Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
  • Contact

Recherche

7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 11:09

Restriction de surface disponible pour les béliers cette année. Donc réduction du nombre de ces Messieurs chez les Lutins.

Depuis 25 ans, cet été est le premier durant lequel les mâles ne côtoient pas les femelles et leurs petits. C'est triste pour eux et l'ambiance du troupeau n'est plus la même. Il me faut dorénavant m'habituer également à cette nouvelle forme d'élevage chez les Lutins.

 

Le monstre

Les gars ne sont plus que sept et quatre seulement, les moins vieux, ont encore un possible rôle de reproducteur.

Flocon est de ces derniers. Ce mâle a plus de trois ans à présent et peut être considéré adulte désormais, sa croissance étant pour ainsi dire terminée. C'est le seul de cet âge actuellement.

Flocon n'a pas fondu et a même fait boule de neige. C'est le moins que l'on puisse dire. 

Le monstre

Comme on le remarque, son cornage a encore bien poussé ce printemps, d'après la longueur du segment neuf et rosé situé entre le front et la première échancrure liée à quelques chocs lors d'affrontements hivernaux.

Le monstre

La pousse en question du cornage est bien visible également de profil. Il faut se rappeler que contrairement à l'arbre, la corne pousse depuis sa racine au niveau du crâne et non à son extrémité qui elle au contraire s'use.

Flocon a pris de sa lignée paternelle pour la corne et de sa lignée maternelle pour la corpulence.

Le monstre

Ce bélier blanc séduit toujours le visiteur. Il est vrai qu'il a jolie allure globalement malgré une lourdeur qui peut déranger selon les goûts de chacun. En dehors de cela, malgré des aplombs qui rendraient envieux bien des Ouessant, le connaissant, je le sais encombré par des pieds un peu grands. C'est peut-être là son défaut, s'il faut lui en trouver un.

Le monstre

Lourd mais pas moins vif et alerte pour autant, Flocon voltige même sans vent...

Il n'est pas encore passé sous la toise. C'est pour bientôt.

Avec 43 cm au garrot en août dernier, comparé aux autres Lutins, il devrait avoir atteint les 44 cm, sans dépasser les 45 (maximum éventuel encore toléré chez les Lutins, bien qu'à 49 cm un mâle est encore au standard).

Le monstre

Ce genre de bélier Ouessant, de forme agronomique comme je dis, en référence aux animaux de foire à bestiaux et autre concours agricole, m'interroge toujours. Malgré une belle construction, avec son allure lourde (sans parler de poids mais bien d'allure), Flocon me séduit-il encore?

J'ai songé m'en séparer, pensant que l'on s'éloigne sans doute beaucoup de la conformation du Ouessant d'antan souvent présentée en termes peu élogieux.

Comment était le Ouessant sur Ouessant? (à quelle époque d'ailleurs?). Quel était le profil moyen de ce type ovin selon l'époque considérée? Nous n'en savons en fait rien, faute de documents en nombre (la photographie arrivant tardivement) et pouvant être considérés représentatifs d'un cheptel de milliers d'animaux.

Comment donc devrait être finalement le Ouessant aujourd'hui si on souhaite le préserver en une certaine forme ancienne? Nous ne savons rien qui permette d'orienter l'animal vers tel ou tel profil, dans un registre de sauvegarde, en référence à un certain passé.

A l'instar de ce qui s'est passé pour l'évolution orientée de nombreuses races canines durant ce dernier siècle, la mode du moment, le mécanisme de compétition et donc la surenchère dans un sens ou un autre, les goûts d'acteurs influents en élevage, les politiques menées, vont sans doute construire un Ouessant moderne (moderne dans le sens de nouveau), un "Ouessant tendance" en un certain milieu pendant que la masse des animaux sans origines suivra sa propre route .... En un quart de siècle j'ai pu observer beaucoup de changements chez les animaux des éleveurs...

Bref beaucoup de questions pour lesquelles je n'ai pas de réponse toute faite (et que je vous pose également). La réflexion s'impose tant je suis conscient que, dans le même temps, rien n'est stable en ce bas monde et que tout est en évolution perpétuelle, même quand on croit contenir en une certaine direction.

Parti de quoi pour aller vers quoi le Ouessant de type ancien? 

Pour revenir à Flocon. Je me suis décidé à le conserver pour déjà décorer la prairie ... et, malgré le "défaut" pour mon élevage d'être un bélier blanc, le tester tout de même en reproducteur l'an prochain, d'abord sur une poignée de brebis (noires forcément, et surtout pas blanches).

Partager cet article
Repost0
30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 06:53

Adonis est l'agneau biberon de l'année, sa mère ne produisant pas de lait.

 

Le bélier idéal

Ce jeune bélier a un mois sur les photos. Un âge auquel on commence à deviner un peu plus la construction physique.

Les cornes sont au rendez-vous sans qu'on puisse en prévoir encore l'ampleur ni la forme. Tout au plus l'expérience l'envisage dans telle ou telle catégorie de structure, mais seule la croissance, parfois longue, en révélera la réalité.

Adonis affiche la rondeur de sa mère.

Le bélier idéal

Les pattes semblent devoir être un peu fines. La queue est dans les plus courtes. La taille au garrot ... on verra, mais pas dans les plus grands de la saison.

Le bélier idéal

Mais tout cela ne tourne pas la tête du petit bélier Adonis. Il ne rêve pas de faire le kéké sur le ring, d'ailleurs son père nourricier le dissuaderait de cet avenir miroir aux alouettes. Pas plus qu'Adonis ne s'imagine déjà taper de la tête dans le ballon sous les projecteurs ... ni bêler sur scène dans un micro...

Le bélier idéal

Non Adonis a bien les onglons sur la prairie!

Son berger a pour lui un avenir plus utile, ancré dans sa réalité.

Le bélier idéal

Adonis est un bélier d'exception sur des points de premier ordre, au sein de l'objectif conservation.

Comme tous les jeunes Lutins, cet agneau est d'abord de "sang" en composante de lignées et de souches en sélection avec plus de 45 ans d'origines suivies.

Ensuite, sous un habit ordinaire, son génotype coloration est AaAaB+BbF+Ff.

C'est à dire que d'abord au locus Agouti il est homozygote pour l'allèle Non agouti (AaAa).

Puis qu'il est hétérozygote au locus Brown, affichant la couleur noire dominante génétiquement sur la couleur brune récessive qu'il possède de façon cachée (B+Bb).

Enfin au locus Fading il est hétérozygote pour l'allèle faded qu'il possède mais qui ne peut décolorer sa toison en étant unique (F+Ff). 

Adonis est bien ainsi le bélier idéal de par cette génétique.

En effet, ce type de reproducteur mâle permet de garantir l'expression des neuf allèles de coloration présents chez le Ouessant (et leurs combinaisons), dès lors que ces derniers se rencontrent tous dans le groupe de brebis avec qui il est appelé à s'accoupler (ce qui est le cas chez l'ensemble femelle des Lutins). Pour dire autrement, selon les accouplements, avec un tel bélier, toutes les colorations sont possibles parmi les naissances obtenues chez les Lutins.

Adonis est donc bien le bélier le plus précieux qui soit dans le sens de la conservation des variants colorés chez le Ouessant de type ancien, qui plus est en "sang" des animaux ayant servi au renouveau de cet ovin il y a une cinquantaine d'années.

Si donc aucun malheur n'arrive à Adonis, après 25 ans de travaux d'élevage, la reproduction chez les Lutins va entrer dans un rythme de "croisière" où alors seule la sélection selon le morphotype s'exercera.

Les résultats sont fruits de méthode et de patience. C'est cette pensée qui doit guider le nouvel éleveur et non les achats compulsifs répétés auprès d'autres éleveurs, dans une quête perpétuelle d'animal idéalisé tout fait ...

Tout se construit et impose travail, donc temps long. J'entends là dans l'objectif de la conservation au sens large du Ouessant ... et non de la compétition qui n'apporte rien, sinon parfois malheurs, à l'ovin en sauvegarde qu'est le Ouessant.

 

Le bélier idéal

Bon mais tout cela ne tourne pas la tête d'Adonis. Inutile de mettre la pression sur ce jeune bélier qui n'a pour soucis que ceux de son âge et de son espèce, profiter de la vie, découvrir, passer de bons moments avec les copines et les copains.

Adonis, un petit bélier qui ne paie pas de mine au premier abord, mais il est pourtant une réelle pierre précieuse pour l'édifice patrimonial chez les Lutins et au delà.

Le bon Pralin (antenais) Non agouti brun (AaAaBbBbF+Ff), père d'Adonis.

Le bon Pralin (antenais) Non agouti brun (AaAaBbBbF+Ff), père d'Adonis.

Partager cet article
Repost0
23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 11:37
Agneau de génotype AaAaBbBbFfFf pour sa coloration, Vergeois des Lutins..

Agneau de génotype AaAaBbBbFfFf pour sa coloration, Vergeois des Lutins..

Vergeois est un agneau Ouessant de type ancien, en coloration Non agouti sur base brune. Cette couleur est dite plus communément "brune". Il présente cependant la particularité d'être homozygote pour l'allèle "faded" qui va engendrer décoloration de la toison.

C'est un peu dommage pour ce dernier point, tout autant pour le visuel que les calculs en reproduction future plus complexes engendrés pour limiter l'expression du faded, mais  Vergeois conserve cependant tout son intérêt comme bélier brun ... et pas n'importe quel bélier brun. 

Hermeline des Lutins, dite brebis "blanche" mais plus précisément AwtAaB+BbF+Ff pour son génotype complet de coloration.

Hermeline des Lutins, dite brebis "blanche" mais plus précisément AwtAaB+BbF+Ff pour son génotype complet de coloration.

En effet, Vergeois est un fils de ma belle Hermeline, brebis descendante de ma toute première souche (élevage Vaillant des années 90). Cette brebis demeure d'ailleurs encore bien typée en cette forme.

Hermeline n'est pas n'importe quelle brebis blanche puisqu'elle est fille de Châtaigne.

Châtaigne des Lutins

Châtaigne des Lutins

Châtaigne, trop vite disparue mais ayant eu le temps de procréer heureusement, fut le tout premier Ouessant brun en "sang breton" (ou originel comme disent certains à titre publicitaire) obtenu par reproductions calculées en ce sens.

Châtaigne était fille de Cannelle.

Cannelle des Lutins sur ses vieux jours.

Cannelle des Lutins sur ses vieux jours.

Cannelle, dans sa jeunesse très jolie brebis dite blanche, descendante toujours de ma souche Vaillant des années 90 (comme le reconnaîtront au "look" les connaisseurs d'un certain âge) m'avait fait la surprise de bien posséder le gène brun caché suite à accouplement de sa mère Castille (née Vaillant) avec un bélier de ma troupe construit en ce sens comme porteur de l'allèle brun issu d'une femelle brune ayant déjà eu une histoire en sa construction avec des souches de pionniers du renouveau du Ouessant en milieu associatif.

Bien entendu, face à la récessivité de cet allèle brun, la voie mâle a une importance du même ordre pour aboutir à un sujet homozygote Bb permettant l'expression de cette couleur brune. D'où la grande complexité d'accouplements et un temps long nécessaire, aux résultats évoluant par paliers, pour construire et comprendre la réalité d'un animal affichant un tel caractère.

Tout cela peut sembler un peu compliqué pour qui n'élève pas des Ouessant dans le souci ni le sens de la conservation, mais ce cheminement permet peut-être de saisir tout l'intérêt que représentent les reproductions calculées et les généalogies qui en découlent.

(Bon je sais, dans le milieu du Ouessant, on ne se pose pas grandes questions devant un animal et bien moins surtout devant les colorations dites blanches et dites noires, les plus communes. Même sans origines longues connues voire sans aucune, un mouton qui ressemble à l'idée que l'on se fait d'un Ouessant, parfois en des tailles hautes hors standard, se retrouve considéré et affiché Ouessant, d'autant plus s'il est séduisant. C'est d'ailleurs ainsi que par le passé s'est effectué souvent le renouveau de ce type ovin proche alors de disparition, n'existant plus alors qu'en des formes continentales. Ce qui certes a l'époque ne pouvait se faire autrement, mais cela perdure encore aujourd'hui face à la masse bien plus importante de moutons de ce type devenu très commun.

Alors certains diraient: "Pourquoi Morzynski se décarcasse et se complique la vie ainsi?" Ma réponse est qu'il ne m'est pas acceptable que derrière certains discours tenus fort séduisants (comme le "pure race" entre autres choses!) se cache une autre réalité. Ce que tout esprit un peu curieux, rigoureux et animé de réflexion est à même de considérer. Le Ouessant n'est pas pour moi un sujet d'amusement, mais tout un travail dans le souci d'une véritable conservation pour l'intérêt de ce type ovin... et ce à titre privé.)

Un dessert au chocolat trois étoiles

Vergeois est donc petit fils de Châtaigne des Lutins et, après le bélier Champagne des Lutins, de moins belle qualité, parti ailleurs et mort en son nouvel élevage, il devient premier bélier brun en "sang bretonnisant" ("originel" pour ceux que ce terme n'agace pas, au contraire de moi), après dix huit ans de travail et de patience, cet allèle brun, issu des Ouessant métissés (avec types ovins nordiques) des groupements étrangers, ayant été introduit en 2003 chez les Lutins. Avant d'être effective une introduction d'allèle réfléchie et envisagée en mon troupeau du fait que ce gène était présent dans les concours du Gemo depuis 1996 en couleur exprimée (et peut-être antérieurement en allèle caché) et de plus figurait déjà au standard.

Vergeois, qui a eu un mois ce 19 juin, est de plus assez séduisant à ce stade. Sans pouvoir présager de la qualité de son morphotype final une fois adulte (un peu svelte?), c'est un bélier important pour le troupeau des Lutins et la population Ouessant de type ancien, dans le sens de la conservation.

A titre d'observation, on peut noter en caractère hérité de la souche d'Edmond et Hervé Vaillant, cette sorte de joli maquillage naturel en masque soulignant les traits des yeux et du museau, bien perceptible sur une face éclaircie.

Pralin des Lutins, Ouessant brun et père de Vergeois.

Pralin des Lutins, Ouessant brun et père de Vergeois.

C'est Pralin des Lutins, né au printemps 2020, qui participa à l'automne au programme de diffusion et d'expression de l'allèle brun en lignées toujours plus concentrées en patrimoine génétique des premiers Ouessant continentaux ayant servi au renouveau de ce type ovin dans les années 70. L'utilisation d'un bélier nouvellement mature, peu recommandée d'ordinaire, s'explique par la rareté d'un tel Ouessant et l'urgence de par la complexité et le temps long nécessaire à de tels travaux, mais aussi par la crainte d'une disparition accidentelle de Pralin avant qu'il ait pu  procréer.

Elane des Lutins et Vergeois des Lutins, deux jeunes issus de Pralin.

Elane des Lutins et Vergeois des Lutins, deux jeunes issus de Pralin.

Pour le plaisir des yeux, le contraste saisissant entre le brun intense de Miss Elane et le brun qui se décolore de Mister Vergeois.

Autre remarque: l'aspect "faded" en racines des fibres bien visible dans les ouvertures de toison en encolure chez Vergeois, alors que les pointes de mèches demeurent plus brunes.

Partager cet article
Repost0
31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 08:28

Dernièrement un visiteur remarquait la variabilité de structure des toisons parmi les animaux de mon troupeau.

En effet, selon les lignées, on peut retrouver un caractère codant plus qu'un autre à ce niveau au fil des générations.

Cette diversité est une bonne chose, enrichissant comme sur d'autres points ce qui constitue une population ovine.

Il serait dommageable de vouloir axer le travail de sélection vers une forme précise standardisée de toison. Le Ouessant de forme ancienne doit demeurer ce qui en fait une spécificité, un type ovin primitif issu de pratiques d'élevage familiales d'antan, avec toute la variabilité que cela engendre. C'est cela un travail de sauvegarde de la richesse du Ouessant du passé. 

Les mêmes

Ces deux là sont assurément les deux mêmes. Telle mère, telle fille!

Dame Hersent, brebis "noire" à la fibre décolorée par les agressions extérieures (pluie, soleil) et un phénomène de canitie avec l'âge, le tout donnant un aspect grisâtre argenté mêlé de brunissement.

Peluche, agnelle "blanche" d'environ huit mois.

Les similitudes d'allure vont jusque dans leur construction physique, ce que révèlera la tonte dans quelques semaines.

Au risque de me répéter, mais cela ne devrait pas déranger ceux qui s'intéressent au Ouessant, ces caractères bien transmis proviennent initialement d'un bélier noir extérieur introduit dans ma troupe en 2003 (Ocelot de l'élevage Delorme) présentant cette certaine longueur et une toison particulière, puis de ses descendants, la noire Promesse des Lutins ou encore le blanc Golas des Lutins qui avaient également hérité de cet aspect.

Ocelot sur ses vieux jours, qui est bien de coloration Non agouti sur base noire, l'éclaircissement du museau étant au phénomène de vieillissement.

Ocelot sur ses vieux jours, qui est bien de coloration Non agouti sur base noire, l'éclaircissement du museau étant au phénomène de vieillissement.

Golas

Golas

Il est intéressant et étonnant que dix huit ans après l'introduction d'Ocelot, caractères morphologiques et de toison s'expriment encore chez la jeune Peluche malgré les divers croisements avec d'autres lignées sur plusieurs générations dans ses ascendants.

Ce phénomène de caractères particulièrement codants est observable pour d'autres aspects du morphotype, comme je le constate pour diverses souches et lignées présentes depuis vingt cinq ans dans la construction du troupeau des Lutins.

Ainsi pour l'éleveur branché, il est possible de deviner dans un animal tel ou tel ancêtre et divers liens familiaux, en bref les influences, même en dehors des Ouessant de son propre troupeau.

Partager cet article
Repost0
25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 13:09

Le Ouessant de forme ancienne a la réputation d'être rustique suite à la vie assez rude à laquelle ce type ovin primitif était soumis autrefois sur son île et qui l'a modelé en ce sens, la sélection naturelle étant alors encore, en grande partie, moteur de l'évolution du cheptel.

Une vie permanente au "grand air", un des facteurs évolutifs du Ouessant du passé.

Une vie permanente au "grand air", un des facteurs évolutifs du Ouessant du passé.

Bien qu'il est vrai rustique globalement aujourd'hui encore, le Ouessant continental de ces quarante dernières années souffre cependant de deux maux principaux qu'il est possible de rencontrer chez ses animaux.

Ce sont les soucis récurrents de conjonctivite/kératite et le problème de diarrhées chroniques face aux herbages de printemps ou après pluies.

Le Ouessant, normalement un type ovin d'herbage en permanence et non de bergerie.

Le Ouessant, normalement un type ovin d'herbage en permanence et non de bergerie.

Il est vrai que la volonté de transformer le type ovin Ouessant de forme ancienne en une race standardisée de cet animal ne fut pas sans conséquences dans l'enracinement des problèmes de santé évoqués ci-dessus.

En effet, une démarche de standardisation de ce mouton, doublée d'une quête de sujets "améliorés" dans un sens de beauté/qualité (tout à fait subjective par ailleurs), a parfois fait oublier l'importance des aptitudes (toutes les aptitudes imaginables,... santé, longévité...) au profit de l'apparence, d'autant plus quand médailles miroitent en carotte pour avancer dans la sélection d'un morphotype idéalisé. 

Oh merde! D'abord songer à vermifuger et vérifier qu'aucun choc alimentaire ponctuel (ou excès de compléments)n'est à l'origine du désagrément..

Oh merde! D'abord songer à vermifuger et vérifier qu'aucun choc alimentaire ponctuel (ou excès de compléments)n'est à l'origine du désagrément..

C'est ainsi que régulièrement encore, certains éleveurs ou simples possesseurs de Ouessant, victimes des erreurs du passé (et encore du présent) me contactent en appelant au secours face aux deux soucis classiques que peuvent rencontrer les yeux et le ventre de leurs moutons ...

Ouvrez l'oeil! Mieux vaut soigner de suite un signe de conjonctivite que réagir tardivement et devoir traiter une évolution très rapide vers une kératite handicapante et douloureuse pour l'animal.

Ouvrez l'oeil! Mieux vaut soigner de suite un signe de conjonctivite que réagir tardivement et devoir traiter une évolution très rapide vers une kératite handicapante et douloureuse pour l'animal.

L'élevage des Lutins n'a pas échappé à ces problèmes au cours de son histoire, puisque constitué de souches avec origines ayant contribué au renouveau encadré du Ouessant fin des années 70. Problèmes difficiles à résoudre puisque, hormis les cas ponctuels accidentels pouvant toucher tout animal un jour ou l'autre durant sa vie, le ver est dans le fruit et que pour tout souci récurrent, il faut bien considérer fragilité particulière de l'animal touché, caractère inscrit dans l'hérédité.

Durant vingt ans, il m'a fallu considérer l'importance d'écarter de la reproduction les animaux particulièrement touchés, voire envisager malheureusement l'euthanasie pour certains tant c'était bien là la seule aide à pouvoir leur apporter devant leur détresse extrême et face à une médecine vétérinaire dépassée par la problématique bien plus profonde que celle des cas habituels, classiques, ponctuels qu'elle connait. De plus, de tels animaux ne peuvent être cédés à autrui, principe d'honnêteté évident. On ne résout pas un problème en le passant à son voisin et on doit avoir souci de ne pas l'amplifier. 

Au mieux, il est possible d'espérer, sans certitude, sur le long terme des générations, qu'en recoupant tout accouplement et toute descendance d'un sujet atteint avec des sujets de lignées en apparence saine, on sorte du souci.

Ainsi les Lutins ne rencontrent plus guère ces soucis, juste rares cas ponctuels non récurrents de temps à autre et tout à fait normaux, accidentels. Mais toute introduction peut bouleverser le patrimoine santé d'un troupeau et contrarier des années d'efforts...  

Le fruit sans le ver, le souci premier d'une sélection qui doit privilégier les aptitudes dont la rusticité avant les apparences.

Le fruit sans le ver, le souci premier d'une sélection qui doit privilégier les aptitudes dont la rusticité avant les apparences.

Si donc ventres et yeux laissent tranquilles les Lutins depuis plusieurs années, il me fallut ces derniers temps résoudre des soucis inconnus au troupeau jusque là. Des premières!

Une brebis allaitante se retrouva avoir mal dans les pattes, handicapée dans ses déplacements. Une antenaise fut touchée par des problèmes respiratoires (froid, vent, changements météo extrêmes des semaines passées?). Une brebis allaitante avait la mamelle non tétée par son agneau devenue une baudruche, risquant la mammite... Tout cela dans la même semaine! Une série inhabituelle ...

J'ai pu résoudre ces problèmes, si ce n'est ma laitière que je suis encore contraint de vider d'un demi litre de lait tous les quatre ou cinq jours. 

Oui, même rustique et sauvage d'apparence, un Ouessant peut être malade et nécessiter des soins.

Oui, même rustique et sauvage d'apparence, un Ouessant peut être malade et nécessiter des soins.

Rustique le Ouessant?

Oui donc, si on exclut les deux faiblesses précitées qui circulent dans ce type ("race") Ouessant de forme ancienne ... ainsi que toute mésaventure ponctuelle toujours possible avec le vivant.

Tout cela pour rappeler que ce mouton a besoin de toute notre attention, la rusticité n'étant pas toujours au rendez-vous... Un animal demeure du vivant dont le présent comme l'avenir dépend de nos agissements.

Partager cet article
Repost0
9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 17:17

Depuis fort longtemps, j'apprends ou je découvre à l'occasion que tel ou telle Ouessant des Lutins parti(e) fouler l'herbe d'autres prairies en d'autres élevages a été rebaptisé(e).

Les Lutins ne sont d'ailleurs pas les seuls à subir ce sort.

Si l'animal est appelé à vivre pour toujours sur une pelouse, comme animal de compagnie, sans espoir d'avoir un jour descendance, pourquoi pas... si cela satisfait un rêve du nouveau propriétaire ou amuse les enfants de la maison lorsqu'ils l'appellent au moment de la distribution de biscottes. Cela n'engendre aucun problème particulier.

Combien de Lutins rebaptisés sous d'autres cieux?

Combien de Lutins rebaptisés sous d'autres cieux?

Quand par contre le nouvel éleveur souhaite faire de la reproduction et même entrer dans les rangs des éleveurs attentifs qui constituent généalogies pour leurs animaux, je suis bien plus hostile à ce genre de pratique.

Certes un nom peut déplaire pour une raison ou une autre, mais cela n'a en aucun cas incidence quelconque.

Un nom n'est qu'une musique sur laquelle on va calquer image ou paysage émotionnel selon imaginaire, culture ou névrose de chacun. Qu'une personne décide de changer de prénom de façon usuelle ou auprès de l'état civil, c'est une démarche tout à fait acceptable, compréhensible si tel est son désir, et en cela aucun jugement extérieur ne serait le bienvenu.

Concernant nos Ouessant par contre, je n'ai jusqu'alors aucun témoignage de mouton qui aurait fini sur le divan du psy à cause du nom qu'il aurait reçu à la naissance, avant même d'ailleurs son matricule d'identification par la suite. Qu' il s'appelle Couscous ou encore Navarin, certes ce n'est pas forcément sympa et plutôt déplacé ... mais l'important pour un Ouessant, c'est d'abord de se retrouver entre les mains d'une personne qui sera attentive à la vie qu'elle lui offre et qui prodiguera tous les soins divers nécessaires.

"Bon comment je vais l'appeler?"

"Bon comment je vais l'appeler?"

Je n'ai jamais changé le nom d'un Ouessant acquis chez un collègue éleveur.

Aucune utilité et simple marque de respect pour la personne qui me l'a confié. 

Entourloupe des Burons pour la vie! même chez les Lutins.

Entourloupe des Burons pour la vie! même chez les Lutins.

Enfin pour l'aspect pratique et le sérieux des choses, changer le nom d'un animal n'aide en rien au suivi des Ouessant au sein de la population et pour la sélection tout autant que la sauvegarde à mener. 

Bref, changer le nom d'un Ouessant, c'est contribuer à semer le trouble et les erreurs dans les généalogies et l' histoire de cette population ovine, c'est alimenter la pagaille qui existe déjà ne serait-ce que par les étourderies de retranscriptions. Ces dernières ne sont pas rares comme je le constate régulièrement: fausses paternités ou maternités, fausses origines, faux génotypes de coloration ...

des branches entières de généalogie s'avérant fausses et amenant à construire sur du faux, l'intérêt d'une généalogie n'étant plus au rendez-vous.

Tout cela est bien dommage alors que les choses pourraient être si simples. Pourquoi les complexifier?

"Pardon Madame ou Mademoiselle, il me semble qu'on se connait. Rappelez-moi votre nom!"

"Pardon Madame ou Mademoiselle, il me semble qu'on se connait. Rappelez-moi votre nom!"

A nous de faire en sorte qu'une brebis y retrouve son agneau, qu'un bélier y retrouve une relation féconde d'un automne, l'éleveur-naisseur son animal, le nouvel éleveur un historique fiable de l'animal nouvellement acquis ... 

Le vrai nom et l'affixe de l'élevage naisseur, l'identité première d'un Ouessant, avant le numéro de boucle électronique qui ne permet en rien de mettre une image sur un animal dont on parle.

Le vrai nom et l'affixe de l'élevage naisseur, l'identité première d'un Ouessant, avant le numéro de boucle électronique qui ne permet en rien de mettre une image sur un animal dont on parle.

Qu'ensuite chez cerains éleveurs, il puisse y avoir volonté de malveillance ou falsification, là c'est absolument condamnable... et bien plus encore regrettable ...

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2020 3 02 /12 /décembre /2020 09:30
Hétéro ou homo? pour une coloration donnée.

Un mouton "blanc" n'est  pas forcément uniquement blanc, tout comme un mouton "noir" n'est pas forcément uniquement noir.

Comment connaître le génotype (héritage génétique) de coloration précis d'un animal?

Je m'affiche en blanc, mais suis-je uniquement blanche?

Je m'affiche en blanc, mais suis-je uniquement blanche?

Petits rappels pour les "nuls" (ce qui n'a rien de péjoratif) parce qu'ils découvrent ce sujet ou qu'ils sont hermétiques aux approches plus "scientifiques" qui peuvent faire peur, comme je l'ai souvent constaté.

Ce sont les gènes qui déterminent les caractéristiques, le plan de construction d'un animal.

D'un point de vue génétique, un animal hérite tout autant de sa mère que de son père, donc respectivement pour moitié du codage génétique de chacun. (Parents qui eux-mêmes ont hérité de leurs parents sur le même principe, etc ...).

Les gènes sont ainsi associés par paire concernant un caractère de construction.

Je m'affiche en noir, mais suis-je uniquement noire?

Je m'affiche en noir, mais suis-je uniquement noire?

Certains gènes sont dominants sur d'autres, c'est à dire que s'ils ont été transmis, ils prendront le dessus pour s'exprimer sur d'autres (et inversement certains sont donc dominés, dits récessifs). De fait, il peut y avoir une partie cachée de l'animal derrière ce qui s'affiche quand on le voit ( partie invisible mais faisant bien partie du patrimoine génétique ... et qui pourra, selon les occasions, être transmise à une future descendance).

Aussi le fait qu'un Ouessant affiche telle ou telle coloration est conséquence de l'héritage génétique d'un parent, voire des deux selon la coloration considérée.

Ainsi un animal est dit homozygote pour un gène donné, quand il a hérité de chacun de ses deux parents du même gène.

Par contre il est dit hétérozygote quand il a hérité de deux gènes différents.

Toute la difficulté est donc, devant un animal, de savoir si ce dernier est homozygote ou hétérozygote pour la coloration qu'il affiche. 

Ouessant brun

Ouessant brun

Commençons par la plus simple des situations, la couleur brune affichée.

Un Ouessant brun est forcément homozygote pour cette coloration. Le gène brun étant récessif par rapport au noir (c'est à dire dominé par le noir), la coloration brune ne s'affiche que si elle est héritée à la fois du père et aussi de la mère.

Ce fait est intéressant également pour connaître le patrimoine génétique des parents au cas où l'un ou les deux n'afficheraient pas cette coloration. On saurait alors que ce dernier (ou ces derniers) serait (seraient) porteur(s) de la coloration brune.

Lorsqu'il s'accouple, un mouton brun peut uniquement transmettre le gène brun à sa descendance.

Ouessant noir

Ouessant noir

Concernant un Ouessant noir, deux cas possibles.

Premier cas. L'animal est dit noir homozygote, c'est à dire qu'il a hérité de ce gène de coloration de chacun de ses deux parents. Un tel mouton transmettra par la suite uniquement le gène noir à sa descendance.

Second cas. L'animal est dit noir hétérozygote pour ce gène, c'est à dire que ce gène de coloration ne lui a été transmis que par un seul parent, l'autre parent lui ayant fait hériter d'une autre coloration récessive (donc non visible), en fait la brune qui est la seule possible. Un tel mouton pourra donc transmettre par la suite à son futur petit, le gène noir ou le gène brun.

Ouessant blanc

Ouessant blanc

Le cas d'un Ouessant blanc.

Un Ouessant qui aurait hérité cette coloration de chacun de ses deux parents, serait dit homozygote pour ce gène, comme on l'a expliqué précédemment pour d'autres colorations.

Le gène blanc est dominant sur tous les autres. Ainsi un Ouessant blanc, dans le cas où il serait hétérozygote pour ce gène, pourrait diffuser, parce qu'il les cache, la coloration noire ou encore brune selon ses parents et ancêtres. De même, les patrons dits "grey", ou "swiss", ou "rusty" ... pour se limiter aux gènes présents dans le paysage de ce type ovin pourraient très bien se cacher dans un mouton blanc (hétérozygote dans ce cas je rappelle).  

J'ai l'habitude de dire: "Attention, un Ouessant peut en cacher un autre (voire des autres)", pour faire allusion au fait que concernant un mouton, sa coloration exprimée peut très bien en réalité cacher un patrimoine génétique plus vaste en ce domaine.

Connaître le génotype de coloration de chacun de ses moutons permet d'orienter les accouplements si on souhaite certains résultats plus que d'autres dans ce domaine de l'habit (qui ne fait pas forcément le moine).

Connaître le génotype de coloration de chacun de ses moutons permet d'orienter les accouplements si on souhaite certains résultats plus que d'autres dans ce domaine de l'habit (qui ne fait pas forcément le moine).

L'éleveur qui orchestre les accouplements de ses Ouessant et qui suit ses animaux sera le plus souvent à même de définir le génotype de coloration de chacune de ses naissances.

Mais pas toujours, car selon les parents d'un jeune donné, il peut ignorer si un gène (récessif donc non exprimé) de coloration a été transmis ou pas. Il en est de même de la personne qui a acquis un Ouessant sans rien connaître de ses origines, ses parents, ses ancêtres.

Tout cela pour arriver à la question du titre de cet article "Hétéro(zygote) ou homo(zygote)?"

Ce n'est qu'à l'occasion de la reproduction du Ouessant sur lequel on s'interroge, qu'on pourra le découvrir. Parfois, ce ne sera que lors de la toute dernière reproduction de l'animal ,ou encore suite à certains résultats lorsque sa descendance se reproduira à son tour, ... et donc même après la mort du Ouessant mystère.

Dans certains cas, l'interrogation demeurera faute de résultats, la transmission d'un gène donné dans une paire étant aléatoire.

Hétérozygote ou homozygote pour la coloration noire?

Hétérozygote ou homozygote pour la coloration noire?

L'éleveur qui découvrirait une naissance brune issue avec certitude d'un Ouessant noir (qu'il soit mâle ou femelle) saurait alors que son Ouessant est un noir hétérozygote (car donc porteur de brun)... et que l'autre parent également, si ce dernier n'était pas brun affiché.

Si maintenant l'éleveur suspecte ou espère que son Ouessant noir est porteur de brun, il lui faut l'accoupler à un partenaire brun. En cas de naissance brune, il y aurait confirmation que le Ouessant étudié est bien un noir hétérozygote.

Mais! La probabilité de vérifier cela diffère grandement s'il s'agit d'une brebis ou d'un bélier, sur qui on s'interroge. En effet, si à la base il y a une chance sur deux pour que le gène brun d'un animal noir hétérozygote soit transmis, dans les faits, le hasard peut ne jamais le faire sortir pour toutes les naissances données par une brebis. Une femelle donnant au mieux huit naissances durant sa vie, même noire porteuse de brun et accouplée systématiquement à un mâle brun, la possibilité qu'elle donne série de huit jeunes noirs existe (tout comme sous un autre angle des probabilités, elle ne pourrait donner que des mâles ou que des femelles durant toute sa vie). L'absence de naissance brune pour une brebis noire ne certifie donc pas qu'elle n'est pas porteuse de brun.

Dans le cas d'un bélier noir, il est théoriquement plus aisé de vérifier qu'il est porteur de brun. En effet, mathématiquement, si on l'y autorise, un bélier peut féconder 30/40 brebis durant l'automne/hiver... et si de plus on lui offre une carrière de dix ans comme reproducteur, la probabilité que le gène brun ne sorte jamais tend vers zéro. Pour lui, tout dépendra donc du nombre de brebis brunes offertes pour prétendre tirer conclusion sur son génotype, si noir hétérozygote.  

 

Hétérozygote ou homozygote pour le costume blanc?

Hétérozygote ou homozygote pour le costume blanc?

On peut se poser questions identiques face à un Ouessant blanc, mener expériences en l'accouplant à partenaires noirs (ou même bruns éventuellement) pour tenter définir s'il s'agit d'un blanc hétérozygote ou homozygote ... en considérant que les limites précédentes demeurent

Y a plus qu'à! La lutte étant bien entamée dans beaucoup d'élevages, un peu tard pour redéfinir accouplements, mais reste à se pencher sur les naissances futures pour tirer d'éventuelles conclusions sur le génotype de coloration des petits nouveaux... ou même ceux des parents...

Paramètre important cependant pour pouvoir raisonner sur des bases exactes, avoir certitude de la paternité de tout animal, mais également de la maternité car il existe parfois des échanges d'agneaux entre mères proches lors de naissances simultanées (et de manière exceptionnelle, adoption par une mère ayant perdu son jeune).

(PS: Il n'est question dans cette enquête en un élevage, que des différents patrons du Ouessant et ses couleurs, en faisant abstraction des gènes à effet sur une toison, pour qui une approche supplémentaire s'impose. Peut-être dans un autre article!)

Et pour moi?

Et pour moi?

Petit clin d'oeil aux amateurs de caprins, en particulier miniatures chez qui on rencontre la plus grande multitude de robes qui soit, du fait que ce type caprin, qui ne se définit que par une taille réduite, s'enrichit depuis longtemps de la génétique d'un peu tous les autres types et races domestiques de chèvres.

Il est possible de se poser les mêmes questions pour ses animaux et tenter y répondre par les résultats d'accouplements (sous condition de savoir identifier les différents patrons et différentes colorations). Cependant il apparaît que pour cette catégorie de chèvres, bon nombre de sujets semblent concernés par le gène modificateur du locus Extension, ce qui bouleverse les données et le raisonnement à appliquer (les couleurs noire et brune (chocolat) devenant génétiquement dominantes sur les divers patrons).

Je m'y applique  avec mes biquettes (et ce que j'observe chez les autres éleveurs) et suis donc intéressé par tout témoignage sur ces sujets, échange de constats avec d'autres éleveurs...  

Partager cet article
Repost0
7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 17:06

Il y a plus de dix ans à présent, je m'engageais dans le travail, "à la française", du Ouessant de forme Agouti grey.

Cette toison, essentiellement présente alors à l'étranger, avait cependant fait tache d'huile dans toute la France depuis bien longtemps, bien avant que je me penche sur cet allèle, bien avant qu'en 96 je me lance dans l'aventure du Ouessantin.

En mon troupeau, par sélection, ce sera finalement à partir de ce gène issu d'une seule femelle acquise, sorte d'Eve génétique nommée Cornelia, que toute l'histoire de l'Agouti grey chez les Lutins se construira .

Cornelia, en 2012, toujours de ce monde alors.

Cornelia, en 2012, toujours de ce monde alors.

Dans le même temps, quelques collègues éleveurs s'associeront à ce travail, faisant avancer la situation et les résultats dans cette sélection conservatoire.

Voilà bien là l'utilité de partager, pour construire mais aussi récolter.

Deux exemples (parmi d'autres) de belle avancée, avec deux animaux produits par ces fidèles.

Deux nuances de grey.

D'abord, en adulte, avec ce bélier Ouessant noir possédant le gène Agouti grey.

Deux nuances de grey.

Pour ne pas le dire parfait, la perfection, si elle existe, n'étant pas une et pouvant prendre des allures diverses, il n'en est pas moins sans aucun défaut.

Deux nuances de grey.

Sans aucun défaut et de plus dans une taille s'affichant dans le premier centimètre du bas du standard, sans parler de la rusticité et des aptitudes au rendez-vous.

Deux nuances de grey.

Un bélier Ouessant comme on n'en voit guère courir les prés, sans même songer à coloration.

Deux nuances de grey.

Ensuite, côté jeunesse, cet agneau de bientôt quatre mois affiche un mimétisme des plus étonnants dans le décor estival actuel chez les Lutins.

Deux nuances de grey.

Ce jeune Ouessant brun possède donc le gène Agouti grey …. et sans doute se trouve être homozygote pour l'allèle "faded".

Deux nuances de grey.

La coloration de la toison d'un mouton évolue avec la croissance et plus globalement l'âge mais aussi la saison.

Ainsi cet aspect n'est que provisoire et d'ailleurs nouveau en comparaison des mois passés. A l'avenir, il devrait s'éclaircir encore.

Bravo et merci à ces deux éleveurs qui ont une réelle notion de travail dans le sens du partage et aussi du retour ...

Deux nuances de grey.

Sinon, cette année chez les Lutins, le petit Salem est bien prometteur.

Depuis cette photo vieille de deux mois, cela s'est confirmé. Ce sera une autre histoire, une troisième nuance de grey ...

Partager cet article
Repost0
1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 10:00

Deux mois déjà pour les premières naissances chez les Lutins. Les résultats se dessinent.

Si toutes les agnelles se doivent d'être conservées en observation et pour leur utilité quant à l'avenir du troupeau, il me faut concevoir ne sélectionner par contre qu'une poignée d'agneaux mâles, d'abord pour leur profil (génotype comme phénotype) et là encore leur intérêt particulier en reproduction future, mais aussi à cause de leur nombre conséquent cette année.

 

Les incontournables 2019

Les animaux se révèlent déjà bien pour les plus âgés (ou les plus précoces) et à cette date deux incontournables s'imposent.

C'est le cas d'abord de Flocon. D'une part parce qu'il est fils de mon mâle Hobbit qui devrait prendre sa retraite à l'automne et dont je n'ai pas encore pris la peine de garder voie mâle en héritage, et d'autre part parce que sa mère est une brebis de composante en partie extérieure à ma troupe, ce qui ouvrira le champ du flux génétique.

Les incontournables 2019

Second incontournable, Salem, qui s'avère être la seule naissance cette saison, en cette forme de toison Agouti grey. De plus ses parents présentent un grand intérêt pour ouvrir le patrimoine génétique des Lutins, sans rien perturber pour autant de la spécificité du Ouessantin continental de ces cinquante dernières années remis à la mode.

 

Chaque fois que je regarde Salem, je ne peux m'empêcher de penser à ce témoignage photographique des plus anciens (1898) présentant un agneau de cette forme trottant sur l'île d'Ouessant … chose fortement émouvante et tout autant troublante mais d'abord fort instructive .

Mathématiquement, je ne peux m'autoriser qu'à choisir encore deux agneaux mâles parmi les naissances de l'année. En rapport au dernier né, encore deux mois de réflexion pour faire les bons choix selon toujours le génotype (patrimoine génétique connu) et le phénotype/morphotype (allure).

Sans oublier que Kafka premier bélier Ouessant swiss chez les Lutins et Frimas, agneau-biberon, s'imposent d'eux-mêmes de fait à demeurer au troupeau. 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 13:01

Petit, cornu et bien foutu.

Mon rêve!

Pas pour moi-même, ma personne...

mais pour tout bélier de ma troupe qui présente un intérêt pour l'avenir de cette dernière, de par son génotype et ses ascendants. 

Jeune bélier de 18 mois tout à fait correct. (non adulte, ce qu'il sera à trois ans)

Jeune bélier de 18 mois tout à fait correct. (non adulte, ce qu'il sera à trois ans)

"Petit" c'est vague.

Aussi si on se réfère au standard qui prévoit une taille au garrot de 42 à 49 cm pour les béliers adultes, standard mis en place dans le milieu amateur de ce type ovin à l'initiative du Gemo (Groupement des éleveurs du mouton d'Ouessant), comme j'ai déjà eu l'occasion de l'exprimer, dans ma démarche, je ne m'autorise pas l'utilisation de mâles de plus de 45/46 cm en reproduction (sauf programme de sauvegarde qui exigerait ponctuellement de déroger à ce principe).

Ce principe résulte tout autant d'une préférence personnelle que d'une prise de précaution pour éviter ainsi la production d'animaux trop grands qui certes devraient toujours bien être considérés malgré tout Mouton d'Ouessant (les chiens ne faisant pas des chats), mais par contre hors standard (comme c'est le cas pour la majorité des moutons de ce type ovin).

De même m'orientant pour une tendance en troupeau de 44 cm pour les brebis les plus hautes (en place des 46 cm "autorisés"), s'impose ce choix de mâles de 45/46 cm maxi.

Jeune bélier de six mois (Non agouti, brun et faded) et antenais (Agouti blanc bronzé)

Jeune bélier de six mois (Non agouti, brun et faded) et antenais (Agouti blanc bronzé)

D'abord, à noter qu'un bélier, peu avantagé par la nature pour ce caractère sexuel secondaire qu'est le cornage, n'est pas condamné pour autant à devoir passer régulièrement du temps sur le divan du psy durant toute sa vie.

Ensuite, s'il serait judicieux de n'utiliser en reproduction que les "meilleurs" animaux, sous l'angle de la sélection et du devoir de ne pas transmettre de caractère indésirable comme le souci de cornes, s'impose parfois la nécessité de passer outre pour permettre la conservation d'autres qualités ou caractères à ne pas perdre que possèderait un animal moins avantagé sur un certain point.

Aussi je ne me laisse jamais aveuglé par les cornages des plus séduisants béliers si par ailleurs, taille et autres qualités ne sont pas au rendez-vous, sans oublier la toute première importance des aptitudes.

Enfin, il faut garder à l'esprit que cela ne fait que guère plus de 20 ans, qu'il se rencontre béliers  Mouton d'Ouessant en ces caractères en trois points "petit, cornu et bien foutu", fruits du travail de sélection des éleveurs. Ce phénomène (petite taille vers le bas du standard) s'amplifie aujourd'hui suite à cette orientation en quelques élevages.

Vers 1996, Paul Abbé, président du Gemo alors, présentait image d'un bélier de 46 cm au garrot et de belle construction, comme sorte d'aboutissement, tout en mentionnant que de tels animaux commençaient à se rencontrer. Anecdote qui elle-même montre tout le travail de sélection mené par les éleveurs durant les vingt autres années précédentes, à partir des "grands" moutons de type Ouessant retrouvés sur le continent.   

Partager cet article
Repost0