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  • : Le Mouton d'Ouessant Elevage des Lutins
  • : Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite....... Merci de venir visiter mon blog qui a pour but de vous faire découvrir le mouton d'Ouessant et de partager au moins un instant ma passion pour cet animal singulier et ce qui l'entoure.
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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 12:24

Le mouton a peur du loup ou même du chien mais suit pourtant plus dangereux encore, le berger, dont il ne se méfie moins, alors qu'un jour, tôt ou tard, il le trahira. C'est un fait.

Ce n'est pas de cette mort là dont je veux parler car, chez les Lutins, cette trahison n'a pas lieu.

Je ne souhaite pas non plus lancer le débat sur "Manger ou pas ses Ouessant?", sachant qu'en ce domaine comme bien d'autres, le mimétisme culturel est déjà en soi souvent un frein à toute pure réflexion et à un débat dépassionné mais argumenté.

Non, je veux poser le souci de la gestion de la fin de vie de ses animaux quand elle se présente. Que ce soit suite à accident, maladie, vieillesse ...

Un jour viendra où il faudra peut-être t'aider dans tes derniers instants...

Un jour viendra où il faudra peut-être t'aider dans tes derniers instants...

L'éleveur qui élève depuis moins de dix ans n'a généralement pas encore été confronté au problème de devoir gérer la détresse d'un animal quand aucun soin n'est envisageable( gros handicap, souffrance, détresse physiologique de fin de vie...)

Ne rien faire n'est pas très humain et indigne d'un éleveur soucieux de ses animaux, faiblesse, lâcheté et politique de l'autruche s'opérant au détriment de l'animal .

La question qui se pose à l'éleveur devant un animal à sacrifier: "Suis-je à même d'intervenir personnellement?...et si oui, comment?"

Quand on a peu de moutons, la mort ne se présentant que ponctuellement, il est possible de faire venir le vétérinaire pour euthanasier en douceur son protégé, si on peut consacrer un budget à ces derniers "soins". Transporter le mouton jusqu'au cabinet est je pense un stress supplémentaire pour l'ovin se trouvant isolé et en situation nouvelle, autant lui épargner tout cela.

En cas d'urgence où si on se sent capable d'intervenir soi-même, il reste la méthode ancestrale pratiquée depuis la nuit des temps, des millénaires. Violente, elle nécessite expérience pour être efficace et exige d'opérer en deux temps, perte de conscience puis traumatisme létal. J'évite volontairement les détails et autres précisions pour conseiller ce qui suit.  

Pour ceux qui sont confrontés à ce souci de fin de vie de leurs animaux, surtout quand on a beaucoup de moutons, je conseille l'utilisation d'un étourdisseur ("pistolet" d'abattage) comme je le fais. Cet outil est efficace. La perte de connaissance instantanée précède une mort très rapide. De plus la méthode met un peu plus de distance dans le geste d'apporter la mort libératrice.

Pour le coût d'un ou deux Ouessant, l'appareil rend ce service en une situation qui sinon met souvent dans l'embarras.

Je n'ai aucun intérêt dans l'affaire, ne souhaitant qu'aider des moutons trop souvent laissés dans leur agonie, leur souffrance de fin de vie. Aussi, il est possible de me joindre en "contact" si vous voulez que je vous oriente vers le matériel que j'utilise.

Prunelle des Lutins ainsi vient de partir ...

Prunelle des Lutins ainsi vient de partir ...

Tout cela n'est pas bien gai et souvent on évite d'en parler, mais personnellement, si ce n'est jamais un plaisir, c'est par contre à chaque fois une grande satisfaction pour moi d'être là, de pouvoir accompagner dans ces derniers instants, soulager un Lutin qui a partagé 10 à 14 ans de ma vie et que bien souvent j'ai vu naître. Donner la mort est parfois la dernière intervention possible et nécessaire... le dernier geste d'attention.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 10:51

Qui eut cru ...

Seule la photo assure la véritable mémoire.

... que ça ...

Blou

Blou

... deviendrait ça ...

Seule la photo assure la véritable mémoire.

... à partir de ça ...

photo Pépin

photo Pépin

... et ça?

Ou encore ...

Seule la photo assure la véritable mémoire.

... que ça ...

Hobbit

Hobbit

... deviendrait ça ...

Clarice

Clarice

... à partir de ça ...

Grichka

Grichka

...et de ça.

Tout cela pour dire qu'il est passionnant de voir le vivant se construire et qu'heureusement que la photo existe, car notre mémoire, aussi bonne soit-elle, demeure bien modeste en fait. La photographie permet de partager cette mémoire et de l'assurer pour les générations futures.

Alors photographions encore et encore, avant d'oublier. Cela est particulièrement vrai en élevage conservatoire, pour comprendre et construire.

Quel regret de ne pas avoir à disposition de véritable banque d'images des vingt ans de travail autour du Ouessant qui ont précédé le mien! 

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 13:22

Il y a parfois confusions sur ce terme concernant l'origine d'un Ouessant.

L'origine véritable doit revenir au naisseur, c'est à dire l'élevage où il est né et non au propriétaire précédent avant qu'il soit introduit en son propre élevage. 

En effet, certains animaux peuvent passer entre les mains de cinq ou six  propriétaires au cours de leur vie (voire plus), en particulier pour les béliers. S'il n'y a pas de suivi précis de toutes ces étapes, pas de connaissance précise de l'histoire de l'animal, on s'y perd et parfois il y a conclusions hâtives loin de la réalité.

Bélier Ouessant affiché parfois à tort par certains comme d'origine Lutins, alors qu'acheté à une éleveuse du Cher qui l'a fait naître à partir de parents qu'elle disait allemands mais en fait nés aux Pays Bas. Ce bélier a connu deux propriétaires ensuite après moi.

Bélier Ouessant affiché parfois à tort par certains comme d'origine Lutins, alors qu'acheté à une éleveuse du Cher qui l'a fait naître à partir de parents qu'elle disait allemands mais en fait nés aux Pays Bas. Ce bélier a connu deux propriétaires ensuite après moi.

On pourrait penser que, théoriquement, lorsque les animaux portent une identité (ce qui concerne par ailleurs assez peu de Ouessant), on peut s'y référer et retrouver avec précision le naisseur. Théoriquement oui, on dira le plus souvent, mais il ne faut pas exclure manipulations toujours possibles à ce sujet pour une raison ou une autre, n'allant pas forcément dans le sens d'une quelconque tricherie.

A titre d'exemple, lors du passage obligatoire à l'identification électronique de mon troupeau, normalement la législation prévoyait que ces boucles électroniques reprennent pour chaque animal sa numérotation précédente. Mon administration ne s'est pas ennuyée et pour simplifier m'a demandé de reboucler tout le monde avec la nouvelle numérotation électronique fournie. Tous les Lutins du moment se sont donc retrouvés entamer administrativement une seconde vie avec une nouvelle identité, faisant évaporer toute la traçabilité antérieure. Tout cela m'a bien fait sourire, puisque dans le même temps on nous demande rigueur à notre niveau pour cette fameuse traçabilité. Dans cette opération, il n'y a pas eu rigueur de l'administration qui ne montrait pas l'exemple, c'est le moins qu'on puisse dire. Bref la rigueur semble être à géométrie variable selon les besoins de ceux qui nous l'imposent.

Prunelle des Lutins, née sous le matricule 150 022 90012, par un coup de baguette magique administrative, est à présent identifiée sous 227484 61041 ...

Prunelle des Lutins, née sous le matricule 150 022 90012, par un coup de baguette magique administrative, est à présent identifiée sous 227484 61041 ...

Pour revenir à l'origine d'un animal...

L'identité faisant référence au naisseur, il ne faut pas forcément conclure pour autant que l'animal né chez tel éleveur correspond au fruit de son travail, à sa souche. En effet l'animal en question peut correspondre à une naissance chez l'éleveur obtenue à partir d'une brebis extérieure introduite gestante en son élevage. Dans ce cas, l'origine papier ou boucle ne correspond donc pas pour autant à l'origine troupeau réelle. Que penser également de la naissance obtenue chez un éleveur à partir de deux parents extérieurs introduits en son élevage? Sur le papier, sur la boucle, l'origine numérotation ne correspond pas alors à l'origine "sang" réelle...

On comprend ainsi que derrière le mot origine comme celui de naisseur, il y a quelques subtilités à considérer pour rétablir une certaine vérité, en ne confondant pas origine "naisseur" et origine "sang" qui ne se superposent pas de façon systématique. 

Jeune bélier né chez les Lutins, j'en deviens le naisseur, éleveur d'origine. Pourtant cet animal était né de deux parents non Lutins introduits dans mon troupeau.

Jeune bélier né chez les Lutins, j'en deviens le naisseur, éleveur d'origine. Pourtant cet animal était né de deux parents non Lutins introduits dans mon troupeau.

Souvent, dans l'élevage, associé à cette aventure humaine, le Ouessant se trouve porter un nom. C'est plus sympathique et plus facile de désigner l'animal ainsi que par son numéro. Cela tout autant pour soi que lorsqu'on parle entre éleveurs pour désigner un Ouessant précis.

Mais, là encore, attention! Il convient de rajouter l'affixe de l'élevage pour être précis, comme Vienetta des Lutins par exemple. En effet, depuis ma Vienetta et bien d'autres, de nombreux animaux ont été baptisés ainsi en d'autres élevages. De la même façon qu'il m'est arrivé de donner un nom à une de mes naissances et m'apercevoir par la suite qu'un autre Ouessant avait été baptisé à l'identique, en un autre élevage, avant que je le fasse pour le mien. 

Châtaigne... des Lutins, à préciser, d'autres Châtaigne étant nées chez d'autres depuis.

Châtaigne... des Lutins, à préciser, d'autres Châtaigne étant nées chez d'autres depuis.

L'idéal semblerait donc d'apporter le plus de précisions possibles pour identifier un mouton d'Ouessant. Par sa numérotation de naissance et son nom d'usage associé.

 

Farine des Lutins est également la FR 227484 81024.

Farine des Lutins est également la FR 227484 81024.

Pour aller plus loin, il est intéressant et plus rigoureux encore d'identifier en plus un Ouessant par sa généalogie. Ce qui va exclure les confusions.

Le plus important est de se référer aux parents et grands parents, mais pouvoir aller plus loin est intéressant, permettant d'en savoir toujours plus et découvrir les parentés éventuelles, même lointaines, avec d'autres animaux connus ou possédés.

Depuis 25 ans d'élevage, les Ouessant des Lutins actuels possèdent, dans les deux branches parentales, généalogies parmi les plus longues, d'autant que pour certains branches il est possible de remonter bien au-delà grâce à de rares éleveurs d'alors qui ne laissaient pas leurs animaux s'accoupler au hasard.

Depuis 25 ans d'élevage, les Ouessant des Lutins actuels possèdent, dans les deux branches parentales, généalogies parmi les plus longues, d'autant que pour certains branches il est possible de remonter bien au-delà grâce à de rares éleveurs d'alors qui ne laissaient pas leurs animaux s'accoupler au hasard.

Tout cela ne demande pas un réel effort pour l'éleveur quand il est ne serait-ce qu'un minimum intéressé, même sans être forcément passionné. Par contre cela exige de la rigueur car il est vite arrivé de construire en fait du faux sur du affiché vrai.

Il importe que l'éleveur soit en mesure d'attribuer la bonne maternité et la bonne paternité pour chaque naissance et qu'il puisse continuer à identifier chacune durant sa croissance jusqu'à la fameuse identification auriculaire électronique (et obligatoire). Face à un trop grand nombre de petits ou faute de capacités d'observation fiables, certains éleveurs mettent aux agneaux boucles provisoires ou colliers.

Agnelle blanche qui, avec une autre noire, fait exemple d'un cas de permutation d'agneaux à la naissance, les mères ayant agnelé proches l'une de l'autre dans le même temps. Dans ce cas, la supercherie put être décelée grâce à la coloration et les lois de la génétique en rapport aux reproducteurs. L'ordre fut rétabli pat le berger, mais combien d'autres cas passent inaperçus quand rien ne permet de suspecter l'erreur?

Agnelle blanche qui, avec une autre noire, fait exemple d'un cas de permutation d'agneaux à la naissance, les mères ayant agnelé proches l'une de l'autre dans le même temps. Dans ce cas, la supercherie put être décelée grâce à la coloration et les lois de la génétique en rapport aux reproducteurs. L'ordre fut rétabli pat le berger, mais combien d'autres cas passent inaperçus quand rien ne permet de suspecter l'erreur?

Cependant, même avec toutes ces attentions, certains éleveurs n'ont pas forcément découvert les permutations d'agneaux toujours possibles entre deux brebis mettant bas l'une près de l'autre au même moment ... ou n'ont pas noté ou ont oublié d'en tenir compte, la visite surprise d'un bélier du voisin ou de chez soi ayant sauté la clôture pour visiter les brebis.

Bien évidemment, on ne peut certifier la généalogie paternelle d'un jeune que si un seul et unique bélier a pu s'accoupler aux femelles durant la lutte précédente. Lorsque plusieurs béliers étaient présents, même de cinq ou six mois, il est impossible de savoir qui a pu féconder (sauf particularités comme la coloration, liées aux règles de la génétique).

Perspicace, j'avais pu établir qu'un des ancêtres de ce bélier n'était pas indiqué comme étant issu du bon élevage, sans quoi l'erreur aurait perduré dans les généalogies l'incluant.

Perspicace, j'avais pu établir qu'un des ancêtres de ce bélier n'était pas indiqué comme étant issu du bon élevage, sans quoi l'erreur aurait perduré dans les généalogies l'incluant.

On comprend aisément que, malgré rigueur, et plus encore sans, une erreur (sans oublier également étourderie d'écriture) a pu se glisser à un moment ou un autre dans le plus long, dense et bel arbre généalogique d'un Ouessant et que sa réalité n'est parfois pas totalement celle qui peut être affichée, même sans intention de malhonnêteté. Il y a donc certaines limites à prétendre connaître origines précises à un certain niveau, mais toute généalogie demeure mieux que rien comme c'est le cas pour la plupart des Ouessant qui existent .

Brebis dont un des ancêtres ne pouvait pas être le bon, question de génétique, et qui logiquement devait céder la place à son fils.

Brebis dont un des ancêtres ne pouvait pas être le bon, question de génétique, et qui logiquement devait céder la place à son fils.

Cela me fait penser au phénomène autour de la généalogie humaine qui certes me fait également rêver et qui transporte dans l'histoire, mais je n'y prête pas trop d'intérêt tant on serait surpris de savoir tous les béliers voisins qui ont sauté la clôture à un moment ou un autre ...

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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 08:01

Nostalgie!

C'était le bon temps

En fouillant dans mes archives, je me disais...

"Y a pas! Qu'il était beau le Ouessant avant de devoir se retrouver avec sa quincaillerie d'identification électronique obligatoire ! La beauté animale dans son intégrité."

Je ne m'y ferai jamais. De plus je crois bien que mon administration départementale a changé de modèle de boucle auriculaire pour petits ruminants, plus volumineux forcément ...

Je serai fixé l'été prochain lors de ma nouvelle commande.

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 07:36

Dans l'article précédent, proposant un lien,

(http://ouessant-mouton.over-blog.com/2020/11/quand-les-mathematiques-rejoignent-le-simple-bon-sens.html) ,

je faisais une parenthèse dans laquelle j'écrivais "bien que ...".

Peut-être ce "bien que" semble-t-il mystérieux?

Dans mon esprit, je faisais allusion au problème suivant que pose l'élevage de moutons d'Ouessant (et plus largement tout élevage). Problème que soulève Laurent par sa question dans son dernier commentaire (suivi de ma réponse d'alors) et pour lequel je vais expliquer pourquoi je m'autorisais faire rapprochement avec le sujet de la vidéo en lien.

Commentaire d'origine - Laurent
Quelle belle réussite que l’association du troupeau de Ouessant et des mini chèvres
en revanche j’ai une question
combien d’hectares faut-il
Et partager en combien d’espace pour faire une rotation
Merci heureux de vous avoir retrouvé
il n'y a pas de règle précise. La surface en herbe dépend du nombre d'animaux, de la qualité de la prairie.... et de la météo habituelle (pluie en particulier). Une chose est certaine, il vaut mieux être en sous pâturage permanent... que en surpâturage permanent (tout autant pour les animaux;, la prairie et l 'éleveur qui se devra complémenter d'autant plus et qui risque soucis sanitaires)
Quelle surface de prairie pour un mouton d' Ouessant?

Quelle surface de prairie pour un mouton d' Ouessant?

La production végétale d'un lieu donné variant au fil des mois (et des années parfois), il faut considérer la problématique sous deux angles. Celui d'une pratique d'élevage tendant vers une forme naturelle, sans ou avec peu d'apports d'aliments de l'extérieur, ou bien celui impliquant apports extérieurs, l'espace réservé aux Ouessant ne devenant plus qu'un lieu de nourrissage sans autres considérations ( ce qui à l'extrême rejoindrait la pratique du hors sol des élevages intensifs de certaines espèces, tout en restant en plein air si on peut dire).e

La production végétale d'un lieu donné variant au fil des mois (et des années parfois), il faut considérer la problématique sous deux angles. Celui d'une pratique d'élevage tendant vers une forme naturelle, sans ou avec peu d'apports d'aliments de l'extérieur, ou bien celui impliquant apports extérieurs, l'espace réservé aux Ouessant ne devenant plus qu'un lieu de nourrissage sans autres considérations ( ce qui à l'extrême rejoindrait la pratique du hors sol des élevages intensifs de certaines espèces, tout en restant en plein air si on peut dire).e

Face aux problèmes environnementaux que pose la prolifération humaine et son comportement, tout autant pour sa propre espèce que pour l'ensemble du vivant sur la planète, j'ai habitude de dire à qui veut bien comprendre, que "tout éleveur (de moutons d'Ouessant y compris) sait que pour une surface donnée, il ne peut s'autoriser à n'avoir qu'un nombre limité d'animaux" (au risque de détruire sa prairie et l'écosystème qu'elle représente, et au final devoir sauver ses animaux de la famine et de la mort en introduisant ressources de l'extérieur)...

Ma formule sous entend que, malheureusement, ce n'est aucunement ce que fait l'humanité, ni pour l'intérêt de sa propre population, ni pour celui de "sa prairie" La Terre. Ainsi évidemment, comme l'exprime en conclusion la dernière vidéo proposée en lien, vouloir croître indéfiniment dans un espace fini ne peut qu' aboutir à se heurter à un mur ... 

C'est également à ce phénomène que se heurte l'éleveur de moutons d'Ouessant en reproduction, se devant gérer sa population ovine et la pression qu'elle exerce sur son milieu, ne pouvant laisser croître indéfiniment son cheptel.

D'où mon énigmatique parenthèse avec un "bien que..." ...

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 17:24

Le plus souvent, avec l'âge, les Ouessant dépérissent progressivement suite à leur difficulté à se nourrir correctement, ceci à cause de l'usure des molaires après des années à mastiquer et ruminer.

Outre l'aspect génétique qui peut prédisposer certains animaux plus que d'autres à ce handicap final, les conditions de vie du Ouessant et son milieu (végétation abrasive par exemple) jouent également un rôle dans ce déclin.

Il est possible de prolonger la vie des vieillards en les soutenant par apport de compléments très nutritifs, mais à dose raisonnable, tels que orge aplatie ou granulés d'engraissement pour ovin. Ceci étant le mouton a besoin de se remplir la panse avec herbe ou/et foin assez fin et de qualité, sans oublier le seau de minéraux pour ovins qu'il devrait de toute façon avoir au quotidien tout au long de sa vie.

Brina donc ...

Le cas Brina

Brina était une brebis extérieure à l'élevage des Lutins, acquise dans ses premières années. Ce printemps, elle avait eu 12 ans.

Cet été encore, elle se nourrissait sans souci de dents notable ( n'étant pas amenée à devoir recracher ses pelotes de rumination, ce que  fait un ovin aux dents usées). Par contre dans les mois précédents je découvris qu'elle était un peu à l'écart le plus souvent, comme perdue. Il s'avéra que cette brebis perdait la vue progressivement pour ces derniers mois devenir totalement aveugle.

Le plus étonnant dans tout cela, c'était son remarquable sens de l'orientation. Elle savait dans sa solitude où elle se trouvait, était capable de retrouver son chemin sur plusieurs hectares, revenir boire au soir. Elle avait fini par se cantonner sur des espaces réduits où l'herbe était encore tendre malgré la sécheresse et la canicule durant trois mois, fonds plus humides, secteurs d'ombre.

Cette vie et ce régime ne pouvaient cependant pas satisfaire tous ses besoins. Il aurait été possible de la prolonger en la plaçant dans un réduit pour qu'elle puisse se gaver d'apports. Mais quelle vie!

Il était plus raisonnable d'envisager l'aider à partir. Elle quitta ainsi la bande des Lutins peu avant l'automne. 

Pourquoi parler de Brina?  Simplement parce qu'en 24 ans d'élevage et ayant eu je ne sais combien de dizaines d' animaux âgés à gérer, c'est la toute première fois qu'un Ouessant était devenu aveugle chez les Lutins.

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 18:34

Si Taraille, Gorgone, Pralin et les autres sont venus égayer les prairies ce printemps par les turbulences de leur jeunesse, plusieurs des plus anciens des Lutins sont morts des conséquences de leur vieillesse.

C'est toujours une épreuve de perdre des compagnons de vie avec qui on a partagé une douzaine d'années et plus. Surtout quand ce sont des animaux que j'ai vu naître, grandir puis enrichir le troupeau de leur descendance ou simplement émailler son histoire d'anecdotes. Dans le même temps, c'est aussi un soulagement pour moi de les savoir morts tant il est triste d'assister à un déclin qui parfois les amène à n'être plus que l'ombre d'eux-mêmes, dans certainement une souffrance qu'ils n'expriment pas (l'ovin est ainsi).

La petite Eponyme fut de ceux-ci.

La petite Eponyme fut de ceux-ci.

ou encore le bon Golas, ici au temps de sa splendeur...

ou encore le bon Golas, ici au temps de sa splendeur...

... pour n'être plus qu'un fantôme, ici la veille de décider à l'aider à partir.

... pour n'être plus qu'un fantôme, ici la veille de décider à l'aider à partir.

Chaque année, il faut concevoir qu' il y a redistribution des cartes pour les places de doyens, qu'avec le vivant, même en élevage où on ne s'enrichit pas sur la mort, cette dernière est l'étape finale.

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 14:54

Pas celles pour un quelconque examen en cette période, mais dans le jeu du "Qui est qui?".

Comme chaque année à l'arrivée de l'été, en quelques minutes, la tonte a bouleversé l'image de chaque Ouessant, alors que l'œil ,au fil des mois, s'était habitué à les voir en laine.

Là, tout d'un coup, plus d'anorak sur le dos des Lutins qui ne se retrouvent même pas en petite tenue mais dans leur plus simple appareil.

L'heure des révisions

Aucune hésitation concernant les mâles, tant ils sont tous bien différents. Même, comme ici, en toute première tenue estivale.

L'heure des révisions

Du côté des brebis "blanches" (Agouti blanc bronzé), guère de difficultés non plus, le bronzage caractéristique des unes ou des autres aidant, et même sans cela, mes Lutines sont bien différentes dans leur morphotype.

L'heure des révisions

Sinon pour certaines, la couleur réduit l'éventail des possibilités.

L'heure des révisions

Ou encore le patron en la couleur est caractéristique.

L'heure des révisions

Du côté des brebis "noires", les "faded" sont assez peu nombreuses pour ne pas semer le trouble...

L'heure des révisions

… et l'allèle Agouti grey est peu représenté.

L'heure des révisions

Par contre pour les autres brebis noires, bien nombreuses, si on exclut les animaux à canitie et donc ayant déjà des années au compteur, la chose devient plus délicate pour certaines ayant allures proches.

Heureusement ce n'est qu'une question de quelques jours d'accoutumance du cerveau pour retrouver les petits détails déjà connus de l'animal à nu et s'imprégner de la première image  de chacune des antenaises dénudées.

Givrette, seule agnelle blanche de la saison, ne peut être confondue avec aucune des filles de sa génération.

Givrette, seule agnelle blanche de la saison, ne peut être confondue avec aucune des filles de sa génération.

A l'inverse, les jeunes du printemps, eux, disparaissent peu à peu sous leur toison. En les observant au quotidien, la reconnaissance se fait aisément. Là encore, les caractéristiques évidentes des mâles et certaines allures typiques de quelques agnelles permettent de réduire les erreurs.

L'heure des révisions

Toujours est-il, je suis sinon bien heureux pour mes animaux d'avoir pu tondre les tondre juste avant l'installation des grosses chaleurs de cette fin juin …. Quitte, une fois encore, à devoir un peu réviser devant la centaine de Lutins de tous âges du moment...

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 12:38

Il y a quelques années, je lisais l'ouvrage d'une personne ayant exercé le métier de berger, cet homme étant présenté comme un des spécialistes des chiens de protection.

Ces sujets m'intéressant pour cerner un peu plus à l'occasion l'univers du mouton, je m'étais donc engagé dans cette lecture, sans y trouver grand intérêt au fil des pages et  pour finir, refermer ce livre sur la même impression. Bref déçu.

La pirouette

Mais le comble, dans tout cela, fut quand je suis tombé sur les propos suivants de l'auteur, auxquels je pense encore régulièrement, affligé. J'y pensais encore ce matin devant ma troupe, d'où cet article.

Pour lui, il y a un contrat passé entre le berger et le mouton. Que dans ce contrat, l'éleveur protège, nourrit, soigne, abrite le mouton et qu'en retour ce dernier lui donne sa vie.

!!!!!!

?????

Comment peut-on écrire chose pareille, à moins d'être naïf, ou plutôt niais, ou d'avoir au fond de soi une forme de culpabilité inconsciente et de là besoin de se justifier par une formule, malheureusement bancale?

La pirouette

Non, il n'y a aucun contrat entre l'homme et le mouton. Les mots ont leur importance. On ne peut parler de contrat que lorsqu'il y a accord conscient et volontaire entre les deux parties considérées. Or dans tout cela, le mouton n'est informé de rien et jamais on ne lui demande son avis.

Non le mouton n'a jamais demandé protection à l'homme et n'a jamais décidé en échange de mourir pour lui pour le remercier.

Le mouton n'existe que par l'homme pour l'homme.

Le mouton est une création domestique, détenue et exploitée par l'homme, depuis des millénaires certes, mais sans jamais qu'il y ait eu contrat.

Je n'ai encore jamais vu un mouton venir à son geôlier après avoir bien mangé, bien grandi, bien grossi, pour lui demander d'être égorgé l'heure venue.

 

Le but de cet article n'est pas d'aborder le vaste et complexe sujet, tout autant pratique qu'éthique, disons de simple réflexion, sur le phénomène de l'exploitation animale par l'humanité, mais simplement de remettre les pendules à l'heure en rapport à cette "formule pirouette" de "contrat" qui peut être avancée à l'occasion dans le milieu de l'élevage.

Au-delà de cela, il y en aurait bien d'autres à rectifier, comme les fameux "l'élevage (dont celui du mouton) crée de la biodiversité" ou encore "sans élevage (dont celui du mouton) plus de paysages", etc …, slogans régulièrement lancés par certains éleveurs hostiles à la faune et en particulier aux grands prédateurs...

Mais ce sont là d'autres sujets...

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 11:37
Situation boucles 18

L'heure était arrivée d'enlaidir les agnelles et les agneaux 2018 qui approchent de  leurs six mois et dont la physionomie permettait alors d'envisager la pose de leur identification.

Situation boucles 18

Malheureusement, il n'y a pas eu besoin d'attendre bien longtemps pour que Souprousse s'arrache une oreille et son pendentif dans les jours suivants.

Dans un grillage apparemment, puisque j'ai retrouvé côté cour la boucle mâchouillée par un de mes chiens.

Avec ce nouveau système, sur deux ans et près de 130 poses, ce n'est heureusement que le second arrachage.

Par contre sur l'année écoulée, une fois encore, j'ai pu noter trois nécroses d'oreille (un bélier et deux brebis) auxquelles il m'a fallu remédier en sectionnant la boucle et en désinfectant bien évidemment.

Des complications s'avérèrent pour l'une d'elle. Je voyais depuis un certain temps une brebis au comportement étrange, comme un peu saoule. Plus je l'observais, plus elle m'intriguait et plus je m'inquiétais quant à une maladie nerveuse, jusqu'à ce que devant vermifuger la troupe, je découvris, rien qu'en la tenant, que cette femelle avait la fièvre… d'où son attitude chancelante. La laine du crâne cachant en partie sa boucle, je n'avais pas pu déceler jusque là cette nécrose et l'infection qui en découlait.

Tout est rentré heureusement dans l'ordre suite aux soins.

Donc, depuis le dernier bilan, rien de totalement parfait question identification externe auriculaire chez les Lutins.

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