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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:01

 

(Suite de l'article précédent)

 

Au concours du GEMO de l'année suivante, je suis venu prospecter une fois encore et suis parvenu à acheter deux animaux de souches autres que les précédentes. 

 

 

mars 09 009

 

J'ai introduit au troupeau, Ocelot de l'élevage Delorme (ici sur ses vieux jours). Acheté antenais à 41 cm, sa taille ainsi que son cornage étaient des atouts pour continuer à reproduire dans mes directions de sélection choisies.

 

 

noisette claire 

 

J'ai trouvé également une agnelle de 38 cm, Nuxi de l'élevage Jonker (ici adulte) afin de récupérer le gène noisette.

 

Avec 7 souches de base que j'ai retenues sur une dizaine, alors, dans mon élevage, la possibilité d'élever en reproduction fermée pouvait durer un bon nombre d'années par calculs des accouplements sans faire de consanguinité excessive. Tout reposa donc sur les bonnes associations entre brebis et béliers, puis sur les bons choix des animaux produits au fil du temps pour poursuivre le travail, afin d'arriver à la bande des Lutins. 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 18:02

 

(suite de l'article précédent)

 

Si donc mon lot de brebis me satisfaisait alors et que je faisais reproduire depuis quelques années, il me fallait consolider mes choix par des béliers de base allant dans le sens de mes perspectives d'élevage.

Trouver un bélier gris, un noir et un blanc devenait la nouvelle étape à franchir. La chose fut faite l'année suivante. Je passerai un peu vite sur ces animaux trouvés du fait qu'ils ont été présentés à d'autres occasions dans d'autres articles.

 

 

Maout 003

 

  Maout, acheté antenais chez un éleveur qui l'avait obtenu à partir d'une brebis de l'élevage Vaillant et d'un bélier venant d'un autre élevage dont j'ai oublié le nom. Choisi pour sa couleur, ce mâle toisera 48 cm adulte et n'aura pas eu le temps de se reproduire emporté par le tétanos.

 

 

Les Lutins du Montana 001

 

  Dakné, élevage Vaillant. Acheté adulte, il toisait 43 cm. Heureusement ce bélier possèdait le gène gris en couleur cachée, ce qui compensa la perte de Maout. Ce mâle permit d'assurer une transmission génétique du caractère petite taille.

 

 

Les Lutins du Montana 003

 

Ouessantin fut acheté adulte à l'élevage Blancher mais provenait  de chez un éleveur pionnier du GEMO. Il toisait à 46 cm. Ce mâle me permit d'introduire ce type de structure physique de très grande qualité (on notera par exemple la large poitrine)  et du bon cornage.

 

Avec des brebis et des béliers souches me satisfaisant, je pouvais poursuivre mon travail de sélection permettant de récolter les qualités des uns et des autres (et aussi parfois les défauts, selon les priorités qu'on se donne).

 

 Mais il ne faut pas croire qu'il suffit de faire naître car rien n'est jamais garanti dans les résultats des naissances à quelque niveau que ce soit. Les caractères des parents ne font pas tout, les ancêtres ont bien souvent leur dernier mot à dire dans le meilleur comme dans le pire.  

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 13:03

 

(suite de l'article précédent)

 

Ayant trouvé une souche dont les qualités répondaient à mes attentes, l'année suivante je visitai l'élevage d'Edmond Vaillant et pouvais y acquérir deux nouvelles agnelles de qualité, une blanche Castille et une grise Esmeralda. J'en profitai pour acheter également Mephisto le meilleur agneau noir dans sa présentation, fils d'une brebis Vaillant et d'un bélier de l'élevage Coutant venant en fait de l'élevage Carré.

 

 

Les Lutins du Montana 012

 Agnelle blanche, Castille. (38 cm à 4 mois 1/2) 

 

 

Les Lutins du Montana 013

 

Castille ici à un an. 43-44 cm adulte.

 

 

esmeralda 1 an

 

 Esmeralda ici antenaise. (36 cm à 4 mois 1/2) 

 

 

esmeralda 1 an 002

 

Esmeralda tondue, 43-44 cm adulte.

 

 

mephisto

 

L'agneau noir, Mephisto (39 cm à 4 mois 1/2) mais antenais sur la photo, qui terminera adulte au maximum du standard et à qui j'ai trouvé alors une bonne maison d'adoption.

Si donc je m'étais constitué un petit noyau intéressant en brebis, je n'étais toujours pas satisfait en béliers encore trop grands pour moi avec Rothschild et Mephisto pourtant au maximum acceptable du standard.

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 20:06

 

(suite du précédent article)

 

L'année suivante, je passais au concours du GEMO à Saint Rivoal avec un regard un peu moins naïf sur le Ouessant, d'autant qu'entre temps j'avais pu comprendre, à mon sens, que si un beau bélier de 49 cm était acceptable en concours pour satisfaire le visuel, ce n'était pas ce qu'il y avait de mieux en reproduction pour s'assurer des descendances qui ne dépassent pas le standard taille.

Au matin de cette journée, je fus tout de suite attiré par les moutons présentés par Monsieur Edmond Vaillant et son fils Hervé. Je les avais vus l'année précédente, mais dans ce précédent concours en Bourgogne, découvrant les "vrais" Ouessant, je n'avais pu définir quels animaux appartenaient à qui. Toujours est-il que ces Ouessant de l'élevage Vaillant me séduisirent le plus du fait de leur très petite taille, ce qui à mes yeux demeure toujours le plus important. De plus, j'y trouvai une diversité de toisons avec trois morphes colorés, ce qui dans le cadre de la sauvegarde d'un type ovin représentait une richesse génétique supplémentaire. Je trouvais les cornages des béliers plutôt moyens mais ce n'était (et n'est toujours pas) pour moi le plus important.

Je pus convenir d'acheter une antenaise blanche de 38 cm qui d'ailleurs se trouva être primée l'après-midi durant le concours. Je suis d'ailleurs reconnaissant de l'honnêteté d'Edmond Vaillant qui ne cassa pas pour autant le marché conclu au matin.

 

 

Les Lutins du Montana 007   

Gwen (avec un seul N), élevage Vaillant, ici antenaise de 38 cm qui semble bien fragile dans un gabarit très léger de construction.

 

 

Les Lutins du Montana 008

 

Gwen à deux ans (40 cm définitifs), avec sa première naissance, sa petite Surprise.

 

 

Je pus également acheter à ce même concours, auprès des mêmes éleveurs, une autre antenaise, de couleur roussâtre cette fois, de 39 cm.

 

ouessane 006

Ce fut Ouessane, élevage Vaillant.

 

 

ouessane 004.

Une superbe toison qui pourtant n'avait guère de succès car regardée d'un sale oeil par les esprits formatés (sans connaissances particulières de la génétique ovine) à l'image du petit mouton noir. Pour moi une merveille et une richesse génétique inestimable dont l'acquisition me ravissait.

 

 

ouessane 002

 

 Mon émerveillement ne fut que plus grand, quand à la fin du printemps suivant, lors de la tonte, je découvris la réelle couleur grise de Ouessane que je n'avais pas examinée au plus près à l'achat. Cette brebis fit 41 cm à l'âge adulte. Dès lors j'ai eu pour objectif de conserver, multiplier et introduire ce gène dans presque chaque animal de mon troupeau pour l'intérêt patrimonial évident que cela représente.

Pour la petite histoire, Edmond Vaillant qui, avec ses petits animaux de ce morphe, rejoignit très tôt les pionniers du groupement faisant renaître le Ouessant, eut bien du mal à faire accepter, je devrais dire tolérer, ce type de toison de souche morbihannaise. Aujourd'hui encore, elle reste mise à l'écart. Ce qui est bien dommage ne serait-ce qu'à titre conservatoire. De plus ce morphe est bien plus légitime que le blanc (fruit de métissages) qui, lui, a pourtant été largement multiplié. Heureusement, par mon initiative et celle des personnes que je pus convaincre, en particulier par ce blog, ainsi que par les quelques éleveurs qui faisaient naître ce type Ouessant sans être conscients de ce qu'ils possèdaient, les Ouessant gris se rencontrent un peu plus chaque année. 

C'est vraiment une initiative dont je me permets d'être fier, car il faut savoir que la famille Vaillant faillit ne plus conserver ce type du fait qu'il ne se vendait pas par faute de ne pas être noir...(!!!) Au point que son troupeau ne comporta plus qu'un seul animal gris durant quelques années.

(A titre anecdotique, parfois les novices imaginent que ces animaux gris sont malades, comme j'ai pu l'entendre devant mes animaux. "Oh! Ben! Qu'est-ce qu'il a celui-là? Il est tout bizarre celui-là! Il est malade? ...") 

 

Un grand merci à Edmond, aujourd'hui disparu, et à Hervé, de la part de tous les éleveurs qui me rejoignent dans mes préoccupations, pour ce cadeau magnifique qu'ils ont su sauvegarder contre vents et marées pour le plaisir des éleveurs du futur et la richesse patrimoniale du Ouessant. En espèrant que leur persévérance n'aura pas été vaine et qu'un jour viendra où le Ouessant gris sera sur le devant de la scène avec les autres. 

 

Enfin un énorme merci à eux de ma part, car ce fut pour moi un bonheur immense d'introduire dans mon troupeau ces deux antenaises merveilleuses en taille et couleurs. Ce fut là que "les Lutins du M." purent commencer à vraiment exister...

 

Et ce n'est pas fini.  

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 23:01

 

(suite du précédent article)

 

En adhérant au GEMO (Groupement des Eleveurs du Mouton d'Ouessant) peu après l'acquisition de mes premiers animaux, en les toisant et d'après les attentes de cette association pour ce mouton, je m'aperçus que mon problème était bien réel et non le fruit de mon imagination.

 

Mais le choc fut encore plus grand quand à l'occasion du concours annuel du même GEMO à Arnay sous Vitteaux (Côte d'Or), je découvris les moutons des éleveurs venus concourir. Tout petits comparés aux miens. Lors de cette manifestation, se présenta l'occasion d'acheter un antenais (bélier d'un an de l'élevage Billon)) de 46 cm . Cet animal, comme c'était prévisible, arriva au maximum du standard avec ses 49 cm au garrot à l'âge adulte bien que me paraissant toujours minuscule à côté des autres souches que je possèdais.

 

Je pouvais tout de même ainsi prétendre possèder un "réel" couple de Ouessant, bien qu'au standard maximum pour la taille, avec Houston mesurant 46 cm et ce nouveau bélier Rothschild avec ses 49 cm.

 

rotshild  

 

Le faux minuscule Rothschild à gauche et le vrai gigantesque Lewis à droite (même âge). Y a pas photo comme on dit...

 

Et pourtant ce Lewis était peut-être effectivement réellement de souche Ouessant élevée sur le continent depuis bien des générations, bien avant la création du GEMO, mais résultat des dérives et orientations nouvelles par rapport à ce qui s'était passé sur l'île au siècle précédent.

 

(Mes animaux trop grands ont pu trouver maisons pour les accueillir après castration du fameux Lewis)  

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 23:01

 

(suite de l'article précédent) 

 

 

Quelques semaines après l'achat des deux agnelles en question, le désir d'acquérir un bélier naissait en moi. A nouveau, je trouvai un éleveur adhérant là encore en milieu associatif et dont la mère et grand-mère élevaient déjà par le passé ces "petits moutons d'Ouessant" ... en Champagne... Celui-ci pouvait me procurer un jeune bélier de l'année.

Ce dernier ne jurait pas avec mes deux grandes agnelles, et pour cause, puisque un an après il faisait déjà 55 cm au garrot.

Une fois de plus cet éleveur était tout à fait honnête mais bien inconscient de la réalité de ses moutons par rapport au standard taille... Et moi encore bien novice...

 

 

lewis 001

 

Houston antenaise et Lewis antenais déjà gigantesque...

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 18:50

 

Comme de nombreux autres éleveurs, y compris parmi les plus chevronnés, j'avais pris un mauvais départ dans l'élevage du mouton d'Ouessant de type ancien. Manque d'informations et d'expérience, mais aussi erreur de me tourner vers les premiers animaux rencontrés dans ce type encore rare à l'époque.

Il y a plus de seize ans, j'avais découvert ce petit mouton par l'intermédiaire d'articles dans une paire de magazines. Un an après, cèdant à l'attrait d'une petite annonce dans un journal, je pus acquérir deux agnelles de l'année.

Déjà en arrivant chez le vendeur, j'étais un peu déçu car j'avais imaginé les animaux plus petits. L'agnelle la plus jeune et la plus petite lors de l'achat s'avéra la plus grande à l'âge adulte avec plus de 50 cm. L'autre arriva au 46 cm du maximum du standard. Pourtant les éleveurs m'avaient fait remarquer que cette dernière était particulièrement petite pour son âge. Cela signifiait donc qu'en fait tout le reste du troupeau était hors standard pour la taille malgré des béliers aux superbes cornages et un joli ensemble de type Ouessant noir avec laine primitive. Ces personnes, adhérentes en milieu associatif d'éleveurs, étaient de bonne foi malgré tout, ne sachant pas elles-mêmes que leurs animaux ne correspondaient pas à ce qu'on aurait pu attendre pour des Ouessant.

 

Les Lutins du Montana 004 

 Houston à quelques mois, le seul animal finalement correct du troupeau, malgré son statut d'animal particulier de par sa petite taille supposée par ses naisseurs.

 

 

Houston 001

Houston, une "petite-grande brebis" adulte de 46 cm, bien construite et bien typée.

 

(On m'excusera pour ces vues de clichés sur papier mal cadrés , récupérés dans mes archives.)

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 21:33

 

Pour moi, la passion du Ouessant est indissociable de celle de la prairie. Ce type de milieu et ses abords sont tout autant un plaisir pour le regard qu'une source inépuisable de rencontres avec les vies de ce microcosme.

Chaque prairie a sa propre personnalité, sa propre identité. Sa superficie, sa forme, son relief ainsi que les éléments qui la parsèment ou l'entourent lui donnent une allure unique.

 

Celle sur laquelle on a su conserver des arbres et dont on n'a rasé ni les haies ni les talus a ma préférence. Si de plus la mare ancestrale qui s'y trouve n'a pas été comblée par briques, tuiles et autres bétons, c'est un véritable petit joyau. Quelle misère que la "parcelle tapis d'herbe" réduite à sa plus simple expression bien souvent sous forme de rectangle parfait, plombée par le soleil et dont on ne dicerne la limite que par la clôture électrique ou le barbelé!

 

Les Lutins, au fil des mois, profitent de diverses prairies que j'aime retrouver tout autant qu'eux, pour des raisons différentes. Je crois connaître ces lieux par coeur. Pourtant, chaque jour, je les découvre ou les redécouvre, toujours surpris par telle ou telle chose que je n'avais pas remarquée jusque là et pourtant bien présente dans les lieux. De plus, selon la saison, selon la lumière, le ciel, la pluie, la neige,...les prairies sont changeantes mais toujours aussi séduisantes.

 

Petite visite pour faire connaissance avec celles des Lutins. Chacune des pâtures a son nom, prolongement de son identé visuelle ou autre.

 

 

mai 09 032

  

"Le petit jardin", petit clos de 1000 m2 aux abords de la maison. La mare artificielle d'allure naturelle s'ajoute au charme des lieux et accueille le monde des batraciens (9 espèces), insectes aquatiques ... tout en offrant le bain et l'eau aux oiseaux. Les moutons n'hésitent pas à s'y abreuver.

 

 

mai 09 028

 

"Le grand jardin" de 2500 m2 correspond dans la réalité à cinq parcelles différentes, témoignage du partage des lieux dans le passé.

 

 

été 09 178

 

été 09 182

 

J'ai baptisé cette pâture de 1000 m2  "Le roncier", du fait que quand je l'ai acquise, il y avait bien longtemps qu'elle était abandonnée. Plus un brin d'herbe ne poussait, les ronces plus hautes que moi recouvrant le sol et le boisement ayant commencé sa colonisation. Sueur et huile de coude ont fait le reste tout en préservant quelques uns des bouleaux qui s'étaient installés.

 

 

été 09 170 

Petite clairière pentue de 2000 m2, "Le Temple" incite au recueillement et à la méditation, en particulier au soleil levant quand les rayons filtrent à travers les feuillages dans une atmosphère brumeuse.

 

 

 

été 09 193

 

  "La gratinière", avec ses 2800 m2, porte ce nom dans les anciens actes de vente. Depuis quand la désigne-t-on ainsi? Histoire mystérieuse du lieu. Etait-ce lié aux épineux ou ronces  qu'on pouvait trouver et sur lesquels on s'égratignait? Peut-être qu'une fausse piste... 

 

 

troupeau 08 148

 

Le côteau des "Trois frères", de par les trois grands chênes plusieurs fois centenaires (dont on n'aperçoit que l'ombre sur la photo), offre 3600 m2 aux Lutins.

 

 

nadine 09 001

été 09 162

 

"La Côte d'Azur" avec ses 7100 m2 de pente tournée vers le soleil offre une vue panoramique. Cette orientation vers le Midi  fait que la parcelle est vite grillée en été.

 

 

été 09 186

 

troupeau 08 131

 

"Le petit champ", ainsi nommé par la grand mère qui se souvenait des périodes de mise en culture de ce terrain, possède encore le muret de blocs de schistes doublant le talus sur 150 m de limite de ses 8000 m2 mourant en pente douce vers le nord.. Muret encore en bon état comme sur cette vue mais écroulé en de nombreux endroits. Alignement pillé également dans le passé pour en réutiliser la pierre dans d'autres constructions ou simplement remblayer  les chemins boueux, mais je le préserve précieusement à présent.

 

Par toutes ces géométries parcellaires et ces quelques vestiges, comment ne pas être envahi par la curiosité d'un passé qu'on foule du pied et que notre regard nous amène à imaginer. C'est tout ce à quoi je pensais (et pense encore) quand sur tous ces terrains j'ai oeuvré à éliminer deux à six mètres de ronces et taillis sur l'ensemble des bordures. Je revoyais cette forêt qui recouvrait tout partout sur la région comme en Europe avant que les bipèdes ne lui infligent le sort qu'ils répètent à présent en Amazonie, Indonésie et partout ailleurs. Je revoyais ces hommes qui sur des siècles et encore des siècles avaient modelé avant moi ce paysage successivement différent pour me l'offrir ainsi à présent. J'imaginais chevaux, boeufs, gens et leurs cris, leurs rires, le bruit de leurs outils, tout leur travail, les joies et les drames, les communnions et conflits sur ces lieux...toute cette somme d'effervescence sur des générations et des millénaires dont seule cette nature jardinée en est le témoignage.  Préserver ce petit parcellaire est un de mes buts également pendant qu'ici et là tronçonneuses et grosses machines infernales rasent, râclent, creusent, comblent, drainent....pour installer le désert de la rentabilité. La fin justifierait les moyens...

 

Me constituer un modeste domaine-musée témoignage d'une époque révolue peut sembler dérisoire et l'acte d'un doux rêveur. Mais cette petite goutte d'eau dans un monde toujours un peu plus avide et dévoreur, cette petite dose homéopathique peut aider à soigner, si on y croit, une planète bien malade dans l'espoir qu'elle guérisse, tout en se préservant une qualité de vie. 

 

J'essaie quotidiennement de prendre un moment pour faire le tour de toutes mes parcelles, une manière de les savourer sans forcément la présence des moutons. Moment d'observation, de contemplation et de réflexion. Le bonheur est bien dans le pré.

 

Puisse ce blog donner envie de préserver le Ouessant tout en le respectant mais également de sauvegarder ce qui l'entoure ou encore recréer ce qui a été détruit. On est capitaine de sa vie et on est l'architecte du monde que l'on se veut ...   

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 17:46

 

Il était une fois dans le Berry proche de chez moi, une chèvre de type local dont certains se sont inquiétés, il y a quelques années,  de ne plus la rencontrer dans les campagnes. Cette chèvre était même considérée comme étant définitivement disparue. Pourtant, dans son film "Jour de fête", Jacques Tati l'avait immortalisée dans ce plan où on  voit un jeune animal tenu par une grand-mère sur la place du village de Sainte Sévère. C'était la "chèvre à cou clair du Berry" ainsi nommée communément de par son morphe caractéristique.

Et, comme heureusement parfois dans d'autres situations similaires pour d'autres "races" anciennes, quelques exemplaires furent miraculeusement retrouvés pour pouvoir prétendre constituer un noyau d'élevage et de sauvegarde  de ce type qui faillit partir aux oubliettes... 

Comme un peu partout en France, les races caprines Saanen et Alpine avaient supplanté les types locaux dans une perspective de politique agricole nouvelle et de rendement durant le 20ième siècle.

Et pourtant...à y regarder de plus près "la chèvre à cou clair" n'est pas le type local encore antérieur, lui, mais le fruit d'un métissage de celui-ci avec la "chèvre alpine". Sacrilège! Jetez-moi tout cela ! Non, heureusement, certains se sont intéressés à ce type qui avait prospéré au point de devenir durant des décennies le "nouveau" type local et qui faillit disparaître de peu.

 

Tout cela pour revenir à nos moutons.

Voilà un bon exemple pour comprendre que ce qui fut un temps une nouveauté est aujourd'hui un témoignage du passé. Les divers types domestiques de quelque espèce que ce soit se doivent d'être conservés, d'abord à titre patrimonial et de témoignage, ensuite...j'avoue que ce n'est plus tellement mon affaire, un animal m'intéressant pour ce qu'il est et non pour ce qu'on en fait.... Le présent d'hier est notre passé d'aujourd'hui, et notre présent est le passé de demain.

 

Tout cela pour une fois de plus présenter si nécessaire ma démarche au sein de mon troupeau de moutons d'Ouessant. Je ne reprendrai pas ce que j'ai maintes et maintes fois pu écrire dans divers articles pour ne pas lasser, mais tiens à en présenter encore les axes principaux.

Les Lutins du Montana, un élevage pur plaisir et donc de loisir, mais un élevage conservatoire du Mouton d'Ouessant type ancien et d'amélioration dans le cadre du standard actuel.

Conservatoire des souches anciennes retrouvées (par les initiateurs du GEMO uniquement) et de la diversité qui peut s'exprimer au sein de ces souches, en particulier pour les colorations des toisons.

Conservatoire des influences avérées dans l'histoire de ce type ovin Ouessant ancien, que sont les conséquences du métissage avec des animaux blancs extérieurs à l'île à la charnière 1900 et avant. Mais aussi conservatoire des influences sur le continent par la suite durant le 20ième (qui d'ailleurs souvent nous échappent mais sont bien là). Ainsi que, pour finir, ces influences externes de ces dernières décennies en milieux associatifs (exemple de métissages avec d'autres ovins primitifs), pour la raison qui rejoint l'histoire de début d'article de cette"chèvre à cou clair", c'est à dire que la nouveauté d'aujourd'hui sera l'ancienneté de demain. Mais pas question pour moi de créer des nouveautés, mon travail ne voulant qu'être le témoignage d'une partie de l'histoire du petit Ouessant de type ancien, de ce qu'on en connaît dans le passé à nos jours, dans ses aventures et mésaventures.

D'ailleurs, je me fais un principe de conserver au maximum la génétique des souches pionnières du GEMO. Les influences externes citées ne sont introduites qu'à dose homéopathique, à titre de témoignage visuel, dans une reproduction calculée et gérée (m'interdisant par exemple l'accouplement de certains individus entre eux selon leur patrimoine)  afin de pouvoir prétendre que mes moutons sont bien possesseurs à 99,9 % ou encore 99,99 ...% du patrimoine génétique de ces souches pionnières du GEMO qui servent de référence Ouessant. Il en faut forcément une.

Amélioration? A comprendre du point de vue des caractéristiques physiques déterminées par le standard. Caractéristiques qu'aucun élevage, à ce que j'ai pu en voir, n'a pu globalement atteindre à ce jour ( le mien y compris).

 

Voilà. Tout cela est bien compliqué et est un travail de longue haleine avec de très nombreux critères de sélection. Mais tout cela est bien passionnant,  fait tout l'intérêt de mon travail d'éleveur et sans doute l'unicité... 

  

 

 Dans le cours du grand fleuve de l'histoire de la domestication ovine et l'évolution des animaux dits d'Ouessant, le travail du berger des Lutins est d'en conserver les différents méandres et confluents que nous pouvons en connaître ...

    

avril 10 064

 

 ...conserver le Ouessant dans son aspect d'avant hier....

 

 

avril 10 036

 

... conserver le Ouessant dans son aspect d'hier...

 

mai 10 037

 

...et aussi dans ses aspects d'aujourd'hui.

 

A quand un groupe de personnes pour s'intéresser également par la suite à la sauvegarde du type nouveau élevé actuellement sur l'île d'Ouessant et qui représente une étape tout aussi importante que d'autres dans l'évolution du cheptel ouessantin? Un Ouessant moderne certes mais un véritable mouton d'Ouessant avec les pieds sur Ouessant, lui.  

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 23:02

   

Tous les Ouessant du troupeau des Lutins qui ont sept ans ou plus détiennent très certainement le record de km parcourus sur route durant leur vie au sein de leur race. Je me hasarderais même à avancer la chose pour le monde des ovins, jusqu'à preuve du contraire.

 

Ceux-ci ont  fait environ 35 000 km, au rythme de 5000 km par an. Les moins de 7 ans en ont fait moins mais pas mal également (5000 de moins par année de moins, c'est logique.). Un jour viendra l'explication de ce record fort possible. 

 

 

novembre 08 013 

 

Castille (ici en photo) a dépassé les 37 000 km; alors que sa consoeur Esmeralda, autre doyenne dans le  troupeau, a franchi quant à elle la barre des 36 000 km au  compteur...Heureusement pas sur pattes! 

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