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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 23:01

Toujours tirés du livre d'André Savignon "Filles de la pluie", voici les derniers extraits qui font référence d'une façon ou d'une autre au mouton d'Ouessant dans ces chroniques de début 20ème.

"A travers la lande, des petits moutons erraient par centaines. On les entendait bêler aigrement, de fort loin, dans la chanson maussade du vent pluvieux. Quand on s'approchait, toute la bande affolée prenait la course."

"Elle avait douze poules et cinq moutons qu'elle voyait seulement à partir de l'époque du rassemblement."

"Ici, comme ailleurs, les moutons lançaient au ciel leurs bêlements rauques et broutaient une herbe fine et drue qui faisait au pied un tapis moelleux."

"Quand un habitant tuait un mouton, il le suspendait à sa porte où chacun pouvait en prendre ce qu'il voulait."

"Les moutons disparaissaient. On retrouvait leurs têtes et leurs peaux dans les chemins."

"Louise suivait de l'oeil leurs évolutions incompréhensibles qui faisaient sauver, en bandes apeurées, les centaines de moutons."

"Et c'est là, dit Tual, près d'Enès Nein, l'île aux agneaux."

Si tout cela est moins descriptif que dans les précédents extraits, cela n'en demeure pas moins intéressant car cela montre à quel point le petit mouton d'Ouessant est bien présent dans la vie et la culture des habitants de l'île.


Sidney des Lutins du Montana, descendante des petits moutons d'Ouessant de type ancien observés par André Savignon .
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 23:29

Pourquoi cette vue qui concerne des moutons du Cantal?
Parce qu'il y a 12 ans, quand une collègue qui connaissait mes moutons noirs m'offre cette carte ancienne, je réalise qu'il y a là un moyen de documentation possible sans doute également pour le mouton d'Ouessant.

C'est le cliché déclencheur qui m'entraîne dans diverses recherches bien modestes encore, mais qui,j'espère, vous intéressent et pourront être grossies par les internautes qui visiteraient mon blog. 

Dès le début de mon élevage, ma démarche fut de chercher à mieux connaître le mouton d'Ouessant afin de savoir ce qu'il était réellement et pouvoir ainsi mieux sauvegarder cette race ancienne.

Depuis je n'hésite pas à acquérir également tout cliché de scènes avec moutons quand elles présentent un intérêt à mes yeux ou qu'elles sont simplement jolies.Ce qui est d'ailleurs le cas pour ce cadeau bienvenu: joli troupeau, charme de la campagne d'antan et superbe composition photographique.
On ne peut s'intéresser au Ouessant sans s'intéresser aux moutons en général.

On en profitera pour remarquer au passage que ces moutons auvergnats, sans race bien précise sans doute il y a 100 ans environ, possèdent comme dans les descriptions des anciens moutons bretons une certaine variété de toisons allant du blanc au noir (ou sombre) , en passant par des blancs aux pattes sombres ou tachetées... et même un animal noir au crâne marqué de blanc.
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 23:50

Carte avec moutons et carte dans la série Ouessant parmi les plus courantes (pourquoi?), ce superbe cliché est riche d'éléments historiques.
Si je possède cette vue avec une oblitération en 1911, je la connais avec une de 1904. Une fois de plus si vous connaissez ou possédez une date antérieure merci de me la communiquer.
Dommage que le photographe n'ait pas pensé qu'un jour nous nous intéresserions à ces moutons et n'ait pas attendu qu'ils nous montrent leur tête. L'animal de droite la cache dans ce qui semble être un gwasked (voir article précédent).
Comme souvent, les deux animaux à l'attache sont sans doute la brebis (à droite) et son grand jeune. Leur toison noire en vieille laine grisonne beaucoup (mais sont-ils vraiment noirs?) et est bien d'un aspect primitif à longues mèches. Le fait qu'ils ne soient pas encore tondus et déjà à l'attache peut faire penser que nous sommes au printemps .... mais un printemps bien rude encore.
Le cheval quant à lui n'est plus de la petite race ancienne de Ouessant...(A cornes aussi )
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 08:50
Durant un séjour sur Ouessant, j'ai pris les clichés suivants qui montrent comment les moutons de l'île pouvaient et peuvent s'abriter, en particulier durant la période de vaine pâture où les animaux vivent en toute liberté.


L'abri naturel que représentent les blocs rocheux qui parsèment l'île sur certains secteurs permettaient aux moutons de s'abriter du vent comme de la pluie et d'une certaine façon du froid, selon l'exposition.
En regardant cette image, je me demande combien de moutons, combien de générations de ces animaux ont bien pu se plaquer à ces rochers pour survivre avant même qu'on les nomme "moutons d'Ouessant".

Vestiges d'un gwasked (gwaskadoù au pluriel) ingénieux aménagement en étoile à trois branches qui, pendant des siècles, a permis aux moutons de choisir le meilleur emplacement pour échapper au vent selon sa direction.
Ces gwaskadoù étaient plus élevés et étaient la seule véritable attention des îliens pour les troupes de moutons grisés par la liberté et ensauvagés pour quelques mois



Version moderne d'un abri à moutons, au premier plan (pas au second...!), en 1999, élaboré à partir de palettesde bois recouvertes d'herbes qui sont elles mêmes recouvertes de filets pour résister à un vent que rien n'arrête sur Ouessant.
Le monde change et les moutons ont changé aussi . Cette cabane-bergerie est faite pour accueillir des animaux de 70kg (le Ouessant moderne) qui ont remplacé le Ouessant ancien (qui nous intéresse) avec ses 15 kg et moins.
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 19:41

"C'étaient, lui dit Barbara, les goastigou ou abris de moutons, derrière lesquels les brebis mettent bas et se protègent contre les vents et les longues nuits d'hiver. La construction de ces goastigou était le seul soin que l'on prît des moutons à cette époque de l'année. La chair savoureuse de ces animaux est une des principales ressources du pays, mais elle est chèrement payée. Car les moutons, avec le droit de vaine pâture, empêchent toute végétation et causent l'aridité de l'île. La  Préfecture maritime proposa autrefois, paraît-il, de faire à Ouessant une ceinture de pins: les habitants refusèrent car ils auraient dû renoncer à laisser errer leurs moutons.
Ces bêtes, toutes petites, mais très résistantes et d'une race particulière au pays, leurs propriétaires les mettent à l'attache en mars, par couples, jusqu'à la fin juillet, dans leurs champs. Mais après la coupe du blé, terres et pâturages deviennent communs de tradition et l'on parque les moutons un peu partout, à l'attache, sous condition que chaque couple ne puisse approcher à plus d'un mètre de terre labourable. En septembre, dès qu'on s'est assuré qu'il n'y a plus rien dans les champs, une délibération municipale annonce qu'on peut lâcher les moutons. Libres jusqu'au printemps, ils vont errer par bandes effarouchées, redevenus sauvages, à travers l'île.
Le premier jeudi de mars, dans l'après-midi, on commence le rassemblement du bétail. Des îliennes, choisies par le conseil, parcourent le pays et ramènent les moutons dans chaque quartier de l'île, à Pen ar lan, au Stiff, à Feunteim Vélen, à Loqueltas. Elles ont un sou par mouton qu'elles dirigent sur l'aire désignée.
Alors, chacune va d'aire en aire, reconnaître ses animaux d'après leur marque. Les signes distinctifs, en usage de temps immémorial, sont des entailles ou encore des trous pratiqués dans l'oreille du mouton. Chaque marque est la propriété d'une famille. Lorsqu'une nouvelle ramification se crée par suite d'un mariage, on apporte une légère modification à la marque. En sorte qu'on peut suivre la généalogie des familles dans les marques successives des moutons.
Le jour du rassemblement offre aussi ses déconvenues car on constate la disparition de beaucoup de bêtes. Les unes sont mortes de maladies, et d'autres, tombées de la grève, se sont noyées. Beaucoup sont volées par des "Douarnenez" qui viennent aborder à Ouessant, la nuit, quand ils déposent leurs filets à l'entrée des baies pour la pêche des mulets. Plusieurs années de suite, dit Barbara, les Espagnols qui travaillaient sur les épaves d'un bateau, firent aussi une terrible consommation de moutons.
Il faut encore compter avec les grands rapaces qui enlèvent les petits agneaux, et avec les corbeaux qui mangent les yeux et la langue des nouveaux-nés.
C'est le vendredi que les îliennes vont chercher leurs moutons assemblés. Le samedi, les retardataires qu'on n'avait  pas encore attrapés sont amenés au bourg où chacun les examine. Les moutons non reconnus sont vendus à l'ancan, après les Vêpres, au profit de la commune.
Parfois, le samedi, on célèbre La Fête du Mouton."

Voici un extrait du livre "Filles de la pluie" d'André Savignon. Dans cet ouvrage l'auteur a écrit une série de chroniques de la vie ouessantine au tout début du 20ième siècle. Je conseille cette lecture à qui voudrait s'imprégner de la vie sur l'île à l'époque et comprendre un peu plus ce qui a fait ces femmes d'Ouessant sur qui tout repose...y compris l'élevage (même si le mot ne convient pas vraiment) des moutons.

Etant tout autant éleveur que naturaliste sur mon temps libre, je me dois de faire quelques remarques sur les détails de prédation opérés par les oiseaux tels qu'ils sont décrits en fin de cet extrait.
Les corbeaux mentionnés sont en fait l'espèce "grand corbeau" que l'on rencontre en France dans les régions montagneuses et sur nos côtes rocheuses ou à falaises. Charognard et parfois prédateur, ce "Grand corbeau" est le plus grand de nos corvidés et figure sur la liste des espèces protégées. Un siècle après cette description, il a bien du mal à se maintenir sur Ouessant mais son vol et ses cris participent encore parfois à l'ambiance envoûtante de l'île. Souhaitons lui de ne pas disparaître à son tour et gardons en tête que même si parfois quelques méfaits peuvent lui être reconnus, sa présence et son existence sont bien plus légitimes que celle du plus adorable des petits agneaux...
Ensuite, les grands rapaces mentionnés en hiver sont fort limités en nombre et en espèces pouvant hiverner en Bretagne et à Ouessant en particulier, cette région se trouvant à l'écart des flux migratoires. Le seul grand rapace prédateur et charognard habitué aux côtes et pouvant se permettre des  captures d'agneaux est le Pygargue à queue blanche (protégé à présent comme tous les rapaces) qui il y a cent ans était peut-être un hivernant habitué des lieux.(?) Venant surtout de Scandinavie, Allemagne,....l'observation de ce grand rapace sur Ouessant est de nos jours un événement. En France, les observations hivernales se comptent chaque année sur les doigts d'une  ou deux mains. Ouessant accueillait-elle régulièrement ce seigneur des airs? Si oui, encore une perte  pour la magie et la richesse de l'île.................

Ouessantine des Lutins du Montana . Un seul trou maintenant, mais à chaque oreille pour accueillir les bagues d'identification obligatoires.D'autant plus discrètes si on les place assez près du crâne  et réservées aux Ouessant, Soay et chèvres naines de moins de 50 cm.
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 19:29

Mon travail de détective m'avait permis de trouver ce cliché fort intéressant auprès d'une résidente de l'île d'Ouessant. Oblitérée en 1906, cette carte peut être un peu plus ancienne. Si vous connaissez une oblitération antérieure, une fois de plus merci.

Cette fillette ouessantine (9-10 ans?) pose pour la photo avec deux jeunes moutons de quelques mois. L'agneau noir, assez haut sur pattes, présente un début de pousse de cornage et est plutôt solide. L'agnelle est encore plus massive d'après les pattes et sa laine assez fournie augmente cette impression. Chez cette dernière la coloration est très intrigante. On peut  supposer une toison rousse vineuse avec des membres plus foncés dans cette nuance. Le museau plus clair peut laisser penser à une future brebis blanche puisque certains agneaux de ce type naissent roux avant d'acquérir leur couleur blanche au bout de plusieurs mois. Mais ce cliché en noir et blanc peut  malgré tout présenter un animal de couleur noisette qui lui garderait alors cette toison à vie (bien que la face claire n'aille pas trop dans ce sens et conforte l'idée d'une agnelle future blanche). Une légère incertitude donc à ce niveau, mais aussi un précieux témoignage visuel d'une certaine diversité de couleurs à cette époque. 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 19:38
Sur cette illustration (communiquée par Gilles Delorme) en couverture d'un journal paru en 1909 sont représentés des moutons d'Ouessant. La date de la réalisation de ce dessin n'est pas connue pour autant  mais est sans doute antérieure à 1909.

Les animaux représentés sont noirs. La queue est un peu plus longue que chez les animaux actuels de type ancien. Manque de rigueur de l'illustrateur ou réalité? Je penche pour la première supposition car les brebis en second plan  montrent une queue plus en accord avec ce que l'on rencontre actuellement. La laine en cours de repousse a bien déjà un certain aspect primitif.
Surtout, après le seul cornage photographié que je connaisse (Zoom sur un détail important ) voici le seul dessin d'un cornage à ma connaissance jusqu'alors. Ce dernier est tout à l'opposé du précédent. Il est particulièrement médiocre à tous points de vue: torsadé, peu écarté, faible épaisseur, manque de longueur,...Cela montre que comme aujourd'hui, une grande hétérogénéité devait exister à ce niveau.

(Une chose dont on reparlera, la représentation d'un astucieux aménagement en pierre réalisé par les îliens pour permettre aux moutons de s'abriter d'abord du vent et un peu de la pluie. Deux de ces constructions sont d'ailleurs visibles.)
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 17:08
I

Il y a quelques années, je me suis offert un livre ancien:
"Extrait de l'instruction pour les bergers et les propriétaires de troupeaux.
ou
Catéchisme des bergers." écrit par Daubenton et dont la première édition
"Instruction pour les bergers et les propriétaires de troupeaux" date de 1782.

Daubenton, près de Montbard en Côte d'Or, mène des études visant à améliorer les ovins et leur élevage, en particulier pour leur laine.

Exposant les diverses catégories de taille existant à l'époque, il rapporte en quatrième leçon "Sur la connaissance et le choix des Bêtes à laine" l'existence d'animaux de 33 cm (un pied) au garrot mais sans les avoir vus lui-même ni préciser le lieu d'élevage (une confusion avec de jeunes bêtes reste toujours possible).










Page suivante, il classe par contre en catégorie petite taille les moutons de 33 à 46 cm au garrot (là encore sans préciser ni région ni race).


Certains ovins étaient bien particulièrement petits à cette époque.



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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 16:59

Zoom rouge: Sur ma précédente carte ancienne titrée à tort "Foire aux moutons" ( voir article, A propos du blanc), en étant attentif, on peut découvrir au centre le seul témoignage photographique que je connaisse montrant un bélier adulte. Celui-ci est de dos mais on perçoit malgré tout le cornage bien écarté et non torsadé mais en forme de croissant qui existait bien déjà (ou encore) à l'époque et qui est actuellement recherché dans un travail de sélection.

Zoom jaune: Troublant le regard de cette brebis qui en regardant le photographe nous regarde également depuis près d'un siècle.

Zoom bleu: J'en profite pour indiquer la brebis sombre la plus proche qui ne semble pas pour autant vraiment noire si on se réfère à la tête, zone normalement bien noire sur des individus de cette couleur.(?)
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 18:59
Premier cliché  que j'ai pu trouver sur le mouton d'Ouessant de type ancien, celui-ci balaie nombre d'idées reçues concernant le petit mouton noir.

Oblitérée en 1914, cette carte date  sans doute de quelques années avant concernant son tirage. Si vous connaissez une oblitération antérieure, merci de me la signaler.

Le choc fut pour moi de ne découvrir que quelques moutons noirs ou sombres (6 ou 7) dans un troupeau d'une centaine de bêtes majoritairement blanc et semble-t-il deux brebis de coloration intermédiaire complètement à droite avec la tête marquée de sombre...On remarquera les joues et le front en laine pour l'ensemble.

Ces animaux ne dépassent pas le genou des femmes qui recherchent leurs animaux d'après les entailles faites aux oreilles et qui les identifient.

Ce n'est pas une foire aux moutons comme mentionné, mais un rassemblement de fin d'hiver d'une partie du cheptel de l'île, afin de mettre à l'attache les animaux par deux sur la lande, à l'approche de la saison des cultures. Les bêtes ayant passé l'automne et l'hiver en totale liberté ont été rabattues comme chaque année (et encore de nos jours) dans des enclos pour que chaque famille les récupère.

Pourquoi tous ces blancs ?(lire les autres pages de ce blog) 
Comme rapporté, des animaux blancs et plus forts auraient été introduits en provenance des Monts d'Arrée entre 1904 et 1910 bien que cette couleur blanche existe déjà sur l'île à cette époque. Si c'est bien le cas, à combien de reprises et en quelle quantité? L'introduction de blancs en masse aurait-elle accéléré la régression des autres toisons et du noir en particulier du fait du caractère de dominance de cette couleur blanche sur toute autre d'un point de vue génétique? 

Une autre remarque importante concernant ce cliché sera présentée dans un futur article. 
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