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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 17:06

Il y a plus de dix ans à présent, je m'engageais dans le travail, "à la française", du Ouessant de forme Agouti grey.

Cette toison, essentiellement présente alors à l'étranger, avait cependant fait tache d'huile dans toute la France depuis bien longtemps, bien avant que je me penche sur cet allèle, bien avant qu'en 96 je me lance dans l'aventure du Ouessantin.

En mon troupeau, par sélection, ce sera finalement à partir de ce gène issu d'une seule femelle acquise, sorte d'Eve génétique nommée Cornelia, que toute l'histoire de l'Agouti grey chez les Lutins se construira .

Cornelia, en 2012, toujours de ce monde alors.

Cornelia, en 2012, toujours de ce monde alors.

Dans le même temps, quelques collègues éleveurs s'associeront à ce travail, faisant avancer la situation et les résultats dans cette sélection conservatoire.

Voilà bien là l'utilité de partager, pour construire mais aussi récolter.

Deux exemples (parmi d'autres) de belle avancée, avec deux animaux produits par ces fidèles.

Deux nuances de grey.

D'abord, en adulte, avec ce bélier Ouessant noir possédant le gène Agouti grey.

Deux nuances de grey.

Pour ne pas le dire parfait, la perfection, si elle existe, n'étant pas une et pouvant prendre des allures diverses, il n'en est pas moins sans aucun défaut.

Deux nuances de grey.

Sans aucun défaut et de plus dans une taille s'affichant dans le premier centimètre du bas du standard, sans parler de la rusticité et des aptitudes au rendez-vous.

Deux nuances de grey.

Un bélier Ouessant comme on n'en voit guère courir les prés, sans même songer à coloration.

Deux nuances de grey.

Ensuite, côté jeunesse, cet agneau de bientôt quatre mois affiche un mimétisme des plus étonnants dans le décor estival actuel chez les Lutins.

Deux nuances de grey.

Ce jeune Ouessant brun possède donc le gène Agouti grey …. et sans doute se trouve être homozygote pour l'allèle "faded".

Deux nuances de grey.

La coloration de la toison d'un mouton évolue avec la croissance et plus globalement l'âge mais aussi la saison.

Ainsi cet aspect n'est que provisoire et d'ailleurs nouveau en comparaison des mois passés. A l'avenir, il devrait s'éclaircir encore.

Bravo et merci à ces deux éleveurs qui ont une réelle notion de travail dans le sens du partage et aussi du retour ...

Deux nuances de grey.

Sinon, cette année chez les Lutins, le petit Salem est bien prometteur.

Depuis cette photo vieille de deux mois, cela s'est confirmé. Ce sera une autre histoire, une troisième nuance de grey ...

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 10:00

Deux mois déjà pour les premières naissances chez les Lutins. Les résultats se dessinent.

Si toutes les agnelles se doivent d'être conservées en observation et pour leur utilité quant à l'avenir du troupeau, il me faut concevoir ne sélectionner par contre qu'une poignée d'agneaux mâles, d'abord pour leur profil (génotype comme phénotype) et là encore leur intérêt particulier en reproduction future, mais aussi à cause de leur nombre conséquent cette année.

 

Les incontournables 2019

Les animaux se révèlent déjà bien pour les plus âgés (ou les plus précoces) et à cette date deux incontournables s'imposent.

C'est le cas d'abord de Flocon. D'une part parce qu'il est fils de mon mâle Hobbit qui devrait prendre sa retraite à l'automne et dont je n'ai pas encore pris la peine de garder voie mâle en héritage, et d'autre part parce que sa mère est une brebis de composante en partie extérieure à ma troupe, ce qui ouvrira le champ du flux génétique.

Les incontournables 2019

Second incontournable, Salem, qui s'avère être la seule naissance cette saison, en cette forme de toison Agouti grey. De plus ses parents présentent un grand intérêt pour ouvrir le patrimoine génétique des Lutins, sans rien perturber pour autant de la spécificité du Ouessantin continental de ces cinquante dernières années remis à la mode.

 

Chaque fois que je regarde Salem, je ne peux m'empêcher de penser à ce témoignage photographique des plus anciens (1898) présentant un agneau de cette forme trottant sur l'île d'Ouessant … chose fortement émouvante et tout autant troublante mais d'abord fort instructive .

Mathématiquement, je ne peux m'autoriser qu'à choisir encore deux agneaux mâles parmi les naissances de l'année. En rapport au dernier né, encore deux mois de réflexion pour faire les bons choix selon toujours le génotype (patrimoine génétique connu) et le phénotype/morphotype (allure).

Sans oublier que Kafka premier bélier Ouessant swiss chez les Lutins et Frimas, agneau-biberon, s'imposent d'eux-mêmes de fait à demeurer au troupeau. 

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 13:01

Petit, cornu et bien foutu.

Mon rêve!

Pas pour moi-même, ma personne...

mais pour tout bélier de ma troupe qui présente un intérêt pour l'avenir de cette dernière, de par son génotype et ses ascendants. 

Jeune bélier de 18 mois tout à fait correct. (non adulte, ce qu'il sera à trois ans)

Jeune bélier de 18 mois tout à fait correct. (non adulte, ce qu'il sera à trois ans)

"Petit" c'est vague.

Aussi si on se réfère au standard qui prévoit une taille au garrot de 42 à 49 cm pour les béliers adultes, standard mis en place dans le milieu amateur de ce type ovin à l'initiative du Gemo (Groupement des éleveurs du mouton d'Ouessant), comme j'ai déjà eu l'occasion de l'exprimer, dans ma démarche, je ne m'autorise pas l'utilisation de mâles de plus de 45/46 cm en reproduction (sauf programme de sauvegarde qui exigerait ponctuellement de déroger à ce principe).

Ce principe résulte tout autant d'une préférence personnelle que d'une prise de précaution pour éviter ainsi la production d'animaux trop grands qui certes devraient toujours bien être considérés malgré tout Mouton d'Ouessant (les chiens ne faisant pas des chats), mais par contre hors standard (comme c'est le cas pour la majorité des moutons de ce type ovin).

De même m'orientant pour une tendance en troupeau de 44 cm pour les brebis les plus hautes (en place des 46 cm "autorisés"), s'impose ce choix de mâles de 45/46 cm maxi.

Jeune bélier de six mois (Non agouti, brun et faded) et antenais (Agouti blanc bronzé)

Jeune bélier de six mois (Non agouti, brun et faded) et antenais (Agouti blanc bronzé)

D'abord, à noter qu'un bélier, peu avantagé par la nature pour ce caractère sexuel secondaire qu'est le cornage, n'est pas condamné pour autant à devoir passer régulièrement du temps sur le divan du psy durant toute sa vie.

Ensuite, s'il serait judicieux de n'utiliser en reproduction que les "meilleurs" animaux, sous l'angle de la sélection et du devoir de ne pas transmettre de caractère indésirable comme le souci de cornes, s'impose parfois la nécessité de passer outre pour permettre la conservation d'autres qualités ou caractères à ne pas perdre que possèderait un animal moins avantagé sur un certain point.

Aussi je ne me laisse jamais aveuglé par les cornages des plus séduisants béliers si par ailleurs, taille et autres qualités ne sont pas au rendez-vous, sans oublier la toute première importance des aptitudes.

Enfin, il faut garder à l'esprit que cela ne fait que guère plus de 20 ans, qu'il se rencontre béliers  Mouton d'Ouessant en ces caractères en trois points "petit, cornu et bien foutu", fruits du travail de sélection des éleveurs. Ce phénomène (petite taille vers le bas du standard) s'amplifie aujourd'hui suite à cette orientation en quelques élevages.

Vers 1996, Paul Abbé, président du Gemo alors, présentait image d'un bélier de 46 cm au garrot et de belle construction, comme sorte d'aboutissement, tout en mentionnant que de tels animaux commençaient à se rencontrer. Anecdote qui elle-même montre tout le travail de sélection mené par les éleveurs durant les vingt autres années précédentes, à partir des "grands" moutons de type Ouessant retrouvés sur le continent.   

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 12:11

Novembre est arrivé.

Le départ de la reproduction est donc donné.

Etape numéro un, s'accoupler.

Que la fête commence!

C'est mon Hobbit chouchou (mâle Non agouti en base noire) qui a l'honneur de participer à la conservation, à la multiplication des nouveaux gènes de coloration arrivés chez les Lutins grâce aux quatre brebis qui en sont porteuses.

La probabilité est d'une chance sur deux, lors de chaque fécondation d'une brebis concernée (de forme Agouti swiss marking ou Agouti rusty midsides),  d'obtenir ensuite une naissance exprimant le gène voulu.

Hobbit étant assez bien typé, il a également la tâche de construire une descendance de ces formes plus en accord avec la taille et le profil des Lutins.

Dès les premières secondes de rencontre, "Miss Rusty" (dite Molly) acceptait Sieur Hobbit sur son dos… et pas qu'une seule fois...

Mais la phase de fécondation possible durant ces chaleurs de la dame était peut-être passée de peu.

L'avenir dira ... dans trois petites semaines si nouvelles chaleurs il y a? … ou dans cinq mois si la chance était bien au rendez vous?

Sinon d'autres brebis de formes colorées Agouti blanc bronzé ou encore Non agouti en base noire et même Non agouti en base brune côtoient Hobbit pour d'autres programmes de reproduction menés en parallèle avec ce mâle.

Que la fête commence!

Second lot, composé uniquement de brebis Non agouti en base noire et placé avec un mâle, lui, Agouti blanc bronzé (mais comme toujours chez les Lutins, hétérozygote pour cet allèle et Non agouti par ailleurs).

Que la fête commence!

Un troisième petit groupe de six brebis va servir à favoriser diffusion voire expression du gène "faded" dans les naissances (coloration devenant un peu rare ces dernières années chez les Lutins). Cela, grâce à un bélier Non agouti en base noire, homozygote pour cet allèle "faded" et exprimant donc cet effet de décoloration touchant tout individu homozygote.

Que la fête commence!

Le dernier groupe de brebis reproductrices, le plus conséquent, réunit pour cause plusieurs programmes de travail, grâce à l'utilisation d'un bélier Non agouti en base noire répondant à plusieurs attentes en ce sens. 

La constitution des lots de reproduction est toujours un casse-tête durant des mois de préparation et la veille encore, parfois, des remaniements de dernière minute peuvent s'opérer sur le papier.

Il n'est pas simple d'œuvrer dans le sens de la multiplication quand se mêlent en parallèle soucis de conservation de tous les allèles colorés, de celle des diverses souches et lignées, sans oublier les critères sur la taille et la morphologie, tout en devant considérer la compatibilité entre les pedigrees associés.

On est bien loin de la démarche qui consisterait à mettre  plusieurs béliers avec l'ensemble des brebis pour simplement faire des petits... dont on ne saura rien, sinon pas grand chose. D'autant plus quand les mâles sont nés dans le troupeau en question sur ce même principe; ce qui aboutit alors à un flou artistique qui n'aide en rien la démarche de conservation face aux gros soucis de consanguinité que cela engendre (degrés de parenté demeurant inconnus entre les animaux).

Ce principe n'est concevable que sur les troupes de plusieurs centaines, milliers de têtes, tel qu'il s'imposait sur l'île d'Ouessant quand cet ovin de type ancien y gambadait en toute liberté. S'opérait alors un réel brassage génétique. Mais ce n'est plus envisageable chez les éleveurs actuels du continent qui ne possèdent le plus souvent, au mieux, que quelques dizaines de brebis.

Que la fête commence!

De son côté, une partie du lot des béliers célibataires est venue assister jalousement au spectacle donné par un de leurs chanceux copains, élu pour contribuer à l'avenir du troupeau.

Que la fête commence!

Voilà enfin une partie du groupe des brebis terminant leur vie tranquillement ou prenant une année de repos côté maternité, sans oublier les agnelles de l'année attendant d'être adultes pour pouvoir être mères.

Ces deux derniers mois de l'année sont ceux qui demandent le plus de travail au quotidien, avec six troupes à gérer. D'autant que, cette année, il n'y a pas d'herbe pour cette période.

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 13:07

Si du côté agnelles 2018 Souprousse a ma préférence (voir article "je serai la plus belle"), côté agneaux du printemps, Michoco s'avère mon préféré.

Je serai le plus beau

Ce petit bélier blanc 2018 qui m'attirait déjà le regard à la naissance est finalement bien le plus intéressant pour mon troupeau.

Pas seulement pour sa taille, mais aussi pour sa conformation dans son ensemble y compris le cornage, sans oublier son patrimoine génétique ni son utilité qui en découle pour mes futurs programmes d'élevage au sein du troupeau des Lutins.

Un jeune bélier qui aidera tout autant au travail de conservation du Ouessant de type ancien, qu'à l'avancée dans celui de restauration de la présence du gène brun dans cette population (gène qu'il possède).

Seul petit regret s'il devait y en avoir un, l'expression blanche par héritage maternel du gène Agouti blanc bronzé, au lieu de l'expression du Non agouti noir, que ce jeune possède heureusement par ailleurs mais de façon cachée (coloration récessive masquée par l'expression blanche dominante).

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 13:03

Qui passe par mon élevage est surpris par le nombre de béliers que je peux posséder et conserver sur l'année (une vingtaine au maximum).

Ce réflexe tient au fait que dans les esprits, dans la mesure où un mâle peut féconder trente à quarante brebis sur une saison de reproduction, il suffit de peu de béliers dans un troupeau, dans un élevage, pour assurer une descendance.

Oui, mais dès que l'on élève dans une démarche de conservation, de sélection et que l'on mène en parallèle de nombreux programmes d'élevage, cela nécessite toute une banque génétique de béliers (idem côté brebis d'ailleurs) aux utilités et intérêts divers, d'autant que trois années sont nécessaires, au-delà de la considération du génotype, pour découvrir le morphotype final de chaque animal. 

Ainsi le groupe des mâles est effectivement une banque génétique offrant de multiples possibilités, mais comprend également des animaux en observation de croissance et de construction, un certain nombre de retraités finissant leur vie ... et enfin des béliers "roue de secours" en cas de pépin chez les favoris.

Bélier Y

Bélier Y

Bélier Z

Bélier Z

Voici deux béliers "roue de secours". Des mâles qui, si besoin était, sont à même de permettre d'avancer en attente de mieux.

Le premier (Y) est un mâle d'un an et demi. Le second (Z) est né au printemps.

Ils sont de même génotype couleur

Sur ce point, ils ont exactement le même intérêt pour l'élevage.

Pourtant, au niveau du morphotype, le premier (Y) ( sans considérer son année de maturité supplémentaire), avec son cornage correct, se montre plus séduisant que le second (Z) qui s'avère presque motte (presque sans cornage, ce dernier étant atrophié et sans avenir de croissance).

Pourtant encore, au niveau du génotype dans son ensemble (en particulier le patrimoine des ascendants ), le second (Z) est bien plus précieux et utile que le premier (Y).

Si donc s'imposait l'emploi d'une de ces deux "roues de secours", le choix serait délicat.

Il faudrait trancher entre un "contenant" séduisant mais au "contenu" présentant peu d'intérêt, et "un contenant" décevant mais au "contenu" des plus précieux en termes de souches et de sauvegarde.

Dans 99% des cas, les éleveurs fonctionnent en rapport à l'apparence puisque leur quête va vers un Ouessant séduisant et le premier mâle aurait inévitablement leur faveur. Voilà une déclinaison de plus de mon fameux "l'habit ne fait pas le Ouessant", car en effet la partie visible de l'iceberg est bien moins importante que sa partie cachée, et il serait plus judicieux, dans le sens de la sauvegarde, d'utiliser le second, quitte à devoir considérer un temps une régression possible du cornage en descendance. 

Néanmoins, j'espère n'avoir à utiliser ni l'un ni l'autre de ces mâles, portant mon espoir sur une ou des naissances mâles 2018 qui rassembleraient les points forts de Y comme de Z.

Si tel n'était pas le cas, aussi surprenant que cela puisse paraître, je me retrouverais contraint d'utiliser par la suite le modeste mâle Z ....

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 16:32

Ou c'est mathématique.

Il existe une multitude de souches de Mouton d'Ouessant de type ancien.

Elles étaient déjà diverses il y a un peu plus de 40 ans, lors de la recherche partielle par le GEMO des troupeaux continentaux existant encore alors (puisque ce type ovin avait disparu de son île originelle).

Elles le sont bien plus encore aujourd'hui avec la multiplication des élevages tout comme des associations d'amateurs, en France et aussi à l'étranger.

Souche de "château" , bélier blanc descendant en ligne directe des animaux continentaux du 20ème siècle de certains châtelains en France.

Souche de "château" , bélier blanc descendant en ligne directe des animaux continentaux du 20ème siècle de certains châtelains en France.

Ces diverses souches ont leurs raisons d'être, sont le fruit de leur histoire basée sur celle de leurs ancêtres, selon ce que leurs éleveurs en faisaient avec ou sans connaissances particulières, avec ou sans but réel forcément clairement déterminé.

Souche GEMO, bélier noir fruit de sélection à partir des troupeaux des années 1970 (ici souche Lutins de ces 20 dernières années)

Souche GEMO, bélier noir fruit de sélection à partir des troupeaux des années 1970 (ici souche Lutins de ces 20 dernières années)

Ainsi aujourd'hui, certains éleveurs dont je suis, font le choix de travailler plus l'une que l'autre, les unes que les autres souches Ouessant, parfois simplement par goût voire principe, ou encore comme dans mon cas sur la base de connaissances acquises et d'une large réflexion.

Brebis brune belge, de souche des Pays Bas de ces dernières décennies.

Brebis brune belge, de souche des Pays Bas de ces dernières décennies.

De là chez les Lutins, déjà, les souches sont nombreuses par souci de conservation et de dynamique de ce domestique et sont amenées à s'enrichir les unes des autres, même si certaines qui me sont chères sont davantage privilégiées dans le sens de leur sauvegarde.

Bélier noir de 1ère génération issu d'un croisement "souche de château" avec "souche Gemo"

Bélier noir de 1ère génération issu d'un croisement "souche de château" avec "souche Gemo"

Face à une souche que l'éleveur jugerait indésirable en son troupeau, il a la possibilité déjà de ne pas l'introduire bien évidemment, ou si elle s'y trouve déjà, de l'écarter en la sortant ou simplement en ne la faisant pas/plus se reproduire, ou bien, si elle se trouve déjà introduite dans le patrimoine de certains de ses moutons, en l'éliminant par le phénomène d'absorption, sous condition de pratiquer la chose de manière méthodique.

Brebis noire: 50% Lutins / 50% élevage extérieur.

Brebis noire: 50% Lutins / 50% élevage extérieur.

La méthode d'absorption la plus sûre parce que organisée et mesurable, consiste à accoupler de façon calculée tout animal possédant partie de la souche non désirée avec un animal lui d'une souche souhaitée.... et ainsi de suite pour tout jeune obtenu en nouvelle génération qui devra être accouplé à son tour avec partenaire en souche souhaitée.

Brebis brune: composante du patrimoine génétique en 99,...% souche GEMO / 0,...% souche Pays Bas.

Brebis brune: composante du patrimoine génétique en 99,...% souche GEMO / 0,...% souche Pays Bas.

Dans le tableau ci-dessous, chez le jeune animal obtenu à chaque nouvel accouplement, on pourra déterminer la part en sa composante génétique souhaitée et celle en patrimoine génétique non souhaité, selon la génération considérée dans un programme d'absorption. 

Part  souche désirablePart  souche non désirable Génération obtenue
   1/2 (50 %)   1/2 (50%)   1ère (dite F1)
   3/4 (75 %)   1/4 (25%)   2ème
   7/8 (87,5 %)   1/8 (12,5 %)   3ème
   15/16 (93,75 %)   1/16 (6,25 %)   4ème
   31/32 (96,875 %)   1/32 (3,125%)   5ème
   63/64 (98,438 %)   1/64 (1,362 %)   6ème
   127/128 (99,219 %)   1/128 (0,781 %)   7ème
   255/256 (99,61 %)   1/256 (0,390 %)   8ème
   511/512 (99,80 %)   1/512 (0,200 %)   9ème
   1023/1024 (99,90 %   1/1024 ( 0,100 %)   10ème
   etc ...   etc ...   etc...

 

On notera que la progression, en terme "d'amélioration" du patrimoine à chaque nouvelle génération, est assez rapide les premières années, pour ensuite progresser plus lentement à dose homéopathique. C'est mathématique.

Agnelle blanche: construite en 3/4 souche Lutins et 1/4 souche extérieure de "château"

Agnelle blanche: construite en 3/4 souche Lutins et 1/4 souche extérieure de "château"

Ainsi, en ce qui concerne les croisements de diverses races domestiques (pas seulement moutons, mais aussi les autres espèces), le degré d'exigence des éleveurs est variable, certaines associations considérant qu'en 5ème génération l'animal peut être considéré revenu en "race souhaitée" (ou souche souhaitée dans notre cas) (il est vrai à presque 97 %), pour d'autres en 7ème génération ( car à 99 %), ou enfin si on est plus rigoureux et exigeant en 10ème (99,9 %).

(Pour nous, il est hors de question de pratiquer des croisements du Ouessantin avec d'autres races ovines, mais de considérer les souches existantes et de mesurer l'impact de ces croisements de souches (en effet le terme de croisement qui peut faire frémir, s'emploie tout autant pour des races, des souches que voire des lignées d'une espèce domestique).)

Brebis noire Agouti grey: 31/32 souche Gemo / 1/32 souche néerlandaise

Brebis noire Agouti grey: 31/32 souche Gemo / 1/32 souche néerlandaise

Personnellement je suis plus pour considérer le plus haut degré d'absorption comme le plus juste, les mathématiques étant là pour parler, mais il est vrai que dès 99 %, 7ème génération, je comprends qu'on puisse considérer satisfaction .

Et puis il faut bien garder à l'esprit que par la suite, seuls des animaux définis à 99,9 % qu'il faudrait accoupler entre eux sont à même de produire des jeunes à leur tour sur cette même base sans risquer de régresser à nouveau dans le degré d'absorption. 

Concernant mes animaux, je calcule ainsi en mes moutons la part des souches qui présentent moins d'intérêt pour moi (elles sont trois ou quatre), selon ce que sont mes objectifs.Je souhaite réduire voire éliminer certains caractères défavorables, tout en en conservant d'autres prioritaires, dans l'intérêt d'une sauvegarde organisée du Ouessantin. En effet, chaque souche présente ses points forts mais également ses points faibles, dès qu' on les regarde avec un souci de sélection (qui va bien au-delà du simple aspect séduction).

Ainsi, pour une souche en particulier, je recherche une absorption "totale", alors que pour les autres seulement partielle à degrés divers selon les apports positifs observés et la disparition remarquée de points négatifs  (aptitudes, phénotype, ...)

Bélier noir: 1/2 souche Gemo / 1/2 souche allemande, elle-même en fait de souche hollandaise)

Bélier noir: 1/2 souche Gemo / 1/2 souche allemande, elle-même en fait de souche hollandaise)

Voilà des considérations que je n'échange pratiquement pas d'ordinaire, les préoccupations des éleveurs ne s'engageant que rarement en ces domaines.

Ceci n'est qu'une approche qui révèle un peu plus du travail au sein du troupeau des Lutins, mais comme j'ai eu quelques questionnements de visiteurs suite à l'article récent sur mes lots de lutte d'automne, il me fallait en dire un peu plus.

Un peu plus seulement car il y aurait beaucoup à expliquer encore, les directions de travail et les principes s'avérant plus complexes en certains objectifs.

Question de logique

Alors!

Dans ce jeune Ouessant noir "faded": présence ou pas d'un autre type ovin? quelles souches en cet agneau? en quelles proportions? 

Seul l'éleveur (que je suis) peut le dire parce que cet animal possède une généalogie longue connue, construite sur des ascendants eux-mêmes suivis depuis 40 ans.

D'où l'intérêt d'éviter l'utilisation d'animaux sans origines dès que l'on veut prétendre mener l'élevage du Ouessantin dans le sens du souci de conservation, afin de toujours savoir où on en est face à un animal et en voir la réalité cachée au-delà de son simple phénotype.

(Je rassure la personne qui reconnaîtrait cet animal des Lutins qu'elle a acquis. Ce bélier n'est là qu'à titre d'exemple pour illustrer le discours.

Pas de panique, il n'y a pas de croisement entre races ovines chez les Lutins. Cet agneau est bien un Ouessant. Il l'est même plus encore que beaucoup d'autres par ailleurs sous d'autres cieux, de par les soucis de conservation, de suivis et autres paramètres pris en compte au sein de l'élevage et en particulier dans le calcul des accouplements menés avec des animaux avec origines sur 40 ans)

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 11:14

Brocéliande n'est plus.

Elle était bien belle à mes yeux.

Mais qu'est-ce qui peut donner cette impression de beauté?

Pourquoi belle?

La beauté est tout à fait subjective et est variable selon le regard et les attentes de chacun.

Pourtant quand je regarde l'image de Brocéliande, que j'ai inversée horizontalement histoire de la voir autrement par rapport à l'original, j'ai bien conscience que cette brebis attirerait mon regard même si elle n'était pas mienne.

La posture et le niveau de prise de vue à hauteur du sujet aidant, j'y vois:

Une impression d'harmonie générale qui se dégage. Harmonie liée à l'équilibre des proportions entre les différents éléments qui structurent l'animal. Un rapport entre la longueur et la hauteur qui m'est idéal. Une épaisseur, profondeur du tronc proportionnée à la hauteur de la brebis. Sans oublier ce que je rencontre trop rarement à mon goût, une solidité des pattes proportionnée à celle du corps. Une belle horizontalité du dos. Une tête au museau ni trop fin ni trop épais.

Un animal d'allure ni trop haute ni trop basse avec une projection du cou à 45 degrés lorsqu'il pâture. Une silhouette sympathique.

Une hauteur de pattes proportionnée à la hauteur globale mais aussi à la masse de la brebis. J'en connaissais également la qualité des onglons quant à leur construction.

Une impression de mouton bien en lien avec le sol, ne donnant ni l'impression de s'y écraser ni celle au contraire de s'envoler. Cela de par la situation de son centre de gravité.

La solidité est là sans excès permettant une allure encore gracieuse sans être gracile.

 

Il faudrait voir Brocéliande de face et aussi de dos. J'en connaissais la bonne largeur, là encore sans excès, les bons aplombs, la taille de la queue.....

Bref pour moi un ensemble de qualités qui me faisait penser que des Lutins de cette sorte j'en aurais bien voulu 10, 100, 1000 y compris dans les autres colorations, même si dans le même temps je suis bien conscient que la beauté est dans la diversité et qu'il ne faudrait surtout pas tomber dans la construction de Ouessant de forme standardisée et alors d'animaux semblant tous sortis du même moule.

Type ovin avant tout plus que race, le Ouessantin offre encore heureusement une belle palette de morphotypes. Cette particularité devant être considérée comme une richesse. Qu'il soit Ouessant de forme plus "agronomique" ou Ouessant de modeste forme vivrière ancestrale, ou encore Ouessant entre ces deux extrêmes, le Ouessantin a de quoi me ravir pour ce qu'il est, un survivant du type insulaire encore relativement primitif. 

Ceci étant, il est des brebis qui vous charment plus que d'autres, c'est inévitable.

Pourquoi belle?

Qu'un Ouessantin puisse être jugé beau est une chose. Qu'il soit bon en est une autre. Ce dernier point demeurant le plus important.

Bon de par des origines connues sur une quarantaine d'années qui garantissent la connaissance du patrimoine qu'on élève et de là obtenu ensuite en descendance.

Bon de par ce que l'animal se révèle être dans ses aptitudes attendues pour un Ouessant, ovin avec part de primitivité encore importante excluant normalement soucis physiques et physiologiques autres que ceux dus à l'âge. (Il m'est arrivé plusieurs fois d'acquérir des sujets médaillés ne présentant pas la rusticité attendue. Ce genre de mésaventures devant rappeler qu'il ne faut pas se tromper de priorité).

Brocéliande avait tout cela avec ses 43 cm à trois ans. Outre le fait d'être belle (à mes yeux), c'était également un bon Ouessant, jamais un pet de travers.

Mais si Brocéliande m'était précieuse sous l'angle de mes projets en reproduction, c'est d'abord une compagne de prairie dans l'aventure de l'élevage de ce type ovin, qui disparaît. La fatalité en a voulu ainsi.

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 16:51

Ou pas ....

Trois à cinq mois pour les agneaux comme les agnelles à présent.

Ce sont à cet âge des moutons miniatures qui commencent à révéler un peu plus de réalité concernant leur allure et leur construction en cours.

Bons pour le service

Il y a les non avantagés comme Bongrain, le mal nommé, qui malgré une composante génétique de la plus haute importance pour le troupeau s'avère cependant décevant faute de cornage, s'étant même arraché accidentellement un cornillon.

Bons pour le service

Il y a les moyennement avantagés, à ce stade, comme Boomerang.

Bons pour le service

Les plus avantagés comme l'élégant Popcorn

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Olibrius le noir (homozygote "faded") est devenu méconnaissable.

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Tout comme Jonas de même coloration.

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Granion le bien nommé est une réplique de son père Golas...en mieux.

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Ce minuscule bélier de 800g à la naissance, à croissance lente, n'en est pas moins craquant avec son type de toison et un cornage qui s'annonce plutôt sympa.

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Pérelle la noire "faded" (à toison en décoloration) est une des plus jeunes.

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Talève la noire subit l'action des UV.

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Bouloche , comme maquillée avec son nez et ses sabots bien noirs.

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La bien blanche Linaigrette.

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Dragée la blanche moins éclatante.

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Acégétée dans sa belle allure.

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La prometteuse petite Sucrette.

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Poupoupidou, le nez dans la pente, encore assez noire.

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Une fois encore Acégétée (noire roussissant) ....

Les autres jeunes de l'année n'ayant pas pu finir dans la boîte à cause d'un problème technique de ce p.... d'appareil photo. Vive le numérique! (Heureusement premier incident pour ce joujou de neuf ans)

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 13:45

L'été est la période durant laquelle les animaux peuvent être aisément observés dans leur construction, nouvelle ou se poursuivant, que les Ouessant soient jeunes ou moins jeunes.

Largesse d'esprit et largesse patrimoniale.

Voilà une antenaise qui suite à la tonte exprime déjà en nouvelle toison un début de canitie évidente.

Phénomène apparaissant habituellement à deux ou trois ans au plus tôt en mon troupeau sur certains Ouessant noirs, cette expression dès l'âge d'un an ici ne pouvait qu'attirer mon attention.

Largesse d'esprit et largesse patrimoniale.

Antenaise blanche, celle-ci porte encore une jolie queue de renard rousse, vestige des zones "tan" (bronzées) qu'elle exprimait en toison juvénile blanche marquée de roux.

Largesse d'esprit et largesse patrimoniale.

On aperçoit mieux encore cette coloration caudale qui va tendre à disparaître avec l'âge (malheureusement!).

Dans cette position, s'observe bien la légère marque noire de faible étendue sur le pied gauche de cette Ouessantine. Ce genre de phénomène, plus ou moins courant selon les souches Ouessant, peut s'exprimer en d'autres endroits du corps et sur une surface parfois bien plus grande. Ce n'est pas un défaut, ni une tare, simplement un phénomène du possible qui ne fait pas moins un Ouessant du mouton exprimant cette particularité et qui n'amoindrit en rien les qualités d'un "bon et beau" spécimen s'il en est, y compris en reproduction. 

Largesse d'esprit et largesse patrimoniale.

Cette autre antenaise n'a toujours pas perdu sa marque frontale juvénile blanche, comme l'expriment certains agneaux.

Elles sont d'ailleurs deux ou trois antenaises, issues d'un même mâle extérieur au troupeau des Lutins, à exprimer ce caractère plus ou moins marqué qui semble vouloir perdurer à l'âge adulte (...à vérifier). Insolite chez les Lutins, mais il faut souligner qu'il n'est pas rare cependant que cette marque claire persiste plus régulièrement sur le front des Ouessant noirs "faded" (décolorés).

Là encore, ni un défaut ni une tare, simplement un phénomène du possible lié à la richesse du paysage génétique transporté par certains individus, certaines lignées ou souches, d'autant quand, comme ici, elles n'ont subi aucun métissage ces quarante dernières années depuis que le Ouessantin est arrivé sur le devant de la scène.

Largesse d'esprit et largesse patrimoniale.

Je demeure attentif à l'évolution de la fille de cette brebis précédente. La petite aura-t-elle hérité de caractère similaire?

On comprend par ces quelques exemples l'importance de la conservation de la diversité quand cela ne touche en conséquence  aucun point vital et que loin du risque de tomber dans une standardisation caricaturale du Ouessant (qui heureusement touche assez peu d'éleveurs), il importe au contraire de s'appliquer à conserver afin de ne pas réduire la diversité.

Il faut sans cesse songer qu'en voulant éliminer un caractère jugé indésirable par simple principe sans fondement, c'est en réalité, associé à ce caractère, tout un paysage génétique (à divers niveaux) invisible à nos yeux qui se trouve jeté. Et si tout le monde jette, le risque de perdre pour toujours plane.

Aussi chez les Lutins, les Ouessant blancs comme ci ou noirs comme ça...et les autres oeuvrent à la conservation du patrimoine du Ouessantin de type ancien mais continental qui nous est parvenu.

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