du pedigree, on peut rencontrer un ancêtre né il y a seize ans. Donc à des niveaux plus élevés, on peut imaginer ...

Chez les Lutins, souci de la structure...tout en ne cherchant surtout pas homogénéité d'allure...(en photo une brebis noire à forte canitie)

Chez les Lutins, souci de la structure...tout en ne cherchant surtout pas homogénéité d'allure...(en photo une brebis noire à forte canitie)

Toujours est-il que m'est cher cet attachement à élever et produire des Ouessant issus et construits au travers de la composante des troupeaux initiaux de la relance de ce type ovin dans les années 80. Pouvant ainsi, pour chaque animal, considérer son intégrité génétique ou pas en cette référence, refusant d'introduire en ma troupe des animaux "tout venant" (sans origines lointaines connues et reconnues), aussi séduisants soient-ils, au risque de pollution génétique se révélant parfois à l'occasion en générations suivantes, mais le plus souvent demeurant malheureusement invisible, l'immensité des composantes d'un patrimoine génétique ne concernant pas uniquement les apparences, loin de là.

Chez les Lutins, réparation des erreurs suite au standard....(en photo, une antenaise brune)

Chez les Lutins, réparation des erreurs suite au standard....(en photo, une antenaise brune)

S'il est illusoire de prétendre conserver l'intégralité du patrimoine génétique du Ouessant de type ancien insulaire qui lui est de toute façon disparu, il m'est important de conserver l'intégrité du patrimoine génétique des troupeaux continentaux de ce type ovin, retrouvés un petit siècle plus tard après sa disparition.

Certes, ce patrimoine ne représente qu'un pourcentage indéfini de ce à quoi il était arrivé au cours du 19ème siècle sur Ouessant (juste avant la disparition progressive du type ovin d'alors), mais ce qu'il en reste est d'autant plus précieux pour se faire un devoir de le conserver.

Chez les Lutins, égalité de traitement face à la diversité officielle...(en photo, une brebis noire agouti grey)

Chez les Lutins, égalité de traitement face à la diversité officielle...(en photo, une brebis noire agouti grey)

Ce courant de pensée, de réflexion et d'action que j'impulse depuis ces vingt ans, commence à porter ses fruits et quelques trop rares éleveurs ont commencé à m'emboîter le pas dans le sens de la conservation, le milieu associatif semblant même se réveiller tout doucement, après l'avoir sensibilisé, instruit et parfois bousculé un peu, il faut bien l'avouer... Mais faire aujourd'hui ce qui aurait dû être fait il y a et pendant quarante ans (immense gâchis!) est-ce vraiment possible? Comment ne pas tomber dans le sectarisme en laissant de côté certains élevages et moutons sans doute précieux, et inversement, comment ne pas commettre erreurs irréparables (comme je l'ai déjà observé maintes fois) en récoltant et injectant fruits vereux dans l'aventure, problème délicat à présent qu'ils sont des dizaines de milliers d'animaux, alors qu'ils n'étaient que seulement quelques centaines au départ de cette résurrection il y a quarante ans?

Personnellement, malgré ma passion et mes compétences, je suis incapable (mais surtout je ne me le permettrais pas par honnêteté intellectuelle) de décréter, devant tel ou tel animal, qu'il est véritablement Ouessant ou ne l'est pas et y agrafer label en ce sens, sur sa simple apparence (sauf cas précis), car j'insiste, on est véritablement Ouessant par son "contenant", mais bien plus encore par son "contenu"qui là demeure forcément presque toujours inconnu dans sa totalité, la partie invisible de l'iceberg... L'habit ne faisant pas le moine!

Il faut parfois du temps pour que l'esprit du détenteur de Ouessant finisse par réaliser les pouvoirs de destruction ou au contraire de conservation vers lesquels ses méthodes et directions d'élevage peuvent conduire.

Chez les Lutins, éveiller à la réalité génétique et sa sauvegarde...(en photo, une agnelle agouti blanc bronzé)

Chez les Lutins, éveiller à la réalité génétique et sa sauvegarde...(en photo, une agnelle agouti blanc bronzé)

Chez les Lutins, vingt ans de conservation, de réparation des erreurs observées dans l'aventure de l'animal, mais aussi de quête pour la réalité encore bien fragmentaire du Ouessant de type ancien, cela se fêtera inévitablement le moment venu...."double ration pour tout le monde! c'est moi qui paie"..." et pour le berger ... (chuuut!)....!!"...

Etre Lutin en 2016 est bien devenu de fait un label de conservation face à toutes les incertitudes auxquelles se heurte généralement à présent l'ensemble de la population Ouessant continentale française et étrangère.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 12:41

Il y a quelques années, une personne de passage chez les Lutins me demandait ce que j'apportais sur mes prairies pour les fertiliser.

Cette personne avait l'esprit formaté jardinage et exploitation agricole, aussi elle ouvrit de grands yeux quand je lui répondis: "Rien!"

Je tentai alors de lui expliquer que je ne sortais de mes prés aucune matière organique sous une forme ou une autre, que le nombre de moutons était géré en fonction des surfaces et que j'évitais le surpâturage, et qu'ainsi mes animaux jouaient un rôle uniquement de transformation de la masse végétale herbacée en déjections qui alors fertilisaient le sol pour reproduire de l'herbe, la boucle étant bouclée.

Je lui faisais remarquer également que les quintaux, sinon tonnes, de céréales introduites pour nourrir en complément hivernal compensaient largement les quelques dizaines de kilos de Lutins qui pouvaient certaines années quitter l'élevage.

Je lui expliquai également que de plus les haies et boisements de bordure des parcelles apportaient à l'automne par la chute des feuilles une part non négligeable de matière organique fertilisante.

Aux mimiques de son visage, je perçus qu'il n'avait pas assimilé dans l'immédiat mon discours.

En effet, pour lui, mouton rimait avec production de viande, rentabilité, sortie d'animaux pour la vente ....et donc "jardinage" et engraissement annuel des parcelles pour leur assurer avenir permettant de nourrir les animaux.

Il est parfois difficile de faire concevoir qu'on puisse élever des moutons pour son propre loisir, à titre de sauvegarde d'une race ou encore d'étude, voire comme animal outil permettant de conserver un espace ouvert (non repris par le boisement, comme il serait naturel qu'il le soit en l'absence de pâturage).

Engrais naturel

Parmi les multiples utilités des haies, les feuillages d'automne se retrouvant au sol contribuent à le fertiliser en créant humus, en particulier lorsque les parcelles ne sont pas trop grandes.

Pourtant en un siècle, ce serait 1 400 000 km de haies qui ont été rasés en France, pour agrandir les parcelles et les soumettre à une agriculture dite moderne.

Sous mon regard attristé, chaque année, ce sont encore des dizaines de kilomètres que je vois détruire dans ma sphère proche.

Devant ces phénomènes, je ne peux que sourire face aux gesticulations d'une COP 21, certes nécessaire, qui pourrait laisser penser que la garantie d'un avenir "meilleur" ne se limiterait qu'au souci des modes de production des énergies et de la limitation de l'augmentation moyenne de la température. Qui peut croire que 7 milliards d'individus seraient prêts à marcher dans la même direction alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux sur l'évolution de l'espace sur chaque commune pour comprendre à quel point notre environnement proche ne fait que se dégrader... même si nous arrivions à moins polluer.

Bref, comme il faut déjà œuvrer à son niveau, chez les Lutins, les haies, bien qu'artificielles en soi puisque simplement formes anciennes séculaires de limites de parcelles, sont précieusement conservées car faute d'une naturalité réelle, elles sont bien préférables au vide et au néant que d'autres créent toujours plus par ailleurs.....

sans oublier l'engrais naturel qu'elles apportent aux prairies des Ouessant.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 17:37

Les béliers non reproducteurs se trouvent dans un parc non mitoyen avec un quelconque groupe de femelles.

Cela permet de limiter les tensions dans ce groupe des mâles, tout autant que d'éviter conflits avec le plus proche bélier reproducteur disposant de brebis.

Malgré tout, les mâles savent où se trouvent les filles car le mouton a une connaissance parfaite de son territoire. Sans oublier que selon la direction du vent, celui-ci leur apporte des nouvelles parfumées à l'occasion. Et puis quelques bêlements féminins peuvent leur arriver aux oreilles.

Sas de décompression

Bientôt, ces béliers au célibat forcé auront accès au parc de transition d'où ils pourront reprendre contact visuel avec les filles.

Mais le sas de décompression est là pour que l'événement se passe en douceur, en particulier en créant un vide entre clôtures, afin d'éviter affrontement direct avec le bélier reproducteur voisin.

En fin d'hiver, une étape de plus sera franchie dans les retrouvailles progressives. Tout le clan des mâles pouvant alors en un autre parc, presque côtoyer celui des femelles, avec un unique grillage pour séparation malgré tout, jusqu'à ce qu'arrive enfin le 1er avril, date de regroupement de la totalité du troupeau des Lutins.

Sas de décompression

En attendant, les "vieux garçons" s'apprécient puisque qui se ressemble s'assemble. D'autant que chez les béliers, on est en fait très liés.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 16:43

Plusieurs visiteurs du blog des Lutins m'interrogent sur le bruit qui court concernant de nouvelles boucles d'identification disponibles pour le Ouessant.

Tout de suite, qu'on ne se leurre pas, il ne faut attendre aucun miracle en ces nouveaux systèmes qui n'ont rien de révolutionnaire pour éviter les soucis d'arrachages accidentels. Développons.

Petit rappel pour le nouvel éleveur ou le simple lecteur de passage en cet article...

Tout détenteur de moutons (ou de chèvres), quel qu'en soit le nombre (donc un seul y compris) est normalement tenu d'être déclaré et d'identifier ses animaux selon la législation.

Cette obligation date de 1997. Un aménagement avait alors été obtenu un temps pour le Ouessant par la pose de petites boucles alu plus adaptées à la taille de ses oreilles.

Puis il y a quelques années, arriva l'obligation de passer à l'identification électronique en des boucles de plus grande taille; mais là encore le Ouessant put bénéficier de boucles réservées aux petits animaux, plus réduites que celles pour les grandes races, mais malgré tout géantes comparativement aux anciennes boucles alu.

Ces identifications ont pour but d'avoir un suivi des animaux dans les systèmes d'élevage et aux différentes étapes de leur exploitation.

Ce souci administratif n'offre pour l'éleveur d'agrément aucun intérêt si ce n'est d'identifier ses animaux s'il n'était pas à même de les reconnaître individuellement.

Outre l'aspect inesthétique et les frais engendrés qu'il ne faut pas nier, cette obligation serait sans grandes conséquences si ne se posaient pas les problèmes réguliers d'arrachage de ces boucles....et évidemment des oreilles du mouton.

En effet, par sa petite taille, le Ouessant passe sa tête entre les mailles des grillages pour bétail ou simplement se raccroche par ces bijoux de pacotille aux divers grillages et autres branchages.

Quand on sait que le rebouclage à l'identique est obligatoire, au-delà des frais forcément engendrés, comment fait-on quand l'oreille ne peut plus recevoir cette quincaillerie?

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

De quoi rendre jalouses les femmes les plus coquettes!

A gauche, pour le Ouessant, boucle alu, puis depuis, les formes plastifiées avec barrette électronique. A l'extrême droite deux nouveaux modèles sur lesquels fantasment certains, mais qui à l'évidence ne sont en rien une avancée mais simplement de nouveaux systèmes d'arrachage d'oreilles. Nul besoin d'avoir fait de hautes études pour comprendre ce qu'un enfant comprendrait. Et pourtant, nous en sommes toujours là...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Arrachage accidentel de boucle implique arrachage d'oreille...

Que faire?

Il y a une paire d'années, j'ai tenté de réveiller le milieu du Ouessant face à ce souci et à le sensibiliser à la nécessité d'œuvrer dans une autre direction pour un autre système. Gros travail pour lui quand on sait que tout cela est politique et que les simples courriers ne sont pas suffisants car dans les sphères les plus hautes on se heurte à des perroquets qui ne savent que réciter les textes en vigueur, personne ne voulant prendre responsabilité, renvoyant l'ascenseur vers le haut du système.

Gros et long travail donc! Sans volonté au départ, de toute façon, rien ne se fera jamais.

Pourtant "Commence et l'impossible deviendra possible!"

La volonté, je ne l' ai donc pas rencontrée par ailleurs. Mes oreilles personnelles ont dû écouter arguments plus tordus les uns que les autres pour expliquer l'inaction. J'ai pu découvrir qu'au milieu des problèmes d'ego et des querelles intestines entre personnes, pendant ce temps le Ouessant se retrouvait pris en otage. J'ai pu découvrir également qu'il n'y avait aucun souci du bien être des animaux et que les éleveurs n'étaient pas prêts à consacrer pour ce problème de l'identification autant de temps, d'énergie et d'argent qu'ils en sont parfois capables pour leurs amusements et leur propre plaisir autour du Ouessant.

De mon côté, "j'aurai fait ma part", comme dirait le colibri cher à Pierre Rabhi...

Si la masse des éleveurs déclarés de Ouessant daigne un jour se fédérer et bouger à son tour, j'en serai ravi. C'est là que l'aspect associatif aurait toute son importance. Aux éleveurs déclarés de savoir ce qu'ils souhaitent réellement: continuer à subir dans le silence l'absurdité d'un système inapproprié à leur troupeau et leur loisir ou élever dans de bonnes conditions des animaux dont on respecte l'intégrité physique.

En attendant, effectivement, ceux qui veulent s'orienter vers le mirage des tout nouveaux systèmes d'arrachage des oreilles de leurs animaux peuvent le faire, c'est possible...

(Par contre il leur reste à convaincre leur administration de leur procurer la nouvelle quincaillerie, ce qui selon les départements peut être encore une autre très longue histoire...)

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:21

Pendant que trois de leurs confrères ont le plaisir de transmettre leurs gènes par l'intermédiaire des brebis sélectionnées spécialement pour eux, le groupe des mâles célibataires de la saison se compose d'une vingtaine de béliers.

Si quatre animaux sont appelés à quitter le troupeau dès que possible, le reste de la bande est assuré de finir sa vie ici et de contribuer une année ou une autre à la construction du cheptel des Lutins.

La banque mâle du moment

Les uns pour les souches ou lignées qu'ils représentent, les autres pour la conservation des diversités colorées, leur cornage, leur morphologie générale, leur taille, leurs aplombs, la structure de leur toison, leur rusticité et/ou autres qualités....ou encore point souvent oublié, leur caractère personnel.

Régulièrement le groupe visite cet endroit précis de son territoire. En effet, ces béliers manifestent ainsi leur désir de gagner le parc qui les sépare des lots avec brebis.

Ils me font ainsi toujours pitié, mais il faudra encore patienter jusqu'au 1er avril pour qu'ils puissent retrouver les femelles et pouvoir mener à nouveau une vie enfin normale durant le printemps et l'été.

Les moutons sont des animaux particulièrement grégaires et il m'est également douloureux pour moi-même de devoir les contraindre à séparations saisonnières par obligations d'élevage malheureusement incontournables.

Il est tellement plus agréable (et pour les Ouessant en premier) d'avoir sous les yeux des animaux sereins, épanouis et équilibrés, dont tous les besoins sont satisfaits.

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 17:42

Certaines années, quand c'est possible, un de mes divers lots de reproduction accueille un bélier non lutin, afin d'apporter en partie "sang" neuf en mon troupeau pour son avenir et en enrichir le patrimoine génétique global, malgré toujours par ailleurs des accouplements calculés parmi mes animaux pour éviter ou limiter la consanguinité et également pouvoir déterminer généalogies précises pour tous mes moutons.

Parfois, il m'est arrivé de présenter le bélier accueilli et son éleveur/naisseur.

Cependant je m'étais aperçu par certaines réactions en conséquence que cette information pouvait créer soucis inattendus.

Par exemple de par des sollicitations brutalement nombreuses pour espérer acquérir une de mes naissances programmées, alors que moi-même j'étais bien loin de connaître les résultats de cet apport que j'effectuais... bien évidemment pour l'intérêt de ma troupe en premier.

Ou encore certaines jalousies et histoires entre éleveurs.

Le Ouessant n'est pas comme la musique, il n'adoucit pas forcément les mœurs.

De passage chez les Lutins (merci à son éleveur).

De passage chez les Lutins (merci à son éleveur).

Aussi depuis quelques années, je ne présente plus ni les éleveurs qui me rendent service (dommage, j'aimais bien les mettre à l'honneur et les remercier ainsi également) ni leur animal.

Ainsi je ne mets plus le prêteur dans l'embarras et personne ne rêve plus pouvoir me prendre ce que je n'ai pas même encore obtenu en résultats de naissances.

Si les Ouessant sont des animaux apaisants, il n'en est pas forcément de même de l'ensemble des éleveurs...

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 16:44

Le premier souci pour la sauvegarde du Mouton d'Ouessant de type ancien est la conservation de l'identité de son patrimoine génétique (ce que j'appelle le "contenu").

Le second est son apparence, ses différentes caractéristiques morphologiques (ce que j'appelle le "contenant"). Parmi ces caractéristiques, il y a la taille, bien moindre que chez les autres races, ce qui en fait une particularité première chez le Ouessant.

En souhaitant faire passer le mouton Ouessant d'un type ovin à une race ovine, s'imposa un standard qui définit à l'heure actuelle une taille maximale au garrot (46 cm maxi pour une brebis adulte de plus de trois ans, 49 cm maxi pour un bélier, adulte également).

Aussi chaque année, chez les Lutins, tous les animaux entre un et quatre ans passent sous la toise après la tonte, le moment où ils sont nus garantissant le plus d'exactitude possible.

Les jeunes Lutins de l'année ne sont pas en reste. La taille à six mois est celle qui me permet d'avoir une première idée de l'hypothétique réalité de l'animal quand il sera adulte. En souches Lutins, l'expérience montre qu'un maximum de 38/39 cm garantit en général le respect du standard une fois l'animal adulte, sinon le "meilleur".

Comme en toute chose, il y a les exceptions avec le mouton qui grandira plus tard et plus longtemps ou inversement celui qui a grandi vite mais s'arrêtera plus tôt. Variations aussi selon les souches.

Ceci étant, le gros des naissances se situant en avril chez les Lutins, l'heure était venue pour le berger de toiser les agnelles et agneaux de l'année qui avoisinent maintenant six mois.

C'est chose faite. Ces données sont précieusement conservées pour connaître chaque animal, son troupeau, tout comme le Ouessant de type ancien.

Il y a les bonnes et moins bonnes surprises, mais dans tous les cas, cette phase du toisage n'est qu'une étape pour la connaissance, il est nécessaire ensuite, sinon d'abord, de savoir être patient et laisser ses animaux grandir et se construire quelques années.

Dans le lot des jeunes Lutins, un animal m'intrigue.

Néoténie la dernière naissance, n'a certes que quatre mois et demi, mais ne mesure que 31 cm. C'est la taille d'une agnelle de deux mois appelée à être dans la moitié basse du standard taille.

Née déjà petite, il est vrai, elle a vécu normalement avec sa mère qui semblait bien avoir du lait. La sécheresse de juillet ne fut cependant pas le mieux pour son premier mois d'activité herbivore.

Ses parents sont plutôt dans la moitié haute du standard taille et dans ses ascendants plus lointains, je ne note pas d'animaux particulièrement petits.

Elle n'est pas maigre, est bien vive, mais je m'interroge sur les raisons de son manque de croissance et surtout me demande si elle aura la chance d'atteindre l'âge adulte, en particulier si elle ne rattrape pas son retard.

Encore une qui devra passer ses nuits d'hiver dans mon lit...

Le mystère Néoténie

Néoténie. Ce nom de baptême ne pouvait mieux tomber lorsque je la découvris si petite à la naissance. (Je n'ai pas eu le réflexe de la peser alors car je ne la voyais pas comme un cas extrême.)

En effet, on parle de "néoténie" en zoologie face à certains individus ou espèces qui gardent leurs caractères juvéniles toute leur vie.

Le mystère Néoténie
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 12:11

Rustique le Ouessant?

Oui, peut-être! Et encore tout dépend,... des conditions d'élevage... Sans oublier que c'est d'abord un être vivant avec ses exigences et que rustique ou pas, cet ovin réclame un minimum d'attention et de soins, d'autant que comme tout animal domestique, prisonnier du lieu qu'on lui impose il n'est pas forcément à même de subvenir à ses besoins. De plus le mouton Ouessant est avant tout un ovin et se retrouve concerné par tout ce qui peut toucher les ovins.

Selon donc les conditions d'élevage et les contraintes imposées par l' environnement local, les interventions pour garantir santé et bien-être de ses moutons peuvent être variables.

L'agenda des Lutins

Voici donc, à titre de simple exemple, sous mes cieux, les interventions incontournables qui rythment la vie du troupeau des Lutins sur une année.

1er janvier, les béliers ne sont plus autorisés à se reproduire et dès lors deux troupeaux séparés sont formés: celui des mâles de tous âges et celui de toutes les femelles.

Durant cette période hivernale, tous les animaux reçoivent ration quotidienne de céréales (mélange d'orge et d'avoine), 100 g par tête (120 à 150 g en période de grands froids), en complément du foin à volonté (d'ailleurs disponible toute l'année) et de l'herbe qu'il veut bien y avoir sur les prairies, sans oublier le seau de minéraux et vitamines à lécher à volonté (accessible également toute l'année).

Fin février, premier parage (taille des onglons) de tous les animaux, en veillant à laisser en particulier les femelles gestantes sur leurs pattes durant cette opération.

Fin février, c'est aussi le moment du rappel annuel de vaccination chez les Lutins.

Mars, arrivée du printemps, première vermifugation préventive contre le maximum de parasites internes, en prenant soin que le produit utilisé ne soit pas contre indiqué chez les brebis dans les derniers mois de gestation.

1er Avril, tous les animaux, mâles comme femelles et agneaux, se trouvent à nouveau réunis pour les cinq mois qui suivront.

Avril, en attendant la tonte, chaque femelle ayant agnelé est toilettée dans les jours qui suivent la naissance afin de supprimer les salissures en taillant la laine sur la queue et l'arrière souillé des cuisses de l'animal. Cette intervention pratiquée également sur les brebis non gestantes salies par l'urine et les excréments, ou encore autour du pénis des mâles à toison épaisse, limite les myiases qui pourraient se développer les semaines suivantes avec le redoux et évite de voir le Lutin dévoré vivant par les asticots.

Mai, je suis attentif dès lors aux myiases qui peuvent se développer ailleurs sur le corps en toison salie ou humide, en repérant le mouton agacé qui cherche à se frotter.

Selon le principe du "quelle mouche l'a piqué?" , suite à l'introduction d'un animal, le troupeau peut avoir été parasité par poux ou mélophages dont on se débarrassera en traitant les moutons juste après la tonte contre ces parasites externes.

Mai, une belle journée est saisie pour curer et désinfecter abris et coin bergerie, puis repailler à neuf.

Mai-juin, les agneaux les plus précoces peuvent avoir été infestés par le ténia de l'ovin. Ténia décelé (mais pas toujours) par les segments dans les excréments ou accrochés à la toison ou la peau sous la queue. Un traitement régulier ciblé peut devoir s'envisager sur de nombreux mois selon les cas d'infestation.

Courant juin, la tonte des adultes (obligatoire chaque année), si la météo permet aux animaux de se retrouver nus sans trop souffrir de ce changement de tenue.

1er juillet, l'oestrose est là et parfois même avant. Chaque Lutin est traité pour être tranquille durant deux mois.

Juillet, peu après la tonte, est le meilleur moment pour faire pratiquer par son vétérinaire les prises de sang périodiques du dépistage de la brucellose, la gorge du mouton étant plus facilement palpable sans la laine.

Début juillet, chez les Lutins, élevés en programmes de sauvegarde et de sélection, c'est aussi le bon moment pour mesurer au garrot les moutons de un à quatre ans afin de découvrir ou vérifier leur taille.

Mi-juillet, première vaccination de l'ensemble des agneaux.

1er août, première vermifugation préventive à spectre large pour l'ensemble des agneaux.

Mi-août, rappel de vaccination de l'ensemble des agneaux.

Fin août, les bras des ronces ne poussent plus guère. Les couper évite les accidents d'animaux piégés par leur laine qui a bien repoussé.

1er septembre, les béliers quittent le troupeau pour être isolés des femelles.

1er septembre, le second traitement contre l'oestrose laissera les Lutins tranquilles pour deux mois encore et donc le reste de l'année avec l'arrivée du froid.

Septembre, c'est aussi le moment du second parage (premier pour les agneaux de l'année qui le nécessitent). Les années sèches, on s'aperçoit que certains animaux n'en avaient guère besoin, alors d'autres qui produisent beaucoup de corne mériteraient trois parages annuels au moins.

Fin septembre, la seconde vermifugation pour tous à spectre large, à titre préventif.

15 octobre, mise en place pour deux mois et demi, des groupes de reproduction. Chaque lot, composé d'un bélier et quelques brebis, dispose d'un enclos pour cette période de fécondation.

Octobre est également le moment de toiser les jeunes Lutins de l'année qui ont alors plus ou moins six mois.

Octobre (voire toute période de "vaches maigres") peut nécessiter de commencer à complémenter les animaux au quotidien, si l'été fut sec et que l'automne l'imite.

Octobre peut voir s'intensifier le remplissage régulier des râteliers en foin, et ce pour de longs mois.

Chaque manipulation des animaux est l'occasion de jauger leur état général qui peut nécessiter intervention ponctuelle sur l'un ou l'autre. Il y a également les incidents, accidents tout au long de l'année auxquels il faut remédier.

Novembre, décembre et au-delà, en saison "morte" il y a l'entretien des clôtures et des haies.

L'agenda des Lutins

Etre éleveur de Ouessant, même sans démarche de rente comme en exploitation agricole, c'est bien plus qu'être simple propriétaire de moutons. Il faut y songer avant de prendre des animaux, leurs besoins impliquant pour celui qui les possède des devoirs et des obligations, et donc demandant du travail et de la disponibilité. Si les "corvées" ne procurent pas un minimum de plaisir dans le même temps, il faut s'interroger sur le bien-fondé d'élever qui doit demeurer une passion avant tout dans nos élevages de loisir.

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 20:03
Prise de tête

Ce n'est pas un enlacement amoureux.

Prise de tête

Mais une situation insolite. Une brebis la tête coincée dans le croissant d'une corne d'un antenais (animal d'un an).

Prise de tête

La situation était telle que seule l'intervention du berger pouvait remédier à la chose.

En effet, le fait qu'il aurait fallu à la brebis repasser son corps par dessus celui du bélier rendait la libération sans doute guère possible. Les animaux se seraient plus probablement épuisés dans cette étreinte involontaire.... ce qui commençait à être le cas.

C'est une première chez les Lutins.

Il m'est plus fréquent de devoir, une paire de fois l'an, libérer un bélier prisonnier qui s'est accroché par une corne dans le grillage... ou encore deux mâles piégés par leurs cornages entremêlés.

Comme quoi on ne peut être à la fois à la foire et au champ (au pré)!

Etre éleveur nécessite une présence régulière sinon maximale auprès de ses moutons, pour régler ce genre de mésaventure comme bien d'autres, sans parler des soins d'élevage quotidiens et la nécessité de surveillance de principe.

Avoir ses animaux au plus près sous les yeux et pouvoir les visiter chaque jour est vraiment important pour limiter les soucis (ceci pour répondre aux personnes qui me demandent régulièrement s'il est possible d'avoir des Ouessant et ne les voir qu'une fois par semaine.... suite à quoi je les interroge sur ce qu'il se passera en cas de sécheresse, en cas de gel et/ou neige, d'absence d'eau et/ou de nourriture, de maladie ou de blessure, de passage d'un chien ou d'un Homo sapiens, et tout autre incident...).

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 12:28
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Brassée de noisetier et ses fruits verts en coque.

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Branchée d'aubépine en baies saveur été.

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Berceau de la châtaigne en verdure.

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Charme en rameaux gourmands.

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Vous prendrez bien une petite prune pour finir!

Voilà quelques unes des friandises du dîner quotidien, fort appréciées par ce régime sec imposé en cette période de sécheresse et de canicule qui semble ne jamais devoir finir.

(Pour des animaux, non vaccinés en particulier ou sous alimentés, au régime alimentaire habituellement pauvre et/ou sec, ATTENTION aux chocs alimentaires lors de distributions trop abondantes ou trop riches qui peuvent être fatales, de par des systèmes digestifs non préparés à ces changements brutaux)

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