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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 23:01

 

On peut élever des Ouessant sans objectifs précis. C'est tout à fait louable mais un peu dommage s'il n'y a pas un minimum de souci en ce qui concerne le standard.

 

On peut également élever sans connaissance de la paternité de ses agneaux quand on possède plusieurs béliers. Il naît alors ce que le hasard veut bien faire naître. Le meilleur comme le pire,  sans réel soupçon du pourquoi du résultat de ses naissances.

 

On peut aussi tenter de laisser le moins possible de place au hasard quant aux jeunes produits, même si celui-ci a toujours son mot à dire. On peut ainsi orienter ses chances d'avoir telle ou telle coloration de toison. Mais on peut aussi chercher à conserver tel ou tel caractère morphologique (voire comportemental). Il est possible de diluer ce qui nous apparait être défaut ou au contraire concentrer ce qui nous semble être qualité.

Ainsi à partir des animaux souches qui ont donc servi à constituer les bases de son élevage, se sont construites des lignées qui apportent satisfaction ou déçoivent pour diverses raisons. Ce peut être du point de vue de la beauté (ce qui reste forcément subjectif, mais cela concernera du moins ce qu'on peut aimer comme type de mouton) ou encore de la rusticité, la laine, les cornes, la docilité, la taille...

 

En sachant que le patrimoine génétique de l'agneau s'est construit pour moitié hérité de sa mère et pour l'autre moitié de son père, chaque mouton (2/2) est donc 1/2 de la lignée ou souche maternelle et 1/2 de celles du père.

Pour tenter de diluer la présence indésirable du patrimoine d'un parent dans les futures naissances, on se garde bien de réinjecter ce patrimoine par consanguinité, surtout à un niveau de parenté proche. On peut inversement chercher à concentrer des traits de caractère sans forcément faire de la consanguinité plus ou moins éloignée, mais en faisant se reproduire des animaux qui possèdent ces caractères qui nous semblent avantageux.

 

Exemple, supposons un premier bélier utilisé dans son élevage et qui s'avère présenter un problème découvert un peu tard. Souci, il s'est reproduit et a donné agnelles et agneaux succeptibles de présenter le même problème puisqu' ayant hérité pour moitié du patrimoine génétique de leur père.

Si on est riche et qu'on n'a que peu d'attention pour ses animaux, il est toujours possible de tout recommencer en acquérant de nouveaux moutons (qui peut-être s'avèreront pas aussi satisfaisants que cela après réflexion).

Si par contre on tient à ses Ouessant et que l'on sait être patient, on se contentera de prendre un nouveau bélier bien choisi pour "rectifier le tir", puis de même les années suivantes.

Ainsi des agnelles de première génération issues du fameux bélier indésirable et possèdant 1/2 de ce bélier, on obtiendra des jeunes n'ayant plus que 1/4 de ce mâle. Puis au fil des nouvelles générations 1/8, 1/16, 1/32, 1/64, 1/128 ... (en utilisant chaque nouvelle génération produite) 

 

On voit ainsi que ce qui peut être un problème (en cas de découverte de métissage chez un animal par exemple) peut devenir négligeable en cinq ou sept générations et au-delà, à condition d'être conscient des accouplements que l'on pratique et d'ouvrir l'oeil sur les caractères qui semblent génétiquement dominants ou associés. Ce qui implique de tenir la généalogie de chacun de ses moutons et connnaître ainsi la fraction (ou pourcentage) de chaque ancêtre qui se trouve dans son patrimoine génétique, sans oublier d'en avoir conservé toute une série de clichés pour palier là où la mémoire de l'éleveur fera un jour défaut lorsque le mouton sera mort. 

   

 

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Chaque Lutin peut être défini dans sa composante génétique de 50% de tels ancêtres, 25% de tels autres, 12,5% d'autres, 6% .... et cela sur 15 à 30 générations dans le meilleur des cas

Un rare élevage où le passé connu des ancêtres de chaque mouton permet de définir au maximum l'avenir de chaque future naissance dans sa composante génétique (que ce soit au niveau des individus, des lignées ou des souches concernées).

 

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:37

 

 

 

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 Ces deux jeunes béliers blancs ne se quittent pas. Six mois et une semaine pour celui de gauche, sept mois et deux semaines pour celui de droite.

 

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 A gauche un animal qui n'intéresse personne malgré sa déjà grande beauté et la promesse de bélier redoutable en concours. Finalement il restera encore un certain temps chez lesLutins pour le plaisir de le voir évoluer.

 

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Devant, un excellent petit bélier qui n'a pas encore vraiment démarré mais dans lequel je vois toute la promesse de ses qualités. Au point que je sais déjà qu'il sera un des deux reproducteurs chez lesLutins pour les naissances 2013.

 

Deux béliers dont les mères sont premier prix et prix d'honneur...L'importance de la génétique...

 

 

 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:52

 

 

Un regard sur le Ouessant s'impose.

 

La retrempe s'avère actuellement très fréquente. La principale cause est la multiplication des élevages ovins de loisir en diverses races d'agrément. Parcourir les petites annonces, du net en particulier, suffit  pour s'en convaincre. On y observe régulièrement des produits issus de croisements avec d'autres races primitives (Soay, Shetland, Jacob, Heidschnücke, Skudde,....) quand ce n'est pas avec des races plus modernes. Ces naissances de première génération portent souvent encore les traces de ces accouplements regrettables ( taille, morphologie et autres traits physiques, femelles cornues,type de laine, parfois certaines colorations bien que sur ce point il faille rester prudent...). Méconnaissance, manque de sérieux dans les reproductions,curiosité...aboutissent à déverser ces animaux dans la population globale du Ouessant, y compris chez des éleveurs qui entrent ensuite dans les rangs associatifs. Le nouvel acheteur, souvent ignorant, étant convaincu d'avoir acquis des Moutons d'Ouessant, n'hésite pas par la suite à diffuser ses jeunes sous l'étiquette Ouessant. La reproduction de ces ovins finit par concerner de véritables métis, pas forcément inintéressants en tant que moutons, mais à l'origine d'une forte pollution génétique dans la population Ouessant qu'ils se voudraient représenter.

D'une retrempe ponctuelle éventuellement négligeable dans son impact (car normalement de plus en plus dilué au fil des générations dans des accouplements réellement Ouessant), on est arrivé par le nombre de croisements et une production en augmentation à un métissage non négligeable créant "du mouton à allure Ouessant (et encore pas toujours!) tout-venant".

L'exemple des croisements opérés parfois jadis dans certaines populations Ouessant des pays voisins (pourtant normalement en reproduction encadrée et avec confirmation) est assez parlant car, au-delà des débats sur la coloration des toisons, plus complexes qu'il n'y paraît (et menés trop souvent sans connaissances réelles complètes du sujet, les généticiens de profession sachant rester humbles et ne pouvant tout expliquer), c'est bien plus tout le reste de l'intrusion génétique qui devrait alerter par l'évolution des morphologies, de certains caractères physiques et comportementaux, et autres. Mais compétition, concours, appréciations de beauté agissant, on a à mon sens trop souvent fermé les yeux sur ces phénomènes à cause des apports qualitatifs séduisants de certains croisements (ce qui arrangeait bien sous l'angle de la performance et l'amélioration).

 

La seule solution pour éviter les dérives est bien de mener une reproduction encadrée sérieuse et honnête avec des animaux dont on connait les origines et la généalogie sur un maximum de générations, en cherchant à trouver ou s'approcher des souches pionnières du GEMO utilisées pour sauvegarder et relancer le Ouessant type ancien.

 

Cependant par honnêteté et en toute logique, le slogan publicitaire "pure race" ou "originel" devrait être évité. En effet pour qu'un Ouessant soit originel (à comprendre de l'île?) encore faudrait-il qu'il soit prélevé sur Ouessant. Ce qui est à l'évidence impossible puisque ce type ovin disparaissait des lieux dans sa forme insulaire il y a environ un siècle et que les origines et histoires incomplètes des dits Ouessant continentaux ne garantissent pas la pureté recherchée.

Ainsi, si j'ai bien la conscience et le désir d'élever des Ouessant en "souches pionnières" du travail de résurrection de cet ovin orchestré par le GEMO sous l'impulsion de Monsieur Paul Abbé, je ne m'autoriserais pas à parler de "pure race" ou "originel" lorsque je me sépare d'un animal, mais seulement de préciser les souches pionnières de sa composante génétique auxquelles je suis fortement attaché.

D'une part parce que durant des décennies voire un siècle avant que le mouvement associatif ne naisse, les Ouessant élevés sur le continent ne présentent aucune garantie totale d'avoir échappé à quelques croisements involontaires... Des influences d'autres races restent donc possibles dans les divers troupeaux retrouvés dans l'hexagone par le passé et qui se découvrent encore. Phénomène qui peut d'ailleurs en partie entrer en ligne de compte dans la diversité des morphes retrouvés. 

D'une autre, le Ouessant insulaire n'est pas seulement le produit du milieu, de la pression humaine et d'un isolement relatif, mais également le fruit d'inévitables apports extérieurs. Ne serait-ce qu'en considérant ceux de la Bretagne continentale et au-delà,  mais également ceux possibles suite au passage de navires transportant des ovins d'origines plus lointaines. Je me plais souvent à dire que le Ouessant n'est pas tombé  du ciel, un jour, sur cette île. Divers types s'étant graduellement succédés, tout dépend de l'échelle de temps de son raisonnement pour appréhender le Ouessant. Phénomène qui n'a fait que s'amplifier et s'accélérer à la charnière 1900, dans une société ouessantine en plein sursaut d'évolution...pour arriver d'ailleurs au cheptel actuel sur Ouessant qui est la plus belle preuve des conséquences de métissages. 

D'après certaines études comparatives, il semblerait que plus un type (race) ovin est primitif, moins il est résistant à la tremblante. La haute résistance du Ouessant type ancien continental actuel dévoilerait-elle ainsi une partie des traces d'influences de races plus modernes qui l'ont construit, bien que le Ouessant demeure la race ovine la plus primitive de France?

On voit toute la difficulté à vouloir faire une race d'un type ovin.

 

 

juin-09-126.jpg    

Signes de retrempe et métissage chez un animal de concours en "souche Ouessant étrangère"?.... couleur de toison (obtenue par le passé avec une race encore indéterminée, Shetland?), puissance exceptionnelle du cornage obtenue avec une autre race primitive (Soay?)?, membres très graciles, chanfrein très peu marqué, port de tête souvent haut placé, (très bonne laitière pour une femelle), caractère vif, distant et nerveux, yeux donnant un regard fou, queue primitive couverte de poils.... voilà ce qui pourrait caractériser cette souche d'une taille vers le haut du standard. 

 

 

 

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Signes de retrempe et métissage plus modernes chez un animal de concours en une "souche française pour ne pas dire bretonne"?... toison blanche de type plutôt moderne (bien qu'ici tondue), queue couverte de laine, cornage assez modeste, chanfrein très marqué, tête basse dans les épaules, comportement docile de race bergère, regard doux,....voilà ce qui caractérise cette souche de petite taille.

 

Un Ouessant brun qui se rapproche de certaines races plus primitives. Un Ouessant blanc qui se rapproche de certaines races modernes (si on excepte la taille).

 

Croisement, retrempe et métissage, des phénomènes pas si nouveaux que cela? 

Bonne réflexion....question de rigueur et de saine curiosité.

 

 

 

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 09:33

 

 

Points théoriques et généraux d'élevage (sans qu'il ne soit question du Ouessant dans cet article, un autre fera le bilan pour cet ovin).

 

Croisement, métissage, retrempe, des mots que l'on a tendance à employer un peu vite en les détournant parfois de leur signification réelle. Cela tient au fait que leur fondement tient au principe de base d'introduction de gènes étrangers à une race. Pourtant les nuances de signification sont importantes. Essayons de nous y retrouver.

 

 

 

Un croisement consiste à accoupler deux animaux de races différentes.

 

Un croisement peut représenter une simple retrempe. C'est à dire que cette injection de gènes extérieurs aura été ponctuelle. Le mâle étranger ayant fécondé les brebis se trouvant écarté du troupeau définitivement par la suite. L'enrichissement génétique a pour but de relancer un troupeau qui s'essouffle par trop forte consanguinité. Le but peut être de tenter d'introduire une qualité qui tendrait à disparaître dans la troupe consanguine.

Les effets de la retrempe ne durent généralement qu'un temps puisque l'utilisation des béliers de la race élevée va en quelques générations donner des animaux qui n'auront plus de ces gènes extérieurs qu'à "dose homéopathique". Avec le temps on revient donc à une race pure.

 

Un croisement peut aboutir à du métissage. C'est à dire que si on donne l'occasion aux jeunes issus de ce croisement de se reproduire entre eux, leurs descendants seront métissés, possédant autant du patrimoine génétique des deux races utilisées. Les animaux posséderont plus ou moins des caractères de l'une et l'autre. La race pure est perdue.

 

 

Le blog des Lutins ayant pour but d'aider à la conservation d'un type ovin ancien, je n'entrerai pas dans toutes les nuances de principes de sélection qui peuvent être menés en élevage ovin de rente pour des races autres que le Ouessant. Mais selon les objectifs des éleveurs professionnels peut être mené du croisement continu (la race locale sera remplacée par la nouvelle), du croisement alternatif (en employant à tour de rôle un bélier de l'une ou l'autre race) ou encore du croisement industriel (pour augmenter le rendement).

 

On se limitera à concevoir ce qu'est le croisement par la retrempe ainsi que le croisement aboutissant au métissage car nous verrons que ces deux principes ont touché et touchent le Ouessant.

 

 

 

 avril 11 068 

  Le Ouessant, croisement? retrempe? métissage?

 

     

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:01

 

Des pattes, des pattes, oui mais des ...pattes fines.

 

C'est ce qu'exige le standard du mouton d'Ouessant. En fait un mouton a toujours des pattes fines car sa physionomie est ainsi faite.

 

Cependant, il est vrai qu'elles peuvent être plus ou moins fines. Mais c'est surtout le rapport des proportions comparé à la masse de l'animal qui peut donner un aspect de pattes "moins fines", je préfère dire de pattes "solides"  alors que d'autres peuvent paraître " plus fragiles". 

 

 

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 Fines ou pas fines?

 

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 Solides ou fragiles???

 

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Bien que rarement déficients, les aplombs des pattes avant peuvent être analysés pour juger de leur qualité.

N'ayant pas décelé d'animaux aux antérieurs problématiques dans mon troupeau, je ne peux illustrer cette possibilité.

 

  Enfin c'est en observant les Ouessant lorsqu'ils sont fraîchement tondus que l'aspect solide ou plus fragile des pattes se révèle au mieux.

 

 

tonte 08 019

 

Pattes d'aspect plus graciles chez la brebis ci-dessus comparées à celles plus solides de la brebis ci-dessous.

 tonte 08 021

 

 

On notera que l'allure générale de l'animal influe sur la perception de finesse des pattes.

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 17:24

 

 

 

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  Le mouton d'Ouessant possède un oeil (iris) jaune et la pupille sombre se présente en une fente horizontale.

 

 

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Cela, quelle que soit la toison de l'animal.

 

La couleur délavée de l'iris chez l'agneau fait dire parfois que l'oeil est bleu; mais il n'en est rien, l'intensité du jaune n'étant simplement pas complètement établie à ce stade de croissance.

 

 

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 La fonction de la pupille étant de réguler la quantité de lumière entrant dans l'oeil, sous faible luminosité cette pupille s'ouvre davantage et prend la forme d'une olive.

 

J'ai possédé une brebis née dans mon élevage qui avait une pupille atypique à un oeil,  forme en sorte de coeur. Cette malformation ne l'empêche pas de vivre normalement (puisqu'elle coule encore des jours heureux chez un collègue éleveur) et ce caractère tout personnel n'a jamais eu aucune incidence dans sa descendance.

 

 

petronille o 

Pétronille et son défaut à l'oeil qui donne l'impression d'un coeur (Merci à Stève pour la photo).

 

Chez une agnelle, sans lien de parenté avec le précédent animal, les pupilles se trouvaient fortement dilatées comme si le réglage ne se faisait jamais. Un regard de personne myope à l'excès en quelque sorte et une vision diminuée mais pas totalement absente.

 

Sur le nombre de moutons, un défaut à ce niveau reste toujours possible pour des raisons diverses qui nous échappent. 

On ne se rend compte de ces petits détails qu'en étant particulièrement attentif et en prenant le temps de vivre avec ses moutons, c'est à dire de les observer. 

 

 

 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 11:26

 

Frissons dans la voix ou ton désinvolte, tout dépend de chacun quand on aborde le thème de la consanguinité.

   

Petit rappel, le Mouton, forme mutante domestique du Mouflon, n'existerait pas sans un minimum de consanguinité dès les débuts de la domestication, ni même par la suite dans la construction des variétés ovines locales ou races actuelles établies. Simple constat.

Ensuite quand on dit consanguinité, encore faut-il préciser à quel niveau de parenté. Parfois jugée ombre maléfique parce qu'elle concentre des tares pouvant influer sur la survie des sujets produits ou parce qu'elle consolide des caractères s'éloignant d'un standard, la consanguinité peut être également considérée comme une aubaine pour conserver des qualités. Comme quoi les regards portés sur la possibilité d'une quelconque consanguinité sont variables. De plus, dans les esprits, en référence à l'espèce humaine et ses interdits, consanguinité et inceste s'entremêlent.  Comme souvent, en élevage, la vérité se situe dans un juste milieu.

 

 

Pas question de faire un article doublon avec un autre déjà publié sur mon blog Consanguinité. , mais l'occasion m'est donnée d'apporter un petit plus, suite à une étude intéressante dont j'ai eu connaissance

Durant les siècles passés, sans souci alors des conséquences environnementales et écologiques au sens réel du terme, sur certaines îles lointaines, les navigateurs  ont très souvent abandonné ou installé des espèces animales devenues invasives (domestiques ou pas), afin d'assurer des ressources alimentaires lors de futurs passages en ces mêmes lieux.

Concernant l'étude annoncée, voici les faits pas si éloignés de nous dans le temps.

 

En 1957, sur une petite île des Kerguelen (seulement 6,5 km2), l'Ile Haute, dans un souci de fournir de la viande aux équipes de scientifiques y séjournant, fut introduit un couple de Mouflon de Corse originaire du zoo de Vincennes. Deux ans avant, trois rennes avaient précédé les mouflons. Vers 1970 on comptait déjà une centaine d'animaux de chaque espèce. Le territoire étant limité et la nourriture devenant rare, bons nageurs, les rennes finiront en 1981 par gagner la grande île principale pour continuer à prospérer. Quant aux mouflons, sédentaires, leur population prospéra toujours pour atteindre une marge de fluctuations allant de 300 à 700 animaux. En l'absence de prédateurs, seules les conditions de vie, quantité de nourriture, climat et rudesse des hivers, sont les éléments de sélection naturelle qui ont opéré.

Tout cela est très intéressant puisqu'à partir de deux individus (peut-être déjà en parenté?) s'est construite une population viable de plusieurs centaines d'animaux en plus de cinquante ans. Un bel exemple de consanguinité à l'extrême. On imagine mal un éleveur de moutons d'Ouessant se constituer un troupeau à partir de deux sujets et élever durant 50 ans sans qu'on le qualifie de fou. Ce qui marche pour les mouflons ne serait pas acceptable en élevage ovin puisqu'il est inconcevable d'élever en perdant un très grand nombre d'animaux par sélection naturelle pour que seuls certains survivent. Ce principe va à l'encontre du principe de l'élevage où c'est surtout l'éleveur qui détermine les animaux qui doivent mourir ou quitter le troupeau, ainsi que ceux qui vont se reproduire, question de rentabilité.

En 2003 fut menée une étude  sur le patrimoine génétique de ces mouflons des Kerguelen. Les résultats furent surprenants puisque les scientifiques s'attendaient à trouver des animaux homozygotes (identiques génétiquement) et que contrairement à cela ils s'aperçurent qu'au cours des décennies s'étaient constitués bon nombre d'animaux hétérozygotes (donc avec des différences génétiques). Si le temps semble trop court pour que des mutations soient apparues, il semble plus probable que ce sont les petites différences génétiques qui furent sélectionnées naturellement suite aux diverses contraintes du milieu.

 

Intéressant tout cela. Il apparaît qu'au moins dans certains cas, chez certains animaux "sauvages", qu'une très forte consanguinité ne mette pas en péril l'avenir d'une population. Cependant des exemples contraires pourraient être évoqués puisque certaines espèces en voie de disparition réduites à trop peu d'individus voient leur avenir compromis par le manque de diversité génétique.

 L'intérêt de cette diversité demeure dans le fait que certains gènes peuvent à un moment ou un autre s'avérer bénéfiques ou du moins utiles en permettant aux individus qui les possèdent de survivre et se multiplier lors de changements de conditions de vie. C'est un peu comme dans ces ateliers où on garde tout, dans tout ce bric-à-brac tel clou rouillé ou fil de fer tordu trouve un jour son utilisation après avoir dormi longtemps dans un tiroir.

 

Pour revenir à nos moutons. Si donc la diversité est un atout pour durer, la consanguinité jusqu'à un certain point n'est pas forcément un handicap total en élevage. Le tout est qu'elle soit calculée.

      

   

été 09 133 

Chez les Lutins, une bonne dizaine de souches (issues cependant de l'inévitable tronc commun des souches pionnières de la résurrection de ce type ovin  de base) permet pour très longtemps d'assurer une diversité et une consanguinité limitée et gérée par calcul des accouplements au sein du troupeau.

Si viendra le jour de devoir apporter un peu de "sang neuf", il faut se rappeler qu'on ne construit pas en s'éparpillant et que moins on introduit d'animaux mieux se portera le troupeau qui se sera construit sur son propre territoire et dans les pratiques propres à l'éleveur.

Et comme je dis toujours, mieux vaut un peu de consanguinité dans un troupeau d'animaux rustiques et bien construits qu'une trop grande diversité dans un troupeau fragile et aux tares multiples. 

 

 

 

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 16:58

 

Cet article pourrait rejoindre un autre publié en dehors de cette série et portant sur les aplombs.

 

Une fois n'est pas coutume, mais je vais dévoiler un des nombreux critères de sélection auquel j'attache une importance au sein de mon troupeau.

 J'oriente mon cheptel vers le type d'aplombs présenté sur le cliché de cette brebis blanche ci-dessous. Ce, non seulement en référence au standard, mais également par appréciation personnelle. 

 

 

août 11 104

 

Neige des Lutins (prix d'honneur des brebis blanches antenaises au concours 2010).

Il est important de rappeler qu'un mouton ne s'appuie pas sur ses talons mais ses doigts. Les talons se trouvent ainsi à mi-chemin entre les doigts et le genou qui s'avance vers la panse.

Ainsi on note que les talons de Neige se situent sur la ligne verticale allant des doigts à la hanche. Verticalité des membres et appui au sol large correspondant d'ailleurs à la largeur du bassin.

(Par chance, mais aussi hérédité, cette brebis a transmis à son premier jeune ces mêmes caractéristiques....et une qualité physique générale du même niveau que la sienne. Un point fort pour la reproduction future de ce jeune bélier.)

 

 

 

Mais tous les Lutins ne présentent pas cet idéal d'aplombs et tout en cherchant le correct ou acceptable, il me faut concevoir d'élever des animaux  un peu différents pour tenter de récupérer des qualités autres qu'ils possèdent cependant. 

 

 

août 11 141

 

 Une brebis non Lutin aux talons plus rentrants et appui moins large .

 

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Une autre chez qui les choses sont plus accentuées. Brebis Lutin de première génération, fille d'un animal étranger au troupeau.

 

 

En souci de sélection et calcul de ses reproductions, une observation attentive de ses reproducteurs s'impose pour déceler tous les petits détails qui construisent un animal, afin de mesurer la part de gain et de risque qu'il y a à accoupler tel bélier avec telle brebis.

Sans regard critique de ses animaux, on arrive très vite en quelques générations à créer un cheptel qui présente des particularités qui le différencient des troupeaux des autres éleveurs. Chacun construisant sans le vouloir une forme de Ouessant, phénomène d'isolat géographique et implacables règles d'hérédité qui nous échappent pour beaucoup.

Ainsi certains troupeaux possèdent de gros problèmes d'aplombs simplement parce que personne n'y avait prêté attention. La chose (le problème) étant devenue "normale" depuis des années et des années....

 

Mais ce genre de réflexion s'impose pour tout autre caractère physique et je n'échappe pas moi-même dans mon élevage à certains risques sur d'autres traits physiques. J'ai par contre bien conscience que certaines étapes doivent être franchies avant d'en franchir d'autres.

Elever et sélectionner, un travail de patience;

 

 

 

 

 

  

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 18:36

 

Pas deux moutons identiques. Pas deux Ouessant identiques. Pas deux brebis Ouessant identiques.

 

A chacune son faciès. 

 

 

août 11 147

 

 Marques sur la face....

 

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 Largeur du front....

 

août 11 149

 

 Epaisseur ou longueur du museau....

 

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Face ronde ou allongée...

 

Mille et un caractères permettent de différencier ses animaux.

On notera que les oreilles se doivent d'être petites, mais aussi comme  c'est évident pour les deux dernières brebis, dressées. Point qui demande plus qu'un instant pour le vérifier car l'humeur et le mouvement de l'animal ne permettent pas toujours de le percevoir au premier coup d'oeil.

A savoir aussi que le Ouessant a de gros yeux proportionnellement à son crâne. C'est normal.

Là aussi, comme chez les humains, les regards sont miltiples et uniques.

Amusez-vous à le vérifier.

 

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 22:01

 

 Comme les humains, les moutons sont tous différents. En se limitant à leur tête et leur profil en particulier pour cet article, on remarquera tous les éléments qui les différencient.

 

Longueur, épaisseur du museau, ligne du chanfrein, bourrelet du menton, ..., les yeux, ...

 

août 11 133

 

 

 

août 11 109

 

 

 

août 11 120

 

 

 

août 11 111

 

 

L'éleveur qui côtoie régulièrement ses animaux reconnaît chacun de ses protégés à leur "visage" sans avoir besoin de contrôler les boucles d'identification ou leur habit/toison. Et ce, même quand la troupe est conséquente.

(A condition d'être attentif et attentionné vis à vis de ses pensionnaires en en étant proche)

 

 

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