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  • : Ouessant-mouton / les Lutins du M.
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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 16:47

Il existe un standard taille pour le mouton d'Ouessant de type ancien.

Il est de 46 cm maximum au garrot pour la brebis adulte (3 ans et plus).

Et pour le bélier 49 cm maximum au garrot une fois adulte (3 ans et plus).

Je ne sais sur quels critères il fut établi, personne ne pouvant dire ce que pouvait être véritablement ce mouton en sa forme insulaire dans les siècles précédant le 20ème, tout autant quant à une taille moyenne vérifiée (faute d'études d'alors évidemment et de documents photographiques) que quant à d'autres caractères d'ailleurs.

Faut-il y voir simplement estimation d' une barre théorique des 50 cm symboliques à ne pas dépasser pour faire "petit", la plupart des Ouessant rencontrés autrefois (et aujourd'hui encore) dépassant largement cette taille ... donc 49 pour un mâle et alors 46 pour une femelle, cette dernière se présentant logiquement plus petite que son compagnon?

Mais peut-être quelqu'un peut-il me renseigner? Je suis toujours preneur de connaissances qui peuvent ensuite nourrir la réflexion.

Toujours est-il que le berger des Lutins, qui s'est lancé dans l'aventure de l'élevage il y a plus de vingt ans à présent, bête et discipliné, s'est appliqué à ce que son travail cadre bien avec le standard taille.

Dans ma rigueur, je ne conserve et n'utilise d'ailleurs que des béliers reproducteurs de 45 cm maximum (46 à l'occasion en cas de nécessité)).

Disons que cette marge de sécurité aide à ne pas dépasser ces limites maximales du standard pour les animaux produits. Ensuite, il m'est plus agréable de constituer une troupe dans laquelle une tendance à la moyenne basse s'exprime, évitant ainsi les gros écarts, sans que je cherche pour autant à homogénéiser, dans le sens de "standardiser" (en sa signification négative) une taille précise.

Et puis, comme je l'ai toujours pensé, si le Ouessant de type ancien était véritablement petit (très petit?) autant qu'il le demeure, même si le "petit comment?" restera pour toujours un mystère.

Conservation et contraintes.

Alors pourquoi garder et vouloir utiliser un bélier de 52 cm, comme Hubot ci-dessus, trois centimètres au-dessus du maximum du standard et donc sept/huit au-dessus de mes autres mâles (douze au-dessus du plus petit)? Voilà la question de certains visiteurs étonnés.

La réponse du berger ... les réponses sont les suivantes.

D'abord parce que chez les Lutins, le but n'est pas de construire des Ouessant d'apparat, mais de fonctionner, malgré la sélection en standard, dans un souci permanent de sauvegarde, de conservation.

Ensuite, un bélier plus grand qu'il ne faudrait, pas assez comme-ci ou comme ça, peut avoir (pas toujours non plus forcément) un grand intérêt et même un intérêt majeur pour la dite conservation.

La conservation ne va pas dans une unique direction à privilégier le plus "beau", ce qui est d'ailleurs très subjectif, l'apparence donc, mais bien au contraire, s'exerce également et normalement prioritairement dans le souci de sauvegarder le "contenu" de l'animal, sa spécificité génétique comme également sa diversité, et l'enrichissement du patrimoine qui en découle.  

Conservation et contraintes.

Ainsi, ce bélier, si on peut lui regretter sa taille (son poids également!), un cornage à l'opposé de ce qui peut être recherché, est une mine.

Une composante de deux souches de "Ouessant de château", de celles rencontrées sur le continent, le plus souvent dans les parcs de châtelains, bien avant les années 1970 et la naissance à cette époque d'une association s'intéressant à ce type ovin, en fait un bélier précieux.

Sa caractéristique "dark tan" (bronzage foncé...et persistant) en sa toison blanche, pas si courante, d'autant que longtemps les nouveaux éleveurs ont cherché ces dernières décennies à éliminer ce caractère, correspond par contre tout à fait au type de coloration d'une agnelle blanche observable sur une carte postale ancienne de début 1900 prise sur l'île d'Ouessant.

On reconnaîtra la belle solidité de ce mâle, ses caractéristiques primitives, comme une queue courte d'une qualité bien difficile à trouver à présent dans le cheptel Ouessant des passionnés.

Conservation et contraintes.

Bref, un diamant à l'état brut dont les descendants, par travail de sélection, diminueront en taille en quelques années tout en ayant hérité partie de cette richesse génétique globale du passé. Patrimoine génétique qui essaimera, permettant de plus d'ouvrir celui de mon cheptel pour commencer, tout en le détournant du péril de la consanguinité observée régulièrement dans le milieu. Consanguinité qui certes a le mérite de fixer éléments de quête en une morphologie idéalisée mais qui, toujours cette redoutable consanguinité, dans le même temps, appauvrit le patrimoine global de cet ovin, allant alors tout à l'encontre d'une véritable démarche de conservation.

Pour la petite histoire, l'utilisation de ce mâle, programmée dès cet automne, dut être malheureusement annulée suite à un problème technique ainsi qu'à un souci personnel. Dommage!

Ce n'est que partie remise. L'an prochain, je ne manquerai pas d'organiser un lot de femelles pour ce bélier. L'élevage est un travail de patience et l'élevage en sélection doit passer inévitablement par des étapes pouvant sembler ingrates qui justement imposent cette patience. Alors je le suis....patient!    

Un jour le même avec six centimètres de moins et un cornage présentant plus d'envergure et moins enroulé?

Un jour le même avec six centimètres de moins et un cornage présentant plus d'envergure et moins enroulé?

Conservation et contraintes.
Le hasard, en une naissance tardive non programmée issue de dit bélier de cet article, m'a déjà permis de vérifier que ce mâle transmet bien un "tan" (bronzage) foncé et surtout persistant une fois l'animal adulte, bien qu'ici le "tan" sur une toison blanche ne recouvre pas totalement le corps....

Le hasard, en une naissance tardive non programmée issue de dit bélier de cet article, m'a déjà permis de vérifier que ce mâle transmet bien un "tan" (bronzage) foncé et surtout persistant une fois l'animal adulte, bien qu'ici le "tan" sur une toison blanche ne recouvre pas totalement le corps....

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 12:33

Chaque Ouessant est un livre dans lequel on peut lire ses ancêtres.

Ceci est d'autant plus vrai si on dispose pour chaque animal d'une généalogie fine tout autant du côté maternel que paternel, ainsi que d'un suivi conséquent en photothèque pour se remémorer les disparus.

En effet chaque mouton se construit d'une part pour moitié sur le patrimoine génétique de sa mère et de l'autre pour moitié sur celui de son père. Parents qui eux-mêmes...

Ainsi tout comme au-dessus du chérubin dans son berceau, les humains ont pour habitude de lui chercher ressemblances avec maman, papa, grand-mère Augustine, grand-père Alfred, tante Séraphine ou oncle Oscar, l'éleveur peut déceler influences d'ancêtres connus quand il cherche à comprendre certaines caractéristiques physiques (et autres) de ses moutons.

Chaque animal est ainsi susceptible de marquer plus ou moins durablement ses descendants sur plusieurs générations, de façon régulière ou irrégulière. Ce qui dans le cas de caractères appréciables réjouit, mais ce qui dans le cas de caractères moins séduisants peut décevoir.

D'où la plus haute importance en premier lieu à choisir ses reproducteurs et en second, si on ne laisse pas se pratiquer "l'amour libre", concevoir ses accouplements.    

Chaque Ouessant est un livre.

Dior des Lutins.

Un bélier tout à fait construit dans le style global "Lutins" qui s'est dessiné avec le temps.

Pourtant pour qui est attentif et observateur, il est possible d'y observer encore traces d'influences d'un grand-père ( côté maternel), en photo ci-dessous.

Chaque Ouessant est un livre.

Kerouat, élevage Patrick Carré (photo Laurent Wynant)

Chaque Ouessant est un livre.

Alors que dans le même temps, pour d'autres caractères (comme l'aspect plus ramassé), le père de Dior, Willom des Lutins, y a laissé autres traces.

Ainsi quand on s'interroge devant son animal pour savoir pourquoi il est plus comme ci ou comme ça, il est bon pour le comprendre de se pencher sur ses ancêtres, des deux sexes d'ailleurs...

Maintenant, il semble apparaître parfois des morphologies "nouvelles" en sa troupe, pour lesquelles on ne trouve pas une explication particulière même en remontant assez loin dans les albums des ancêtres. Morphologies qui a leur tour peuvent marquer durablement le troupeau si on les utilise en reproduction.

S'il demeure (et heureusement!), des parts de mystères sur le pourquoi de l'apparence de tel ou tel animal, il est passionnant de chercher à les comprendre, en voulant découvrir tout ce que les héritages génétiques successifs ont pu construire. 

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 11:23

Dans quelques jours, les naissances 2016 vont passer pour la première fois sous la toise pour en connaître la taille réelle au garrot.

A plus ou moins six mois pour la plupart, ces jeunes ont bien changé depuis le printemps.

Petite idée en photos pour ceux qui ont bien voulu se laisser tirer le portrait.

Florilège

Florilège

Alba

Alba

Anicroche

Anicroche

Spirogyre (Louloutte), agnelle biberon de fait bien facile à photographier au mieux.

Spirogyre (Louloutte), agnelle biberon de fait bien facile à photographier au mieux.

Ecume

Ecume

Baldingère

Baldingère

Gamète

Gamète

Microbe

Microbe

Permafrost

Permafrost

Arlequin

Arlequin

Néré

Néré

Buron

Buron

Noé

Noé

Petaluso

Petaluso

... et les autres préférant vivre dans l'anonymat.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 11:21

Recherche, observation, analyse, réflexion, orientations et programmes d'élevage sont les moteurs d'une conservation rigoureuse du Ouessant en l'élevage des Lutins.

Comme en tout apprentissage, l'erreur peut être formatrice pour permettre de l'éviter à l'avenir et forger ainsi son expérience.

Dans l'histoire de la sauvegarde du Ouessant, m'était arrivé aux oreilles que les survivants d'un troupeau décimé par la kératite furent intégrés à la grande aventure du renouveau de ce type ovin.

On pourrait penser que, si ces animaux avaient survécu, c'est qu'ils s'étaient révélés résistants à la maladie. Or, dans son livre "Le mouton d'Ouessant", François de Beaulieu précise que ces 11 survivants avaient été soignés et ainsi sauvés. Ainsi il s'avère que ces animaux n'avaient pas de résistance particulière face à ce mal, tout au contraire.

Sans pouvoir l'affirmer, je me demande si cette initiative, lors de la sauvegarde naissante du Ouessant, ne serait pas à l'origine du souci de kératite parfois récurrent que l'on peut encore rencontrer actuellement en ce type ovin, chez certains animaux et même plus spécialement en certaines souches... pour le plus grand désespoir de leurs éleveurs.

Il est en effet surprenant que chez un mouton réputé (faussement ?) rustique, il ne soit pas rare de rencontrer ce problème. (Face à ce mal, je reçois régulièrement des appels au secours d'éleveurs visiteurs de mon blog).

Actuellement, ce souci de conjonctivite/kératite est bien reconnu comme étant LE souci du Ouessant, puisque l'association française de promotion de cette race le présente elle-même dans la section "soins" de son site.

La réflexion, basée sur la connaissance, est bien le chemin à prendre dans un désir de sauvegarde de ce type ovin.

Pour cela, il faut garder à l'esprit qu'il ne faudrait toujours qu'employer le meilleur en reproduction.

Les considérations du meilleur devant être d'abord celles portées sur la rusticité et toutes les capacités globales de vie en extérieur attendues chez ce type ovin... pour ne pas l'affaiblir. Cela toujours avant les considérations d'une hypothétique beauté, au risque pour l'éleveur de "s'en mordre les doigts" pour très longtemps en sa troupe, et pour cet ovin de type ancien, au risque de le voir sombrer dans des maux similaires à ce qu' on observe chez de nombreux autres animaux domestiques touchés par diverses "tares".

Ouvrir l'oeil sur son troupeau...pour les soucis de kératite dont nous avons hérité....et pour tout ce qui peut aider à garantir l'avenir d'un Ouessant de type ancien, solide.

Ouvrir l'oeil sur son troupeau...pour les soucis de kératite dont nous avons hérité....et pour tout ce qui peut aider à garantir l'avenir d'un Ouessant de type ancien, solide.

On ne sauvegarde bien que ce que l'on connaît au mieux...

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 16:06

Aperçu en vente sur le net (sic!!!) en deux annonces différentes ces semaines passées, agneau puis antenais, il est pourtant bien toujours Lutin et a deux ans à présent.

Il eut même la chance d'être dans les reproducteurs de l'hiver et se retrouve donc père de plusieurs naissances de cette saison.

Il est bien là

Monsieur Hobbit, deux ans sur les clichés, sera véritablement adulte et totalement construit dans dix-huit mois.

Il est bien là

Une belle envergure du cornage, mais sans excès.

Il est bien là

Une queue correcte, dans la fourchette de longueurs des types primitifs.

Des aplombs de rêve!

Il est bien là

Dans son allure primitive, un animal bien typé qui s'est densifié sous sa laine, ce qui se confirme quand je le porte.

Il est bien là

Ni divergence, ni convergence dans son cornage.

Il est bien là

Courbure de la corne en une volute simple à large rayon.

Il est bien là

Bien que son cornage pourrait avoir plus d'épaisseur (mais cet attribut cornage n'est vraiment pas l'essentiel à lui seul chez un bélier), voilà un jeune mâle (heureusement sauvé de la mort à sa naissance par son berger) qui, pour toutes ses autres qualités de Ouessant de type ancien, aura le privilège de diffuser ses gènes dans le troupeau durant toute sa vie, afin de tenter de conserver chez les Ouessant Lutins du futur leurs caractéristiques.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 13:19

Autant qu'il m'est possible, je conserve mes animaux à vie. D'où l'obligation d'une reproduction calculée afin de limiter les séparations et de tendre vers un équilibre entre les naissances et les pertes suite aux accidents, à la maladie ou à l'âge.

Cela surprend parfois certains éleveurs, mais je suis attaché à mes Ouessant.

C'est aussi l'assurance pour moi de pouvoir veiller sur eux jusqu'à la fin, pouvant ainsi les savoir dans de bonnes conditions de vie, rien n'étant certain quant à l'avenir d'un animal quand on s'en sépare.

Je ne cours pas non plus derrière un hypothétique idéal jamais atteint, n'étant pas dans une insatisfaction permanente, mais sachant apprécier mes moutons comme ils sont et pour ce qu'est ce type ovin primitif issu de siècles d'élevage de forme vivrière (et non de rente... ni de ring).

Mais derrière cette approche pas toujours comprise, se cache également une raison fondée sur la réflexion autour de la sélection dans l'intérêt du Ouessant de type ancien.

En effet, conserver un animal à vie est le meilleur moyen de le connaître, sous l'angle de son bagage génétique potentiel concernant les diverses aptitudes à attendre en ce type ovin primitif, tout en mesurant la part héréditaire transmise dans sa descendance.

Conserver un Ouessant à vie permet d'en connaître ses points forts ou faibles:

comme son âge de déclin (lié le plus souvent à la perte des incisives), sa longévité finale, pour une brebis ses aptitudes à agneler et allaiter sur l'ensemble de sa vie de reproductrice, la manifestation de soucis de santé chroniques ....

Suivre l'évolution du mouton sur toute sa vie permet de faire des constats, d'émettre hypothèses, de tirer des conclusions sur l'individu, la lignée ou la souche dont il est issu, de forger des savoirs suite aux espoirs ou craintes vérifiés sur sa descendance, d'orienter les accouplements, ... plus largement de gérer, construire son troupeau dans le sens de la conservation des caractéristiques du Ouessant ancien (morphologie et aptitudes confondues, dont l'importante rusticité).

Voilà tout un ensemble de connaissances qu'on ne peut pas engranger si on perd de vue rapidement ses animaux.

Du premier instant....

Du premier instant....

... jusqu'au dernier souffle....

... jusqu'au dernier souffle....

...une bien belle satisfaction qu'on peut avoir en menant jusqu'à son dernier instant l'animal qu'on s'est amusé à faire naître.

C'est aussi la plus belle "leçon de chose" qui puisse se dérouler sous le regard attentif, leçon pour l'éleveur, leçon pour sa connaissance du Ouessant et pour son élevage.

Ces leçons ne nécessitent pas de simples années mais des décennies, si ce n'est toute une vie d'éleveur, pour connaître tous les secrets de l'élevage et ceux de ses pensionnaires laineux.

Curieux que je suis, je me souhaite donc encore pas mal de décennies....

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 10:31

Pour revenir une fois encore sur la rusticité du Ouessant de type ancien, comme je l'ai déjà écrit, rustique ne veut pas dire immortel, mais particulièrement résistant dans le mode de vie qui s'imposait à lui.

Une espèce domestique est dite rustique quand la forme de son élevage, dans des conditions proches du naturel, ne nécessite pas (ou peu) d'interventions humaines, sous réserve de ressources alimentaires suffisantes bien évidemment.

La rusticité, cela concerne une certaine résistance au climat local et ses événements, la capacité de tirer profit de la végétation du lieu de vie, le fait de ne présenter aucune faiblesse fonctionnelle particulière, la résistance des onglons face à l'humidité (absence de piétin), la capacité d'agneler naturellement,.... le fait de présenter une longévité importante.

Véritable protection face aux intempéries, type de toison primitive, élément de rusticité du Ouessant de type ancien

Véritable protection face aux intempéries, type de toison primitive, élément de rusticité du Ouessant de type ancien

On oublie souvent, qu'un Ouessant devrait être apprécié également avec sa toison sur le dos (toison d'au moins six mois de pousse) et non pas uniquement tondu. Ce n'est pas un amateur de laine qui parle, pas du tout. Mais si on raisonne en sauvegarde des caractéristiques du Ouessant de type ancien et de sa rusticité, ce point a son importance.

En liberté, un animal de résistance limitée est vite éliminé par le principe de la sélection naturelle.

C'est ce qui arrivait en hiver en particulier à un certain nombre de Ouessant sur leur île. La dureté du phénomène, s'il ne servait pas l'individu mouton, servait par contre la population ovine qui au cours des siècles voyait sa rusticité génétiquement renforcée, assurant ainsi l'avenir du troupeau.

Ce n'est pas moi qui, pour nos élevages, dirai qu'il faut éliminer les animaux ne présentant pas l'ensemble des caractères de rusticité attendus (sauf si c'est un service à rendre avant tout à l'animal en détresse). Je suis de ceux qui respectent leurs moutons, leur portent attention et ont de la considération pour eux.

Si le mot sélection peut faire frémir quand on imagine extermination, il est bon de préciser qu'il est tout à fait possible de sélectionner pour garantir la rusticité et l'avenir de son troupeau, tout simplement en écartant de la reproduction les sujets défaillants ou ne présentant pas les aptitudes souhaitables. (Sélectionner n'impose pas le manque de respect de ses pensionnaires.)

Cela se passe ainsi chez les Lutins.

Un "beau" Ouessant c'est bien. Un "bon" (dans le sens de la rusticité) Ouessant, c'est mieux; cet axe conservatoire ne devant pas être oublié et tout au contraire primer.

S'il est "beau" et "bon" à la fois, c'est parfait.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 16:02

Le goulet génétique c'est ce rétrécissement (image de l'entonnoir), cette perte de diversité génétique globale dans une population, qui arrive le plus souvent du fait d'un nombre d'individus devenu trop faible, ce qui aboutit à un taux de consanguinité de plus en plus élevé.

En élevage, cela s'observe également de par les pratiques des éleveurs dans l'organisation de leur cheptel et de sa reproduction.

Ainsi dans un troupeau, si un même unique bélier se reproduit chaque année sur les mêmes brebis, voire sur sa propre descendance, on crée des animaux qui ont tous pour moitié et plus le patrimoine génétique de leur père.

Cette technique offre ses avantages pour ceux qui souhaitent tenter de multiplier, concentrer et conserver certaines qualités du reproducteur. Malheureusement la consanguinité permet de conserver et concentrer également des "tares": divers points faibles physiques, physiologiques, fonctionnels, ... qui échappent à l'observation et à la connaissance au départ et qui un jour, mais trop tard, finissent par être décelables. Cela peut aller des malformations répétitives à une fragilité particulière, en passant par exemple par des longévités faibles, des pertes de dents précoces,.... La consanguinité concentre tout autant le meilleur (aux yeux de l'éleveur dans une quête particulière) que le pire, pour l'animal d'abord.

Le mouton d'Ouessant n'intégrant pas, normalement, la course au poids des gigots ni même à celui de sa toison, l'intérêt premier devrait être de chercher à conserver sa rusticité (nécessaire à l'ovin comme à l'éleveur), tout autant que ses caractéristiques morphologiques diverses.

L'appauvrissement génétique dans un troupeau peut également s'observer par la reproduction répétée des mêmes brebis, d'autant plus si leur nombre est réduit, et qu'elles sont amenées par la suite à s'accoupler avec leur descendance.

Il est peut être dû également à de trop nombreux accouplements entre proches au niveau parenté (demi-frère ou sœur, oncle, nièce, cousin....) et être d'autant plus important que le lien de parenté entre les reproducteurs sera proche. Cela arrive tout autant en élevage à généalogie suivie mais avec un nombre limité d'animaux que dans un élevage sans suivi des généalogies où deux ou trois béliers "font leurs affaires" à leur guise parmi les brebis d'une année sur l'autre. Seule différence mais d'importance, dans le premier cas on mesure la chose et on peut orienter en conséquence l'avenir de sa troupe, dans le second c'est le flou absolu, impossible de savoir sur quoi on construit son troupeau, avec les conséquences regrettables que cela peut engendrer.

Un exemple bien parlant.

Cette année j'ai acquis une femelle. Cette introduction peut être l'occasion pour moi d'entrer un peu de "sang neuf" comme on dit. Cette brebis possède une généalogie conséquente qui me permet d'avoir une représentation correcte de l'animal concernant son patrimoine génétique et en particulier donc de connaître ses divers ascendants sur un certain nombre de générations.

Premier constat, l'individu est le résultat d'une certaine consanguinité puisque sur ses quatre arrières grands pères je retrouve par trois fois le même bélier (!) et que sur ses huit arrières arrières grands pères par six fois se présente un même mâle (!).....

On comprend là toute l'importance d'une généalogie tenue sérieusement et honnêtement. Celle-ci permet de connaître la part de consanguinité possible transportée, tout comme les ascendants précis entrant dans la construction d'un animal donné. C'est d'autant plus vrai que dans cette généalogie je retrouve des Ouessant qui me sont connus et dont certains s'avèrent être ascendants de certains de mes Ouessant. Ainsi, la reproduction de cette brebis pourra être menée sereinement, en connaissance des accouplements futurs à orchestrer ou pas.

Tenir généalogie systématique de ses animaux permet de travailler sérieusement. On imagine le drame à l'inverse, sans cette généalogie tenue, pour mes futures naissances, la catastrophe pour mon troupeau et le type ovin à sauvegarder. On réalise également que le fait de prendre ailleurs, dans un autre troupeau, un animal aux origines non suivies, en pensant diversifier le patrimoine de son cheptel peut dans certains cas, au contraire, contribuer à faire tomber le Ouessant vers le goulet génétique que l'on voudrait justement éviter.

L'apparence, aussi séduisante soit-elle, n'est que la partie visible de l'iceberg. Soyons curieux et plongeons sous la surface pour l'intérêt du Ouessant!

L'apparence, aussi séduisante soit-elle, n'est que la partie visible de l'iceberg. Soyons curieux et plongeons sous la surface pour l'intérêt du Ouessant!

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 11:28

Pourquoi un intérêt particulier pour Hobbit (bélier de deuxième automne) utilisé pour la première fois en reproduction?

Pourquoi lui?

Parce que outre sa petite taille intéressante, c'est un bélier bien typé sur un certain nombre de points attendus dans le standard et surtout un animal correspondant à mes attentes et à ma représentation de ce type ovin ancien dans ce qu'il peut avoir de plus séduisant.

Attentes fondées sur une des rares représentations photographiques de début 1900 prises sur Ouessant que je connaisse.

Pourquoi lui?

Trop rare donnée en image, cette vue prise apparemment en fin d'été avant la période de vaine pâture ne montre que deux sujets femelles, une mère et sa grande agnelle de l'année (si ce n'est un bélier sans cornes).

Cela pourrait être mieux pour l'analyse, mais cela pourrait être pire. Quand on connaît déjà cet ovin, on remarque bien ses caractéristiques morphologiques diverses (dont la petite taille, d'autant que l'homme qui pose ne semble pas bien grand non plus).

C'est là qu'on constate également le judicieux travail de sélection et d'orientation de Paul Abbé et ses amis pionniers dans la sauvegarde de cet ovin entamée dès 1976, à partir des Ouessant (continentaux) de type ancien retrouvés et ayant permis la relance de ce mouton alors en péril.

D'ailleurs ce Hobbit a vu la part de l'élevage Abbé (pour qui a souvenir de ses caractéristiques) réapparaître en lui de façon notable (génétique quand tu nous tiens...!).

D'où, une fois encore donc, mon intérêt particulier pour ce bélier reproducteur.

Depuis la parution de cet article il est plus qu'important de lire les commentaires ci-dessous qui montrent à quel point un journaliste (G. Toudouze) peut biaiser la lecture de son cliché d'il y a 100 ans par l'utilisation qu'il en a fait.

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 09:41

Bientôt un an et demi.

Sauvé de la mort à sa naissance par le berger, puis élevé au biberon, le mini Hobbit est à présent un beau petit mâle bien viril. Il est prêt à participer dans quelques semaines à sa première saison de reproduction.

Une petite pointe de corne cassée en jeunesse, mais un cornage plaisant.

Une petite pointe de corne cassée en jeunesse, mais un cornage plaisant.

Un vrai gâs
Un vrai gâs
Hubot son frère de lait au biberon en arrière plan.

Hubot son frère de lait au biberon en arrière plan.

Après leur début difficile dans la vie et le temps que je leur ai consacré pour les élever, c'est un réel plaisir de les voir en pleine forme et de savoir ce petit Hobbit miraculé prêt à contribuer à l'avenir des Lutins.

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